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] pneumoniques l’tîxpoctoialion qui anrnli éié colorce en jaune ou eu brun jjar du laljac, des écovees d’orange, de citron , ou des morceaux de réglisse et de chocolat que les malades ont mâchés et sucés. Il est également important de savoir que des crachats simplement muqueux reçus dans les vases de cuivre dont on se sert dans plusieurs hôpitaux, peuvent quelquefois présenter à leur surface une coloration verte qui dépend probablement d’un acétate de cuivre qui se forme. Mais ce sont là des ressemblances grossières avec les crachats pneumoniques let qui ne pourront jamais tromper un praticien expérimenté.
J Les crachats noirs et diffluens que j’ai comparés, avec M. Andral, à du jus de réglisse ou de pruneaux, doivent-ils être considérés -également comme pathognomoniques de la pneumonie? En iue consultant que les faits que j’ai recueillis, je devrais répondre ’par l’ailirmaiive à cette question , puisque les quatre malades I qui rendirent des crachats séreux et noirs surmontés par un spuine blanchâtre, étaient tous affectés d’une pneumonie éten- -due et qui était arrivée au troisième degré. Mais ces faits sont en trop petit nombre pour pouvoir établir d’une manière ceritaine la valeur séméiotique d’un symptôme qui a été déjà diversement interprété par des hommes également éclairés dans :1a science du diagnostic. Si M. Andral semble regarder l’expectoration noire ou rouge brunâtre plus ou moins foncée I comme étant caractéristique d'une pneumonie; si M. Chomel I professe la même opinion (1), Laënnec a, au contraire, élevé (quelques cloutes sur la valeur diagnostique des crachats rouge Ibrun. Ce grand médecin dit en effet (2) qu’il avait rencontré fréquemment les crachats dont je parle chez des sujets cachectiiC[ues , dont les gencives étaient habituellement ou actuellement :au moins ramollies, et laissaient de temps en temps suinter du ;sang ; il avoue qu’ayant rencontré ces crachats chez beaucoup de sujets atteints de diverses maladies aiguës ou chroniques , ou imême bien portons, il n’a pas porté son attention sur leur plus ' ou moins de fréquence chez les pneumoniques. Les objections de ! Laënnec présentées aussi vaguement ne sauraient infirmer les ' observations positives faites par MM. Andral , Chomel et nous-
(1) Pathol, ÿénév., 1S4 0, p. 24 8.
(2) /liiscuh,, t, T''^, p.
1)1 uiNOc.l U; 1)1 l.\ l'NMlMOMI'..
même. D’ailleurs, comme je l’ai cle'jà dit, il n'y a aucune parité à établir entre l’aspect que présentent les crachats jus de réglisse et de pruneaux, et l’exhalation sanguine des gencives.
En6n, MM. Rousset, de Marseille (1), et Mériadec Laënnec (2), pensent que l’induction la plus sûre que l’on puisse tirer de l’apparition des crachats jus de pruneaux ou de réglisse dans la pneumonie, c’est d’admettre que cette phlegmasie coexiste avec uneapoplexie pulmonaire. J’avoue que dans mes faits, ainsi quedans ceuxqueM.Andral a publiés, je ne vois rien qui justifie une pareille opinion; d’ailleurs la matière noire expectorée, dans les cas dont parle M. Rousset, diffère beaucoup des crachats séreux jus de pruneaux ; elle consiste en effet en un liquide d’un rouge sale , au milieu duquel sont de petits corps semblables à ceux qui surnagent dans l’eau où l’on a lavé de la chair fraîche : ce n’est point là l’aspect que présentent communément les crachats noirs de la pneumonie, car ils sont homogènes , séreux , et surmontés d’un spume rouge ou blanchâtre.
Je crois qu’il résulte des faits qui précèdent, que les crachats que nous avons nommés jus de réglisse et de pruneaux ■paraissent être caractéristicjues d’une pneumonie, au même titre que les crachats rouillés jaunes ou verts. Toutefois le petit nombre de faits que je possède, me force à n'émettre cette proposition qu’avec une sorte de réserve ou de doute, jusqu’à ce que des observations plus nombreuses me donnent sur ce sujet une conviction que je ne puis encore avoir.
J’ai placé le râle crépitant au nombre des symptômes caracléristiques ou pathognomoniques de la pneumonie; il a pour moi, la même valeur cjue les crachats rouillés , jaunes ou verts dont je viens d’étudier l’importance séméiotique. Cependant je dois déclarer de suite, que par crépitation, je n’entends parler ici que de ce rdle qui donne à V oreille Vimage de huiles très petites^ égales entre elles, fines ^ sèches, plus ou moins nombreuses et qui ne sont perçues que pendant le temps de V inspiration. Le râle qui se présente avec ces caractères est pathognomonique delapneuino-
(1) Thèse de 1827, n° 75, p. 33.
(2) JYotes h Laënnec, 4^ édit., t. rc, p. 540.
