‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens agesChapitre 57 sur 103 · TERMINAISONS DES PNEOMONIE3 CONSÉCUTIVES · texte numérisé non relu

TERMINAISONS DES PNEOMONIE3 CONSÉCUTIVES

enkysté, les élémens de l’iinne et l’odeur caractérisque manqueront probablement tout à fait. Dans les jours qui suivent la première évacuation, la matière expectorée change probable* ment de nature ; d’après M. Lenepveu, elle deviendrait alors jaune , opaque, plus dense , et adhérerait aux parois du vase (1).

Quel que soit le siège primitif de l’abcès qui est venu se vider dans le poumon, presque toujours le pus s’échappe brusquement au-dehors, en quantité considérable. Cette évacuation s’accompagne en général d’une gêne extrême de la respiration ; le malade suffoque parce qu’un grand nombre de ram ifications bronchiques sont obstruées par la matière purulente qui est expulsée par flot, et souvent par une sorte de vomissement, ce qui pourrait induire en erreur et faire croire que les matières évacuées viennent de l’estomac. Ces crises reviennent plus ou moins fréqueunnent, suivant l’étendue du foyer et la rapidité avec la. quelle la matière purulente est sécrétée de nouveau.

Cette évacuation s’accompagne de divers autres phénomènes, variables surtout, d’après l’organe qui a été le siège de l’abcès primitif. Ainsi dans les cas où c’est une collection purulente du foie qui a produit un abcès consécutif du poumon , on voit l’hypocondre droit être moins tendu; si une tumeur s’y dessinait auparavant, celle-ci s’est affaissée ou a même disparu. S’il y a au contraire une fistule réno-pulmonaire, et si l’abcès communique avec l’intérieur du bassinet, le pus s’étant frayé une nouvelle voie d’élimination, cesse de couler aussi abondamment par les urines que précédemment , circonstance qui peut aider souvent à éclairer le diagnostic de la maladie.

Lorsqu’il existe ainsi une large communication entre l’abcès primitif et l’abcès du poumon, et lorsque ce dernier s’ouvre dans des bronches volumineuses, la percussion et l’auscultation fourniront encore quelques résultats interessans. Ainsi, au niveau des excavations on entendra un gargouillement et un bruit caverneux plus ou moins âpre, parfois même une respiration amphorique et un tintément métallique, tandis que dans les parties voisines, existeront souvent un râle muqueux à grosses bulles , ou un râle sous-crépitant. La percussion donnera un son mat; mais si la caverne est vide et superficiel le-

(l) Thcsc inaugurale. Paiis 1840. p. 41.

TEIlMINAfSON OP. LA PNPIIMOMK AIGUE.

ment placée, en percutant à son niveau , on obtiendra au contraire un son tout à fait tympanicjue.

On conçoit qu’avec les graves’désordresqui existent à la fois dans deux organes importants, et surtout dans le poumon, la mort doive être presque inévitable : elle arrive en effet très rapidement par épuisement. Après avoir éprouvé un soulagement momentané, lorsque la collection purulente a été évacuée, les malades s’affaiblissent d’autant plus rapidement, qu'une diarrhée colliquative vient souvent se joindre aux autres symptômes.

En résumé, dans les abcès perforans du poumon,|qui sont consécutifs à des collections purulentes développées dans le voisinage de la poitrine, il faut distinguer plusieurs périodes ; on n’observe que les symptômes propres à la maladie primitive ; 2*^ l’abcès une fois formé et ayant fusé vers la poitrine, exerce une compression suy le poumon , et il en résulte déjà une gêne notable dans les fonctions de l’organe ; 3* le travail ulcératif se propage des] parois de l’abcès au tissu pulmonaire, période que l’auscultation seule peut faire, sinon diagnostiquer, du moins soupçonner ; 4® l’abcès s’ouvre dans les bronches, il est évacué au dehors , et l’on constate alors tous les signes propres aux excavations pulmonaires.

Dans les considérations que je viens de présenter sur les ab- , cès, qui extérieurs aux poumons, s’ouvrent ensuite dans cet : organe , j’ai supposé que le pus ayant été mis en contact avec j le tissu pulmonaire, l’avait enflammé, et que cette inflammation i s’était elle-même très rapidement terminée par suppuration et B par la formation d’un abcès, suite ordinaire des phlegmasies, | qui sont produites parle contact de la matière purulente.

Ainsi lorsqu’un abcès extérieur pénètre un poumon avant de communiquer avec les bronches, il produira dans le viscère des altérations profondes , étendues , souvent plus graves que la maladie première et qui peuvent devenir la cause principale \ de la mort des sujets. Cependant les abcès dont je parle peuvent i s’ouvrir dans les bronches par un autre mécanisme. Ainsi l’ulcération des parois du foyer purulent peut s’étendre peu à peu au |j tissu pulmonaire lui-même, mais au lieu d’y avoir comme plus |j haut, une vaste hépatisation, qui se termine rapidement par un I abcès, et donne lieu à des symptômes graves , il n’y a ici qu’une | altération circonscrite, qu’un travail d’ulcération, comparable à |

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celui qui use et détruit les téguinens qui sont en rapport avec une collection purulente qui fait effort pour s’échapper au dehors. Dans ces cas , on n’observe pas du côté des poumons les symptômes inflammatoires que nous avons vus précéder, pendant un temps plus ou moins long , l’évacuation de la matière purulente. L’auscultation et la percussion ne fournissent que des résultats négatifs , et c’est lorsque les organes respiratoires semblent être dans un état normal ou du moins peu . grave, que les malades rejettent tout à coup une grande quantité de pus. J’ai observé il y a bientôt neuf ans un fait de ce genre.

Dans les fatales journées des 5 et 6 juin 1832, un homme âgé de 32 ans , reçut un coup de feu et fut apporté à l’Hôtel-Dieu, dans le service de M. le professeur Breschet, auquel j’étais aloi'S attaché en qualité d’élève interne. Le projectile avait pénétré antérieurement dans l’hypocondre droit au niveau de la dixième côte et était sorti en arrière dans la région lombaire, à trois centirnètres de la colonne vertébrale. D’après la direction oblique de dehors au dedans qu’avait le trajet de la blessure, il était à présumer que le foie avait été traversé ou labouré par la balle. Ces craintes étaient fonde'es , car les jours suivans, nous observâmes tous les symptômes d’une hépatite qui fut traitée énergiquement et vers le déclin de laquelle survint un catarrhe pulmonaire assez intense , qui céda au bout de sept à huit jours. Le malade paraissait rétabli , il mangeait la demi portion, lorsque le 15 juillet, c’est-à-dire quarante jours après sa blessure , il fut pris tout à coup d’une quinte de toux très violente, à la suite de laquelle il rendit par la bouche, un flot de pus pblegmoneux, inodore, dont la quantité fut évaluée à 4 ou 500 grammes. Ces quintes se renouvelèrent encore plusieurs fois dans les nuits suivantes et à chacune d’elles le inalade rejetait du pus , dont la quantité allait toujours en diminuant. Dès le premier jour, la poitrine explorée avec soin , on reconnut une légère obscurité du sou dans le quart ouïe cinquièine inférieur postérieur du côté droit du thorax , avec un alfaiblissement du bruit respiratoire. Quelqu’un crut entendre un peu de gargouillement et une pectoriloquie douteuse dans la partie la plus inférieure; cependant ces ])hénomènes ne parurent pas évidens à chacun, le malade

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