‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens agesChapitre 46 sur 103 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Lorsqu’on peut assister au début de la pneumonie , l’inflammation paraît n’occuper d’abord, du moins à la superficie, qu’une étendue peu considérable; mais il est rare que la pblegmasie n’envahisse pas bientôt de nouvelles surfaces ; il est plus rare encore de voir la maladie rester stationnaire et se terminer par la guérison ou par la mort, avant d’avoir franchi le premier degré.

Il serait fort intéressant de connaître exactement quelle serait la marche de la pneumonie, son mode de propagation ou d’extension,dans les cas où la maladie, ayant une certaine gravité, aurait été abandonnée aux seules forces de la nature. Je possède bien 10 ; observations de pneumonies auxquelles ou n’a opposé aucun i moyen actif de traitement; mais ces faits ne sauraient éclairer ;; la question, attendu que la maladie était très bénigne , qu’elle i 1 n’occupait pas une grande surface , et que dans plus des deux ; : tiers des cas, elle avait déjà cesse' de s’étendre lorsque les indivi- : j dus entrèrent à l’hôpital.

Si on recherche quelle fut la marche que suivit la phlegmasie , h dans les cas où un traitement plus ou moins énergique fut em- | ployé, je trouve, que sur 152 malades, chez lesquels les progrès ; de la pneumonie furent chaque jour notés avec soin, et limités ' :: exactement, il n’y en a que 20, c’est-à-dire moins d’un septième, chez lesquels rinflammation est peut-être restée limitée aux points primitivement envahis ; ou du moins si elle s’est étendue i dans les deux ou trois premiers jours, ce fut sur une petite surface. Ce qui justifie d’ailleurs cette manière de voir, c’est que 'i lors de l’entrée des malades à l’hôpital, la pneumonie était par- ' tout arrivée au même degré, et à peu près également dans tous ù les points. Au contraire , chez les 132 malades qui restent , la > I

MODE d’extension DK EA PNEUMONIE. 299

maladie a piiinitivement envahi de nouvelles portions de l’organe, jusqu’à une époque plus ou moins éloignée du début, de telle sorte qu’une inflammation qui avait commencé par n’afîecter d’abord qu’un sixième , qu’un cinquième ou un quart de la surface pulmonaire ^ s’était ensuite plus ou moins rapidement étendue à la moitié, aux deux tiers ou même à la totalité de l’organe.

Cette extension se fait tantôt régulièrement , c’est-à-dire que chaque jour on trouve que rinflammaiion à gagné une plus glande surface; d’autres fois, là pneumonie semble se circonscrire; elle reste stationnaire pendant un ou plusieurs jours, et reprend ensuite de nouveau sa marche ascendante. La pneumonie s’étend donc comme le font le plus souvent les érysipèles, c’est-à-dire que l’inflammation née dans un point, se propage ensuite par degrés vers les parties voisines. On ne voit presque jamais chez l’adulte la phlegmasie envahir successivement ou siinultanénient le sommet et la base d’un poumon, en respectant les parties intermédiaires; chez les enfans, aucontraire, cette marche paraît être moins rare. Nous avons aussi déjà vu que dans le jeune tige , il arrive: quelquefois que, l’inflammation envahissant à la fois plusieurs lobules pulmonaires , plus ou moins distans les uns des autres , ces points de phlegmasie finissent par converger entre eux et par se réunir. Chez l’adulte , au contraire , la pneumonie n’a presque toujours qu’un seul point d’origine , d’où elle s’irradie ensuite vers les parties environnantes.

L’extension de la pneumonie aux parties voisines s’effectue le plus souvent sans qu’aucun phénomène physique appréciable ait averti le médecin. Ainsi, on voit que l’inflammation qu’on avait exactement limitée à une certaine surface , se trouve, au bout de douze ou vingt» quatre heures, avoir franchi ses limites, et avoir envahi des portions du poumon qui, lors du dernier examen , semblaient être à l’état physiologique, à en juger par la pureté du bruit respiratoire qu’on entendait à leur niveau. Ce fait ne nous doit point surprendre , si nous nous rappelons le mode de propagation de certaines phlegmasies, celle de l’éiysipèle, par exemple, dont il nous est facile de suivre les progrès. Sien cflel, dans l’érysipèle de la face, on examine une portion de [ eau voisine du point phlogosé, et qui sera envahie quelques heures plus tard par le travail inflammatoire, on]|ne constate

M\RCHE f)E l.S PNKIJMONIF. AKlVi:.

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