‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens agesChapitre 44 sur 103 · CHALEURS , SUEURS, ÉTAT FÉRRILE · texte numérisé non relu

CHALEURS , SUEURS, ÉTAT FÉRRILE

différence bien sensible. Dans presque tous les cas la chaleur morbide diminuait en même temps que la fréquence du pouls; parfois même la température de la peau devenait plus douce et était moins considérable un et même plusieurs jours avant qu’on ne constatât aucune diminution dans le nombre des pulsations artérielles. La chaleur tout-à-fait sèche , aride de la peau , âcre au toucher , ne se remarqua que momentanément ; ,

dans les cas qui se sont terminés d’une manière funeste , elle ne m’a pas paru sensiblement plus fréquente que dans ceux qui ont eu une heureuse issue. Parmi les malades qui succombent , il n’y en a guère qu’un tiers chez lesquels la chaleur delà peau reste sèche , âcre, plus ou moins brûlante jusqu’au terme fatal. Chez les autres, la température est médiocrement élevée, halitueuse, et ce n’est qu’au moment de l'agonie que la sueur devient parfois plus abondante en même temps qu’elle est froide et visqueuse. Quelle qu’ait été la terminaison de la pneumonie , des sueurs plus ou moins copieuses ont été notées chez la plupart des malades dès les premiers jours de l’aftection ; l’abondance de ces sueurs indépendantes de la température extérieure , et du siège ainsi que de l’étendue de la pneumonie, ont été notées un peu plus fréquemment chez les sujets qui avaient moins de cinquante ans que chez ceux qui avaient dépassé cet âge. J’ai également observé que les sueurs qui avaient lieu au début de la maladie n’apportaient presque jamais aucun soulagement, et ne modifiaient aucun des symptômes de la pneumonie. En générai , ce n’est qu’à l’époque où la fièvre tombe qu’on voit les sueurs apparaître de nouveau, et c’est pendant le repos de la nuit qu’elles sont le plus copieuses. J’ai remarqué , comme l’avait déjà fait M. Louis (1) avant moi, que chez la quatrième partie des sujets à peu près les sueurs sont alors assez considérables pour les forcer à changer une ou plusieurs fois de linge dans le courant de la nuit. Je regrette de n’avoir jamais recherché dans ces cas, l’existence dessudamina; toutefois il est probable qu’il n’en existait sinon jamais, du moins fort rarement, puisque Je toutes les maladies aiguës, la pneumonie est une de celles dans laquelle M. Louis (2) n’en a

(t) Loc. cil. y t. II, p. 733, 2" éclit,

(2) Loc. cit.y t. Il, p. R, a** (‘(lit.

DES SyMPTOMF.S DE EA PNEUMONIE AIGUE.

point rencontré ; il a vu surtout cetle éruption manquer toutà-fait dans six cas de pneumonie où les sueurs ont été le plus copieuses.

Chez les enfans dès l’invasion de la pneumonie, on observe une chaleur vive à la peau, quelquefois excessive, et qui paraît s’accompagner rarement de sueurs et même de moiteur. Chez les trèsjeunes enfans, chez les nouveau-nés par exemple, si la pneumonie est simple, la chaleur de la peau sera un de ses premiers symptômes; mais, de même que l’accélération du pouls, dès que la maladie est arrivée à une certaine période, on la voit diminuer, décroître jusqu’à la mort; elle finit même par être remplacée par le froid des extrémités et une chaleur très faible du tronc (1),

Chez les personnes très âgées, la peau paraît présenter de plus grandes variations que chez l’adulte. En général, elle est chaude et sèche , et peut offrir ces caractères jusqu’à la mort, ou bien elle se refroidit en restant sèche; d’autres fois elle se couvre d’une sueur humide et poisseuse; enfin, dans quelques cas rares, la peau peut présenter une chaleur normale dans tout le cours de la maladie, bu bien être moite sans que la transpiration paraisse augmentée (2).

En résumé la fièvre , qui est spécialement caractérisée par l’élévation de la température et l’accélération du pouls, est un symptôme constant dans les pneumonies primitives. L’intensité du mouvement fébrile est généralement proportionnée à l’étendue de la phlegmasie : toutefois dans quelques constitutions , et spécialement pendant certaines épidémies, on voit une fièvre intense coïncider avec des pneumonies très circonscrites. En général , et toutes choses égales d’ailleurs , la réaction fébrile est plus forte chez l’enfant que chez l’adulte; elle est surtout plus marquée que chez le vieillard. Quelque soit l’âge des sujets, elle est essentiellement continue ou continente^ pour parler le langage des anciens, c’est-à-dire que son mouvement se soutient au même degré de force pendant plus ou moins longtemps. Sur 100 malades qui ont été examinés soir et matin , il y en a 72 chez lescpiels j’ai

(1) Clin, des mal. des nouveau-nés, p. 154.

(2) Archives, 2* sciïc, t. XII, p. 168;

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