C.OXSTlTUTtOr
I leur Talmouche (1) sur les maladies , qui pendant trois années ; consécutives furent observées dans la maison de détention de I Rennes; la pneumonie, qui fut après la phthisie, la maladie la I plus meurtrière, fut trouvée aussi fréquente dans la division des I hommes que dans celle des femmes.
1 Les résultats obtenus chez les enfans viennent encore confir- I mer l’opinion que j’ai émise sur le peu d’influence qu’exerce le i sexe dans la production de la pneumonie. J. Frank avait , en I effet, reconnu depuis longtemps que les enfans des deux sexes i étaient également sujets à la pneumonie (2), et cette assertion a I été confirmée par les relevés slastistiques de plusieurs médecins modernes ; ainsi M. Hache sur 108 cas de pneumonie a j trouvé que les garçons avaient clé aflectés 50 fois et les filles I . 58 (3), et dans les faits recueillis par PdM. Valleix et.Vernois sur j les nouveau-nés on trouve GT garçons pour 62 filles (4). Il a paru également à MM. les docteurs Rilliet et Barthez que les sexe n’exerçait aucune influence bien marquée sur la pneumonie qui se développe chez les enfants de deux à cinq ans; qu’il n’en exerçait pas non plus sur celle qui chez les enfants de six à quinze , complique le plus souvent les affections inéexistanles (3). MM. Rufz et Gerhard sont les seuls auteurs dont les T résultats soient en opposition avec les faits précédens. Ces observateurs ont dit, en effet, que de six à quatorze ans , pour douze I garçons atteints de pneumonie, il n’y avait que quatre filles (6);
1 mais il est probable que la différence des résultats obtenus par ( eux dépend du petit nombre de faits sur lesquels il les ont éta- Iblis.
5 III. — Cqjutitiition^ tempérament.
Hippocrate a noté (7) que les individus robustes étaient plus M ' souvent aflectés de pneumonie que ceux qui présentaient une 0 constitution contraire. Cette opinion du père de la médecine,
S (t) Annales d’hy g. et de rned. légale, t. XIV, p. 25 et 27,
É (a) L. cit., p. 514.
^ (3) Thèse , p. 54.
0 (4) Clinique des maladies des enfans noweau-nés, p. 175,
W (5) L. en., p. 78.
1 (C) Journ. des eonn. incd.- chirurg., 3* atmee, p. 104. t (7) De arre, locis et aqiiis., edit. do Littro, Paris, 1 84 0, t. II, p. 1.
ETIOLOGIK DE LA TNEUMONIE.
adoptée par la plupart des patliologistes, est peut-être vraie pour les adultes, et les laits que j’ai recueillis semblent la confirmer, puisque sur 304 sujets atteints de pneumonie 222 étaient doués d’une constitution forte ou moyenne, et 82 seulement d’une constitution grêle et clietive. Cependant, pour conclure légitimement, il faudrait connaître exactement la proportion relative des individus forts et faibles; quoi qu’il en soit, les résultats obtenus chez les enfans diffèrent un peu des précédens. M. Valleix a remarqué en effet fl), que les nouveau-nés d’une constitution chétive et affaiblie étaient affectés de pneumonie en beaucoup plus grand nombre que les sujets sains et vigoureux. M. Riiliet et Barthez ont aussi noté que presque tous les enfans de deux à cinq ans qui contractaient la pneumonie avaient une complexion délicate, tandis que chez ceux de six c\ quinze ils observaient tousjes attributs d’une bonne constitution (2).
Un degré d’embonpoint plus ou moins considérable paraît devoir être considéré comme une sorte de préservatif contre les inflammations pulmonaires; cette opinion, émise d’abord par Tj'iller (3), fut ensuite adoptée par Morgagni (4), quoique ce grand médecin eût cité iui-jnciiie deux faits de pneumonies mortelles chez des individus chargés de graisse. Dans l’épidémie de 18l2à 1813 sur 81 individus, dont la constitution fut notée par M. Chomel, il y en eut sept qui présentaient un embonpoint remarquable ; enfin j’ai vu moi-même la pneumonie survenir chez trois personnes qui offraient une obésité assez considérable. Ces faits, contraires à l’opinion de Triller,ne sont pas d’ailleurs assez nombreux pour faire croire avec F. Home que les individus qui ont beaucoup d’embonpoint sont au contraire plus prédisposés que d’autres à contracter la pneumonie.
il est difficile de déterminer l’influence qu’exerce le tempérament sur l’aptitude à contracter la pneumonie. M. Chomel pense que la maladie frappe indistinctement tous les tempéramens , et
[\)Clin. ,p. 174.
