‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens agesChapitre 71 sur 103 · VALEUR DES PRINCIPAUX SYMPTOMES · texte numérisé non relu

VALEUR DES PRINCIPAUX SYMPTOMES

(liqiiait que ces sujets fussent tuberculeux, en outre, chez les dix individus qui furent pris de pneumonie , après avoir déjà présenté des signes rationnels ou physiques de tubercules, la pneumonie affecta le même mode de développement que dans les cas ordinaires ; c’est-à-dire que les signes d’auscultation furent d’abord constatés dans la fosse sus et sous-épineuse ou dans l’aisselle, et s’étendirent jusque sous la clavicule.

La proposition de MM. Barth et Roger serait peut-être plus vraie, si elle disait que du râle crépitant , entendu dans un point du sommet en avant ou en arrière , circonscrit à un petit espace et persistant longtemps au même degré, peut faire soupçonner une complication tuberculeuse, attendu que les pneumonies franches ont une autre marche et un autre mode de dc'veloppement.

La respiration bronchique considérée isolément , et indépendamment de tous les autres symptômes de pneumonie, ne peut indiquer qu’une chose , savoir ; que la portion du poumon au niveau de laquelle ce bruit est perçu , est devenutoutà fait imperméable à l’air, et que’ce fluide s’arrête et retentit dans les gros tuyaux bronchiques. Chez l’adulte, l’existence d’une respiration bronchique peut indiquer aussi bien une hépatisation rouge ou grise que toute autre induration mélanique , apoplectique , cancéreuse des poumons. Elle peut aussi exister dans la dilatation des bronches ; enfin on la retrouve dans les épanchemens pleurétiques ; aussi je ne saurais être à ce sujet de l’avis de M. le professeur Andral , qui afiirme que le souffle tubaire est pour lui un moyen excellent de distinguer l’une de l’autre , la pneumonie et la pleurésie ; il ajoute que toutes les fois qu’il entend nettement la respiration bronchique, il établit presque à coup sûr qu’il a affaire à une pneumonie (1). Deux I observateurs également habiles , MM. les docteurs Barth et i Roger, ont presque soutenu la même opinion, ainsi ils ont avancé que le souffle tubaire n’était entendu dans la pleurésie que dans des cas tellement exceptionnels, que lorsqu’elle existait dans un point, il fallait songer à quelque chose* de plus qu’à une pleurésie simple (2). Je ne puis partager l’opinion de ces

(C Clin,, t. III, p. 488, note do la 4c édit.

(2) Traité prnl , /. iVansr,. p. 88.

DIAGNOSTIC nr. CA PNFlIMON’ir..

auteurs car j’espère prouver bientôt, en parlant du dia{>noslic différentiel de la pneumonie et de la pleurésie, que le souffle tubaire est un phénomène commua ù l’une et à l’autre, et cju’on rencontre assez fréquemment dans les épanebemens pleurétiques. Mais remarquez bien que je ne parle ici que de l’adulte et du yieillard ; chez les enfans, au contiaire, c’est-à-dire depuis la naissance jusqu’à cinq ans, la pleurésie pouvant donner lieu à des symptômes graves, est assez rare pour que le souffle tubaire q"u’on etUend chez les sujets de cet âge indique presque sûrement que ce phénomène se rattache à une induration du tissu pulmonaire,

Jl est important de prémunir ici les médecins contre une erreur qu’ont commise quelques personnes qui ontrarement exploré la poitrine des enfans à l'état sain ; c’est de confondre la respiration exagérée ou puérile avec la respiration bronchique, à tel point qu’on a prétendu que le souffle tubaire était un état physiologique fihez les jeunes enfans. Je crois presque inutile de combattre une pareille erieuiq car il n’y a aucune ressemblance entre le souffle bronchique et la respiration puérile; celle-ci est bruyante, il est vrai, mms on sent que l’air arrive lacilement dans les vésicules, et on ne l’entend que pendant l’inspiration, tandis que le souffle tubaire donne une sensation bien différente à l’oreille, et on le perçoit dans l’inspiration comme pendant l’expiration,

Je ne dirai rien de la dyspnée du point de côté, de la toux, symptômes qui sont communs à plusieurs maladies de poitrine, et qui n’ont qu’une valeur relative, et par conséquent ne peuvent donner au diagnostic aucune précision. Ce sont le plus souvent des symptômes simplement indicateurs , c’est à dire qu’ils portent l’attention du médecin du côté de la poitrine, et engagent à explorer avec soin les organes contenus dans cette cavité.

La fièvre et les phénomènes sympathiques fournis par l’expression de la physionomie et par l’état des forces, sont des élémens de • diagnostic très iinportans, surtout chez les vieillards. Nous avons vu précédemment, qu’à cette époque de la vie, la pneumonie étant souvent latente, le point de côté, les crachats caractéristiques peuvent manquer , souvent il n‘’y a pas d’oppression, et l’examen de toute la poitrine, ne fait dé-

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