‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens âges, et dans ses rapports, avec les autres maladies aiguës et chroniquesChapitre 16 sur 76 · RAPPORT ENTRE LA CAUSE ET LE SIÈGE D£ LA PJNEUMONIE · texte numérisé non relu

RAPPORT ENTRE LA CAUSE ET LE SIÈGE D£ LA PJNEUMONIE

tion d'une cause occasionnelle , et cliez presque tous ce fut un refroidissemelit du corps» Ainsi dans la grande majorité des cas^ la'pniâutnohiië'edt survenue sans qu'on pi\t saisît Faction d'une csiuse ëïcitante. Il faut admettre également que lorsqu'une eftusè dtl^ctonelie "paraît avolt provoqué la maladie ^ elle n'a pu iaVoir oet eîSet qu'kutatït que l'individu était antérieurement plrëdi^posé à en recevoir léis atteintes, puisque cette c&use avait Mjik agi dans dés tircoiistatices et ^^parehces semblables, sans «w)k «u4«s miAiliés réiMiltats fiâchetCx. Enfin , c'est en Vertu de cette dispotitiOft Orgaiiiqnè^ préexistante , qu'on ne sautttit nier, que IW eitpUque l'influènd^ très ulifiérentb , que fmrt exercer une fnême cause occasionnelle ,* lorsqu'elle agit èur plnsietu^sufctB à la fois, ou bien sur le même individu, à dea époques plua ou moins éloignées. D'après cela, je pensé que Mm CÂiomel a parfaitement tuison d'établir que les causes occtv eioniidiet i&'ont qu'une influence secondaire ûîins la pit>ducflb& delà piieumonie , et que cette afibctiim » ^mme la plupart des («atres mdkâdies imernes , se dételopipfe sous l'influence d'une disposition înlMëure dont Tesseuce nous échappe (1).

S Vl.*^ ité^poti entre la eaase oecasiormeile et le siège de la pneimoiùe.

Après avoir apprécié à sa juste valeur la part d'influence qui revient à la cause occasionnelle dans la production des pneumonies, je dois rechercher s'il y a quelque rapport entre l'aciUm de la cause excitante et le siège même de la pneumonie. On conçoit aisément que ce rapport doit exister dans un certain nombre de cas. C'est ainsi que lorsque la maladie survient Consécutivement ii une contusion thoracique , à une plaie pénétrante de poitrine, c'est dans le point même du poumon, qui a été Gontus et déchiré , qu'on voit la phlegmasie débuter. On conçoit aussi que dans les cas fort rares où la pneumonie •accède à Tinspiration de vapeurs irritantes , l'inflammation doit spécialement aflecter les points où la substance toxique s'est portée en plus grande quantité; c'est ce qui explique peut-être pourquoi ches les animaux, que M. Bretonneau a exposés aux vapeurs de l'air cUorydrique, on a trouvëil'autopsie des noyaux

(i) Dict, de méd,t art. Pneumonie,

d'iicpaiisalion lobiilalrc disséminée. Mais les causes occasionnelles qui^fjisseut sur lout le poumon ou sur toute rÉconomic, comme l'influence du froid, par exemple, ont-elles quelque influence sur le sii'ge qui; la pneumonie occupe ? 31. Briquet a résolu cette question par l'afllrinative (1). De ce que sur treize ]iiieumoiiies du sommet , observées par ce inédeciu , quatre fois seulement le refroidissement avait été seutî, tondis que sur cinquante pneumonies des autres parties de ce viscère il y avait eu dix-neuf fois un refroidissement appréciable, l'auteur eu conclut que relativement à l'inHuence des ciuses occasionnelles les pneumonies du sommet des poumons ne suivent pas la loi qui régit les autres pneumonies, et il est porte à regarder ces in- Ilammalions comme ayant un mode'de production particulier, lié à rexisieuce de tubercules pubnouaires. J'examinerai plus tard, la valeur de celte dernière opinion i mnis , relativement k l'influence que le refroidissement exerce sur lesidp,edetapneuinoDie, je dirai que cette ioUucDcemesembletout-ii-fait nulle, et M. Briquet a eu toit peut-être de tirer une conclusion générale d'nn trop petit nombre de faits. D'ailleurs mes observations plus nombreuses devraient faire admettre une proportion toute contraire. En eQ'et, sur 60 pneumonies du sommet dans lesquelles on a rechercliL', avec soin, si quelque cause occasionnelle avait agi, 43fois il (ut démontré que les malades n'avaient été soumis à aucun refroidissement appréciable ;ciiez quinze , l'action du froid avait été évidente; enfin deux malades avaient clé placés dans des conditions où uu refroidissement pouvait avoir eu lieu ; toutefois ils ne pouvaient afQimcr que cette cause eût réellement agi. ■,Ccs faits ayant élc comparés à des cas de pneumonie de la base, L'a) en est résulté que cbez les malades qui eurent une inflammsl^on du sommet du poumon, il y en avait un plus grand Ljioubre qui s'étaient refroidis que parmi ceux dont la maladie Loccupail le lobe inférieur. Je ne prétends tirer aucune cod- [.clusion de eus fait3;car jepense qu'il n'y a eu ici qu'unesimple coiucidencc, et que le refroidissement, qui est une cause frtquenle de pneumonie, n'exerce cependant aucune influence ^ sur le .'iége spécial de la maladie dans le lobe supérieur ou inférieur.