(2) L. cit., p. 81.
(3) 20® lettre J p. 306, édit, de Desormeau.
(4) Même lettre 9 et 61.
(ô) Principici mcdicin, 150, Amstelodami, 1775.
OONSTITUTFON.
si de 1812 à 1813 ce professeur a Iroimi que sur 81 pneumoniques il y en avait GO qui présentaient les attributs du tempérament sanguin pur ou mixte , il pense que la prédominance de l’affection chez les sujets ayant un même tempérament, doit être regardée comme une particularité propre à l’épidémie qu’il observait; circonstance qui avait été notée également dans l’épidémie meurtrière de pneumonie, qui régna en 1751 et que Brambilla a décrite. Ce savant médecin avait remarqué que les personnes faibles, valétudinaires ou avancées en âge en étaient rarement atteintes, tandis que la maladie sévissait fortement sur les personnes jeunes, pléthoriques, sur les soldats pleins de vigueur et de santé (1).
M. Bouillaud dit que des faits multipliés l’ont conduit à considérer le tempérament lymphatique ou lymphatico-sanguin , comme constituant une véritable prédisposition organique pour contracter la pneumonie (2). Il est à regretter que ce professeur ne nous ait pas fait connaître les résultats sur lesquels il fonde l’opinion qu’il a émise , puisque sur les 26 malades dont il donne les observations dans sa clinique, il n’y en a que six qui aient offest les conditions organiques qu’il indique; d’ailleurs, il résulte de l’analyse de mes propres observations, que plus de la moitié des sujets atteints de pneumonie avaient un tempérament lymphatique ou lymphatico-sanguin ; chez un quart on reconnaissait les traits du tempérament sanguin pur, enfin les autres appartenaient aux tempéramens bilieux ou nerveux ; mais celui-ci, le plus rare de tous, se remarque à peine dans un douzième des cas. Malgré la prédominance du tempérament lymphatique ou lynipbalico sanguin , je ne pense pas cependant qu’on doive reconnaître en eux une cause prédisposante de la pneumonie -, car la prédominance de ces tempéramens se remarque pour toutes les autres maladies, et elle dépend uniquement du climat dans lequel nous observons, et où les tempéramens lymphatico-sanguin semblent exister en beaucoup plus i grand nombre que les autres. C’est ce qui explique peut être I d’une manière assez satisfaisante pourquoi Hippocrate, qui ob- ■ servait sous des latitudes plus chaudes que les nôtres, a prétendu
(<) Quarin, t. II, p. tst.
(2) Clin, (le l’iidp, de la Charité, t. II^ p. 14.'».
“JOR i'tiOLOCIE DF. lA PNF.UMOMF.
que la pneumonie affectait plus souvent les hommes secs et robustes (1).
§ IV. — ConformaLion Lhoracuiae.
Quarln (2) dit avoir reconnu que les bossus, que les individus dont le thorax est déformé, sont plus sujets à la pneumonie que ceux dont la poitrine est régulièrement conformée. F. Home (3) regarde aussi la même affection comme étant plus commune chez les personnes dont la poitrine est e'troile. 11 semblait en effet très rationnel de supposer que des poumons sans cesse comprimés dans un thorax trop étroit et empêchés dans leur expansion, dussent s’enflammer d’autant plus facilement, que chez la plupart des bossus ces organes sont le siège habituel d’une stase sanguine plus ou moins considérable. Cependant l’observation clinique ne confirme point les présomptions que l’on pouvait avoir d’après l’examen anatomique des thorax rachitiques. En effet, depuis plus de trois ans que je connais l’opinion professée par le célèbre médecin de Vienne, j’ai interrogé tous les bossus qui se sont offerts à mon observation. J’ai recherché avec le plus grand soin s’ils avaient éprouvé, à une époque quelconque de leur existènce, les symptômes caractéristiques d’une inflammation pulmonaire. Or , sur vingt-huit bossus de 20 à 75 ans, dont la plupart avaient dépassé 35 ans et sur les antécédents desquels j’ai pu me procurer des renseignemens positifs, j’ai constaté qu’aucun de ces individus n’avait éprouvé antérieurement des symptômes pneumoniques; et cependant chez tous ces individus les poumons étaient gênés dans leur action; il y avait une dyspnée habituelle; la plupart étaient affectés de bronchite chronique ou d’emphysème pulmonaire ; enfin, chez un quart la figure et les extrémités des membres offraient une couleur bleuâtre habituelle, et plusieurs fois leur vie avait été mise en péril , par suite des accidens d’asphj^ie cpii s’étaient déclarés,
M. le docteur Bouvier, qui est à la tête d’une institution orthopédique, m’a dit que la pneumonie est une des maladies ai-
(t) De acre, locis, cfc.
