INFLUENCE DE PLUSIEURS CAUSES OCCASIONNELLES
m’abstenir de citer, pour les combattre, des théories qui ne re- Dosent sur aucune donnée positive.
§ IV. — De quelques aub'es causes occasionnelles.
J’ai recherché avec beaucoup de soin l’influence qu’avaient i ffi îu exercer , dans la production des pneumonies , les diverses â|.iauses occasionnelles signalées partons les auteurs , telles qu’unô |l latigue excessive des organes respiratoires, comme dans l’action Î4e crier , de chanter ou de jouer des instrumens à vent ; les jf; ! flbrts , les fortes émotions morales , les excès alcooliques , etc. Or, voici ce que j’ai appris par l’interrogatoire de mes malades. Oans aucun cas la pneumonie n’a été produite par l'exercice unmodéré des organes de la voix; je n’en ai jamais observé l’exemple sur ces troubadours ambulai'.s, si nombreux à Paris, lui toute la journée hurlent leurs chansons , ou jouent des astruraens à vent les plus durs et les plus fatigans. L’inflammation des poumons peutéclater à l’occasion d’une vive |r motion morale de joie ou de frayeur ; c’est ce que j’ai observé lur une femme qui, ayant appris qu’elle avait été volée, éprouva i l’instant même un saisissement violent, qui fut promptement r. aivi d’un frisson et d’un point de côté.
Enfin , chez 5 malades, la pneumonie s’est déclarée à l’occaion d’excès alcooliques ; il était impossible chez eux de reconaître d’autre cause occasionnelle , comme un refroidissement, 'îljiir exemple, parce que ces individus avaient été placés dans s conditions telles que le froid n’avait pu agir sur eux . iliez tous ces malades, l’influence de la cause s’est fait rapidetient sentir ; chez 2 , en effet , les symptômes de pneumonie se éclarèrent dans les premières heures qui suivirent la ribotte ; lez le troisième malade, il y eut un intervalle de quatre jours lire l’excès alcoolique et le début des phénomènes caractéristiues de l’aftection. Cependant , en interrogeant le malade avec •in , on trouvait qu’immédiatement après l’excès de vin Li’il avait fait , il était resté faible , et avait perdu l’appét; c’est-à-dire qu’il présentait un ensemble de symptômes î' mi constituaient réellement les prodromes de la pneumonie. Il ît important, toutes les fois que l’individu a été affecté de pneulonie à l’occasion d’un excès alcoolique , de rechercher si aunie autre cause, et surtout un refroidissement, n’aurait pu agir
156 ÉTIOI.OGIE DE LA PNEUMONIE.
concurremment. On conçoit, en effet, qu’un individu ivre, ayant le corps échauffé et couvert de sueurs, se refroidisse sans en avoir la conscience ou du moins sans en conserver le souvenir. Il importe donc alors de rechercher avec le plus grand soin toutes les circonstances qui peuvent éclairer sur l’étiologie de la maladie, et dès qu’il y a doute, s’abstenir de tout jugement.
On a prétendu que certaines substances introduites dans l’économie pouvaient exercer une action spéciale sur le poumon , et l’enflammer. On a surtout attribué cet effet aux poisons des serpents, et spécialement à celui du serpent à sonnette {Crotalus horridus). On dit que les individus mordus par ces reptiles succombaient fréquemment à des pneumonies. Dans l’absence de renseignemens précis , il m’est impossible de rien affirmer sur ce sujet. Quant aux pneumonies qui auraient été produites par le virus rabique, ou par l’action de l’opium, de l’émétique, du plomb, etc., je ne connais aucun fait positif qui prouve l’action de ces différentes causes.
Chacun sait que les anciens auteurs ont décrit des pneumonies symptomatiques de la présence des vers, dessabures dans les voies digestives ou d’une altération particulière de la bile. Il serait oiseux aujourd’hui de combattre longuement des opinions qui ne s’appuient sur aucun fait positif. On a dit également que des pneumonies avaient quelquefois succédé à la suppression d’une hémonhagie constitutionnelle, et spécialement du flux hémorroïdal ou des règles, ou encore à la suppression d’une suppuration ancienne. Sans en nier la possibilité, je dirai que je n’en connais aucune observation authentique , et pour ma part, je n’ai jamais rien vu qui justifie cette opinion. Enfin, on a cité deux faits pour prouver que la suppression brusque de la sueur des pieds pourrait être suivie de pneumonie (l)j mais ces deux observations ne sauraient être invoquées, attendu que le diagnostic de la maladie n’a pas été suffisamment établi.
