DIAGNOSTIC DES FORMES DF. DA PNEUMONIE
le terminent et qui coïncident avec un amendement de la plu- I part des symptômes généraux et locaux. Il faut aussi avoir égard à la constitution régnante, car les fièvres rémittentes, compliquées de phlegmasies diverses, sévissent en même temps I que les intermittentes. Les anciens auteurs ont aussi conseillé, pour établir le diagnostic des fièvres subcontinues , d’examiner avec attention l’état de l’urine ; ce liquide devant four- 1 nir un sédiment briqueté abondant dans la période de rémission. Enfin, quelquefois on ne peut avoir que des doutes sur l’existence d’un élément intermittent; dans ces cas l’administiation du quinquina est la pierre de touche pour connaître la véritable nature de l’afTection . Il existe en effet des malades chez les- ; quels l’intermission est extrêmement courte et fugitive, et c’est surtout d’après la considération de la constitution régnante, delà saison, et des conditions de localité dans lesquelles on observe, qu’on peut soupçonner l’influence miasmatique , de la nécessité de visiter les malades plusieurs fois pendant le jour et la nuit , afin de saisir facilement le moment du paroxysme ou de la rémission. Je crois que c’est par suite d’une observation incomplète des malades que M. le docteur Guislain, dans une communication qu’il a faite à la société de médecine de Gand (1) , a soutenu, que sous l’influence des miasmes marécageux, on voyait survenir diverses maladies inflammatoires, et en particulier des pneumonies qui différaient complètement des fièvres larvées, pernicieuses, rémittentes, décrites par tous les auteurs, et constituaient au contraire des phlegmasies véritables, souvent accompagnées de symptômes formidables, ne présentant jamais ni intermittence, ni rémittence, et qui cédaient néanmoins à l’administration du sulfate de quinine.M. Guislain dit avoir observé fréquemment ce genre de phlegmasies dans les endroits avoisinant les polders. Depuis plusieurs années, il en a vu des exemples à Gand et dans ses environs; elles semblent de préférence se déclarer dans le quartier de la Porte -de-Sas et dans celui d’Akerghen avoisinant les prairies. Il croit aussi les avoir observées à Rome , et pense qu’on les rencontre partout où il y a des terres submergées. Il est infiniment probable, pour
Annales et bulletin de la société de méd. de Gand. Livraison de juillet, 1 839.
diagnostic I)K la PNEDMONII-,
ne pas dire certain, que M. Guislain a méconnu dans ces cas le caractère rémittent de la fièvre , lequel est souvent très difficile à constater, à cause du peu de durée de la réiuission qui passe inaperçue pour les assistans et pour les malades euxmêmes. La spécificité du quinquina , les cures merveilles, pour me servir des propres expressions de M. Guislain, que ce médicament procura dans les cas dont je parle, prouvent en faveur de mon opiniom
Peut-on diagnostiquer la forme de l’altération pulmonaire? Peut-on, par exemple déterminer, si le poumon est hépatisé ou spldnisé? je crois que dans l’état actuel de la science il serait imprudent de vouloir ainsi préciser le diagnostic anatomique de la maladie ; on peut peut-être avoir à ce sujet quelques présomptions, mais jamais de certitude absolue. Ainsi lorsque une pneumonie amène la mort des malades, et que pendant toute sa durée elle n’a produit d’autres phénomènes locaux que de la matité et une crépitation grosse, rare, sans souffle, ou bien une matité sans aucune espèce de bruit naturel ou morbide, on peut regarder comme probable que le poumon est splénise. Lorsc[ue au contraire la pneumonie s’étant d’abord montrée avecles signes physic|ues propres àl’hépatisation, on voit ensuite cesser tout à coup toute espèce de bruit auniveau des parties malades ; on n’a dans ce cas, aucune raison de croire plutôt à une splénisation qu’à une hépatisation le plus souvent grise ; ce sont là de nouvelles recherches à tenter. Pour compléter ce que je viens de dire du diagnostic de la pneumonie, il me reste maintenant à mettre la maladie en parallère avec les principales affections thoraciques qui peuvent la simuler.
