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J^(QJ*)^ %o H)3
2 molécules Tannin (CM H'° O8)
d'acide gallique
Ce tannin pur serait combiné intimement avec d'autres matières provenant soit des produits de destruction du tannin sous l'influence dés agents atmosphériques, soit de produits végétaux analogues.
Cette constitution est la seule admise aujourd'hui.
Ce sont les matières étrangères combinées au tannin et qu'on ne peut pas séparer physiquement ou chimiquement qui donnent les propriétés particulières à chaque tannin.
6. — Synthèse du tannin. — Cette synthèse a été faite par Lowe et Schiff en partant de l'acide gallique, que l'on obtient synthéti* quement.
On part du phénol, qui existe dans le goudron de houille, on combine ce phénol à la soude caustique, on a le phénate de soude ; on fait passer un courant d'acide carbonique sur ce phénate chauffé au rouge, on obtient l'acide salicylique; par l'action de l'iode sur cet acide, on obtient l'acide diodosalicylique, lequel traité par la potasse en fusion donne l'acide gallique :
Ci4 H'> p -f 2 K H O2 = Cu H6 O10 + 2 K I
L'acide gallique par voie d'oxydation se transforme en acide tannique d'après la formule établie plus haut. Lowe emploie comme agent d'oxydation le nitrate d'argent. M. Schiff opère cette transformation par l'oxy chlorure de phosphore entre 100 et 120 degrés.
Link l'a obtenu directement en partant de la ploroglucine, que
Ton obtient par Faction de la résorcine sur la soude en fusion. En combinant la ploroglucine avec l'acide sulfurique concentré, on obtient l'acide sulfoploroglucique, lequel donne sous l'influence de 1'oxychlorure de phosphore une sorte de tannin.
7. — Préparation du tannin pur. — Pour cette préparation on emploie ordinairement la noix de galle ou les végétaux riches en tannin peu coloré. On lessive ces matières avec des dissolvants neutres : éther à 10 p. 100 d'eau (procédé Lambert et Dizé perfectionné par Pelouze), mélange composé de 2 volumes d'éther et 1 volume d'alcool à 69 degrés centésimaux (Guibourt); acétone ou alcool méthylique du commerce contenant 20 p. 100 d'acétone, dans les appareils à déplacement de Robiquet, de Guibourt, de Payen, de Gerhard, de Liébig, etc. Ces procédés sont décrits dans les traités élémentaires de chimie. C'est ainsi qu'est préparé le tannin pur du commerce.
Ce tannin n'est pas complètement pur ; à l'analyse il nous a donné :
Tannin 93,69
Eau 5,11
Acide gallique 1,09
Matières grasses 0, i 1
Chlorophylle (couleur verte) . . . traces
Pour le purifier, on le dissout dans l'eau, on filtre la dissolution, on l'agite avec de l'éther pour enlever l'acide gallique et les matières grasses, on décante cet éther au moyen d'un entonnoir à robinet. On répète ce traitement plusieurs fois. On sature ensuite la solution aqueuse avec du sel marin pur et pilé et on y ajoute de l'éther acétique ; on agite, on décante l'éther, on l'évaporé à feu doux et on a comme résidu du tannin pur.
Pour isoler et purifier le tannin d'un végétal nouveau ou que l'on veut étudier, les chimistes se sont servis jusqu'ici du procédé à l'acétate de plomb, qui est long et très imparfait. Nous avons indiqué un procédé général de préparation à l'état de pureté dans une note à l'Académie des sciences en avril 1886.
Dans ce procédé, on laisse digérer la matière tannante pilée ou déchiquetée avec de l'alcool à 90 degrés, dans un appareil à reflux,
pendant une heure à l'ébullition. La liqueur alcoolique est décantée et évaporée au bain-marie dans une cornue jusqu'à consistance sirupeuse, pour recueillir l'alcool, et à sec dans une capsule. Le résidu sec est repris par l'éther acétique à 50 degrés de température ; la liqueur obtenue, filtrée, est étendue de la moité de son volume d'eau et précipitée par l'acétate de zinc ammoniacal , préparé en faisant dissoudre de l'acétate de zinc dans de l'ammoniaque du commerce étendu de la moitié de son volume d'eau. Le commencement du précipité est rejeté, ainsi que celui de la fin ; on ne conserve que le précipité intermédiaire, qui ne constitue que les deux tiers du précipité total.
L'acétate de zinc ammoniacal ne précipite, dans ces conditions, que le tannin à l'état de tannate de zinc ; tous les autres corps, tels que l'acide gallique, ellagique, phtobaphène, matières albuminoïdes, principes pectiques, etc., restent dissous.
Le précipité de tannate de zinc recueilli sur un filtre est lavé à l'eau ammoniacale, puis à l'eau distillée. Il est ensuite mis en suspension dans l'eau à laquelle on ajoute une solution d'acide oxalique en quantité suffisante pour précipiter tout le zinc contenu dans le précipité, on porte vers le voisinage de l'ébullition en agitant. Le zinc passe à l'état d'oxalate insoluble et le tannin se dissout dans le liquide.
La liqueur est évaporée après filtration jusqu'à consistance de sirop, au bain-marie, à 50 ou 60 degrés en s'aidant du vide ; puis dans le vide seul en présence de l'acide sulfurique. Pour l'avoir complètement pur, on reprend le résidu de l'évaporation par l'éther acétique, et on évapore à l'étuve à douce chaleur.
8. — Propriétés du tannin. — Le tannin est un corps incolore à l'état pur et incristallisable. Il existe dans le commerce du tannin en aiguilles fines qui ont à l'œil nu l'apparence cristalline, mais il n'en est rien et ces aiguilles ont été obtenues mécaniquement, comme nous l'expliquerons pour les extraits cristallisés.
Il est soluble dans l'eau, l'alcool, la glycérino (10 p. 100), le chloroforme, l'éther acétique, l'acétone, l'alcool méthylique ; peu soluble dans l'éther ; insoluble dans l'éther de pétrole, la benzine, les hydrocarbures, le sulfure de carbone, etc.
Le Lannin est précipité de ses solutions aqueuses par plusieurs acides minéraux : l'acide sulfurique, l'acide chlorhydrique, l'acide borique, l'acide phosphorique, l'acide arsénique. Plusieurs sels déplacent le tannin de ses solutions aqueuses, comme l'alun, le