TERMINAISONS DE DA PNEUMONIE AIGUE
n’eprouva aucune suite fâcheuse et sortit vingt jours après tout à fait bien portant.
Stockes a rapporté un fait qui a beaucoup de rapport avec le précédent. Un homme âgé de 28 ans, eut une hépatite très grave, les symptômes aigus s’étant amendés, le malade resta faible; il était tourmenté par une fièvre hectique, avec une toux sèche et continue lorsqu’il entra à l’hôpital. On le crut phthisique, cependant l’examen du thorax fait avec le plus grand soin , ne fit rien découvrir qui justifiât ces soupçons. Un jour, après une ; quinte de toux , ce malade rendit 1 kilogramme de pus phleg- j moneux. La veille le côté gauche de la poitrine avait été ausculté et percuté, et on n’avait rien constaté de morbide ; mais dès que le malade eut rendu la matière purulente, on trouva une matité dans une étendue correspondant au lobe inférieur du poumon, avec absence de bruit respiratoire, sans souffle ni résonnance; le côté n’était pas dilaté, il n’y avait aucun symptôme de pneumonie et de pleurésie. Pendant plusieurs jours le malade continua à expectorer du pus ; dès le deuxième jour on entendit un peu de râle muqueux à la racine du poumon, on le perçut bientôt dans toute l’étendue de la matité, et fut bientôt suivi par le retour de la résonnance de la voix et du murmure respiratoire (1).
Cette observation a une grande valeur, à cause du soin avec equel l’auteur explora la poitrine. La faiblesse ou l’absence du bruit respiratoire , l’obscurité et la matité qui ont été trouvées chez mon malade et chez celui de Stockes immédiatement après l’expulsion du pus, s’explique par l’irruption brusque de la matière purulente dans le poumon, dont les tuyaux bronchiques ont été obstrués et remplis. Il n’y a pas d’autre manière pour se rendre compte du dévelopjiement et de la cessation rapide des phénomènes morbides fournis par la percussion et par l’auscultation. On ne peut supposer non plus que dans ces cas il y ait eu une destruction un peu étendue du tissu pulmonaire. Les phénomènes négatifs fournis par la percussion et l’auscultation l’ont prouvé; il n’y avait non plus aucun trouble fonctionnel du côté de la poitrine, à l’exception pourtant d’une toux sèche et d’un peu de dyspnée qui était expliquée
[k) Disenses nfthc cJiest, p. -366.
terminaisons des pneumonies consécutives. 361
par la compression que l’abcès du foie devait exercer sur la base du poumon.
La gangrène est une terminaison aussi rare des pneumonies secondaires qu’elle l’est des pneumonies primitives. Ce résultat doit paraître étrange’; il semblait en effet rationnel de supposer que lorsque l’organisme est affaibli, lorsque les forces sont prostrées, lorsque les liquides sont profondément altérés , une inflammation qui se développe accidentellement dans le poumon, dût se terminer rapidement par la mortification des parties. On pouvait d’autant mieux le supposer, que lorsque dans les conditions organiques dont je viens de parler, une inflammation simplement érysipélateuse ou pustuleuse de la peau se déclare, elle est promptement suivie de la désorganisation de cette membrane. Tout cela n’a pas lieu pour le poumon qui est certainement un des organes qui résiste le plus à la mortification ; puisque dans ces maladies générales, dans lesquelles des foyers gangréneux se développent à la fois sur plusieurs points de l’économie, si une pneumonie intercurrente se développe dans des conditions aussi fâcheuses, on ne la voit pas passer à l’état gangréneux. On a dit aussi que dans les cas de pneumonie consécutive avec résorption purulente , la gangrène pulmonaire n’était pas très rare. Je ne crois pas que cette opinion soit suffisamment justifiée par quelques faits isolés qui ont été rapportés; d’ailleurs, les observations que j’ai recueillies moi-même jusqu’à présent, sont contraires à cette manière de voir.
En résumé, l’histoire des pneumonies primitives, comme celle des pneumonies secondaires , prouve combien Laënnec avait raison de considérer la gangrène pulmonaire comme une affection essentiellement distincte de la pneumonie par son mode d’origine.
On a pu se convaincre par ce qui précède , que les diverses complications de la pneumonie que je viens dépasser en revue, ne modifient pas pour la plupart la physionomie propre de l’affection première. Le diagnostic et la marche de celle-ci restent à peu près les memes , et si le pronostic diffère quelquefois , on a pu juger déjà, qu’à part l’une des formes du délire, aucune des complications précédentes n’exige de changement bien notable dans la thérapeutique. Il n’en est pas de même de celles qui nous restent à étudier dans le chapitre suivant.
COMPLICATIONS DE l'A PNEUMONIE.