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DES CALQUES, DU REPORT ET DU TRACÉ

La planche étant ainsi préparée, le sujet à y graver peut être de deux sortes : ou c’est l’eau-forte improvisatrice, alors vous exprimez directement sur le cuivre votre pensée, en tenant compte que l’épreuve vous donnera l’image renversée, ou bien vous avez à traduire l’œuvre d’autrui ou simplement encore à transporter une œuvre par vous préalablement peinte ou dessinée. Dans le premier cas, cela va de soi, vous dirigez votre pointe à même le vernis; dans le second cas, vous employez les calques.

Les calques sont de deux sortes : le calque à double tracé, sur papier végétal ; le calque de report, sur couche de gélatine dite papier glace.

Pour le calque à double tracé, on commence par calquer directement le travail sur un papier végétal qu’on a bien assujetti au sujet à reproduire, puis on enlève ce calque avec précaution; on transporte ce calque en le retournant sur un papier sanguiné ou plombaginé et l’on place le tout sur la planche à graver. On assujettit bien et Ton repasse tous les

Karl Robert. — La Gravure à l'eau-forte .

traits du dessin avec un crayon dur finement taillé ou une pointe à calquer en ivoire ou agate. Si l’on possède une presse d’essai, on peut reporter le calque d’un coup de presse; pour cela il suffit de calquer le dessin sur papier végétal et à la sanguine. On pose le cuivre sur la table de la presse, puis le calque, la face qu’on vient de tracer contre le vernis, on baisse les feutres avec précaution et l’on tourne la presse. Le dessin se trouve reporté sur le vernis avec une très grande exactitude, puisqu’il n’y a à craindre ni les hésitations de la main, ni le glissement du papier végétal qui peut toujours se produire et se produit presque toujours d’ailleurs lorsqu’on soulève le calque pour vérifier de temps à autre si l’on est bien en place.

L’emploi du papier glace donne le même résultat. Voici comment on opère : on assujettit bien le papier glace sur le sujet à reproduire; puis, à l’aide d’une pointe très fine ou d’une aiguille de graveur, on fait son calque en entamant légèrement le papier glace où l’aiguille s’enfonce d’ailleurs aisément. Au bout de quelque temps, l’œil est assez exercé pour suivre très aisément le tracé de l’aiguille ; on peut toutefois le contrôler de temps à autre en introduisant un papier noir entre le papier glace et le dessin que l’on calque. Lorsque le tracé est entièrement terminé, on remplit le sillon de poudre de sanguine ou mieux de mine de plomb très fine prise au bout d’un tortillon de papier et qu’on repasse bien partout. Quand on est assuré que tout le tracé est bien rempli de mine, on essuie la surface du papier glace, on le retourne et on l’applique contre le vernis de la planche à graver, on le fixe encore avec soin afin qu’il ne glisse pas, puis on frotte toute la surface à l’aide d’un brunissoir imbibé d’huile de pied de mouton. Sous cette pression, la mine de plomb quitte les sillons du calque pour se reporter sur le

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