ORGANES CIRCULATOIRES
MU
ogique le rapport numérique de un à quatre et demi que e docteur Charles Cooper (1) a indiqué comme constant, enre le total desr l espirations et des battemens du pouls. Si ce apport, qui peut être exact pour l’état physiologique, contiluait à l’être dans l’état morbide et surtout pendant la pneu- . ironie, on devrait observer dans les pulsations artérielles une itesse beaucoup plus considérable que celle qu’on note comnunément.
Une circonstance digne d’être notée c’est que chez le plus ,rand nombre des malades (presque les deux tiers) le pouls a .tteint son maximum de fréquence dès le troisième ou quatrième our de la maladie , quoique chez beaucoup d’entre eux la ■ ihlegmasie coirtinua à s’étendre pendant quelque temps encore, ^llihez tous les autres individus la vitesse du pouls augmente envJtcore dans les jours qui suivent; bientôt il arrive une époque où ]|ce pouls, après être resté quelques jours stationnaire, diminue uiccessivement de fréquence jusqu’à la guérison complète. Allais chez plus du tiers des malades la diminution des puisai ions, au heu de s’opérer d’une manière progressive et continue, ^-prouve des oscillations dont on ne retrouve pas toujours l’exîlication dans l’état local du sujet; tandis cpe lorsque le pouls, tprès être revenu pendant quelques jours à son degré de fréjuence habituel , reprend de nouveau plus de vitesse , il est lossible le plus souvent de constater soit une recrudescence dans a pneumonie, soit quelque complication. Il est remarquable de oir avec quelle rapidité le pouls, clnz certains malades, perd ie sa fréquence morbide ; il n’est pas rare, en effet, d’observer lans l’espace de dix à douze heures, et à plus forte raison dans l'intervalle d’un jour, une différence de 12, 16, 20 et même jus- |u’à 30 pulsations par minute .
Lorsque la pneumonie se termina d’une manière funeste, le louls a généralement présenté un peu plus de fréquence pendant outc la durée de la maladie; terme moyen, dix pulsations de >ius que lorsque les malades ont guéri. Dans les trois quarts des as la vitesse a augmenté progressivement jusqu’au terme fatal; outefois, chez l’autre quart des individus le pouls compté la veille au le jour même de la mort, a été trouvé beaucoup moins fré-
(l) Jirtiish and j'orei^n Revie-\v^ Janiiary 18.'55.
qnent qiiW certaines périodes de la maladie ; la diUrrence a été de 10, 20, 32 pulsations par minute, et quelcpiefois , i davanta^je. C’est ainsi que sur un vieillard de 70 ans, le pouls, ‘ ; après avoir présenté pendant une grande partie de la maladie ! de 104 à 108 battemens, tomba brusquement à 58 pulsations dans les 24 dernières heures.
Le pouls présente quelques particularités dignes d’ètre mentionnées dans la pneumonie qui affecte les enfanset les vieillards. Ainsi M. Yalleix (1) a observé que chez les nouveau-nés qui furent atteints de pneumonie simple, l’accélération du pouls fut notable et portée à son maximum lors de l’apparition des premiers symptômes ; la force , la largeur et la dureté des battemens coïncidaient toujours avec leur accélération. Ces résultats sont donc en opposition avec ce qu’a dit Billard (2), qui regardait la fréquence du pouls comme étant nulle ou presque nulle chez les très jeunes enfans. Mais il est évident que ce médecin avait examiné les petits maladesà une époque trop avancée; or, M.Val- g leix a prouvé que dans toutes les maladies des nouveau-nés, lors4 que le terme fatal approche , le pouls perd sa fréquence en mèni temps qu’il devient petit et concentré. Chez les enfans plusdgéi le pouls a généralement une grande vitesse, et il la conservej pendant toute la durée de la pneumonie. Il est ordinaire de le44 voir s’élèvera 120 dès le début de l’affection ; on l’a vu attein--^ dre parfois 140 , 150 et même 180 battemens; et si la pueu-« monie a une terminaison funeste , il arrive souvent que dan les deux derniers jours le pouls devient extrêmement petit , e quelquefois même insensible. MM. Hourmann et Dechambi affirment que chez un bon nombre de vieillards attein de pneumonie , la fréquence du pouls ne se manifeste que plu sieurs jours après l’invasion de la maladie, et dans d’autres seu lementà la dernière période, mais ces médecins n’ont probabl ment émis cette opinion que parce qu’ils auront fréquemmen regardé comme physiologiques, des pouls qui étaient véritable ment fébriles ; pour eux, en effet, le pouls ne présente un éta morbide qu’autant qu’il a atteint pour le moins 90 pulsations pa minute. Je pense, au contraire, qu’un pouls qui présente une lié
(1) Loc. cil., p. I -40.