(|)^u7m«,l.VlI, p.

P:<£UM0N1£S CO^bi^CUXiVLS. liil

ARTICLE m.

Fréquence delà pneumonie dans le cours des maladies aiguës et chroni. ques. — Influence que celles-ci exercent sur sa production.

La pneumonie peat se développer dans le cours de toutes les maladies aiguës et chroniques.

Il est des états morbides dans lesquels la pneumonie survient* si rarement qu^on peut considérer la maladie primitive comme n'ayant eu aucune part dans sa production. Mais il est ^'autres affections aU contraire qui se compliquent si fréquemment d'inflammation pulmonaire, qu^il est impossible de nier l'influence que les premières ont exercée , soit comme causes prédisposanties, soit même comme causes excitantes de la maladie intercurrente.

On peut établir d'une manière générale , que tout état morbide ée réconomie, dans lequel il existe un mouvement fébrile et un grand degré de faiblesse est une prédisposition puissante pour le développement des phlegmasies pulmonaires. C'est surtout cbet les enfans, comme je le dirai plus tard, que nous re« trouverons cette tendance extrême des poumons à s'enflammer dans le cours de toute espèce de maladie aiguë ou chronique. Mais il J a néanmoins à tous les âges de la vie un certain nombre d'affections pendant la durée desquelles on voit plus spécialement que dans d'autres survenir des pneumonies intercurrentes.

Cbez les enfans à la mamelle, les inflammations pulmonaires consécutives paraissent se déclarer surtout dans le cours du mu«« guet et de l'endurcissement du tissu cellulaire. Chez les enfans plus âgés on trouve que les pneumonies secondaires surviennent en plus grand nombre dans le cours de six mala-> dies qui sont : la gangrène de la bouche, la rougeole , la coqueluche, le croup, la variole et l'entérite. Amsi il résulte d'un relevé que j'ai fait d'après les observations et des comptes rendus publiés dans différents recueils , que sur 197 enfants atteints des maladies que je viens d'énumérer, il y en a eu au moins 90qui furent affectés d'une pneumonie intercurrente qui le plus souvent a été la cause principale de la mort d^s sujets. Sur ce nombre vraiment ^dfrayant de phlegmasies pulmonaires, voici la part qui revient à chacune des maladies précédentes :

Croup. — Pneumonie intercurrente chez les. ..... 7/8

162 ET10I.001E DE LA PN£UII01fI£.

Gangrène de la bouche. — Pneuog^. ûit. chez les. . . • . • 5/6 Entérite, rougeole, coqueluche. — Pneum. int.

chez le ^ 1/3

Variole (1). — Pneum. int. chez le 1/4

Ton» les obserr a^enrs. qwi otirti sahrî Fbftpitftl des «rfàn» à Paris, s^accordent à regarder la roii|^le, qn'efle lè^gne-qMvadiqnemsot on é^piàéuâqaemuxt, comme fat* eaiu» 1» plus: ÈtéqmeùJte doti fXÈemmomes sBcoadannss , qui surriennest d||Buio lo jouiie à^ L'inflamiBadon des^ poomons est à totttoiiv k caaM de mort la phi» ordinaire cties les enfans; de imtsLà qnnesBB qui sont afieele&de rougeole;. On dit que cela tt^eot. point appb» çM». «m BOHpneMMiéft^ cfe généralemeni aws enfain» qai ont nuoinededeux ans. Ainsi on a prétendu qwe- kniqne ctox- «î socoombont dans le «oius d'ans rougeole^ ilapetealwat plus samment des^lëaiona du cûté des poonrans que duui ko Ages snkaKBs; mois. ce. fait Bi'esi pent-étre pc» encore safisajmneni établî. La pneumonie irubéokuse survient à* une époque» vaaia* Me. Snr 44 observations depneumoiûes conséoutÎTes à k vmh geok que j'a> réunies , \e trouTe que 29 ft>îs k mort a en Ueu dans le premier septénaire. Ches eux la pneumonie s'est déclarée rarement dans les prodromes, le plus souvent pendant que l'éruption se faisait ou* krsqu'elle était devenue complète* Chez huit k terminaison fatale est arrivée du huitième, au zième jour, et bien qu'il soit difficile dans la plupart de de préciser le début de k pneumonie, il m'a paru que cbeile plus grand nombre elle n'a commencé qu'à k période de des^ quamation ou peu de jours après. Enfin chez les septmakdei qui restent, k rougeole a suivi une marche régulière; mais ai* rbvés: à k convalescence, les- en£ans ont continué à tousser 9 V^