§ V. — Conslilutioiis tpidéiniques.
De temps en temps on voit les pneumonies apparaître en plus
(t) llièseàQ M. Salonne, 1823, n° 16, p. 15, et Journ. VExpcrieiice, année 1 8 58. n” 31 , p. ^81. Mcm, rlo M. Mondière.
CUNSTITUTIONS Kl>IX>liMJlQULS. 157
v^iand nombre , et présenter tous les caractères d’une maladie :épidéinique. Les auteurs qui les ont décrites alors ont presque toujours essayé d’en expliquer le développement par quelque conllition atmosphérique. C’est ainsi qu’on a tour à tour invoqué .’action des vents du nord ou du nord-est, les variations barofi nétriques, l’humidité, les alternatives de température, soit que :es causes aient immédiatement précédé l’invasion de l’épidénie, cas dans lequel on les considère comme occa«onneZZes, soit [ue s’étant déclarées plusieurs mois auparavant, elles n’aient ait pour ainsi dire que préparer l’économie à l’action de quel- [ue autre cause, ordinairement occulte. On ne saurait blâmer t e désir que l’on a généralement de connaître les causes qui u’ésident au développement des maladies populaires j mais il aut convenir aussi, que, dans la plupart des cas , les auteurs, our les expliquer , ont invoqué le concours de circonstances xxtérieures tout à-fait insuffisantes, puisque nous voyons chanue année ces conditions se reproduire une ou même plusieurs ois, sans voir cependant apparaître de phlegmasies pulmonaies d’une manière aussi générale. Aussi on ne peut s’empêcher ’adinettre que presque toutes les maladies épidémiques et que s pneumonies en particulier, pour la production et lapropagakion desquelles on invoque les changemens atmosphériques, ne euvent guère s’expliquer que par l’influence de quelque cause c cculte insaisissable, dont les perturbations et les variations atlosphériques préparent ou favorisent l’action. Ce ne sont-là une des suppositions, j’en conviens, pour lesquelles on ne peut ivoquer l’observation directe des faits , mais que le raisonnelent justifie. Laënnec admettait, comme nous, que les pneujj^ftaonies épidémiques dépendaient souvent de quelque cause gé- *^érale répandue dans l’air. Ce grand médecin supposait qu’il ouvait y avoir dans l’atmosphère quelques miasmes , qui en enétrant dans l’économie, par l’absorption cutanée et pulnioaire, exerçaient ensuite une fâcheuse influence sur les pouions ; car il avait reconnu avec tous les bons praticiens qu’on îucontre fréquemment des pneumonies, auxquelles on ne sauût assigner aucune cause occasionnelle. C’est encore pour s’exliquer l’extrême fréquence des pneumonies qui surviennent i ans certaines circonstances, que les anciens avaient attribué un I îractère contagieux à cette affection.
i;tiologie dk l.v pneumonie.
Celle opinion a encore été soutenue au commencement de ce siècle , par le docteur Maret de Dijon ; plus récemment M, Guersent avait aussi considéré les pneumonies consécutives comme étant contagieuses à l’hôpital des enfans. Mais ce médecin n’a appuyé cette opinion sur aucune preuve positive ; je crois même qu’il l’a complètement abandonnée aujourd’hui. Quant aux faits invoqués par le docteur Maret en faveur de la contagion , aucun n’est concluant ; d’ailleurs en étudiant les symptômes offerts par chacun des malades, il est très douteux que l’auteur ait observé une pneumonie véritable.