§ Y. Diagnostic de la pneimonie d'avçc les aubts malad'cs de poilnne
qui lui ressemblent ,
Les maladies dont les symptômes offrent quelque ressemblance avec ceux de la pneumonie sont la pleurésie, la bronchite aiguë fébrile , l’oedèine des poumons et certaines formes de la phthisie pulmonaire. Nous allons examiner tour à tour le diagnostic de chacune de ces affections comparativement avec celui de la pneumonie.
1° Pleurésie. — Les symptômes communs A ia pleurésie et a la pneumonie sont la douleur de côté, la dyspnée, l’oppression,
niAGNOSTIC d’avec La pleurésie. 507
la toux, l’accélération des inouvemens respiratoires, 'la matité le souffle, la broncoplionic et la fièvre. On conçoit qu’une pneumonie qui ne se révélerait point par d’autres symptômes que par ceux que je viens d’indiquer, une pneumonie dans laquelle manqueraient, et la crépitation, et les crachats rouilles, pourrait être mécon nue, et il serait possible de la prendre alors pour une pleurésie avec épanchement. Cependant on peut, même dans ces cas, arriver à un diagnostic précis. Dans la pleurésie, le mouvement fébrile est généralement moins intense que dans la pneumonie ; il est rare que la fièvre, qne la prostration des forces et l’état du faciès soient en rapport exact avec l’étendue qu’occupent la matiiéetla respiration bronchiques. Il n’y a rien en effet de si fréquent, que de voir des malades qui ont tout un côté ou la plus grande partie d’un côté de la poitrine tout à fait i mat, avec un souffle tubaire et une broncophonie éclatante, et cependant leur faciès est naturel, les forces ne sont pas jirostrées, la fièvre est peu marquée ou nulle. Dans ces cas le doute ' n’est point permis, ces individus n’ont point de pneumonie, ils n’ont qu’un épanchement pleurétique, car il est certain qu’une I inflammation pulmonaire qui serait assez intense pour se révéler par des phénomènes physiques aussi étendus, exciterait beaucoup de fièvre, s’accompagnerait d’une grande oppression,
! de beaucoup d’anxiété et de tout l’appareil de symptômes qui ; est le cortège ordinaire des maladies graves. Si pourtant on I explore les malades à une époque très voisine du début, dans les I 'deux ou trois premiers jours par exemple, la fièvre et l’anxiété j ipeuvent être portées à un très haut degré, mais dans ces cas I :même il est une circonstance qui mérite de fixer l’attention, c’est j lune matité étendue avec absence de respiration ou avec dusoufj 'fie et de lahroncophonie. Dans l’hypothèse d’unepneumonie, il faudrait donc supposer que dans l’espace de quelques jours , la iphlegmasie ayant envahi à la fois un grand espace, est parvenue jpartout au même degré, car on n’entend nulle part de crépitation même pendant la toux ; la chose à la rigueur ne serait jpas impossible, mais à coup sûr elle est excessivement rare.
Enfin, en comparant avec soin le souffle, la broncophonie et lia matité dans les épanchements pleurétiques et dans les cas I d’hépatisation pulmonaire, on trouve des nuances qui peuvent 'éclairer le diagnostic; c’est ainsi que dans la pleurésie la matité
DIAGNOSTrr Dr I.A PNKDMONIE.
est plus complète, rélastirité plus l ompléternent abolie ([u’elle lie l’est dans la pneumonie au deuxième ou au troisième dejji é. J ai trouvé le souille tubaire et la broncopbonie dans la moitié des épancliemens pleurétiques dont j’ai recueilli l’iiistoire, et dont le nombre dépasse cinquante ; mais ce n’est jjuère que chez un cinquième d’entre eux, que ces phénomènes jiréseutaient tous les caractères qu’ils ont dans les cas de pneumonie; dans tous les autres, la broncopbonie était moins éclatante, le souffle était comme étouffé ou voilé, il semblait se passer plus profondément, il n’était perçu que dans un point plus ou moins circonscrit de la matité. iîw/ïVi, chez plusieurs malades on diminuait ces phénomènes ou on les faisait changer de place en imprimant au tronc différentes positions qni permettaient à l’épanchement de se déplacer. On voit donc que je ne saurais attribuer au souffle tubaire la valeur diagnostique un peu trop exclusive que lui donnent MM. Andral, Barth et Roger.
