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DE LA TAILLE CHEZ LA FEMME

Après avoir passé en revue les différentes applications de la lithotritie pour les calculs observés dans les deux sexes, nous avons reconnu que cette méthode de traitement n'était pas applicable à tous les malades, ce qui nous a conduit à étudier longuement la question delà

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lithotomie chez l'homme. Il nous reste maintenant à examiner si le broiement de la pierre peut toujours suffire lorsqu'il s'agit de débarrasser la femme d'une concrétion vésicale.

On sait que les calculs de la vessie sont rares clans le sexe féminin, car la disposition des parties favorise l'expulsion spontanée des gravelles urinaires, qui pourraient devenir le noyau d'un calcul vésical. 11 faut ajouter que chez la femme les affections de l'urètre et du col de la vessie manquant presque complètement, toutes les difficultés que rencontre l'application de la litholritie chez l'homme ne se retrouvent plus dans l'autre sexe. La dilatabilité de l'urètre féminin est telle, qu'elle permet d'introduire les instruments lithotriteurs les plus volumineux.

La fragmentation des calculs chez la femme est chose tellement simple, que la lithotritie a été pratiquée bien avant qu'on songeât à ériger le broiement de la pierre en méthode générale. Colot rapporte une observation qui a trait à notre sujet, aussi ne sera-t-il pas sans utilité de rappeler ce fait : « Une religieuse des filles Saint- Magloire, rue Saint-Denis, à Paris, âgée de soixantedouze ans, avait dans la vessie une pierre bien plus grosse que ne pouvait être une balle à jouer à la courte paume ; j'étais en peine comment je pourrais lui faire l'opération, afin d'éviter les écoulements d'urine qui sont familiers aux femmes et aux filles quand les pierres ont trop de volume. C'est pour cela qu'ayant reconnu à la sonde que ce corps étranger n'était pas bien solide, jelecassai peu à peu par morceaux ; je le réduisis

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ensuite en fragments, et enfin sans rien tirer de la vessie avec les instruments, je lui fis rendre ces fragments, en sorte qu'au bout de huit jours, il ne lui restait plus rien ; elle a vécu jusqu'à l'âge de quatrevingt-deux ans. »

Cette observation démontre, ainsi que nous l'avons déjà dit, que le broiement de la pierre avait été exécuté très-anciennement, et cela grâce à la disposition favorable des organes de la femme. On trouve également relatées dans ce cas, deux circonstances que confirme la généralité des faits. Chez la femme, les calculs sont le plus souvent friables, ce sont presque toujours des concrétions phosphatiques qui prennent naissance dans une vessie malade, ou qui incrustent la surface d'un corps étranger venu de l'extérieur. Cette friabilité des dépôts favorise toujours l'application de la lithotritie, si bien qu'en modifiant les instruments, on peut arriver à détruire non-seulement les concrétions phosphatiques, mais encore les corps étrangers eux-mêmes.

L'autre fait qui est mentionné dans l'observation de Colot, c'est la fréquence de l'incontinence d'urine, lorsque chez la femme on a extrait une pierre volumineuse au travers du col de la vessie. Cette infirmité consécutive à la cystotomie, avait tellement frappé les observateurs, que frère Corne avait érigé en principe que la taille hypogastrique était la seule manière de guérir radicalement et sans suites fâcheuses les femmes atteintes de calculs de la vessie.

Deschamps a partagé cette crainte de l'incontinence, aussi se prononce-t-il en faveur de la taille hypogas-

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trique, toutes les fois que le calcul présentera un volume un peu notable.

■ Dupuytren considérait la taille urétrale comme étant la meilleure pour les femmes, soit qu'on fît la dilatation du canal, soit qu'on incisât le col de la vessie; mais il avait renoncé à cette opération à cause de l'infirmité qu'elle entraînait presque nécessairement.

A. Cooper n'a pas accepté que l'extraction par l'urètre eût toute la gravité que lui attribuaient les principaux chirurgiens; et. conséquent avec lui-même, il a pratiqué et conseillé la dilatation de l'urètre au moyen de l'éponge préparée. Ce procédé lui paraissait très-certain ; l'opération sans importance n'exposait pas, suivant lui. à l'incontinence d'urine.

De nos jours, la question s'est beaucoup simplifiée, car l'ensemble des faits permet de considérer que la litbotritie doit suffire le plus souvent pour débarrasser les femmes de la pierre vésicale. Cependant, dans les cas exceptionnels, pour des calculs très-volumineux et compliqués de certaines circonstances défavorables, la taille pourrait devenir indispensable; mais loin de préconiser la cystotomie hypogastrique, qui expose à des dangers sérieux, nous n'hésiterions pas à donner la préférence à la taille vésico-vaginale. Cette dernière opération est des plus simples, l'incision peut sans difficulté être faite sur la pierre; quant à la possibilité de la persistance d'une fistule, nous sommes loin d'en être effrayé. On connaît, en effet, la perfection des différents procédés pour la cure radicale de ces perforations.

Depuis bien des années, à Paris, on n'a plus guère

pratiqué la cystotomie chez la femme; ceci tient à la rareté de l'affection calculeuse et aux nombreuses ressources que nous offre la lithotritie. Ces considérations suffiront pour expliquer au lecteur la très-grande brièveté de ce chapitre.

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