(2) Loc. cil., p. 522.
ORGANES circulatoires.
iicnce encore nioindic cliez un vieillard, qui ne porte aucune fsion organique du cœiir ou des gros vaisseaux , doit conituer un état pathologique. J’invoquerai en faveur de mon îsertion les recherches intéressantes faites par M!VI. Leuret et lilivié, qui ont trouvé que chez les vieillards bien portants le y ambre moyeu des battemens du pouls s’élevait à 74 par mîiliate (1).
J’ai dit que je n’avais observé des irrégularités dans ie pouls iie chez 6 malades, et plus de la moitié avait de'jà dépassé 60 1 JS. Il paraît aussi résulter des recherches de MM. Hounnann et cechainbre, que chez les vieillards on rencontre plus frécpiemcent que chez l’adulte des inégalités et des irrégularités dans SS battemens artériels ; mais il est à regretter que les auteurs naient pas apprécié le degré de fréquence de ce phe'nomène uns la pneumonie des vieillards. Il est une autre particularité lue présente quelc[uefois le pouls chez les vieillards , c’est une l'ureté et une l’ésistance qui persistent nonobstant l’emploi des li ignées très larges ; les caractères du pouls sont alors moins souvent liés à l’étendue et à l’intensité de la maladie qu’à l’état phyoologique du cœur chez les vieillards (2).
. 2® Examen du cœur. — On peut dire en général que dans la neumonie le cœur 'ne présente d’autre phénomène morbide l’une accélération dans ses battemens. Cependant plusieurs xteurs ont noté que dans la pneumonie, 1® le volume du cœur a ait augmenté ; 2° que les bruits normaux pouvaient être altérés U remplacés par des bruits morbides ; 3” que par suite de l’alrration du poumon, les contractions du cœur étaient perçues 1 us distinctement dans certains points de la poitrine ; 4° enfin lie l’action du cœur pouvait produire des pulsations dans des îines plus ou moins éloignées. Je vais successivement étudier 1 lacune de ces questions en les soumettant à l’analyse d’un irtain nombre de faits.
1° V olume du cœur. — Corvisart (3) signale la dilatation des
, (l) De lafréq. du poids, p. 40, Paris 1 832.
(’2) Consultez le beau travail de 1\I, Bizot sur le cœur et le sj'sme artériel dans le t. I des Mémoires de la Société médicale d’ohr val ion.
(3) Traduct, d' Avcnbrui’^cr, Paris, I808,p. 426.
254 DES SYMPTÔMKS JDE la PJNliUMONlE AIGUE.
cavités du cœur, comme étant un phénomène constant cliez les
sujets atteints de pneumonie double, qui marche promptement vers une terminaison funeste. Il attribue cette dilatation à l’accumulation du sang, par suite de la gêne ou de l’impossibilité de la circulation dans le parenchyme pulmonaire. M. Piorry (1) dit aussi avoir reconnu que dans les pneumonies et dans tous les cas où la respiration est altérée, le volume du cœur commençait à augmenter. Il est à regretter que ce professeur n’ait pas indiqué l’époque de la maladie à laquelle il avait généralement constaté celte augmentation du cœur. Quant à moi, ayant exactement limité cet organe chez 10 individus qui ont guéri, ayant répété cet examen plusieurs fois pendant toute la durée de la pneumonie, je n’ai pas trouvé de différence bien sensible entre le volume du cœur, pendant que la maladie était à son plus haut degré d’intensité, et celui que cet organe avait à l’époque de la convalescence ou lorsque les malades cjuittaient l’hôpital. Chez deu.v autres individus que j’ai eu occasion d’examiner quelques heures avant la mort et au commencement même de l’agonie, le cœur occupait évidemment un plus grand espace ; l’obscurité qu’on obtenait sur le sternum , faisait présumer que celte augmentation avait lieu aux dépens des cavités droites, et l’autopsie démontra en effet que celles-ci contenaient une masse considérable de caillots, c{ui probablement avaient commencé à se former dans les derniers inomens de l’existence. Ces faits me porteraient à croire que, dans la période aiguë de la maladie, lorsque le coeur jouit de toute son énergie, son volume reste à peu y près le même, tandis que lorsque le ternie fatal approche, et à une époque plus ou moins voisine de celle-ci, ses cavités s’agrandissent par suite d'une stase sanguine. Mais ces diverses asserr lions auraient besoin de s’appuyer sur un plus grand nombre' défaits. H resterait ensuite à déterminer si cette ampliation du' cœur est spéciale aux sujets atteints de pneumonie , ou si, au' contraire, on ne l’observe pas également dans le cours ou dans la dernière période de plusieurs autres maladies, surtout lorsqu’il existe quelque obstacle à la circulation,
2" Timbre des batlemenSf bruits morbides. — J’examinerai auj chap. complications changeniens qui peuvent survenir quel-
(i) Traité de diagnosl, et de scinciol, t. I, p. tOl.