En résumé , la pneumonie est une maladie de tous les âges , plus commune aux deux extrêmes de la vie } elle a son maximum de fréquence , chez l’adulte, dans la période de 20 à 30 ans, Si l’homme en est beaucoup plus souvent atteint que la femme , cela ne dépend point d’une action spéciale exercée parle sexe, mais bien des conditions hygiéniques. Si l’influence des teniperamens et de la constitution dans la production de la pneumonie n’est pas encore suffisamment établie, les faits précédons ont démontré que la conformation vicieuse du thorax ne paraissait pas prédisposer à la maladie; que celle-ci semblait être d’autant plus commune, que les individus e'taient plus pauvres, qu’ils commettaient plus d’excès ou qu’ils se livraient à des travaux plus rudes. Des attaques antérieures en appellent de nouvelles , et dans les récidives la maladie a de la tendance à envahir toujours le même poumon. J!*{ous avons vu la péripneumonie sévir dans presque tous les pays du globe ; mais nous l’avons trouvée plus commune dans les régions septentrionales ou dans les climats tempérés, et c’est dans les pays équatoriaux qu’elle paraît avoir son minimum de fréquence. Si elle sévit surtout dans les lieux froids et exposés à de grandes vicissitudes atmosphériques , nous avons vu également que la maladie pouvait être très fréquente dans des pays placés dans des conditions tout à fait opposées. La pneumonie peut régner sporadiquement ou épidémiquement à toutes les époques de l’année ; mais on trouve qu’à Paris elle a en général son maximum de fréquence dans les mois d’avril et de mars. Quant aux causes occasionnelles , nous avons vu combien le poumon s’enflammait difficilement par l’action des violences extérieures ; cc n’est guère que sur un quart des sujets qu’on a pu constater l’ac-
rapport entre la cause et le siège de la pneumonie. 159
tion d’une cause occasionnelle , et chez presque tous ce fut un refroidissement du corps, Ainsi dans la grande majorité des cas, la pneumonie est survenue sans qu’on pût saisir l’action d’une :ause excitante. Il faut admettre également que lorsqu’une ''.ause occasionnelle paraît avoir provoqué la maladie, elle n’a ' m avoir cet effet qu’autant que l’individu était ante'rieurement lorédisposé à en recevoir les atteintes, puisque cette cause avait iléjà agi dans des circonstances et apparences semblables, sans lYoir eu les mêmes résultats fâcheux. Enfin, c’est en vertu ; le cette disposition organique , préexistante , qu’on ne sauait nier , que l’on explique l’influence très différente , que oeut exercer une même cause occasionnelle , lorsqu’elle agit ur plusieurs sujets à la fois, ou bien sur le même individu, à les époques plus ou moins éloignées. D’après cela, je pense que ifl, Chomel a parfaitement raison d’établir que les causes occa- /lonnelles n’ont cju’une injluence secondaire dans la production i>le la pneumonie , et que cette affection , comme la plupart des iiutres maladies internes , se développe sous l’influence d’une jlisposition intérieure dont l’essence nous échappe (1).
"Vl. — Rappoit entre la cause occasionnelle et le siège de la pneumonie.
Après avoir apprécié à sa juste valeur la part d’influence qui revient à la cause occasionnelle dans la production des pneulonies, je dois rechercher s’il y a quelque rapport entre Taclon de la cause excitante et le siège même de la pneumonie. )n conçoit aisément cjue ce rapport doit exister dans un cerlain nombre de cas. C’est ainsi que lorsque la maladie survient consécutivement à une contusion thoracique , à une plaie énétrante de poitrine, c’est dans le point même du poumon, ftui a été contus et déchiré , qu’on voit la phlegmasie débuter, fin conçoit aussi que dans les cas fort rares où la pneumonie accède à 1 inspiration de vapeurs irritantes , l’inflammation doit pécialement affecter les points où la substance toxique s’est |ortée en plus grande quantité; c’est ce qui explique peut-être C'ourquoi chez les animaux , que M. Bretonneau a exposés aux apeurs de l’air chlorydrique, on a trouvé àl’au topsie des noyaux
(l) Dicl, de mcd., art. Pneumonie,
IGO
lii'lULOJlL JJt LA l‘M',UJIOML.
