‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens agesChapitre 89 sur 103 · TRAITEMENT DU DELIRE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DU DELIRE

y a plus de deux ans, un fait également favorable à l'adminislration du musc : il fut donné à un jeune soldat atteint de pneumonie arrivée au neuvième jour, et compliquée , depuis vingt-quatre heures, de délire. L’état général était des plus graves ; le pouls battait 115 fois; il était faible; il y avait 40 respirations; le délire était continuel; on avait déjà épuisé les saignées , le kermès à haute dose et les vésicatoires. Ce fut, dans ces conditions, que le musc fut prescrit , le malade prit, toutes les heures 5 centigrammes (1 grain) du médicament ; dans la journée, le délire diminua de violence, et à six heures du soir , il avait entièrement cessé. Le malade resta comme hébété, assoupi, ses sens éiaient émoussés, le pouls et la respiration avaient diminué de fréquence. On continua l’usage du musc, le malade en prit encore près de l6 décigrammes le jour suivant; dès lors la convalescence se déclara régulièrement.

Dans les faits que je viens d’exposer sommairement , il serait difficile de contester l’utilité du musc; l’amélioration a ici succédé de si près à l’administration du remède , qu’il n’est pas probable qu'il n’y ait eu qu’une simple co'incidence fortuite. Cependant , jusqu’à présent, nous ne sommes pas suffisamment fixés sur l’efficacité de ce médicament, et.sur le degré de confiance qu’il mérite, car pour cela, il faudrait que les médecins qui donnent le musc, publiassent indistinctement les succès comme les revers. Jusqu’à ce jour on n’a guère fait connaître c[ue les cas où le musc a paru triompher du délire, de sorte que ne connaissant pas la proportion des insuccès, nous ne pouvons pas calculer les chances de réussite que nous avons , lorsque nous administrons ce remède, pour combattre le délire ataxique. J’ai vu administrer le musc par M. Ghomel , chez trois individus atteints de délire nerveux , dans le cours de la pneumonie, et ce fut sans aucune espèce d’avantage. Cependant il est juste de dire que ce médicament fut administré dans les plus mauvaises conditions; les malades étaient dans un état à peu près désespéré , et le musc ne fut donné qu’à dose peut-être insuffisante, puisqu’elle ne dépassa pas 3 ou 4 décigrammes (6 à 8 grains). Il y a un an, j'ai moi-même administré le musc chez un homme, qui au neuvième jour d’une pneumonie.

(i ;. Joiirn. des Conn, mcd. dur. n° 8. Nov. 1S59.

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offrait depuis trente-six heures, un délire maniaque continuel , j’en prescrivis seulement 2 décigraimnes dans une potion , et quelques heures après l’avoir prise, le malade cessa de crier et d’êire agité, mais cet individu continua à divaguer et succomba le lendemain. J’expose ce fait sans vouloir en tirer aucune conclusion ; je crois toutefois que , dans ce cas , le musc a été sans effet, <;ar si, après son administration, le délire a été moins complet, il n’a pas cependant diminué, mais il est juste de dire, que la dose du musc n’a pas été portée assez loin. En re'sumé, il n’y a aucun motif qui doive empêcher le médecin à expérimenter ce remède dans les cas de délire ataxique; c’est là d’ailleurs un sujet d’étude que les médecins ne devront pas négliger, car nous ne savons encore rien de positif à cet égard.

Enfin nous arrivons à cette forme de délire qu’on observe ehez les individus qui s’enivrent souvent , ou qui boivent chaque jour une grande quantité de liqueurs alcooliques. Ce délire, qui est caractérisé par une loquacité continue , par la violence des emportemens , par l’insomnie complète , doit être considéré comme une forme du delirium tremens, et l’on doit lui opposer le traitement qui réussit dans cette dernière maladie, c’est-à-dire qu’il faut administrer de suite aux malades les préparations opiacées, qu’on portera rapidement à de hautes doses, de manière à ce qu’un sommeil calme succède à l’agitation des malades. Comme il est souvent difficile de faire boire les malades, et pour avoir un effet plus prompt, je suis dans l’habitude, dans les cas dont je parle, de prescrire quinze à trente gouttes de laudanum de Sydenham, qu’on mêle à quelques cuillerées d’eau, et qu’on injecte dans le rectum. Si trois quarts d’heure ou une heure après, 1 effet calmant ne s’est pas encore fait sentir, j’administre une nouvelle dose. J’ai traité trois malades comme je viens de 1 exposer, tous furent calmés, le délire cessa d’être violent, mais un de ces individus ne recouvra qu’inconrpléternent 1 usage des (acuités intellectuelles, et succomba deux jours après, aux progrès delà pneumonie. Chez les deux autres, dorit le délire débuta lorsque la maladie était déjà en décroissance, j’ai vu l’opiurn triompher rapidement des accidens cérébraux.

Chez un des malades, qui buvait habituellement, au moins

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