ORGANliS CIRCULATOIRES. 255
quefois dans le timbre des battemens du cœur ; car dans le cas où la pneumonie existe sans complication du côté du centre circulatoire , les bruits valvulaires n’éprouvent guère d’autre modification dans leur timbre que celle qu’on observe toutes les fois que la circulation est acccicicc et que les contractions du i| cœur se font avec plus de force que d’habitude.
3“ Transmission des bruits du cœur par le poumon hépatisé. Laënnec (1) a avancé qu’un poumon hépatisé transmettait les ; I battemens du cœur avec plus de force que celui qui est sain et 1 1 pperméable à l’air. Cette opinion de l’illustre auteur du Traité i.de V auscultation a été adoptée d’autant plus facilement par la plupart des médecins, qu’elle semblait être une application de cette loi de physique, que les corps denses, très solides , transmettent mieux les vibrations sonores que les corps flasques et mous, surtout quand ces derniers sont remplis par un fluideélastique comme l’est le poumon à l’état physiologique. Toutefois, Laënnec avait déjà reconnu lui-même que l’endurcissement du poumon par la pneumonie favorisait plutôt la propagation de 'l’impulsion que la transmission même des bruits.
J’ai cherché, à l’aide des faits que j’ai recueillis, à apprécier l'ju^ïda valeur des opinions émises par l’illustre médecin français. Or, voici ce que mes observations démontrent. Lorsque l’hépatisation Dccupe la partie postérieure des poumons dans une épaisseur alus ou moins considérable, quel que soitle côté aifecté,età queli ]ue liauteur que le poumon soit pris, je n’ai jamais trouvé, sur 15 malades, que les battemens de cœur fussent perçus avec plus le force au niveau des parties indurées. Chez 68 autres sujets iffectés d’hépatisation du lobe supérieur et chez lesquels l’inluration avait gagné la face antérieure jusqu’à 2 ou 4 travers de ijjj^.loigt au-dessous de la clavicule, je n’ai vu qu’un seul malade ilteint de pneumonie droite , chez lequel les battemens semilaient un peu plus intenses au niveau des parties indurées. Il ist vrai que, pour tous ces malades, on peut objecter avec beaur:oup de raison que l’hépatisation était séparée du cœur par une lortion plus ou moins considérable de tissu pulmonaire, souple ;t parfaitement perméable, qui était un mauvais conducteur des uuits du cœur et devait amortir l’impulsion de l’organe. J’ai
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(l) T. lll, p. < 2, 4«édit.