Quelques personnes m’auront déjà reproché , sans doute , de ne pas indiquer l’égophonie comme caractère distinctif des épanchemens pleurétiques et de l’hépatisation pulmonaire: mais je crois qu’on aurait tort de regarder avec Laënnec ce phénomène comme pathognomonique d’un épanchement de liquide dans la plèvre. Vers la fin de 1836, une femme succomba à la clinique de l’Hôtel-Dieu avec une double pneumonie ; la veille de la mort nous avions constaté , M. Cliomel et moi , une égophonie manifeste à la base du coté gauche et une broncophonie dans la moitié inférieure drcdte ; je m’attendais , lors de l’ouverture du cadavre, à trouver un épanchement dans la plèvre gauche et une hépatisation sin>ple du poumon droit : cependant, à l’autopsie, je vis tout le contraire de ce que j’avais supposé. Une pleuropneumonie arrivée au deuxième et au troisième degré, avait envahi la moitié inférieure du poumon droit tandis qu’à gauche il n’y avait qu’une hépatisation simple sans épanchement de liquide ni de fausse membrane, et sans trace de pleurésie.M. Cboinel, à qui je manifestai mon étonnement, me dit alors qu’il avait observé plusieurs fois l’éfjophonie dans des cas d’induration pulmonaire simple. Je saisbien qu’on peutnous objecter qu’un épanchement a pu exister pendant la vie, et cjue ce liquide a été résorbé peu avant la mort-, mais cette supposition n’est guère admissible lorsqu’on ne trouve , comme dans le cas
DrAGNüsric ü’.vvLc la rLLunLsiL. 509
pvcccdcnt, aucun vestige de pleurésie. On lit d’ailleurs, dans I l’oiivrage de M. Louis, sur la phthisie, un fait qui confirme mon opinion. Ainsi , chez un malade qui succomba à une phthisie aigue, M. Louis constata, au niveau de l’e'paule, un peu d’égophonie, ce qui lui fit croire à l’existence d’une pleurésie circonscrite ; mais à l’autopsie il ne trouva ni épanchement , ni ! fausses membranes ^ ni adhérences au niveau de V épaule , le pou- I mon, imperméable dans les neuf dixièmes de son étendue, était ' seulement rempli de tubercules et de noyaux d’hépatisation (1).
Les épanchemens ])leurétiques diffus ou circonscrits qui se 1 sont évacués au-dehors à travers une fistule pulmonaire, ont souvent été confondus avec les abcès du poumon, parles médecins même les plus distingues. Pour arriver alors au diagnostic différentiel, ilfaudi a non-seulement avoir égard à la marche des deux affections, mais encore à la différence que présentent les symptômes communs aux deux maladies. Ainsi, il faudra alors tenir compte de la quantité de pus que les malades rendent par l’expectoration. Dans les cas d’abcès pulmonaire, il est bien rare que cette quantité s’élève à 300 grammes ; s’il y a empyème , au contraire , le fluide morbide est deux ou trois fois plus abondant; on a vu des malades qui en ont rendu en très peu de temps jusqu’à 3 ou 4 kilogrammes; le pus s’échappe alors par flots et comme par une sorte de vomissement par le nez et la bouche à la fois; l’arbre brouchicpie en a été quelquefois obstrue jusque dans ses dernières ramifications, et les malades sont morts réellement asphyxiés. Deux des observations (la troisième et la quatrième) que M. le professeur Lallemand de Montpellier présenta autrefois à l’Athénée de Médecine (2), comme des exemples d’abcès du poumon guéris, opinion qui fut partagée par le rapporteur, sont évidemment deux faits d’einpyème dont le liquide a été évacué par les bronches. Ce qui le prouve, c’est que dans les antécédens on ne trouve indiqués aucun des signes pouvant caractériser une pneumonie ; l’un des malades rejeta en un instant un litre d’une matière mucoso-purulente, et le côté gauche qui était mat en arrière et en bas , devint aussitôt presque aussi so«or<? Ze côté opposé.
) Phthisie, p. ■52 'i. Obser, JCXAP’,
(•2) lUbliolhc'juc med,, t. LXV, p. 214.
DIAGNOSTIC DJi 1,A DNCUMOMT.