d’bépalisaLion lobulaire disséminée. Mais les causes occasionnelles qui afjissent sur tout le poumon ou sur toute l’économie, comme l’influence du froid, par exemple, ont-elles quelque influence sur le siège que la pneumonie occupe ? M. Briquet a résolu cette question par l’aflirmative (l). De ce que sur treize pneumonies du sommet , observées par ce médecin , quatre fois seulement le refroidissement avait été senti, tandis que sur cinquante pneumonies des autres parties de ce viscère il y avait eu dix-neuf fois un refroidissement appréciable , l’auteur en conclut que relativement à l’influence des causes occasionnelles les pneumonies du sommet des poumons ne suivent pas la loi qui régit les autres pneumonies, et il est porté à regarder ces inflammations comme ayant un modejde production particulier, lié à l’existence de tubercules pulmonaires. J’examinerai plus tard, la valeur de cette dernière opinion; mais, relativement à l’influence que le refroidissement exerce sur lesiége de la pneumonie , je dirai que cette influence me semble tout-à-fait nulle, et M. Briquet a eu tort peut-être de tirer une conclusion générale d’un trop petit nombre de faits. D’ailleurs mes observations plus nombreuses devraient faire admettre une proportion toute contraire. En effet, sur 60 pneumonies du sommet dans lesquelles on a recbercbé, avec soin, si quelque cause occasionnelle avait agi, 43 fois il fut démontré que les malades n’avaient été soumis à aucun refroidissement appréciable ; chez quinze , l’action du froid avait été évidente ; enfin deux malades avaient été placés dans des conditions où un refroidissement pouvait avoir eu lieu; toutefois ils ne pouvaient affii mer que cette cause eût réellement agi. Ces faits ayant été comparés à des cas de pneumonie de la base, il en est résulté que chez les malades qui eurent une inflammation du sommet du poumon, il y en avait un plus grand nombre qui s’étaient refroidis que parmi ceux dont la maladie occupait le lobe inférieur. Je ne prétends tirer aucune conclusion de ces faits ; car je pense qu’il n’y a eu ici qu’une simple co'incidence, et que le refroidissement, qui est une cause fréquente de pneumonie , n’exerce cependant aucune influence sur le siège spécial de la maladie dans le lobe supérieur ou inférieur.
(t) Arch'n’cs^ t. \11, p.
PiNEt’Mü^lES CüNÜECUiiVtS.
ARTICLE 111
Fréquence delà pneumonie dans le cours des maladies aiguës et chroniques, — Influence que celles-ci exercent sur sa pi'oduction.
La pneumonie peut se développer dans le cours de toutes les maladies aiguës et chroniques.
Il est des états morbides dans lesquels la pneumonie survient si rarement qu’on peut considérer la maladie primitive comme n’ayant eu aucune part dans sa production. Mais il est d’autres affections au contraire qui se compliquent si fréquemment d’infianimation pulmonaire, qu’il est impossible de nier l’influence que les premières ont exercée , soit comme causes prédisposantes, soit même comme causes excitantes de la maladie intercurrente.
On peut établir d’une manière générale , ejue tout état morbide de l’économie, dans lequel il existe un mouvement fébrile et un grand degré de faiblesse est une prédisposition puissante pour le développement des phlegmasies pulmonaires. C’est surtout chez les enfans, comme je le dirai plus tard, que nous retrouverons cette tendance extrême des poumons à s’enflammer dans le cours de toute espèce de maladie aiguë ou chronique. Mais il y a néanmoins à tous les âges de la vie un certain nombre d’affections pendant la durée desquelles on voit plus spécialement que dans d’autres survenir des pneumonies intercurrentes.
Chez les enfans à la mamelle, les inflammations pulmonaires consécutives paraissent se déclarer surtout dans le cours du muguet et de l’endurcissement du tissu cellulaire. Chez les enfans plus âgés on trouve que les pneumonies secondaires surviennent en plus grand nombre dans le cours de six maladies qui sont ; la gangrène de la bouche, la rougeole , la coqueluche, le croup, la variole et l’entérite. Ainsi il résulte d un releve que j ai fait d apres les observations et des comptes rendus publiés dans différents recueils, que sur 197 enfants atteints des maladies que je viens d’énumërei’ , il y en a eu au moins OOquifurentaffectés d’une pneumonie inlercmTeiUe qui le 1 plus souvent a été la cause principale de la mort des sujets. Sur ^ ce nombre vraiment effrayant de phlegmasies pulmonaires , ^ voici la part qui revient à chacune des maladies précédentes :
Croup. — Pneumonie intercurrente chez les
162 triOLOGlii J)li LA PKEUMÜIVli;.