256 DES STMPTÔflaiS DE LA PNEUMONIE AIGUE.
donc examiné ce qui était arrivé lorsque l’hépatisation occupait i la lace et le bord antérieur de run ou l’autre poumon, demauière a ce que la partie malade fût encontact immédiat avec le pe'ricarde. . Or, voici les résultats que j’ai obtenus. En 1836, un maçon, â{;é ' de 4Q ans, succomba à l’IIôtel-Dieu dans les salles de la Clinique avec une pneumonie du lobe supérieur du poumon gauche ; le bord antérieur de l’organe hépatisé adhérait par de fausses membranes récentes avec lepéricarde cju’il recouvrait en partie. Maigre une disposition aussi favorable pour la transmission des bruits du cœur, j’avais constamment noté, pendant les onze jours cjue le malade resta à l’hôpital, que les battemens de l’ojgane étaient obscurs, moins sensibles à l’oreille, qu’ils étaient entendus profondément comme si un épancliement de liquide eût ' existé dans le péricarde. Chez un autre malade, que j’ai soi- ' gué l’année dernière et cjui avait une hépatisation de toute i la face et du bord antérieur du poumon droit, j’ai également ; noté qu’au niveau des parties indurées les haltemens de cœur | étaient à peine perceptibles. Ainsi dans les deux faits que je j viens de rapporter, il est évident que l’induration du pou- ; mon a eu pour résultat de rendre plus obscurs, d’étouffer, ! pour ainsi dire, les battemens du cœur, dont l’impulsiou j était devenue moins e'vidente et moins directe. L’effet contraire a été observé chez deux autres malades. L’un de ces individus était un tailleur, âgé de 28 ans, que je traitai il y a un an d’une pneumonie déjà arrivée au deuxième degré, et qui occupait la face et le bord antérieur du poumon droit. L’auscultation pratiquée au niveau des parties malades, je distinguai, indépendamment de la crépitation et du souffle, les battemens du cœur devenus forts , énergiques , et dont le timbre était plus métallique et l’impulsion plus vive dans la région sus-mammaire droite qu’à gauche dans les points correspondans. Ces phénomènes ont diminué successivement à mesure que la résolution de l’engorgement pulmonaire s’effectuait. Enfin, chez un malade que j’observai il y a deux ans à l’Hôtel- Dieu, dans le service de M. Honoré, et qui avait une pneumonie tout à fait semblable à celle de l’individu dont je viens de ! parler, on distinguait jusqu’au-dessous de la clavicule une impulsion forte, comparable à celle qu’aui ait donnée un cœur fortement hypertrophié, 'l'outcfois, il était facile de s’assurer que
OllGANKS Cir.CL'LAXOïrxEÜ.
roreille ne percevait pas les batlemens du cœur directement • mais on sentait qu’il y avait un corps dur intermédiaire , qui recevait le choc de l’organe et le transmettait plus fortement à l’oreille.
Ainsi voilà quatre faits en apparence identiques, et cependant chez deux on voit 1 induration pulmonaire transmettre les bruits et l’impulsion du cœur, qui semblent même être exagé- |! rés , tandis que chez les deux autres un résultat tout opposé a été observé. Comment expliquer une si gi’ande différence? Faudra-t-il admettre que chez les deux premiers malades , l’hépatisation était molle, que le tissu des poumons était splénisé, demi- 1 fluide, condition qui devait le rendre moins bon conducteur* tandis que chez les deux derniers sujets le tissu pulmonaire létait plus dense, plus dur , et par conséquent meilleur conducileur du son et de l’impulsion ? Cette explication n’est pas adimissible, car chez le premier individu dont j’ai parlé, et chez 1 lequel les battemens du cœur avaient été si obscurs, si faibles, Sîi profonds, le bord antérieur avait présenté une hépatisation eixtrêineraent solide et résistante ; il faut donc qu’il y ait eu dans cces cas quelque autre condition qui nous ait échappé.
Ainsi, en résumé l’hépatisation pulmonaire peut propager jtiiussi bien les bruits du cœur que transmettre l’impulsion de ”organe ; mais ces phénomènes paraissent mamjuer souvent, même dans les conditions qui semblent les plus favorables leur production. Les faits observés à la Salpêtrière par IdM. Ilourmann et Dechambre confirment ce que j’ai vu noi-même. Ces médecins disent en effet que lorsque la pneuiionie avait envahi le bord antérieur du poumon, les bruits du œur diminuaient, puis cessaient plus ou moins complètement, d’autres fois, le cœur repoussé à droite semblait très gêné dans îîs mouvemens, qui diminuaient de force tandis c^ue les bruits alvulaires étaient étouffés (1).
4“ Pouls veineux. Graves a avancé que l’action du cœur ifiisait aussi pour produire des battemens non-seulement dans poumon enflammé avec lequel il est en rapport par des vaisraux larges, mais encore dans les veines superficielles des ex-
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(l) Arch.f 2® série, t. XII, p. 49.