Une circonstance qui mérite ép^alement d’être mentionnée, c’est que dans les cas d’abcès pulmonaire, dès que le foyer s’est vidé, la quantité de pus que les malades rejettent, est en général peu considérable, si on la compare surtout à celle que rendent de temps en temps les individus atteints d’empyèine , avec fistule du poumon. L’odeur et la couleur de l’expectoration ne me semblent pas au^contraire devoir être d’une grande milité, pour distinguer si la matière évacuée a été formée dans le poumon ou dans la plèvre. Toutefois, dans le premier cas, le pus est généralement plus homogène , et mêlé quelquefois à une certaine quantité de sang. Dans le cas d’empyème, au contraire, le pus est plus séreux , il est grisâtre ou verdâtre.
Chambers a prétendu (1) que dans les vomiques pulmonaires, le pus exhalait l’odeur d’œuf pourri. Je ne pense pas que le pus formé dans un abcès pulmonaire exhale toujours la même odeur , le plus souvent il n’en a aucune. Si les :parois sont mortifiées , il exhalera , ainsi que l'haleine , une odeur de gangrène tout à fait caractéristique (observation de M. Pointe )j si la caverne est vaste , que l’évacuation du pus se fasse difficilement , ce liquide , corrompu j»ar le contact de l’air, poui ra également acquérir une odeur désagréable, fétide même; mais Todeur d’iiydrogène sulfuré dont parle M. Chambers, ou bien une odeur alliacée, se rencontrent plus fréquemment dans la dilatation des bronches, et bien plus souvent encore dans le cas d’empyème avec fistule pulmonaire.
Pour distinguer les vomiques du poumon de celles de la plèvre, on a dit aussi d’avoir égard à l’époque à laquelle l’évacuation s’opère. Ainsi, on a prétendu (2) que toutes les fois qu’une vomique était rendue le vingtième ou vingt-cinquième jour d’une maladie aiguë de poitrine , il fallait admettre que l’abcès avait son siège dans le parencliyme puhnonaire; que si, au contraire l’expectoration est plus tardive, elle doit avoir sa source dans un abcès enkysté des plèvres. On suppose en effet qu’il faut à la nature un temps beaucoup plus long pour le développement des adhérences , l’oi’ganisation des fausses membranes, la circonscription du foyer et la formation d’un conduit dans le tissu
(i) Med. chirur. review, vol. CjglU, p. <4). liibliothcr/ue mécl., t, LXV, p. 3tiü.
DIAGNOSTIC d’aVKC LA l’LEUULSIli.
I pulmonaire. Je ne pense pas qu’on puisse établir sur ce sujet aucune donnée diagnostique un peu certaine; en effet , un des 1 malades deM. Lallemand (le troisième) qui n’avait qu’une pleuirésie, a néanmoins expectoré le liquide contenu dans sa poitrine, île quinzième jour , tandis que nous avons vu des abcès pulmo- : maires n’être évacués que le vingt-huitième jour.
'1° Bronchite aiguë. Il semble d’abord impossible qu’on puisse confondre la pneumonie avec une bronchite aiguë. Dans : celle-ei, en effet, l’expectoration est simplement muqueuse, la douleur de poitrine plus ou moins vive et déchirante siège ! I derrière le sternum ; le thorax conserve partout sa sonorité normale, et l’auscultation fait percevoir, dans une étendue vairiable, à une première période , les râles sibilant et sonore ; plus : ttard les râles sous-crépitant et muqueux. Cependant il est ceritain qu’un grand nombre de bronchites aiguës capillaires sont >souvent prises pour des pneumonies. Je pourrais citer ici beau- I tcoup d’observations qui ont été publiées dans divers ouvrages i (périodiques, par des médecins d’ailleurs fort distingués, comme ; des exemples de pneumonies doubles.^ et qui ne sont eu réalité que des cas de bronchite intense ou de pneumonie d’un seul ' côté compliquées d’une bronchite qui siège dans le poumon opi l'posé. L’erreur de ces médecins vient de ce qu’ils ont confondu : l e râle sous crépitant avec la véritable crépitation pneumonique,
} eit qu’ils ont donué au premier une valeur diagnostique qui i m’appartient qu’à la seconde. Enfin un grand nombre d’obser- I votions présentées comme des exemples de pneumonies qui I m’ont pas franchi le premier degré, quoique les symptômes I il téihoscopiques aient persisté pendant plus d’un septénaire j h ppartiemient encore pour la plupart à des bronchites capili aires s’accompagnant d’uu râle sous-crépitant plus ou moins lombreux. Mais je pense qu’on évitera désormais de commettre üe pareilles méprises si on se rappelle les considérations que ”ai présentées plus haut à propos des râles crépitants et sousirépitants, et si on compare entr’eux les autres symptômes et la 1 nat che des deux maladies. Cependant il est des cas où le diaimostic est très obscur, c’est ainsi qu’il est à peu près impossible l e distinguer une hrouchite capillaire d’une pneumonie lobuuire, dans laquelle il y a prédominance de rélément catarrhal, ./étendue plus ou moins grande dans laquelle le râle sous-crc-
DIAGi\OS'nC l)L LA PNLUMOMi;.
