‹ Traité pratique de la gravure à l'eau-forteChapitre 13 sur 44 · DES CALQUES, DU REPORT ET DU TRACÉ · texte numérisé non relu

DES CALQUES, DU REPORT ET DU TRACÉ

vernis auquel elle s’attache ; on enlève le papier glace et l’on a ainsi le dessin retourné de son sujet.

En général, l’amateur ou le débutant n’attachent pas assez d importance au calque et le considèrent trop comme un procédé matériel où l’art n’entrerait pour rien. C’est là une grave erreur. Faire un bon calque est une grosse difficulté et l’on ne saurait trop s’y exercer. Cela est si vrai que la plupart des maîtres commencent par faire exécuter à leurs élèves un certain nombre de calques avant de les autoriser à aborder le cuivre.

En effet, on ne doit point se contenter de reporter la silhouette du sujet à graver, il faut encore indiquer, par des hachures analogues à ce que sera la taille, les lumières et les ombres, les masses générales et particulières, enfin les détails eux-mêmes doivent être en place et le plus finement possible. L’exécution du calque prépare, d’ailleurs, admirablement l’artiste à son travail ; outre qu’elle fixe matériellement la forme, elle ouvre son esprit à l'œuvre qu’il traduit, car déjà il est obligé de se rendre compte du pourquoi de chaque coup de pointe sur le papier glace. Et que de précautions à prendre. Ce papier, extrêmement fragile et cassant par les températures sèches et surtout quand il est épais, s’échauffe sous la pression et la chaleur de la main; il faut donc mener son travail d’une manière délicate, si l’on ne veut point qu’il se soulève ou se gondole en des vallonnements qui gêneraient le travail. Aussi faut-il se servir d’un appuie-main, autant que possible, et poser un papier blanc à l’endroit où l’on pose les deux doigts de la main gauche qui le tiennent, tandis que la droite procède au tracé. J’appelle toute votre attention sur l’importance des calques. Faites-en, faites-en beaucoup, et cela, même si vous voulez graver des œuvres originales. Quelque minutieux que soient

LA GRAVURE A L’EAU-FORTE

vos calques, le cuivre laissera encore assez de marge à l’improvisation.

Pour l’amateur, et principalement le paysagiste, le dessin à la plume est également une préparation excellente et qui, d’ailleurs, lui rendra l’exécution du calque plus facile au début. Je dis au début, parce que si le contour donné à la plume, étant plus ferme, est mieux suivi par la pointe qui décalque, d’autre part, lorsque vous êtes au courant des travaux et sûr que votre pointe obéit bien à la pensée, la netteté du contour de dessous est moins nécessaire puisqu’il vous faut déjà interpréter par la pointe votre sujet, apprendre peu à peu comment il vous faudra traduire une touche d’aquarelle ou de peinture.

Enfin, il est un procédé qui est certainement appelé à rendre des services au graveur, c’est l’application directe sur le cuivre de l’œuvre à reproduire, par la photographie, procédé que certains héliograveurs mettent à la disposition des artistes. Mais ce moyen, qui supprime les premiers travaux du calque et du report, est un danger pour les commençants qui ont besoin de passer par toutes les étapes de l’eauforte et dont l’esprit doit constamment être tenu en éveil. Supprimer le travail du calque et du report, et le remplacer par la photographie directe, c’est, à notre avis, risquer de perdre tout esprit d’initiative dans la recherche des formes et du dessin. En matière de gravure, tout procédé expéditif doit être réservé à l’artiste expérimenté qui seul peut juger ce qu’il doit en prendre ou en laisser.

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La Rentrée du Troupeau

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