I NOM
j DKS COLONIES.
DÉSIGNATION DES TKOUPE3.
Nombre de pntumouje5 par chaque :uilU hommes de IroU' pes.
1 lies Saint-Christophe et Tor-
1 loin
Soldats hlancs
J idem
Id. noirs et pionniers.
1 Anligoa et Montserrat .
Id. blancs
1 id. . id. . . .
Id, noirs et pionniers.
1 lia Dominique
Id. hlancs
J id
1 Ste.~Lucic
Id. blancs
1 id
1 Lu Barhade. . . , . ,
Id. blancs
Il id
Id. noii’s pionniers. • . ,
1 Ile dcBahamas
Id. blancs
1 id. ..... .
Id. noirs , pionniers.
1 La Jamaïque
Id, hlancs
Il id
Id. noirs, pionniers.
Id. hlancs
1 id
Id. noirs, pionniers. . . .
1 Ile Grenade
d. hlancs
id
d noirs, pionniers
1 Ile Tohago
d. hlancs
1 id. ......
d. noirs, pionniers. . .
1 l'rinidad
d. blancs
I id. . . • . . ,
d. noirs, pionniers.
1 Guiane anglaise
d. hlancs
Id
d. noirs, pionniers. . . .
1 Iles du Ten t ]
d. blancs
Id
d. noirs, pionniers.
On voit, en parcourant le tableau qui précède, que pour chaque colonie eu particulier, et cela à part une petite exception, la pneumonie est beaucoup plus fréquente parmi les soldais noirs que parmi les blancs. N’y aurait-il ici qu’une influence de race? La chose n’est pas probable. Je crois qu’il est impossible de méconnaître, dans ces cas, l’action que doivent exercer sur ces deux classes d’individus des conditions hygiéniques différentes, de même que nous avons vu tantôt des soldats d’une même nation, ne différant entre eux que parleurs grades, présenter pour la pneumonie une aptitude differente , et qui était en rapport avec les conditions plus ou moins fâcheuses auxquelles ils étaient exposés.
l'Uüi'üSSlOAb.
Je ferai remarquer en terminant , que les résultats uniformes cl à peu près constants qui ont été obtenus sur la même question pendant une longue série d’années, par des médecins nombi eux exerçant dans des lieux fort différens , déposent en laveur des docuniens dont je me suis servi pour éclairer la question dont je viens de m’occuper.
5 VII. — Professions.
j Si on s’en rapjaorte au témoignage des auteurs, il y a un cer~ j tain nombre de professions dans l’un et l’autre sexe qui expoj sent plus spécialement les individus qui les exercent à contraci 1er des inflammations pulmonaires. Ainsi, d’après Stoll (1), les pneumonies afîecteraient fréquemment les individus qui exercent des professions sédentaires, et surtout les tailleurs d’hahils qui , ayant habituellement pendant leur travail le corps courbé et la tête penchée eu avant, doivent, suivant cet auteur, éprouver fréquemment une congestion ou une pléthore locale des poumons qui rend ces organes plus susceptibles à s’enflammer. J. Frank, après avoir combattu l’assertion de Stoll, signale les boulangers, les verriers , les forgerons, les cochers, les courriers, les portefaix comme étant plus fréquemment que d’autres afî’ectés de pneumonie, probablement par suite des changemens brusques de température auxquels ils sont exposés. Cependant Thackrah(2) a cité plusieurs états dans les- 1 quels les individus qui les font, sont forcés de rester dans des ; chambres chauffées à 110 ou 130“ Far. ^ et bien cj^ue s’exposant ! ; fréquemment à l’air extérieur, ils ne sont pas plus souvent at- 1 1 teints de pneumonie que d’autres. Laënnec (3) semble rej garder aussi la maladie comme étant peu commune chez I lies boulangers , taudis que les commissionnaires stationi inant au coin des rues en seraient fréquemment affectés, i lEnfin M. Chomel dit que de toutes les professions, celles qui l'exposent le plus aux intempéries de l’air, telles que celles de 1 1. charpentier, de domestique et surtout de maço*n, sont celles qui j 'Sur le nombre d’environ 230 individus, ont fourni le plus de
{i) Med. prat., t. p. <3^. Ed. do Malion.
(•2) The ejfccls of cu ls, Iracles and profess, Luudüu, lS5i, p. 137. (3) Loc, cit,, t. 1,-p. oiG, 4c cdil.
IIG
DTIOl.OGIE DE LA i’INLCMüNlE.
pneumoniques. Ayant noté la profession qu’avaient rxcrcc'e 212 lioimnes atteints de pneumonie, j’ai trouvé parmi eux AA maçons, 23 journaliers et 19 boulanfjers; les autres états com]>taient un nombre d’individus beaucoup moins considérable. En condurons-nous que les trois professions dont je parle , et surtout que celle de maçon, prédisposent plus spécialement à la pneumonie? Je n’oserais l’aflirmer, car nous n’avons pas tous les élémensnécessairespour résoudre cet important problème. Pour le faire , il faudrait en effet connaître exactement le nombre d’individus que l’on compte à Paris dans chaque profession ; mais même en possédant cette donnée il serait encore difticile d’éclairer suflisamment la question dont il s’agit, puisqu’on ignorerait encore quel est le chiffre comparatif des individus qui , devenant malades, se font traiter chez eux et ceux qui viennent réclamer les secours de la charité publique. Il est en effet plusieurs états tels que ceux de tailleur, de cuisinier, de conducteur, de charretier, de chargeur, de charpentier, etc., etc., qu’on regarde comme prédisposant à la pneumonie^ cependant si on consulte les statistiques faites dans les hôpitaux, on trouve qu’il n’y a qu’un petit nombre d’individus appartenant à chacune de ces professions. Cela ne prouve pas pourtant que les ïiiétiers dont je parle ne prédisposent pas à la pneumonie ; mais les individus qui les exercent ayant pour la plupart une petite aisance, beaucoup pouvant user des ressources que leur donnent plusieurs associations de secours mutuels, préfèrent se soigner chez eux. Tout cela n’existe point pour les maçons; ceux-ci, pour la plupart, n’habitent Paris que passagèrement; ils y sont sans famille , logent dans des garnis ; leurs ressources sont plus bornées ; aussi se font-ils presque toujours transporter dans les hôpitaux dès qu’ils sont malades , de sorte que leur nombre n’indique pas nécessairement que l’état qu’ils font soit une cause prédisposante de !'pneumonie ; du moins la profession qu’ils exercent n’est peut-être pas une cause aussi active cju’elle le paraît de prime abord. On voit donc combien sojit grandes les difficultés que l’étude de ce sujet présente, difficultés dont paraissent à peine se douter beaucoup de médecins qui parlent de l’étiologie des maladies.
Il est encore quelques professions que les auteurs ont signalées comme exposant fréquemment aux inflammations pulmonaires.