pilant existe , sa fixité dans le même point ou sa mobilité , la dyspnée , l’altération plus ou moins profonde des traits, l’inlensité de la fièvre peuvent faire naître quelques présomptions, mais ne donnent aucune certitude ; ce n’est que lorsque la pneumonie, en se généralisant, se révèle par les signes stéthoscopiques propres au deuxième degré, qu’on peut être certain de son ex istence.
3° OEclème pulmoitnire. — Je ne parle ici de cette affection que parce que la plupart des auteurs ont voulu , depuis Laënnec, établir les caractères distinctifs de l’œdème pulmonaire d’avec les pneumonies; quanta moi je pense que l’œdème des poumons est une maladie complètement inconnue sous le point de vue de la symptomatologie.
II est probable qu’au niveau d’une portion de poumon frappée d’œdème, la sonoréité doit être moins parfaite, le bruit respiratoire moins fort, le retentissement naturel de la voix affaibli ou nul. Je ne parle pas du raie sous-crépitant que tout le monde indique comme un signe de l’œdème, et qui ne peut , en réalité, que caractériser une bronchite des dernières ramifications. J’avoue pourtant que si ces phénomènes coïncidaient avec un appai eil fébrile , il serait impossible de déterminer dans les deux ou troispremiers jours qu’il y a œdème du poumon, plutôt qu’une pblegmasie du tissu de l'organe. Cependant on parviendrait peut-être à établir le diagnostic diflérentiel, en remarquant que les phénomènes stédioscopiques et de percussion existant dans les parties déclives de l’un et l’autre poumon, restent limites à unmême espace, et qu’on n’observe pas les signes physiques de l’hépatisation que nous avons vus succéder si rapidement à ceux qui caractérisent le premier degré. Ajoutez à tout cela des crachats muqueux , l’absence de douleur de côté et de fièvre, ou bien quand celle-ci existe, elle peut être expliquée par quelque pblegmasie. Enfin , l’œdème des poumons paraît être une altération toujours symptomatique, par conséquent elle coexistera avec une des ces affections qui sont la cause ordinaire de Tœdcme , et spécialement avec une maladie organique du cœur. En ayant égard à toutes ces circonstances, je pense qu’on arrivci a facilement au diagnostic différentiel de l’œdème pxdmonnirc et de la pneumonie.
4*^ Tubercules pulmonaires. — Il est une forme de phthisie pul-
i)A^EC LES ILliLli (JULES l'U E A1U^ Al RES.
OS
imonali’C qui brusque dans son développement rapide , dans sa 1 marche, s’accompagnant de tout l’appareil des maladies aiguës , peut simuler jusqu’à un certain point une phlegmasle du parenchyme pulmonaire; cette méprise serait surtout facile à commettre chez les jeunes sujets. Ainsi un enfant a la peau chaude, vune fièvre violente, de la matité avec respiration bronchique (existe sous l’une des clavicules, on n’a aucun renseignement ssur la santé antérieure ; est-il certain alors, comme le disent ['MM. Rilliet et Barthez, qu’il y ait une pneumonie (1)? Ces médecins ont vu souvent résoudre cette question par l’affirmative ; Lun traitement être prescrit d’après ces vues, et cependant chez la grande majorité des sujets, ces symptijines dépendaient d’une linGltration tuberculeuse du poumon, comme l’autopsie le prouvait. Dans ces cas difficiles il faut, disent ces auteurs, ttenir compte de l’intensité de la fièvre et surtout de la marche de la maladie , si les signes stéthoscopiques persistent malgré la diminution des symptômes généraux , il est probable que ccetle persistance est due à l’affection tuberculeuse. Je suis coinpplélement de leur avis, mais cela n’empêche pas de rattacher il un état aigu , à une pneumonie , la fièvre et le souffle tubaire les: I ]]u’on a observés pendant un certain nombre de jours.