DES sïmexomes de la I’INLU.MOJME aiguk.
trciïùtés. C’est ainsi qu’il dit avoir vu un jeune lioniuie atteint de pneumonie et chez lequel l’action du cœur était tellement puissante, qu’une pulsation distincte, correspondant à chaque contraction des ventricules, était perceptible dans toutes les veines du dos de la main. Je n’ai jamais recherché ce phénomène dont parle Graves, et qui, dans ce cas particulier, pouvait bien reconnaître quelque complication cardiaque. Toutefois^ d y a deux ans, j’observai quelque chose d’analogue chez un homme qui était atteint de pneumonie du sommet ; chez lui , en effet, je constatai pendant plusieurs jours l’existence du pouls veineux dans la veine jugulaire correspondant au poumon malade. Ce phénomène dépendait certainement de la pneumonie seule, car il disparut lorsque celle-ci commença à diminuer ; d’ailleurs, le malade n’avait présenté aucun symptôme de maladie organique du cœur. Je n’ai pu retrouver cette observation dans mes cartons ; mais ce fait m’avait tellement frappé par sa rareté, à l’époque où je l’observai, que je puis garantir l’exactitude des renseignemens que je viens de donner. Dans la Clinique de M. Bouillaud, on trouve aussi une observation (1) de pneumonie dans laquelle on voit que la veine jugulaire droite correspondant au poumon malade, était gonflée , et avait le volume d’un plume à écrire , tandis que celle du côté gauche était affaissée.
Il est probable que le gonflement de la veine dépendait aussi d’une compression exercée sur ce vaisseau par le sommet du poumon hépatisé. Lorsque la maladie eut diminué d’intensité, . on vit que la veine fut beaucoup moins gonflée que les jours . précédons ; mais il est à regretter que , lors de la convalescence ou à l’époque où le malade quitta l’hôpital, ou n’ait pas indiqué , si la veine jugulaire avait repris son volume normal. t
5° JÉtat du sang. Dans l’anatomie pathologique j’ai déjà parlé! ' de l’aspect que le sang présente après la mort, surtout dans les vl cavités du cœur. Je dois actuellement dire un mot des qualitésf " de ce fluide , que l’on à extrait pendant la vie à l’aide de la phlébotomie. »
Les auteurs ont reconnu depuis longtemps que le sang qui pro- } venait d’un individu atteint de pneumonie présentait un caillot 4 ferme, résistant, dont la surface se recouvrait d’une couenne,
(t) T. 11, obs. 1 Ot, p. S6.
üKGAiNKS ClUCULATOiUKS.
variable pour l’étendue, l’épaisseur , la coloration et la consistance. Cette couenne a été rencontrée si universellement dans les phlegmasies de poitrine, que beaucoup d’auteurs l’ont désignée sous le nom de couenne pleurétique (ajusta pleuritica). Mes observations sont conformes à celles de tout le monde. J’ai vu, comme tous les auteurs qui m’ont précédé, que le sang qui était extrait pendant la vie de la veine d’un pneumonique , se recouvrait à peu près constamment d'une couenne plus ou moins épaisse , et que le cçiiUot offrait généralement plus de dureté et de consistance. La couenne a manqué pourtant quelquefois, un : peu plus fréquemment chez les sujets dont la pneumonie eut mne issue funeste que chez les individus qui guérirent. Chez il ; les premiers , en effet, j‘ai vu la couenne manquer compléteiment dans presque un cinquième des cas, tandis que chez les sseconds elle n’a point existé chez un onzième seulement. !M. Louis est arrivé à des résultats qui diffèrent peu des jprécédens. Cet auteur dit en effet (1), qu’ayant examiné avec ïsoin le sang de 24 individus morts de péripneumonie , il vit ce jliliquide se couvrir d’une couenne chez 19, d’entre eux : couenne 1 Iferme , épaisse à chaque saignée dans 14 cas; plus ou moins molle et infiltrée, dans les autres , le caillot était rétracté chez les .deux cinquièmes des malades. La couenne était plus constante chez 57 péripneumoniques qui guérirent, de manière qu’elle ne nanqua c{ue chez 6 d’entre eux ; chez tous les autres la couenne citait plus ou moins épaisse ; les 6 malades dont le caillot ne ^présenta pas de couenne avaient été saignes deux fois , et le cairactère du caillot avait été le même à chaque saignee. Il y eut tnn retrait plus ou moins considérable chez 33 sujets.
