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qu’on observe de 20 ;\ 30 ans est plus du doul)le de celles qu’on trouve entre 50 et 60; mais en calculant la fréquence d’après la population de ces deux périodes, la différence n’est plus que d’un dixième à peu près.
Les deux tableaux qui prc'cèdent pourraient faire croire aussi que la pneumonie est une maladie qui diminue de fréquence après l’âge de 60 ans , quoique cependant le contraire ail lieu ; mais il faut savoir qu’à Paris une grande partie des vieillards de la classe indigente (environ huit mille) se réfugie dans les hospices. Ils sont par conséquent soustraits à nos relevés; car si ces individus étaient abandonnés dans la vie commune, ils viendraient, comme ceux de la classe adulte, réclamer les secours de l’art dans les hôpitaux , et nous constaterions alors chez les sujets de cet âge beaucoup de cas de pneumonies. Tous les médecins qui ont fréquenté les hospices de la Salpétrière et de Bicètre ont été frappés du grand nombre de vieillards qui succombent à l’inflammation des poumons. Il résulte, par exemple, d’un relevé statistique, publié par M. le docteur Prus (1), qu’à î’iiospice de Bicêtre les pneumonies ont formé près du neuvième des maladies qui furent traitées dans ses salles de 1832 à 1835, et près du sixième des décès qu’il observa dans la même période; tandis que, d’après des calculs que j’ai faits dans les hôpitaux pendant trois années successives, la proportion des pneumonies par rapport aux autres maladies médicales varie chez les adultes entre un quatorzième et un dix-septième , et j’ai estimé, en outre, que le dixième seulement des individus qui succombent étaient victimes d’une inflammation de poumons.
En résumé, nous trouvons que la pneumonie est une maladie de tous les âges ; nous l’avons même vu affecter l’enfant encore renferme dans le sein maternel, et devenir la cause de la mort du fœtus et d’un accouchement prématuré. Après la naissance la pneumonie est une maladie fréquente dans toutes les périodes de l’enfance, mais rarement primitive dans les cinc[ premières années de la vie ; elle survient alors le plus souvent comme complication des maladies aiguës ou chroniques si nombreuses qui assiègent l’enfance. De six à cjuinze ans, la proportion nes pneumonies devient
(l) Jiech. sur les maladies de la vieillesse. Mémoires de VAcad, de méd,^ Paris, 1840, t, VIII, p. 1,
s. -.XK.
beaucoup moins considérable; c’est la période de l’enfance cjui en produit le moins. Pendant la puberté jusqu’à 20 ans la pneumonie est une maladie à peu près aussi commune qu’elle le sera plus tard chez les individus âgés de 40 à 50 ans ; mais c’est de 20 à 30 que la phlegmasie pulmonaire a son maximum de fréquence pour l’adulte. Après avoir diminué dans les années suivantes jusqu’à 60, ans elle devient très commune à dater de cet âge, et c’est de toutes les maladies aiguës de la vieillesse la plus fréquente comme aussi la plus meurtrière.
§ IL — Sexe.
Tous les médecins depuis Cœlius Aurélianus (1) sont unanim e pour reconnaître que les hommes sont beaucoup plus souvent affectés de pneumonie que les femmes. Les relevés staiisti* ques publiés depuis quelque temps ont prouvé que le nombre des pneumonies chez les hommes était généralement deux, trois et même quatre fois plus considérable que chez les femmes. Sur 97 cas de pneumonie observés par M. Cbomel à l’hôpital de la Charité, il s’en est présenté 73 parmi les hommes, et 24 seulement parmi les femmes, bien que le nombre de lits fût presque le même pour les deux sexes (2). Pvî. Briquet a trouvé 95 pneumonies chez les hommes pour 4G chez les femmes ; comme le service dont il est chargé à l’hôpital Cocliin se compose d’un nombre égal de lits d’hommes et de femmes, il considère comme exacte pour les hôpitaux, la proportion qui établirait que la pneumonie des hommes est à celle des femmes comme 2 est à 1 (3).
Les faits que j’ai recueillis confirment ce que l’on a dit à ce sujet; ainsi sur 304 pneumonies, 236 avaient été observées chez l’homme et 68 seulement chez la femme. Pendant l’année 1837, quoique le nombre des lits consacré aux traitements des femmes fût d’un tiers plus considérable que dans le service des liomines, cependant sur 74 pneumonies qui furent traitées dans cet Üntcrvalle, il y eu eut 56 dans la salle des hommes et 18 seuleiment dans celle des femmes. Cette prédominance de la pneunnonie dans le sexe masculin existe non-seulement en France,
(1) Ch. 13.
(2) Diclionn. de mcd., cd., t. XVII, p. 211.
(•>) ÀrchU’cs, 3<^ sévir, t, VII, p, 17S.
t'Tlor.or.IE DE LA P.VEUWONIE.
niais elle a (?té constatée à peu près partout, mais surtout en Allcuiagne, par J. Fi’ank (1), et IJildcnbrand (2). Si on parcourt en eflèt les tableaux que ce dernier a publiés sur les maladies qu’il a reçues à l’Institut clinique de Vienne, depuis 1806 jusqu’en 1809 , on voit que sur 57 pneumonies qu’il a traitées, 38 existaient chez les hommes, et 19 seulement chez les femmes (3).
Celte prédominance de la pneumonie chez les hommes indiqne-t-clle d'une manière certaine que le sexe masculin est une cause prédisposante de la pneumonie? Je ne le pense pas, je crois au contraire que l’influence exercée par le sexe est douteuse, incertaine, et que si les pneumonies se montrent en plus grand nombre chez l’homme que chez la femme , il faut en rechercher la cause dans la différence du régime, et des occupations de l'un et l’autre sexe. C’est ainsi qu’à Buhl (4) pays montagneux et peuplé de vignerons, où les femmes se livrent aux mêmes travaux que les hommes , le docteur Ruef a trouvé que les deux sexes étaient également prédisposés aux inflammations pulmonaires , puisque sur 94 pneumonies observées par lui dans l’espace de trois ans, il en a trouvé 44 chez les hommes et 50 chez les femmes (5).M. Munaret a également vu qu’à Ilaulbugey (Ain), pays de montagnes, où les femmes partagent les travaux des hommes, sur 37 cas de pneumonies, 20 existaient chez les hommes et 17 chez les femmes; (G) proportion bien différente de celle que nous observons à Paris. Enfin dans les prisons où l’habitalion, le régime , les occupations sont à peu de chose près les memes pour les deux sexes , on a vu la pneumonie affecter également les hommes et les femmes; cela résulte surtout d’un compte-rendu , publié par M. le doc-
(1) L. cit., p. 5t4.
(2) I\Jede prciti, tvcul, de Cfaulhiev, t. II, p« SGofitsuiV,
(3) L’Institut clinifpic de Vienne contenait 24 lits, dont <2 pour les lioinincs et autant pour les femmes. [L. cit., t. I, p. 59.)
(4) Pays du grand-duehé de Bade.
(5) Midicinische a/inalcn, cahier dull'voj., 1 856, et Gaz. méd., î. IV, p. 606, année 1 836.
(g) Bill/, de l’Âcad. royale de méd., Paris, 1 840, t, IV, p. 4 4 7.