‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens âges, et dans ses rapports, avec les autres maladies aiguës et chroniquesChapitre 17 sur 76 · ETIOLOGIE DE LA PNEU MON IF · texte numérisé non relu

ETIOLOGIE DE LA PNEU MON IF

continuité des membres supérieurs. Si on réfléchit , en effet , à la grande yascularité du diploë , au lacis veineux et aux sinus qui le traversent, on comprendra pourquoi les plaies de tête sont suivies si fréquemment des accidens de résorption et de pneumonies consécutives.

Si M. le docteur Tonnelle de Tours, dans un excellent compte rendu de la clinique de la Maternité, a trouvé une inflammation pulmonaire chez un douzième des femmes qui ont succombé à la fièvre puerpérale (1), je crois pourtant que ce n*est pas une raison pour regarder cette maladie comme une cause active de pneumonie. Il importe eu eflet de dire ici que sous le nom de fièvre puerpérale, les anciens comme les modernes, et M. Tonnelle avec eux , ont décrit des maladies dont le siège anatomique primitif àïfThre beaucoup; ce qui modifie également la fréquence et la forme des lésions secondaires. Dans les cas où il n'existe qu'une métro-péritonite simple , avec ou sans lymphangite , la pleurésie se remarque sur 1/4 des cadavres ; mais la pneumonie est un accident tellement rare alors, que sur 52 autopsies que j*ai faites , j^ai toujours trouvé les poumons exempts de tout travail inflammatoire. Mais il n'en est plus de même dans les cas où sous le nom de fièvre puerpérale, on a décrit des phlébites utérines ; alors on voit la pneumonie suryenir comme dans tous les autres formes d'inflammation veineuse.

Après les maladies aiguës que je viens de nommer, celle qui s'accompagne le plus souvent de pneumonie , c'est sans contredit la fièvre tfphdide, pendant laquelle j'ai constaté des symptômes d'inflammation pulmonaire sur un septième des malade. M. Louis a observé cette même complication dans un sixièftke des cas, et cette proportion est à peu près celle qu'on trouve chez les enfans.

Ce dernier chiffre me parait également exprimer à peu de chose près la proportion des pneumonies qui viennent compliquer les maladies aiguës de l'encéphale, s'accompagnant d'une vive réaction fébrile.

La pneuiponie survient aussi très fréquemment dans le cours de plusieurs maladies chroniques. On a surtout signalé les tubercules pulmonaires comme étant une cause très active d'in-

(4) j4rchives, t. XXII, p. 487.

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flammalion, en fegiasant «m* I0 («MM. à» Votfgunû à là mamère des corps ^U*at]|[er9» Mais oetia qoçsiiioo est difluik, ei peiU-élre même impoB&bh à isés^udr^ icUps-ritât a«ui0l de la acknce. Mous ne «ipixuisspBS piM BB (kffet k 4l[egr^ il.e fi^quen^e à% h pneumonie chei lés anjois tubercules pendant les deux pre* migres périodes de la maladie; car l'inflainmatioti pulraoïiiire passe souvent inaperçue pour le nM||ji4<e et même pour le méde* cin« Mais eu ne tenant compte que des pneumonie^ qui surviennent à une pëtiode ayanoée, on voit que cette (iompUcation M extrêmement Gommune, puisque M, Louis Ta trouvée sur le 1/4 des cadavres qu'il a ouverts (1), proportion qui est un peu plus considéiable que pour les autres maladies cbronîques.

Les affections organiques du cœur me semblent pouvoir être place'es immédiatement après la phthisie pulmonaire, conune favorisant le développement des pneumonies consécutives. C'est ainsi que sur 05 observations de maladies du cœur analysées par nili, fai trouvé sur 18, c'est-à-dire sur plus du Ijij une pneumonie survenue comme k'sion ultime. Ce résultat est conforme à celui qu'a indiqué le docteur Cleiidinning, d'après des faits beaucoup plus nombreux (2), puisque sur 145 autopsies que ce médecin a tûtes , il a trouvé une inflammation pulmonaire chei 36 sujets, c'est-à-dire dans la quatrième partie des cas. Aucune a^tre complication n'a été remarquée plus souvent.