Sauf quelques rares exceptions, je n’ai guère noté le retrait du caillot, ses bords renversés, sa forme en champignon, que lorsque es malades avaient déjà été saignés plusieurs fois. Lorsque le ;:aillot présentait cette forme il était presque toujours recouvert “l’une couenne. La sérosité était alors en quantité beaucoup dus considérable que lors des premières saignées. Gela indique- -il nécessairement que la proportion du sérum était réellement ugmentée? U est bien probable que, sous l’influence des saignées •épetees , le sérum devient plus abondant , mais il 1 est cei-
(l) jFiev. Lyph,, l. U, p» *7*’*
DLS SVMl'l'ÔMLS 1)L LA l’JNLUMONlL AILLL.
tainemenl moins qu’il le paraît. En elFet, le caillot et la couenne ne piésentent la fermeté et ce petit volume que parce rpic tout le sérum en a été exprimé par suite du retrait de la fibrine, Rasori a prétendu (1) que, toutes choses égales d’ailleurs, le sérum se séparait d’autant plus que l’inflammation était plus forte, de sorte que sérum et couenne augmentaient en proportion directe, L’opinion de Rasori a quelque probabilité , puisque j’ai dit précédemment que le caillot en champignon se remarquait surtout après les deux premières saignées , c’est-à-dire à une époque où la plilegmasie continue à s’accroître, ou bien lorsque, parvenue à son apogée , elle reste pendant quelque temps stationnaire. Le sérum est jaunâtre , il peut avoir la couleur jaune ou verte de la matière colorante de la bile , lorsque la pneumonie se complique d’ictère ; dans ces cas on peut la précipiter quelquefois en versant dans le sérum une certaine quantité d’acide nitrique.
La couenne était généralement d’un blanc grisâtre ou d’un gris verdâtre uniforme et présentait diverses nuances. Elle donnait , si elle était mince , un reflet rougeâtre, ce qui dépendait de la couleur rouge du caillot subjacent. L’épaisseur et la consistance de la couenne ont présenté de très-grandes différences; elles étaient généralement d’autant plus considérables que les individus étaient plus robustes, et que l’inflammation était plus vive; cependant nous avons rencontré de nombreuses exceptions. Il m’a semblé impossible de donner ici les rapports numériques de toutes ces différences, car la consistance du caillot et les propriétés de la couenne ont varié suivant les individus , chez le même sujet, aux differentes saignées qui furent pratiquées ; elles ont même été différentes pour une même saignée, lorsque le sang était reçu dans des vases différens , et exposé à des influences différentes. Ainsi, la largeur de l’ouverture , la manière dont le sang s’écoulait par jet ou en bavant, la température extérieure ainsi que celle du vase , la forme de celui-ci , l’aspect de ses parois , sou état d’agitation ou de repos, la séparation plus ou moins complète de la sérosité, etc., étaient tout autant de conditions qui faisaient varierles propriétés de la couenne
(1) Théor. de la phlogose, trad. de l’ital. par S. Pirondi, ParLs, 1 859, t. I, p. 41.
ORGANES CinCULATOIRFs. 261
et du caillot. Lorsque la sérosité restait combinée X la couenne, celle-ci offrait une épaisseur qui pouvait dépasser 3 centimètres
et elle présentait souvenlalors un aspect comme gélatineux. Si le
caillot retenait aussi la sérosité, il était moins consistant, et à sa face inférieure, le sang était noirâtre, cl iffluent, cailleboté. Dans deux cas , cette diffluence du caillot ne dépendait pas de la sérosité; en effet celle-ci paraissait s’elre assez complètement séparée, et cependant le sang était réuni en une masse noirâtre, grumelée et diffluente. Dans un de ces cas , on pouvait l’expliquer par la constitution du sujet qui était affaiblie, cachectique ; dans l'autre, au contraire, cet état du sang était inexplicable , car le malade était fortement constitué, la pneumonie était franchement inflammatoire et de peu de gravité. A part la coloration jaune que la sérosité et la couenne ont présentée à peu près constamment, dans le cas de complication bilieuse, je n’ai trouvé aucun état particulier de sang qui coïncidât toujours ou meme ordinairement avec les formes spéciales de la pneumonie, avec la constitution, la force du sujet et l’intensité de la maladie, de sorte qu’en définitive, suivant nous, rexamen du sang fournit au diagnostic, au pronostic et à la thérapeutique, beaucoup moins de lumières qu’on ne croit communément.