Ganj^rène de la bouche. — Pneiim. int, chez les 6?6
Entérite, rougeole, coqueluche. — Pneum. int.
chez le 1;3
Variole (1). — Pneum. int. chez le 1/4
Tous les observateurs qui ont suivi l’hôpital des enfans à Paris, s’accordent à regarder la rougeole, qu’elle règne sporadiquement ou épidémiquement, comme la cause la plus fréquente des pneumonies secondaires, qui surviennent dans le jeune âge. L’inflammation des poumons est à son tour la cause de mort la plus ordinaire chez les enfans de deux à quinze ans qui sont affectés de rougeole. On dit que cela n'est point applicable aux nouveau-nés, et généralement aux enfans qui ont moins de deux ans. Ainsi on a prétendu que lorsque ceuxci succombent dans le cours d’une rougeole, ils présentent plus rarement des lésions du coté des poumons que dans les âges suivans ; mais ce fait n’est peut-être pas encore suffisamment établi. La pneumonie rubéoleuse survient à une époque variable. Sur 44 observations de pneumonies consécutives à la rougeole que j’ai réunies , je trouve que 29 fois la mort a eu lieu dans le premier septénaire. Chez eux la pneumonie s’est déclarée rarement dans les prodromes, le plus souvent pendant que l’éruption se faisait ou lorsqu’elle était devenue complète. Chez huit la terminaison fatale est arrivée du huitième au quinzième jour, et bien qu’il soit difficile dans la plupart de ces cas de préciser le début de la pneumonie , il m’a paru que chez le plus grand nombre elle n’a commencé qu’à la période de desquamation ou peu de jours après. Enfin chez les sept malades qui restent, la rougeole a suivi une marche régulière; mais arrivés à la convalescence, les enfans ont continué à tousser , l’af-
(l) Voir pour le croup, rapport de Royer Collard, p. \ \h. — • Article croup du Dict. àeméd,, 2® e'dit. — Blache, Archives t. XVII, obs, 2«. — Hoi’teloup, Thèse de 1828, obs. — Hacbe Thèse de 1 855 n° 56o, p 28. — Pour la gangrène de la bouche, me'moire de Taupin, you/v?. des conri. méd. chiriir., avril 1 839. — Rougeole, gaz. méd. de 1833. — Boudin Thèse 18 5S, n° 91. — Coqueluche, dicüonn. de méd. 2« e'dition, — Desruelles, Traité de la coqueluche, Paris, 1827. — Cfclopédia vol. III, art. Pncuinon. — Me'moire de Blache. Archives 2G série., t. III, olxs, 7, 9, 10. — Pour toutes les maladies. Rillict et Barthez, 81. — ^ Bcccjuercl, archives, 5'-’ sc'ric, t. IV, p. ^57, etc., etc.
PîNEUMONIJiS CONSÉCUTIVES. l63
fection catarrhale a persisté pendant un ou plusieurs mois , et c’est après ce loiif» intervalle qu’ils furent emportés par une pneumonie intercurrente.
Chez les adultes ou du moins après seize ans, la rougeole s’accompagne beaucoup plus rarement de pneumonie. Je n’ai guère observé cette complication que sur un vingtième des sujets. Cependant les résultats né' sont plus les mêmes sous l’influence de certaines constitutions épidémiques. C’est ainsi, par exemple, que dans une petite épidémie de rougeole observée en 1832 à l’iiospica de la Salpétrière, sur quinze rubéoleux il y en eut sept qui furent affectés de pneumonies (1).