(4) Voir pour Ife croup, rapport de Roycr CoUard, p. H*. — ArtfBe 0#*oi^ du Dict. de méd,^ 9«^ ëdiU — Blache, Archives t. XYII, obs. Ik--' Hotteloup, Tlièse de 1«3S, obs. \^\ — Hache Thèse de 4915 n**Wl^t p. 2S. — Poar Ift gangrène de la. bouche, mémoire de Taupin, joitfnb ^ ctOA/}» méd» chirur,9 avril <859. — Rougeole^ goa, médm de *S1#.— Boudin Ttièse 48S5, n*» 9^. -^ Coqueluche, dicùonn. de méd.,V ^' tion. ' — Desruelles, Traité de la coqueluche^ Paris, 4827;.— (^ clopédia vol. UI, ai-t. Pneumon* — Mémoire de Blache. Archi»^ 2« série., t. III, obs. 7, 9, 40. — Pour toutes Us maladies. W^^ et Barthez, 84. — Becquerel, archives, 3« série, t. IV, p. *57, etc., «*«•

PNKUMOMl^S CO£iS£CClTlT£S. 1Ç5

fection catarrhale a persisté pendant un ou plosi^i^rs mon 9 et c'est après ce long intervalle qu'ils furent emporté» pqjr vue pneumonie intercurrente.

Chez les adultes ou du moins après seize ans, la rougeole s^ac^ compagne beaucoup plus rarement de pneumonie. Jç n'ai guère observé cette complication que sur ub vingtième ^es su* jets. Cependant les résultats ne soqt plus les mêmes sous Tlnfluence de certaines constitutions épidémiques. C'e^t ainsi, par exemple, que dans une petite épidémie de rougeole observée en 1832 à l'hospice de la Salpétrière, sur quinze rubéolèux il y en eut sept qui furent aiFectés de pneumonies (1).

La variole, à quelque âge qu'on l'observe, se complique beaucoup plus rarement de pneumonie que la maladie précédente; mais de toutes les fièvres éruptives, la scarlatine est cellç dans le cours de laquelle on voit le moins souvent survenir une phlegmasie du côté àts poumons. Four ma part je n'en al jamais observé d'exemple. MM. Rilliet ètBarthez n'en citent non plus aucun cas. Sur les 45 observations de pneumonies secondaires, "rapportées par Delaberge, par MM. Léger et Burnet, il n'y en a non pltis aucune dans laquelle la pneumonie eût été précédée de cet e^canllième. Enfin sur 10 scarlatines observées par M. Becquerel , une seule a été compliquée de pneumonie et s'est terminée d'une manière funeste.

Cette rareté des pneumonies qu'on remarque à tous les âges de la vie dans la période aiguë des scarlatines, a été même observée lorsque cette maladie régnait épidémiquément. Ainsi M. le docteur Scnn (2) ne cite qu'un setil cas de pneumonie intercurrente , pendant toute la durée de l'épidémie qui sévit en 1825 à l'hospice de la Maternité. M. Bretonneau (3) parait n*en avoir observé non plus aucun exemple pendant l'épidémie qui, de 1824 à 1828 , régna dans le département d'Indre-et-Loire. Pendant celle de Bridlington, qui a été décrite par M. le docteur Humphry Sandwith (4), une inflammation grave et rapidement mortelle semblait bien exister sur un grand

(1) Gaz» mcd,f annëe 1838, p. 147.

(3) Thèse de 4 825, n<> 455» p. 88.

(8) Journ, des con, med.f chir,, î^^ année, p. 367.

(4) jEdiVii». 7oMr. October 4 833.