Dans ces derniers temps , MM. Hourmann et Dechambre ont prétendu qu’un des traits spéciaux les plus remarquables de la pneumonie des vieillards était fourni par l’état du sang. Suivant ces auteurs, dans l’inflammation pulmonaire qui affecte les .personnes âgées, le sang ne présente une couenne que dans la I minorité des cas; en effet, sur 24 saignées pratiquées chez des ^sujets qui succombèrent , le sang n’a été couenneux que 8 fois; il le fut 9 fois sur 23 saignées suivies de guérison; en somme 17 ifois sur 47 saignées (1). Mais cette absence de la couenne sur le îsangdesvieillardspneumoniques ne tient pointa l’âge des sujets, imais à des circonstances pm-ement accidentelles. En effet, les vieillards atteints de pneumonie grave tombent aisément, 'Comme je le dirai plus tard, dans un état de collapsus et de prositration ; leurs mouvemens sont plus ou moins difficiles; aussi lie sang qui sort de la veine, au lieu de s’échapper par un jet lort (ct coutiuu, ne s’écoule qu’avec j)eine, eu l)avaut, et l’on sait que
(<) /^rrJiit’rs, S*” f. XÏI, p. 47S.
•2G2 UKS SYMI'I'ü.MKS UK UA P,\'KUMOIVIE AIOUÇ.
c’esi une cliconstance défavoi .iLlt: pour la formation de la couenne. Je me suis d’ailleurs assuré qu’au-dessus de soixante ans le sang était aussi souvent couenneux que dans l’âge adulte, pourvu que les concUfions eussent été les mêmes.
Dans ces derniers temps , MM. Andral et Gavarret, dans des recherches entreprises en commun, ont étudié plus complètement qu’on ne l’avait faitavant eux les modifications que les élémens du sang éprouvent dans le cours des principales affections. Ces médecins ont reconnu, en opérant d’après les procédés recommandés par MM. Prévost et Dumas, que, dans les phlegmasies et dans la pneumonie en particulier, la proportion de fibrine augmentait. Ainsi, en prenant le chiffre 3 comme moyenne normale de la fibrine, MM. Andral et Gavarret ont trouvé les degrés suivans d’élévation 5 dans la pneumonie comme dans le rhumatisme articulaire fébrile , la quantité moyenne de fibrine a oscillé entre 7 et 8; son minimum a varié de 4 à 5, son maximum a été de 10 (1);
Ces résultats sont conformes à ceux que Hermann Stannius, professeur de l’université de Rostock, fit connaître, il y a quelques années, dans un travail qui fut présenté à la Société médico-chirurgicale de Hufeland (2). L’auteur démontra que chez les sujets dont l’état se rapprochait le plus de la santé le chiffre moyen de fibrine contenu dans 1,000 parties de sang était de 1,34 et 1,546; tandis que cette proportion augmentait dans toutes les pyrexies , et atteignait son maximum dans les inflammations pulmonaires , puisqu’il a trouvé que pour la même quantité de sang la proportion de la fibrine était de 5,585 et de 7,083. MM. Andral et Gavarret out également noté que la quantité de fibrine diminuait' lorsque la maladie décroissait, et que, si après s’être amandée, la pneumonie reprenait de l’acuité, la fibrine augmentait de nouveau. Bien différens de la fibrine, les globules, dans aucun cas, n’ont subi d’augmentation par l’effet de l’état phlegmasique ; leur nombre décroît au contraire à mesure que la maladie se prolonge , et qu’on insiste davantage sur le traitement débilitant. Dans toutes les phlegmasies, les
) Archives, compte rendu des séances de V Académie des sciences i 3® série, t. I,p. 499. Annales de chimie, Paris, 1 840, t. LXXV.
(2) Hufeland , jour., dernier trimestre iSZSi
CIIALKUR, SL Elias, ETAT l' Éinm.K.
matériaux solides du séruin n’ont présenté aucune altération digne de remarque ; l’eau a varié entre les chiffres de 771 et 840.