VAr.T.UR l>rs IM’.INCIPAIIK .sYMPTOM FS.
nie, car on ne le rcnconlre dans ancnne autre afieclion ai(‘ue ou chronique de la plèvre, des bronches ou des poumons. Laënnec s’est trompé en prétendant que le râle crépitant de la pneumonie existait également dans Tcedème du poumon et dans l’engorgement liémoptdique. Ce grand médecin a confondu, suivant moi , la véritable crépitation pneumonique avec le râle sous-crépitant, qui en eft’et existe dans les bronchites capillaires et dans plusieurs autres maladies des poumons. Nous avons vu aussi que sous l’influence de certaines constitutions catarrhales, et que chez un grand nombre de vieillards et d’enfans, le râle crépitant à bulles fines, sèches , égales et nombreuses était remplacé par un râle , dont les bulles étaient plus grosses, plus humides, inégales entre elles, c’est-à-dire par du râle sous-crépitant. Cette distinction que j’établis ici , expliquera comment il se fait que des hommes aussi habiles que MM. Andral et Cruveilhier aient contesté la valeur du râle crépitant en disant (1) que ce phénomène se retrouve dans une foule de cas où il n’y a certainement autre chose qu’une simple bronchite, soit aiguë, soit même chronique. Une pareille opinion n’a pu être émise par les deux observateurs que je viens de citer , que parce qu’ils ont compris sous le nom de râle crépitant, la crépitation pneumonique et le râle sous-crépitant. Suivant nous, la première est caractéristique de la pneumonie , car on ne la retrouve dans aucune autre affection ; le deuxième, au contraire , pouvant exister à la fois et dans une bronchite et dans une pneumonie, sa valeur diagnostique n’est point absolue^ elle n’est que relative^ et on ne peut la déterminer que par l’examen des circonstances concomitantes. Ainsi le râle sous-crépitant dépendil d’une bronchite capillaire , il sera souvent perçu dans une grande étendue et existera constamment dans les deux cotés de la poitrine à la fois , quoique répandu le plus souvent d'une manière inégale dans l’un ou dans l’autre, et sans qu’il y ait aucun rapport constant entre l’étendue de la surface dans laquelle on l’entend, et la gravité des symptômes généraux. Au contraire, le râle sous-crépitant qui se lie à l’existence d’une pneumonie , occupe généralement un point plus ou moins
(t) JYotes h l’ouvrage de Laënnec, t:. le, p. .'>21, * et Revue mèd. nWiicr, 1 850 , pag. 555.
niAfiNOSTIC DE DA PNF.TIMONIE.
circonscrit dans un seul côté de la poitrine \ il coexiste avec un appareil fébrile intense, et le plus souvent avec un point de côté et des crachats rouilles. Enfin dans la pneumonie double^ comme les deux poumons n’ont été envahis que successivement^ si dans le côté qui a été affecté en dernier lieu , on ne trouve cpie du râle sous-crépitant, dans le côté opposé, la maladie étant tdus ancienne et parvenue à un degré plus avancé, se révélera ■«nssi par du souffle tubaire et par de la matité. Je suppose ( chose que je n’ai jamais vue ) que la pneumonie envahissant les deux poumons simultanément, ne détermine d’autre phénomène stéthoscopique qu’un râle sous-crépitant , si alors l’absence des crachats caractéristiques ne permettait pas de diagnostiquer une pneumonie, cette maladie devrait être regardée néanmoins comme infiniment probable d’après la dyspnée et surtout d’après l’intensité de ia réaction fébrile ; le traitement devrait en conséquence être dirigé d’après cette présomption.
MM. Barlh et Roger pensent que non-seulement le râle crépitant caractérise l’existence d’une pneumonie , mais par le point du poumon qu’il occupe, il indiquerait parfois de quelle nature est la phlegmasie , si par exemple elle s’est développée autour de tubercules. Ces auteurs établissent comme un principe d’auscultation , que si du râle crépitant est entendu au sommet de la poitrine , exclusivement en avant, avec coïncidence de symptômes fébriles, on devra soupçonner que la pneumonie est tuberculeuse (1). Tls émettent cette proposition en considérant que dans l’état ordinaire l’inflammation franche du lobe supérieur du poumon envahit la moitié postérieure beaucoup plus tôt c|ue la moitié antérieure, que par conséquent, les signes physiques de la pneumonie franche débutent presque toujours en arrière, et quand la phlegmasie gagne la partie antérieure, ils persistent d’ordinaire avec plus d’évidence postérieurement. Ces faits sont parfaitement vrais, mais je ne crois pas qu’ils suffisent pour justifier l’opinion émise par les deux habiles médecins que j’ai cités. J’ai vu en effet deux individus chez lesquels les phénomènes stéthoscopiques existèrent pendant plnsieuis jours liornés sous la clavicule, et rien n’in-
( )) 1) (lité (V nuaniJ . p, \ 7,h.