PNEUMONIES CONSÉCUTIVES
cliez tous les aliénés qiuont succombé à Tfaospicede Bkéire pendant l'année 1839, a trouvé que sur 52 individus morts indépendamment de la folie, et par le fait seulement d*une maladie inddentei^ y en avait 11 qui avaient succombé à une ioflam« mation des poumons.
Il résulte donc des laits qui précèdent, que la pneumonie est une des maladies incidentes les plus fréquentes chez les alié* nés; il est d'autant plus important de connaître ces faits, que l'inflammation étant presque toujours latente , ou bien les in^ dividus se plaignant rarement, il est du devoir du médecin d'ex* plorer fréquemment les organes thoraciques. . ]@n résumé nous voyons que la pneumonie est un des accidens les plus redoutables et les plus fréquens qu'on puisse observer dans le cours des principales maladies aiguës et chroniques. Cette complication du côté des organes respiratoires se remarque surtout dans les affections les plus graves, et lorsque rrllrsgi.nnnt déjà parvenues à une période plus ou moins avancée. Est-il possible d'en expliquer le développement par une influence spéciale dépendant du siège anatomique de la maladie primitive ; ou bien pouvous-nous saisir, pour toutes les maladies que nous avons passées en revue, une ou plusieurs circonstances communes auxquelles il faudrait attribuer la plus grande part duns le développement des pneumonies secondaires? Il est incontestable que dans quelques cas rares la nature et le siège de la maladie primitive rendent compte pourquoi une pneumonie est survenue comme complication plutôt que toute autre altération.
. C'est aiynsi qu'on s'^plaque très bien, par exemple, par le siège de la maladie préexistante le développement d'une pneumonie lobulaire chez les enians affectés de bronchite capillaire. C'est peut-être encore par une action directe qu'on peut expliquer le dévelcj^ment de. la pneumonie dans le croup et surtout dans la coqueluche ; car la compUcation survient spécialement dans la péripde spasmodique , et lorsque les quintes étant le plus rapprochées et le l^us. intenses, entretiennent dans les poumons une congestion presque constante. Si de toutes les maladies cutanées fébriles la rougeole est celle qui se complique le ptups souvent de pneumonie, il faudra peut-être aussi se l'expliquer pai une action spéciale que le virus morbilleux exercMur les
17D ÉnOLOGIE DK LA Mf&VIfOlVfC.
Tûtes aénenaes. Il est en eifTet t&ti rave 4e rm une roagéole MBS catarrhe pHlmonaire» Or, comme notis le dirotts bienlAt^ ]Mur le seul fait de la brondbitêy TindiTida est déjà phnprè- «lisposé qu'an aotre k la pneumonie. On oe rend compte ekicc>re facilement pourquoi , dans quelques cai fort MteÈ è^àpopleûe pulmonaire* lorsque le poumon a été déchiré dans uue certaine étendue il «e développe dans les points oorrèkpondans à l'épaocbemcnt une pnenmome qn\>n pourrait appeler trâumatique. Je dis d'aîUeurs que la pneumonie conéétUitiTe est rare dans ces cas ^ puisque chex 17 cadavres sur Ita^uéb j\d examiné un grand nombre de noyaux apoplectiques^ tme seule fois je uouvai une inflammation dans legs points côrirespôndans du pounaon qui était déchiré dans la plue grande pardé d'un lobe« C'est encore par une action toute locale qu'oti a prétendu expliquer la fréquence de la pneumonie dans le cours dé la phthisie pulmonaire ; on a pensé que les tubercules agissaient alors à la manière des corps étrangers et par voie 4l*irtltaitioB. Je suis loin de contester absolument cette influence ^mais fé pense que ce n'est point de cette manière qu'on peut ekpliquélr le développement de la pneumonie ultime; car, conune cek ténuité surtout des recherches de M. Louise il n'y a le plus sou* vent aucun rapport enti*e la gravité et le siège des lésions pulnkh naires et la pneumonie consécutive. Ainsi sur ISindindus qui ontprésenté unehépatisation^quatre seulement avaientde fastes cavernes, tandis que les autres ne présentaient qlie des grftûur lations ou des tubercules incomplètement vidés ; enfla, daiii la plupart des cas la pneumonie par contre des tubercules occupait le lobe inférieur. Ces faits iont donc présumer que les tubercules agissent autrement que par une action ml* canique dans la production des pneumonies. Cependant je dois dire que les tubercules me semblent être une eattso ae» tive de pneumonie dans quelques cas de phthisie aig^| $ Init* que par exemple le parenchyme pulmonaire est envahi bitiêquement et sur une large étendue par une grande qUAlitité de granulations miliaires. C'est ainsi que surqurfreobseiiratiônade ^thisie aiguë rapportées par M. Louis dans son otivrage (1), tfois se sont compliquées de pneumonie dans les derniers jours