En résumé, le sang des individus atteints de pneumonie présente une altération constante , mais qui n’offre rien de spécial au siège de la maladie , mais uniquement à sa nature phlegmasique. Cette altération du sang est-elle la suite de la pneumonie ou en est-elle quelquefois la cause? C’est une question que M. Louis s’était aussi adressée en 1828, et je ne puis mieux faire que de citer ses paroles; car sur cette question je ne saurais dire autrement ni mieux que lui.
« Ce problème, dit M, Louis, est impossible à résoudre dans l’état actuel de la science, et l’on conçoit combien l’incertitude qui règne sur ce point peut se prolonger, puisque la saignée, le meilleur moyen d’arriver à une démonstration rigoureuse, ne peut être faite qu’au moment où. on est déjà malade, et que si alors (quelque rapprochée qu’elle soit du début) le sang offre la plus légère altération , on peut la croire consécutive ; toutefois, cette altération , loin d’être invraisemblable , est au contraire fort à présumer dans plusieurs cas. Elle n’est point invraisemblable, puisqu’on voit tous les jours des affections locales survenir chez les animaux à la suite de l’injection de certaines substances dans leurs veines, et des poisons en particulier ; que plusieurs virus, celui de la variole et dé la vaccine , ont très probablement le sang pour véhicule ; elle est présumable dans plusieurs cas de maladies d’organes placés à portée de la vue , chez quelques sujets atteints d’angine gutturale et d’érysipèle par exemple, quand ces maladies sont précédées, pendant un espace de temps plus ou moins considérable, de symptômes généraux qui ne peuvent pas être attribués à l’affection locale qui n’existe pas encore, et ont néanmoins une cause qui semblerait plutôt résider dans le sang que partout ailleurs. Ces probabilités ne sont pas des démonstrations, mais elles indiquent qu’il y a ici un point d’une extrême importance à éclairer, et vers lequel on ne saurait trop diriger son attention (1). »
§ II. Chaleur, sueurs, état fébrile.
Une chaleur le plus souvent vive et incommode était un
(t) Ftt'v. lyph., t. II, p. 178, 2« édit.
(les phénomènes qui survenait dès le début de la maladie j ou qui succédait immédiatement aux frissons lorsque ceux-ci avaient marque' l’invasion de la pneumonie. Je n’ai jamais mesuré le degré de la chaleur morbide , à l’aide d’un thermomètre , car je crois avec beaucoup de me'decins et en particulier avec M. le professeur Chomel (1), que la main est le meilleur ou plutôt le seul instrument que l’on puisse employer 1 pour ces recherches. J’ai vu que chez un bon quart des sujets la chaleur de la peau avait été médiocrement élevée pendant toute la durée de la maladie, ou du moins durant toute l’époque pendant laquelle les malades avaient été soumis à mon observation. . Chez les autres , la chaleur avait été vive , quelquefois elle avait * été sèche, âcre, et cette modification avait persisté pendant un ou plusieurs jours. Dans la plupart des cas , la chaleur de la peau a été en raison directe de l’accélération du pouls et de la fréquence de la respiration; toutefois il n’était pas très rare de voir des individus chez lesquels il n’y avait pas proportion entre l’état de la circulation et la chaleur morbide ; ce qui fait supposer que la maladie elle-même peut exercer sur la peau une action spéciale. Il faut admettre également que dans quelques cas fort rares, la peau après avoir dégagé pendant la période aiguë de la maladie une plus grande quantité de calorique, continue ensuite à présenter une température plus élevée , bien que le pouls et la respiration aient perdu leur fréquence, et que l’engorgement pulmonaire soit devenu beaucoup moins considérable; c’est ce que j’ai observé chez quelejues malades. On dirait alors que la peau a conservé une sorte d’habitude morbide de dégager une plus grande quantité de calorique. Ce qui prouve cette opinion , c’est que chez ces malades dont je parle, il a suffi de donner un bain tiède un peu prolongé pour modifier complètement et presque instantanément les propriétés de la peau, et pour rendre à cette membrane sa chaleur , sa souplesse et son humidité naturelles.
J’ai recherché sur plusieurs malades si la chaleur morbide de la poitrine était comparativement plus considérable dans le côté affecté et au niveau delà pneumonie que dans le côté sain; j’avoue que je n’ai jamais pu découvrir par le toucher , aucune
Cl) Pnthnf. é'émh'., 3" f'dil, p. 2flc.