Les affections cancéreuses des viscères, les maladies organique du foie , et spécialement la cirrhose , enfin la néphrite albumineuse, m'ont paru avoir une influence. à peu près égale dans la production des pneumonies consécutives, puisqu'il résulte de mes observations et de celles publiées par les auteurs, qu'on verrait survenir une inflammation des poumons sur le sixième ou le septième des individus atteints des affections que je vi0ns de nommer (3).

Georget (4) avait prétendu que les phlegmasies aiguës des

(1) Rech. sur la Phthisie^ p. 37.

(2) Gaz, me£?ic., annëe 1888, p. 608.

(3) Voir mémoire de Becquerel sur la cirrhose ^ ArcMue^^ 3* série, t. Vin , p. 4». — Hialad. de Brighu Voir ftayer, Malad, des reins, t. II , p. 291 , — Archives , t, VI, 2« sërie, p^ 869. rr- Ouvragé de ChHs' tison, — Brigh Reports of medî,c^l cases, London, i 897, ***"♦ • . ..

(4) Dict. de méd. 2« ^it,, t. Xllt, p, î»i.. " j "*

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organes tlioraciqiies, étaient assez rares chez les aliénés. Cette assertion est peut-être exacte pour lesmaniaqaes, mais elle cesse d'être vraie si on veut l'appliquer aux aliéna qui sont tombés dans la démence, et chez lesquels l'affaiblissement cbs facultés mentales s'accompagne d'un état de paralysie musculaire, pai^ tielle ou générale. Ainsi M. le docteur Bayle (1) a vu qu'un dixième environ de ces aliénés succombaient à une pneumonie intercurrente. Ayant également analysé les observations que M. Calmeil a réunies dans sa monographie (2) , j'ai trouvé que sur 40 aliénés morts avec les symptômes de la paralysie générale , 3 offraient les traces d'une pneumonie évidente , et dans deux autres cas (Observ. 30 et 31) il semble que la même altération a été rencontrée. Plus récemment M. Calmeil (5), dans ses recherches sur les maladies incidentes des aliénés, a annoncé que de toutes les phlegmasies des organes parcnchymateux celles des poumons étaient les plus fréquentes. Ce laborieux obser^ vateur a vu en effet que sur 100 insensés pris au hasaM dans un établissement public , on peut affirmer qu'on trouve les divers degrés d'hépatisation sur un cinquième d'entre eux, proportion qui est à peu près celle que donne le docteur Boudiet dans ses recherches statistiques sur l'hôpital de Nantes. Ge médecin ayant en effet déterminé la cause de la mort chez 106 aliénés, a trouvé que chez 24 elle avait été produite far une pneumonie intercurrente, et que la plupart avaient succombé à des maladies des organes de la respiration et de la circulation (4)«

Deux de mes amis ayant bien voulu me communiquer le résumé de leurs observations sur les maladies incidentes des alié» nés, j'ai encore trouvé que la pneumonie s'était présentée assez fréquemment chez ces individus. Ainsi M. Baillarger, déjà connu dans la science par d'excellens travaux, m'a dit qne-sar 168 autopsies d'aliénés faites par lui à Charenton, pendant ks années 1832, 33 et 34, il avait trouvé des traces depnti^aMÙSf chez un neuvième environ des sujets. Plus récemment M.ThofC^ interne distingué des hôpitaux, ayant recherché les causes de moi^

(l) Traité desmalad, du cetv. Paris, 1836, p. 4S8. (s) Paralysie chez les aliénés , Paris , 1 836 , p. 483, — Esquirol , Des Maladies mentales f "Paris f 1858, t. II, p. 371.. (3) Dict, ileméd,, 3» «dît., t. H, p. 196. ('♦) Annales d'hy^, et de mt^d, h'sç., t. XXIII, p. 571 .

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