SAISONS
Hiver 56
Printemps. ... ^J9 Automne.. . , 44
Tout ce qui précède démontre suffisftmmcnt que dans les réions tempérées du moins , la pneumonie, contrairement à l’oj 'inion deTriller (1), est une maladie qu’on rencontre assez fié- ! uemmenl pendant l’été ; ce fait a été également constaté par ! . Frank (2) dans la Lombardie, en Autriche et dans la Litliuade.
i II est probable que les résultats que j’ai précédemment indiués doivent être à peu près les mêmes dans tous les climats. A Halte,, par exemple, la pneumonie a aussi son maximum de ■ équence au printemps; l’hiver vient ensuite; mais l’automne laraît y prédisposer davantage que l’été. Dans les climats très 1 coids, la prédominance de la pneumonie pendant le printemps '.irait exister encore. .T. Frank dit en effet qu’à Wilna il est lire d’observer des inflammations pulmonaires pendant Içs mrtes gelées. Enfin, d’après un relevé publié en Angleterre (3),
I paraîtrait que la frécjuence de la pneumonie dans chaque saii)on ne serait peut-être pas très exactement la même à Edimourg qu’à Paris • cependant la difiérence n’est pas assez considéiible pour modifier l’opinion que j’ai émise. Les résultats gééraux que je viens d’indiquer semblent aussi devoir être peu ; |(.odifiés par les constitutions épidémiques. C’est ainsi que sur eeize épidémies de pneumonie dont l'authenticité ne soit pas opp contestable, 7 ont commencé au printemps, 4 en hiver, 1 en : 1 itomne et 1 pendant l’été.
. M. Briquet, dont les résultats sont à peu près conformes à ceux 1 le j’ai moi-même obtenus, a cherché à s’expliquer pourquoi il avait relativement à la fréquence de la pneumonie une si
tande différence entre les six premiers mois de l’année et les c derniers. Il a établi à ce sujet une théorie basée sur la capa- ' é des corps pour le calorique et les lois du rayonnement, d’où 'Conclut que dans les six premiers mois de l’année on doit se l'froidir plus facilement que dans les six derniers (4). Je crois
(i) Loc, dt., opus med, vol, I.
(2) Loc. eil., p. .
(â) Cjclopedia, t, III, p. 4 07.
(4) yhchiucs, t. VII, série, p. 482.
M’IOLOGIK DE l.A PNEUMONIE.
inullle de diîcrire cette tliéorie et surtout de la réfuter. Il suffit en effet d’en lire l’exposition pour se convaincre que l’auteur, tout en s’appuyant sur des lois physiques, n’a pu pourtant donner aucune de'monstratioii rigoureuse.
Il est évident que le froid seul ne peut être invoqué comme la cause principale des pneumonies qu’on observe dans l’hiver et le printemps ; car s’il en était ainsi, la fréquence de la maladie devrait être en rapport avec son intensité , et le tableau que j’ai donné prouve tout le contraire. Invoquerons-nous les vicissitudes atmosphériques? dirons-nous, avec quelques auteurs, que les changemens dans la température sont beaucoup plus brusques et plus fréquensdans la première moitié de l’année que dans la deuxième. Je suis loin de nier cette influence; mais il est juste de dire qu’il n’y a aucun rapport entre la fréquence et l’intensité de ces variations, et le nombre plus ou moins considérable de pneumonies. Nous avons vu, d’ailleurs, précédemment, en étudiant l’influence des climats que dans beaucoup de pays où les alternatives de température étaient bien autrement fortes que chez nous, la pneumonie était pourtant une maladie beaucoup plus rare. L’influence des saisons dans la production des maladies dépend probablement d’une action complexe, et que nous n’avons pu encore pénétrer; nous pouvons aisément saisir à l’aide de la statistique les rapports de fréquence des maladies avec les différentes saisons. Mais donner la raison pour laquelle la pneumonie et la rougeole prédominent au printemps, la scarlatine en automne ou dans l’été , etc,, c’est là un de ces mystères que nous n’avons pu encore pénétrer, quoique beaucoup de personnes soient persuadées du contraire.
5 XI. — Influence des vents,.
Existe-t-il des vents qu’on puisse considérer comme favorisant le développement de la pneumonie ? Est-il, par exemple, exact de dire, avec J. Frank (1), que les inflammations de poitrine sont communes lorsque les vents du nord ou nord-est viennent à souffler ; je crois qu’il est impossible d'émettre à ce sujet une règle fixe, invariable. 11 faut ici avoir cgaid aux cli-
(I) Loc. clt,, p. 312.