POINTES ET AIGUILLES
Les pointes et aiguilles employées par le graveur sont d’acier le plus pur; elles sont maintenues pour le travail en
Toutes ces préparations sont excellentes, et Maxime Lalanne cpii les essaya toutes nous affirma que la différence qui existe entre elles, principalement dans lés proportions employées, variées surtout en vue de la température, était de très relative importance. Perrot ajoute, et ceci nous paraît résumer tout ce qui concerne les vernis :
« Aujourd’hui, les graveurs se servent pour couvrir les parties qui ne doivent pas mordre, de vernis de Venise, épaissi par un peu de noir de fumée. Le vernis de Venise est une dissolution de térébenthine de Venise dans l’essence de térébenthine : on le vend tout fait chez les marchands de couleurs. (C’est le vernis à tableaux.) Il faut en avoir dans une petite bouteille fermée d’un bouchon au travers duquel on fait passer la plume ou tuyau d’un pinceau dont on fait usage, de façon que le poil soit suspendu dans le liquide... Dans un travail remarquable présenté à la Société d’encouragement, en 1832, il a publié la préparation d’un petit vernis dont un grand
DE L’OUTILLAGE
des porte-pointes à viroles de cuivre, qui permettent de les rentrer à l’intérieur afin qu’elles ne s’émoussent pas.
Pour aiguiser une pointe, dit encore Maxime Lalanne, on la passe à plat sur la pierre, en la faisant rouler; puis, quand elle est devenue très aiguë, on lui fait tracer un grand cercle sur du carton, en la tenant cette fois fixe dans les doigts; on continue par des cercles petits. Plus on se rapproche du centre, plus la pointe est tenue verticalement. On obtient sa finesse ou sa grosseur en la tenant écartée ou en la rapprochant du point central.
La pointe sèche doit s’aiguiser plutôt par surfaces qu’en rond, pour couper le cuivre et y pénétrer plus franchement. C’est ce qui explique que certains graveurs se servent de petites pointes et aiguilles triangulaires; toutefois l’extrémité pointue doit toujours s’aiguiser en rond. Aiguisée en facettes, la pointe marque moins et laisse une trace moins apparente, parce que, tout en pénétrant plus profondément
nombre de graveurs se sont servis depuis avec succès, en voici la formule :
Bitume de Judée,
Succin fondu et non décomposé, Cire vierge pure,
Mastic en larmes,
Essence de térébenthine,
Solution concentrée de caoutchouc,
100 grammes.
Préparation. Après avoir réduit en poudre les différentes substances et avoir coupé la cire blanche par petits morceaux, on les laisse en contact avec l’essence de térébenthine pendant 12 heures; après ce temps, on chauffe le ballon de verre qui les contient, à une température convenable pour en opérer la fusion ; lorsque le vernis commence h se refroidir, on y ajoute la dissolution de caoutchouc, on fdtre et on le conserve dans un vase bien bouché.
LA GRAVURE A L’EAU-FORTE
peut-être dans le cuivre, elle écarte les parois du sillon creusé, tandis qu’aiguisée en rond elle fait sauter les parcelles de cuivre qui forment ce sillon.
La roulette et la lime sont deux outils qu’à notre avis tout graveur doit posséder : peu orthodoxes au point de vue de l’eau-forte classique pure, tous deux ont des partisans parmi des artistes d’un talent tel qu’on ne saurait les discuter un seul instant dans l’emploi qu’ils en font. Nous aurons à y revenir dans nos leçons écrites.
Grattoirs et brunissoirs doivent aussi être tenus en parfait état ; les grattoirs d’un fil tranchant afin qu’ils obéissent rigou-
L’avantage de ce vernis est de n’être pas friable, de ne pas s’écailler et, enfin, de résister plus longtemps à l’action des mordants.
Ce même chimiste a proposé un vernis en boule qui a également réussi à tous les artistes qui en ont fait usage ; en voici la composition :
Cire blanche pure,
Mastic en larmes,
Poix de Bourgogne,
Bitume de Judée,
Solution concentrée de caoutchouc,
120 grammes.
Après avoir réduit en poudre le mastic et la poix de Bourgogne, on les fait fondre dans un poêlon de terre vernissée, en ne les exposant qu’à la température nécessaire pour les liquéfier. On y ajoute ensuite la cire par petits morceaux, en ayant soin de remuer avec une spatule de fer; lorsqu’on ajoute les premières portions de cire, il faut
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reusement à la main et les brunissoirs toujours parfaitement polis pour ne pas rayer la planche de cuivre. A cet effet, on l’entretient en le polissant fréquemment sur une planche de sapin avec de l’émeri surfin et du rouge d’Angleterre ou du blanc d’Espagne.
Le burin est une lame d’acier assez épaisse, carrée ou en forme de losange, mais toujours terminée en pointe et coupante d’un seul côté. On appelle nez ou bec cette partie tran¬
chante du burin. Il est monté sur un manche de bois dont l’extrémité, qui doit être tenue dans la paume de la main ressemble assez à une moitié de champignon, ce qui permet de coucher à plat l’outil sur le cuivre selon l’importance, la forme et la profondeur des tailles qu’on veut faire. Bien que
diminuer la chaleur pour ne conserver le mélange qu’à la température de l’eau bouillante. Dans un autre poêlon, et en même temps, on chauffe le bitume suffisamment pour le faire fondre et, aussitôt après, on y incorpore le mélange de cire et de résine ; pour cela, on ajoute ce mélange par portions et l’on agite avec soin; lorsque le tout est parfaitement fondu, on y incorpore le caoutchouc, et l’on fait fondre le vernis à une chaleur moindre que celle nécessaire pour fondre le bitume; enfin, on coule dans des moules ou dans l’eau tiède pour en former des boules de 50 ou 60 grammes en le passant à travers un linge serré.
Un autre moyen de préparer ce vernis, et qui réussit également bien, consiste à soumettre à la distillation les substances dissoutes dans l’essence de térébenthine qui a servi à les purifier; lorsqu’on a retiré l’essence employée, on fait cuire la masse pendant un quart d’heure, et l’on coule dans l’eau chaude pour en former des boules.
LA GRAVURE A L’EAU-FORTE
le burin soit l’outil du graveur classique, l’aquafortiste ne saurait s’en passer. J’ajouterai même que c’est l’emploi du burin qui donne les plus grandes fermetés, et avec les remorsures, l’affirmation de la volonté de l’artiste.