C’est surtout la pneumonie lobulaire généralisée qui, chez les .'cnfans , peut faire croire à l’existence d’une phthisie pulmonaire; cette phleginasie , en effet, à l’instar des tubercules du Doumon , produit de la toux, du dévoiement , du marasme, dépendant, d’après les remarques de MM. Rilliet et Barthez , Il serait possible dans ces casen apparence si difficiles d’établirun iliagnostic différentiel , en se rappelant que s’il n’y avait qu’une mieumonie lobulaire simple , les signes stéthoscopiques n’in- Jiiquant qu’une affection catarrhale , ne seraient nullement en I apport avec la gravité des symptômes généraux, tandis qn’une
ilfS'l de ' tài' dû'’ fif'i prp
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..j( ) uflëclion luberculeuse , qui est parvenue à exciter dansl’écono- ^l|ii unie un trouble aussi profond , se révèle presque toujours par J'' des signes physiques d’auscultation et de percussion. Une civ-
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,èit'
!, ponslance dont on doit aussi tenir compte , c’est que la pneumonie dont je parle, est fréquente de deux à trois ans; andis que la phthisie se montre rarement à cct àj;e. Je donne
( I) /.oc, cil,, p. H-.J.
DIAGNOSTIC Dh LA l'NlLUMONlK.
ces faits sans commentaires , car je n’ai encore à ce sujet aucune observation pour appuyer ou infirmer les opinions des auteurs dont je parle.
Si on analyse les principales observations de phthisie aigue chez les adultes, on trouve qu’indépendamment d’un appareil fébrile continu , les malades éprouvaient une douleur dans quelques points de la poitrine , souvent bornée au côté où les désordres les plus graves furent rencontrés lors de l’autopsie; il y eut de la toux et une expectoration de matière opaque, grumelée , muqueuse, verdâtre, mêlée parfois à une certaine quantité de sang. Plus tard, les crachats plus opaques présentaient des stries jaunes à leur surface; l’auscultation ne donna du moins au début, que des résultats presque négatifs , c’est-à-dire qu’elle fit entendre une expansion incomplète, ou des râles de bronchite. Si on ajoute à ce tableau la marche de la maladie , les symptômes ultérieurs, tels que sueurs nocturnes, amaigrissement rapide, dévoiement colliquatif, et souvent même des signes physiques d’excavations, on verra qu’il est difficile de prendre, une phthisie aiguë simple pour une pneumonie. Si ces deux aftêctions se développent simultanément, on pourrait d’abord méconnaître la complication tuberculeuse , jusqu’à ce que les symptômes aigus aient disparu.
Je crois qu’il est inutile d’indic|uer ici le diagnostic différentiel des abcès pulmonaires et de la phthisie confirmée; caries antécédens des malades et les symptômes actuels permettront au médecin instruit d’établir son jugement. Le seul cas qui mettrait le praticien dans l’embarras, serait celui d’un individu qui, jouissant en apparence d’une bonne santé, quoique portant dans un point circonscrit du sommet d’un des poumons, une masse tuberculeuse plus ou moins considérable, viendrait à être a,ffecté d’une pneumonie qui amènerait brusquement le ramollissement et l’expulsion du produit morbide; je conviens que le diagnostic offrirait alors de grandes difficultés. La rapidité de la convalescence , le retour prompt de l’embonpoint et des forces, la cicatrisation rapide de l’excavation, l’absence de tout antécédent fâcheux , devraient nous éloigner de la pensée qu’il pût exister alors une affection tuberculeuse. D’ailleurs hs faits de ce genre sont tellement rares (ju’ils semblent presque no devoir point entrer dans les prévisions de rhonnne de l’ait.
UlAüNOSl’IC DliS PNüüiMOMES CONSÜCUTlVliS. 5l5
Une induration tuberculeuse par la inatitë qu’elle pioduitpar le souffle et la broncoplionie qui l’accompagnent, pourrait faire croire à une induration inflanîmaloive; mais la longue persistance de ces phénomènes sans changement marqué, l’espace eu général circonscrit dans lequel on les perçoit , peuvent, indépendamment des autres signes, permettre d’établir le diagnostiodillérenliel.