(2) Traité des ficares, t. Il, p. t 50.
[ (3) Principia medicin,, p. tSO.
rjJKUMONIES AM\LUli,UUKS.
Iü9
P, luis les plus rares chez les bossus; car depuis douze ans il n’en a observé qu’un seul exemple dans sa pratique. Ce médecin , aussi honorable que laborieux, ayant bien voulu me confier plusieurs de ses manuscrits, j’ai vu que parmi les nombreux cadavres de bossus qu’il avait ouverts dans nos hôpitaux, il n’y eu avait c{ue quatre qui eussent présente' une pneumonie à laquelle il fallut rapporter exclusivement la mort des malades. Enfin, sur une dizaine de sujets contrefaits que j’ai vus moi-même succomber depuis dix ans dans les hôpitaux, il n’y en a qu’un seul qui soit mort de pneumonie. Ainsi, tous les faits qui précèdent nous permettent de conclure que, contrairement à l’opinion de Quarin, la pneumonie est une maladie cju’on observe assez rarement chez les bossus. Cependant, je ne prétends parler ici que des pneumonies idiopathiques et primitives, car les pneumonies secondaires m’ont paru, au contraire, plus fréquentes chez les bossus que chez la plupart des autres sujets du môme âge et ayant succombé à des affections analogues. C’est ainsi que sur 24 bossus morts de diverses maladies, 16 ou les deuxtiersprésentereut des traces de pneumonie, et chez la moitié d’entre eux cette phlegmasie devait être considére'e comme ayant déterminé la mort des individus. Les bossus se trouvreaient donc dans les mêmes conditions que les enfans de[deux à cinq ans, chez lesquels les pneumonies primitives sont extrêmement rares, tandis que les pneumonies secondaires se développent dans le cours de la plupart des maladies qui sont suivies d’une issue funeste.
5 Y. ■ — Pneumonies ajUcneuirs.
Il est des maladies qui récidivent fréquemment et dont une ) première attaque constitue réellement une sorte de prédisposiition à en être affecté de nouveau ; tel est le rhumatisme articulaire; telles sont les affections érysipélateuses, et en particullier l’e'rysipèle de la face, etc. J’ai dû rechercher s’il en e'tait de même pour la pneumonie, car cette question était d’un haut inte'rêt soit pour l’étiologie soit pour le pronostic. J’ai donc interroge' les malades avec soin sur les anlécédens; j’ai surtout insisté auprès d’eux pour savoir si à une e'poque quelconque 'de leur vie passée ils avaient été affectés de pneumonie. Lors- :iuc leur réponse était affirmative, je ne m’en tenais point à celte uemière déclaration, et avant d’enregistrer le fait comme exact,
ÜTlOLUGIIi Dli LA PAEUMONIE.
il fallail que les malades pussent m’indiquer les principaux symptômes qui pouvaient caractériser l’affection ; j’insistais surtout sur la douleur de coté , la fièvre, les crachats, la duree de la maladie et le traitement par lequel on l’avait combattue. S’il m’était impossible de vérifier, pour ainsi dire, par moimeme Texactitude du diafpioslic , je considérais le fait comme non avenu.
