PAR SUPPURATION DIFFUSE
que les crachats devenaient crémeux, opaques, purlformes. Mais cette expectoration se rencontre fiéquenmient , surtout chez les vieillards, dans les cas mêmes où la pneumonie a une heureuse terminaison, ou bien se lie à l’existence d’un catarrhe pulmonaire antérieur ou consécutif à la pneumonie. Il n’en est plus de même des crachats séreux noirs, jus de reglisse ou de pruneaux, car les quatre malades chez lesquels j’ai remarqué cette expectoration ont tous rapidement succombé, et l’autopsie a révélé chez eux une hépatisation grise. En conclurons-nous que toutes les fois que ces crachats existeront , il y aura du pus infiltré dans les poumons? Je ne le pense pas. L’expectoration noire ne peut en effet nous donner que des probabilités , mais jamais de certitude complète, puisque sur neuf malades chez lesquels M. Andral a rencontré les crachats dont je parle, six , il est vrai , étaient affectés d’une hépatisation grise, mais chez deux la maladie était encore au deuxième degré, et même chez l’un des malades qui guérit, la pneumonie très bénigne , paraît n’avoir jamais dépassé la période d’engouement (1).
On a encore dit que , lorsque les poumons étaient en suppuration , l’haleine des malades exhalait une odeur d’une fétidité remarquable et parfois une véritable odeur de pus. C’est ce que Dance et M. Reynaud paraissent avoir observé surtout dans les cas de pneumonie métastatique (2). MM. Hourmann et Dechambre disent également avoir remarqué chez les vieillards dont la pneumonie était arrivée au troisième degré , que l’haleine exhalait quelquefois une odeur manifeste de pus (3). Jusqu’à présent j’ai vainement cherché à percevoir cette odeur dans les cas dont parlent les observateurs que je viens de citer. J’ai fréquemment noté chez les malades qui approchaient du terme fatal une odeur fétide, provenant non-seulement de la poitrine, mais qui s’exhalait aussi de tout le corps de l’individu , et qui n’offrait rien de spécial à la pneumonie , puisque je l’ai observée aussi souvent chez des sujets atteints de toute autre maladie aiguë , qui avait une issue funeste. Nous devons donc conclure de tout ce qui précède, que, pour reconnaître si la pneumonie s’est
(1 ) Clin., t. III, p. 499.
(2) Dict. de méd., t. I®q p. 95.
(5) jdrchives, 2® série, t. XII, p. 42.