‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens agesChapitre 59 sur 103 · COMPLICATIONS DE LA PNEUMONIE · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS DE LA PNEUMONIE

Il n’est aucune affection aiguë qui ne puisse venir compliquer, une pneumonie. Mon intention n’estpas de les énumérer toutes je veux seulement, dans ce chapitre , étudier celles de ces complications qui sont les plus fréquentes, sur la production desquelles la pneumonie a la plus grande part , et qui peuvent souvent à leur tour modifier la marche et le mode de terminaison de la maladie principale. Je vais donc étudier les complications de la pneumonie par la pleurésie , par le catarrhe pulmonaire par quelques maladies du cœur et des gros vaisseaux, par Tictère, les troubles cérébraux, et je terminerai par un mot sur les douleurs articulaires concomitantes de la pneumonie. J’étudierai en particulier ces divers accidens dans les pneumonies primitives et dans les pneumonies secondaires.

§ I. — Complication avec la pleurésie.

Du moment où la pneumonie, cessant d’être centrale , envahit la périphérie de l’organe, elle s’accompagne à peu près constamment de l’inflammation d’une partie plus ou moins étendue de la plèvre. Le plus souvent, comme nous l’avons vu à l’anatomie pathologique , l’altération de la séreuse est exactement bornée aux parties hépatisées. Dans ces cas, une fausse membrane albumineuse mince tapisse la plèvre qui est contiguë à la pneumonie; il peut y avoir aussi quelques flocons libres dans la cavité séreuse , et une ou plusieurs cuillerées d’un liquide trouble ou séro-purulent, sans que cela constitue, à proprement iiarler, une complication. Il convient de réserver ce mot , aux cas seulement où l’épanchement pleurétique est assez considérable pour pouvoir être constaté par les signes physiques, et lorsqu’il vient a])porter quelque modification dans les symptômes de la maladie principale. C’est alors seulement qu’il convient de donner ù la

AVEC LA PLEUllKSIE.

pneumonie le nom de pleuro-jmeiimonie , mot qui exprime en même temps la nature de la complication*

Sur 247 malades atteints de pneumonie , chez lesquels j’ai cherché à constater les complications survenues du côté de la plèvre, j’en ai trouvé 31 qui ont offert pendant la vie les signes évidents d’un épanchement plus ou moins considérable dans la cavité de cette séreuse.

Près des 2^3 des individus qui ont présenté cette complication avaient de 18 à 30 ans 5 tous les autres avaient moins de 50 ans ;

2 seulement avaient dépassé cet âge. Les hommes n’ont pas été atteints , en proportion beaucoup plus considérable que les femmes. L’épanchement a été observé aussi souvent dans la pneumonie droite que dans la pneumonie gauche. Si on se rappelle que celle-ci est beaucoup moins fréquente que la première, il semblerait naturel de supposer que la pneumonie gauche est proportionnellement une cause plus active d’épanchement pleurétique que celle du côté droit; toutefois, les faits ejui précèdent ne sont pas encore assez nombreux pour justifier une pareille conclusion. Les 3^4 des pneumonies occupaient la base de run ou l’autre poumon ; les autres siégeaient au 1;3 moyen de l’organe, et plus rarement dans le l^S supérieur. La douleur de côté n’a manqué chez aucun des malades , dont la pneumonie s’accompagnait de pleurésie ; mais elle n’a pas été en général plus intense chez eux que chez les individus qui n’ont pas présenté cette complication au même degré.

L’épanchement pleurétique était médiocre ou considérable. On peut établir comme règle générale, que la quantité du liquide épanchée dans la plèvre, était en raison inverse de l’étendue de la pneumonie J et du degré auquel celle-ci était parvenue. Je n’ai observé à ce sujet qu’une seule exception; c’était dans un cas où tout le poumon droit étant envahi, les 2 lobes supérieurs étant frappés d’hépatisation rouge et grise, le lobe inférieur présentant de l’engouement inflammatoire et un commencement, du 2' degré, il existait néanmoins un épanchement de 4 à 500 grammes environ dans la plèvre. Dans les pneumonies qui occupent l’organe en totalité, ou dans sa plus grande étendue, surtout si la phlegmasie ayant d’abord envahi le centre de l’organe s’étend ensuite à la périphérie, répanchernent est presque toujom s peu considérable, et n’est, en général, for-

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