En procédant avec ces précautions dans l’interrojjatoire, voici ce que j’ai obtenu. Sur 175 malades interro{jés comme il vient d'être dit, j’en ai trouvé 54 qui avaient éprouvé à une époque plus ou moins éloignée, les symptômes d’une pneumonie suffisamment caractérise'e. Les récidives ont eu lieu en proportion à peu près égale chez l’un et l’autre sexe. Le nombre des récidives a varié pour chaque individu de une à huit. Les femmes, au moment où je les observais, n’avaient été affectées qu’une seule fois de pneumonie, à l’exception pourtant de deux d’entre elles, qui en comptaient jusqu’à cinq, tandis que chez un tiers des hommes la pneumonie se reproduisait pour la3®, 4®, 5e, 7® ou 8® fois. Ces récidives, moins fréquentes chez la femme que cliez l’homme , sont en rapport avec le nombre moins grand des pneumonies chez les premières. La plupart des récidives ont eu lieu de 30 à 60 ans , en divisant cet espace en trois périodes de 10 années chaque; c’est celle de 40 à 50 qui en a le moins présenté; les autres en ont offert un nombre à peu près égal. La distance entre chaque récidive a varié entre un mois et vingt ans; dans la plupart des cas elle a été de trois à cjnq ans. On peut dire qu’en général la longueur des intervalles fut d’autant plus courte que les récidives devinrent plus fréquentes. Cependant, chez plusieurs malades les premières pneumonies se sont succédé à quelques mois ou à un an de distance, tandis qu’il y avait parfois un intervalle de 5, 6 ou 7 ans et plus encore entre la dernière attaque et celle que j’observais. Les faits qui précèdent démontrent, je pense, qu’un individu est d’autant plus prédisposé à la pneumonie qu'il en a antérieurement déjà éprouvé un plus grand nombre d’atteintes. Il est des individus chez lesquels cette disposition se reproduit un nombre de fois considérable pendant la vie. Ainsi, M. Ghomel (1) a soi-
(t) Dictionnaire de niéd, vol. 17, p. 2M.
Pi^(EÜMO^^lES AJNXEKILUUES.
ytié un malade qui était alFeclé de pneumonie pour la dixième fois. Jos. P. Frank (1) a vu également un sujet chez lequel rinflammation pulmonaire se reproduisait pour la onzième fois ; enfin, Rush parle d’un Allemand, habitant Philadelphie, qui en a subi 28 attaques consécutives (2).
Non-seulement la pneumonie a de la tendance à sévir de nouveau sur un individu qu’elle a affecté une première fois ; mais ce qu’il y a de remarquable, c’est que dans les récidives qui ont lieu , l’inflammation occupe de préférence le poumon qui a été affecté une première fois. J’ai pu , cliez 35 malades , préciser, je crois, assez exactement le côté de la poitrine que les ]uieumonies avaient occupé dans les attaques antérieures. Pour l’établir, j’avais égard au siège de la douleur et aux traces qu’avaient laissées sur tel ou tel point du thorax les sangsues, les ventouses ou les vésicatoires qu’on avait employés généralement dans le traitement de ces phlegmasies. Ainsi, sur les 35 malades dont je parle , 25 fois la pneumonie a toujours occupé le même poumon, chez les autres 10 malades l’inflammation a changé de coté à mesure qu’elle se reproduisait sur le même individu. Parmi ces 35 malades, la pneumonie gauche a récidivé 16 fois, et la droite 9 fois, différence qui est beaucoup plus considéi rable qu’elle ne le paraît de prime abord, si l’on se rappèle que les pneumonies droites sont beaucoup plus fréquentes que les pneumonies gauches. Ce résultat me porterait à croire que les récidives sont plus communes pour les pneumonies gauches que pour celles c|ui occupent le poumon droit. Mais je n’établis cela que comme une présomption; car, pour qu’il y eût démonstration à ce sujet, je voudrais posséder un beaucoup plus grand nombre de faits.
N’ayant pas observé les malades dans leurs premières atta- » ques de pneumonie, je ne puis décider si le siège que la phleg-
Irnasie a occupé a rendu les récidives plus ou moins fréquentes. M. Briquet (1) pense que celles-ci sont plus communes après les pneumonies du sommet qu’après celles qui ont envahi les autres ; portions du viscère. C’est ainsi que sur 18 cas de pneumonie 1 du lobe supérieur, il s’est trouvé 5 sujets qui ont eu des récidi-
(t) [nier, clinicœ Ohs. Sclec., Tubinguc, 1842, p, 9G.
I (2) Cyclop, of piact. med., t. 111, p. 4 0G.
’ (^0 ^frcliivcs, 3« série, t. Vil, p. 481.