La variole, à quelque âge qu’on l’observe, se complique beaucoup plus rarement de pneumonie que la maladie précéclente; mais de toutes les fièvres éruptives , la scarlatine est celle dans le cours de laquelle on voit le moins souvent survenir une phlegimasie du côté des poumons. Pour ma part je n’en ai jamais observé d’exemple. MM. Rilliet etBarthez n’en citent non plus aaucun cas. Sur les 45 observations de pneumonies secondaires, (rapportées par Delaberge, par MM. Léger et Burnet, il n’y en aa non plus aucune dans laquelle la pneumonie erit été précédée ide cet exanthème. Enfin sur 10 scarlatines observées par M. Bec- ..querel , une seule a été compliquée de pneumonie et s’est terminée d’une manière funeste.
Cette rareté des pneumonies qu’on remarque à tous les âges He la vie dans la période aiguë des scarlatines, a été même observée lorsque celte maladie régnait épidémiquement. Ainsi VL le docteur Senn (2) ne cite qu’un seul cas de pneumonie intercurrente, pendant toute la durée de l’épidémie qui sévit en 1825 à l’hospice de la Maternité. M. Bretonneau (3) paraît n’en avoir observé non plus aucun exemple pendant l’épidémie qui, de 1824 à 1828 , régna dans le département d’In- !dre-et-Loire. Pendant celle de Bridlington, qui a été décrite par M. le docteur Humphry Sandwith (4), une inflammation : ^rave et rapidement mortelle semblait bien exister sur un grand
(IJ Gaz. méd,, année 1833, p. 117.
(2) These de 182.^, n<> 155, p. 38.
(3) Journ. des con. med., chir., aimée, p. 2 67.
(4) Edinb. Jour, Oeiohev 1 833.
164 tTIOLOGIli DE LA PNELMOMe.
nombre des malades ; mais l’examen cadavérique prouva qu’il n’y avait eu dans ces cas qu’une simple congestion , qu’un engouement pulmonaire non inflammatoire , circonstance qui paraît avoir été également observée plusieurs fois par M. le professeur Trousseau (1). Toutefois, dans l’épidémie d’Edimbourg de 1832, le docteur Hamilton (2) qui l’a décrite avec beaucoup de soin, dit que chez tous les mdlades qui succombèrent, à une seule exception près, on constata que la phlegmasie de la gorge s’était propagée aux voies aériennes, et qu’il existait tantôt ue pneumonie , tantôt une bronchite. La phlegmasie du parenchyme pulmonaire existait toujours au premier et au deuxième degré; la mort était si rapide , que dans aucun cas elle n’eut le temps de passer à l’état de ramollissement gris.
La pneumonie au contraire a été observée fréquemment dans l’anasarque qui succède quelquefois à la scarlatine. Dès l’année 17l7Iesmédecins,florentinsetBurserius le premier, remarquèrent que plusieurs des personnes qui avaient succombé à cette hydropisîe présentaient à l’autopsie des traces de pneumonie et de pleurésie , etc. Le docteur Hamilton a observé les mêmes altérations sur un grand nombre de cadavres. Enfin M. Rayer (3) paraît avoir lui-même confirmé ces résultats ; car il dit que dans presque toutes les formes de la néphrite albumineuse, suite de scarlatine, on remarque des symptômes pulmonaires, et à l’autopsie on constate quelque inflammation des bron- ' elles, des poumons ou des plèvres, etc. !
Enfin chez les enfans on a signalé la pneumonie lobulaire ; comme étant toujours secondaire, et succédant à une bronchite capillaire. Mais c’est une question que j’examinerai spécialement, lorsque je traiterai en particulier de cette forme de pneu- ' monie, de même qu’à l’article suivant je déterminerai la proportion des pneumonies qui chez l’adulte et le vieillard se déclarent dans le cours d’une bronchite légère.
Il est d’autres affections spéciales aux adultes ou du moins plus fréquentes à cet âge, et dans le cours desquelle'? on voit
(1) Jouni. des connais, mcd. cliir. tr® aiince, p. 2t4. {
(2) 2'hc Edinh. mcd, a?ïd. surg, Journ. \q\. 39. j
(5) Trnilé des maladies des reins cL des alteralions de lasccrction urinaire, Paris, t839 , t. I, p. 450.