§ YI. Diagnostic des pneumonies consecutives.
On a vu précédemment combien les pneumonies survenaient I I fréquemment dans le cours de la plupart des maladies aiguës et chroniques; j’ai prouvé également que dans un grand nombre de cas, leur début était obscur , leur marche insidieuse , et que i ileurs symptômes principaux étaient peu marqués , ou même i manquaient complètement : cette connaissance indique la conduite que le médecin doit tenir. 11 devra, dans toutes les alFec- 1 lions aiguës ou chi'oniques un peu graves, surtout dans les affections fébriles, l eclierchcr si quelque complication inflammatoire ne survient pas du côté des organes pectoraux. 11 ne devra pas I ' seulement interroger l’état fonctionnel , mais il faudra surtout I - s’assurer , par une exploration souvent répétée, à l’aide des : moyens physiques, qu’il n’existeou qu’il nesurvient aucunsigue de pneumonie. Je dois rappeler encore ici que les phénomènes 1 ffournis par l’auscultation ne paraissent souvent manquer que I iparce qu’on les l’echerche incomplètement. Une diminution I (dans l’expansion pulmonaire limitée à une petite étendue I (d’un poumon, ou bien une respiration sèche, un peu rude, quelicques bulles rares de crépitation grosse , tous ces phénomènes,
I (quelque légers qu’ils soient, seront d’une grande valeur, hon ppour porter un diagnostic définitif, mais pour avoir une pré- Sîomplion qui devra nous guider dans l’application de méuhode thérapeutique. En outre, dans les cas où quelque phénoimène morbide paraît exister vers un point de la poitrine, il ne faut jamais oublier de faire tousser les malades-, car l’on tmit souvent alors les signes stéthoscopiques se inontrev plus illistinctemcnt , et l’on peut alors établir plus sûrement un dia- ) :;nostic qui, avant celte expérience, était encore incertain.
La considération de l’appareil fébrile développé brusqueiiienl chez des iiulivi'lus atteints déjà de ([uclquc maladie cliio-
blAGx'.üSnC ÜJi LA l’JNLLxMO.ML.
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nique, est encore d’une grande iinporlance , et indique (jiie quelque complication de nature inflaininatoire est survenue^ et comme de toutes les phlegmasies intercurrentes (jui se déclarent dans le cours des maladies organiques , la pneinnonie est la plus commune ou du moins l’une des plus fréquentes, c’est immédiatement du côté de la poitrine que devra se ])orter toute l’attention et toute la sollicitude du médecin. Eidin nous devons dire des individus atteints d’une maladie plus ou moins grave, ce que nous disions précédemment des vieillards : savoir qu’il faut rechercher chez eux la cause de tous les accidens nouveaux qui surviennent ; ce n’est que par une attention de tous les instans, qu’on parviendra à saisir dès leur origine les complications inflammatoires du côté des poumons. C’est souvent sur cette prompte connaissance, qu’est fondé tout l’espoir que l’on peut avoir sur les moyens thérapeutiques.
Il est des pneumonies qui se dévelopi)ent à une période tellement avancée des maladies , que leur diagnostic devient pour ainsi dire inutile pour la pratique. Dans ces cas , évidemment désespérés , où l’art est impuissant , le seul devoir qui reste au médecin est de respecter l’agonie de son malade, et de renoncer à la satisfaction qu’on peut éprouver à préciser d’avance toutes les altérations qu’on retrouvera le lendemain à l’ouverture du cadavre. La pneumonie occupant le plus souvent alors la partie postérieure et inférieure des poumons , il faudrait imprimer à ces malheureux malades des raouvemensqui leur seraient pénibles, qui augmenteraient leur anxiété, et pourraient même, vu l’état de faiblesse auquel ils sont parvenus, provoquer une défaillance mortelle. M. le professeur Chomel a dit avec raison (1) , qu’un médecin probe aimera mieux dans des cas de ce genre, rester volontairement dans une incertitude qui n’a pas d’inconvénient, que de compromettre le dernier souffle d’un agonisant par une curiosité tout à fait intempestive.
(t) Dict. clc Mcdcc. r.XVII, p. 231.
pnoNOSTir nr. la pneumonil.