UE LA l'NElMUME,
vcs, landis qu’il ne s’en est présenté que 1 1 sur 04 cas de pneumonie de la base. .le crains queM. briquet n’ait ici fait erreur, et n’ait confondu la récidive d’une maladie avec la simple reclnile ; il serait, en ellet, très extraordinaire qu’un aussi {;rand nombre de malades que ce médecin aurait guéris d’une première pneumonie, fussent revenus dans le même service poulies récidives qu’ils auraient éprouvées plus ou moins longtemps après. C’est précisément parce que les malades qu’on a soignés et guéris une première fois nous reviennent rarement pour les récidives qu’ils éprouvent une ou plusieurs années plus tard, qu’il est à peu près impossible de déterminer d’après la pratique des hôpitaux , si le siège que la pneumonie a occupé dans une première attaque exerce quelque influence sur le nombre des récidives et la rapidité avec laquelle elles s’effectuent.
§ VI. — Condilions sociales.
La pneumonie est une maladie qui, chaque année, fait périr un grand nombre d’individus appartenant à toutes les condilions sociales. La science ne possède encore aucun renseignement un peu précis pour pouvoir comparer le degré de fréquence de la maladie dans la classe aisée et chez les individus pauvres. Il est probable, cependant, que, comme la plupart des maladies auxquelles l’espèce humaine est sujette , la pneumonie se montre plus fréquemment dans la classe indigente et qu’elle y produit aussi une plus grande mortalité.
Mais , à défaut de preuves directes qui nous manquent , je puis invoquer à l’appui de l’opinion que je viens d’émettre, les résultats obtenus par les médecins anglais sur les officiers et les soldats de leur nation qui servent dans les colonies de la Méditerranée et de l’Amérique. Ainsi, en comparant la fréquence de la pneumonie chez l’officier et le soldat, on trouve que chez les premiers la maladie est deux ou trois fois moins fréquente que chez les seconds -, si , en effet , la proportion des pneumonies ou des maladies aiguës graves de poitrine observées dans les stations de la Méditerranée, varie de 32 à 42 par chaque mille hommes de troupes, elle n’est que del4 fflO, chez le même nombre d’officiers. Les observations faites dans le Canada ont donné le même résultat, puisque si, pour mille soldats, on observe 43 pueumonics dans le haut elle bas Canada,
CONDITIÜKS SÜClALJiS,
un noiiibie égal d’officiers n’en fournit pour les deux provinces que 10 6[10.
Une si grande différence s’explique naturellement par les conditions hygiéniques dans lesquelles se trouvent les deux espèces d’individus que nous comparons. Le soldat, qui peut représenter ici la classe pauvre de la société, fait les travaux les plus rudes ; il est davantage exposé aux intempéries de l’air ; sa nourriture est plus grossière , c’est lui que les privations de toute sorte atteignent le plus souvent , et la discipline ne l’empêche pas de se livrer à tous les excès et surtout à rivrognerie. L’officier, au contraire, mieux nourri, mieux logé, mieux vêtu et surtout plus sobre , doit à ces circonstances plus favorables d’être affecté moins souvent de pneumonie. Les soldats sont frappés en d’autant plus grand nombre et la maladie sévit chez eux avec d’autant plus de rigueur que les conditions hygiéniques dans lesquelles ils vivent sont elles-mêmes plus fâcheuses. Si, en effet, ou compare la fréquence de la pneumonie chez les soldats blancs et les troupes nègres , ainsi que les pionniers qui servent dans les colonies d’Amérique , on voit que , placés dans les mêmes localités , nourris , vêtus et logés à peu près de la même manière, la pneumonie, cependant, affecte les premiers beaucoup moins souvent que les seconds. Une si grande différence dépend de ce que les pionniers sont occupés à tous les travaux publics, et que l’on donne aux troupes nègres tous les postes et toutes les corvées qui pourraient nuire à la snnté des soldats blancs (1). Le tableau suivant va présenter d’ailleurs la proportion relative des pneumonies c^u’on observe chez les soldats blancs et chez les nègres qui servent dans la plupart des colonies anglaises d’Amérique.
(l ) A laùs report on lhe S ickness, morlaUty and invaliding atiiong llie troops in the If^est Indies, p. 4.
KlIOLUGlli L»Ji LA l’NLljfllOKiK.