164 LTIOLOCIE DE L\ PfiEL-.WME.

nombre c!l'3 malades ; mais rexaiiien cadavérique prouva qu'il n'y avait eu dans ces cas qu'une simple congestion , qu'un engouement pulmonaire non inflammatoire , circonslaucc qui parait avoir éle' également observée plusieurs fois par M. le professeur Trousseau [1 ). Toutefois, dans l'épiilêmie d'Edimbourg de 1832, le docteur Hamilton (2) qui l'a décrite avec beaucoup de soin, dit que cliez tous lès malades qui succombèrent, à une seule exception prés, on constata que la pblegmasie de la gorge s^ctalt propagée aux voies aériennes, et qu'il ex.is:ait tantôt uc pneumonie , tantôt une bronchite. La phtcgtnasîc du parencliyme pulmonaire existait toujours au premier et au deuxièit)c degré; la mort était si rapide , que dans aucun cas elle n'eut le temps de passer i l'état de racnoUisscnient gris.

La pneumonie au contraire a été observée fréquemment daus l'anasarque qui succède quelquefois à la scarlatine. Dès l'année 1717 les iMédecin3,flDrenlînsetBuraeiiuslepremier,remarquèrent que plusieurs des personnes qui a^'aieut succombé à celte bydropisie présentaieut à l'autopsie des traces de pneumonie et de pleurésie , etc. Le docteur Hamilton a observé les mêmes altérations sur un grand nombrcde cadavres. Enlin M. Rayer (3) paraît avoir lui-même confirmé ces résultais; car il dit que dans presque toutes les formes de la néphrite albumineusc, suite de scarlatine, on remarque dcssymptônies pulmonaires, et à l'autopsie on constate quelque inflammation des bronches, des poumons ou des plèvres, etc.

Enfin chez les enfans on a signalé la pneumonie lobulaire comme étant toujours secondaire, et succédant à une broncliiie capillaire. Mais c'est une quesliou que j'examinerai spécialement, lorsque je traiterai en particulier de cette forme de pneumonie, de même qu'à l'article suivant je déterminerai la pi'Oportion des pneumonies qui chez l'adulte et le vîcUlard te déclarent dans le cours d'une bronchite légère.

Il est d'autres affections spéciales aux adultes ou du inoins plus fréquentes à cet Sge, et dans le cours desquelles on voit

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PNEUMONIES COpfSÉCUTiVES, 165

également survenir un grand nombre de pneumonies. En tête de ces maladies il faut placer la morve aiguë et la phlébite.

L'Inflammation des poumons e^t peut-être^ en effet, la lésion secondaire la plus constante de la morve. C^est ainsi que sur au moins vingt individus qui ont succombé à cette redoutable maladie, il y en a à peine trois chez lesquels les poumons aient été épargnés ; il est même probable que dans ces cas les recherches auront été faites incomplètement , puisque dans tous les faits qui ont été recueillis en France depuis quelques années on a vu constamment une pneumonie survenir , et qui sauf quelques rares exceptions s'est présentée avec les caractères anatomiques propres aux pneumonies des résorptions purulentes.

La phlébite est après la morve la maladie aiguë qui s'accom^ pagne le plus souvent d'inflammation pulmonaire. Sur 23 ob* servations de phlébite traumatique que j'ai recueillies , ou qui m'ont été communiquées par le docteur Charcellay, aujourd'hui médecin distingué à Tours , j'ai trouvé une pneumonie chez seize , et dans le» trois quarts des cas elle se présentait avec les caractères anatomiques des abcès métastatiques.

Ces pneumonies peuvent survenir à l'occasion de toute espuce de solution de continuité quelque légère qu'elle soit; elles sont plus fréquentes après les amputations des membres iiifé* rieurs que des membres supérieurs ; ce qui dépend probablement de la plus grande étendue des surfaces suppurantei dans le premier cas, et du nombre plus considérable de veines qu'on est obligé de diviser ; circonstances qui augmentent nécessairement le danger des phlébites. Enfin , les os des membres inférieurs, étant eux-mêmes plus volumineux, leur section se faisant le plus souvent, pour la jambe du moins, dans la portion la plus vasculaire ou à son voisinage, il en résulte fréquemment des phlébites capillaii^es^ bornées au lacis veineux qui existe dans les os, surtout dans leur portion aréolaire -, altération qui avait fixé mon attention dès l'année 1831 , et qui est fréquemment le point de départ des lésions viscérales si nombreuses^ qu'on observe chez ceux qui meurent à la suite des résorptions purulentes. Ce que je viens de dire de la fréquence des phlébites osseuses expliquera pourquoi j'ai observé des pneumonies métastatiques deuxfois plus fréquemment après les plaies dé tête^avec dénudation des os, qu'à la suite des amputations faites dans la

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