(1) Olk 55, 5*, 55 et 5S du Ti-aitéde la phihisit*
pifKiriieirTi» tamiicuitiyfiB», 171
de la vie. J« n'ai observe qu'un Mul fait et pbiliid» aiffêd^ et il démontre encore FiBlaence cpie je viens de signaler*» Un jeune bomme d'une faible ognstitotion et atteint donnai tumeur blanche du coude y entra en 1B3& dans le aarvioa de M. Brescbet ^ à l'H6tel-Die», auquel j'ëtaia ak>V!9 attadié eH qualité d'élère interne : l'amputation fut réeoltie ) mafe avant de la pratiquer^ la pcritrine fut examinée par noua aveo beatteott|i de soin. M^ Bresehel^ suivant son habitude^ pria un des mëd»* cins de PHôtel-JDieu d'ausculter le malade > et tons noos fÛMCSi' unanimes pour reconnaître qu'il n'existait obea ce tu jet aucun signe rationnel ou physique de tubercules ; l'amputation fut donc pratiquée. Les résultats immédiats forent satisfeûsans, la pkde du moignon était presque entièrement cicatrisée t i^ nur^ lade se levait et digérait déjà une certaiuQ quantité d'aU-^ mens , laraqn'il fut pris tout à coup et sans cause eonaue de fièvre intense^ d'oppression, de toux ; le thorax était sonore dana tous les pointa , l'ao&cultation n'indiquait partout que l'existence d'an râle sibilant assez fin ; cq jeune hoinuie succovnba en moins d^uile semaine avec une oppression ext^ên^e et dans un état voisin de l'asphyxie. A l'autopsie je trouvai les deux poumons lourds, pesansj farcis à la surface et dans toute leur épaisseur d'une quantité innombrable de granulations grisea demi*transparente$ et confluentes presque partout ; le tissu pulmonaire avait dans presque tous les points de sa surface de la deuMté et de la friabilité , ou bien il était infiltré de liquidé séreux et jaunâtre ; mis dans l'eau , il surnageait incomplètement ou gagnait le fond du vase. Dans ce cas il était impossible de méconnaître l'influence que les tubercules avaient exercée comme cause excitante, dans la production de la pneumonie;
Dana la plupart des cas le développement des pneumonies secondaires ne peut s'expliquer par une action directe exercée par la maladie prinûtive, mais il faut reconnaître alors un autre mode d'influence. Il y a dans les maladies aiguës et chro-' niques deux conditions communes à toutes, qui existent le plus souvent ensemble , d'autres fois isolément ; ce sont le moMkvemefU fébrile et la faible^e : ces deux circonstances me Semblent jouer le principal rôle dans la prodi^ctiot^ des pneumonies secondaires. ,31 on se fappçrjte à ce que j^i. dit pré-
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cëdemment, on verra en elTct tes inflammations du ponmon acquérir leur maximum de fréquence dans les maladies où les deux conditions dont je parle existent réunies. C'est ce qui explique pourquoi les pneumonies secondaires sout si fréquentes dans la fièvre typhoïde et lapklliisie. £q général, c'est lorsque l'appareil fébrile dure déjà depuis longtemps , et que les forces sont le plus prostrées qu'on voit survenir la plupart des phleginasies pulmonaires : ainsi chez les tuberculeux le plus grand nombre des pneumonies se déclare à la tin de la troisième période, et clie» les typhoïdes c'est communément entre le deuxième et le troisième septénaire de la maladie.
Mais lequel de l'état fébrile ou de la faiblesse a la plus grande part dans la production des pneumonies secondaires I* Je n'hésite pas à dire que c'est la faiblesse. Dans les maladies, en effet, où il y a un appareil fébrile violent sans que la prostiatiou sott bien forte, on voit assez rarement sui-venir des pneumonies secondaires ; je citerai entre autres affections l'érjsipèle de la face, et le rhumatisme articulaire. Au contraire, dans les ma~ ladies apyrétiques qui s'accompajjueot d'une grande prostration, comme dans les lésions organiques du foie , du cœur et des autres viscères, dans les paralysies générales qui accompagnent la démence, etc., nous voyons les pueumonies survenir en 1res ^rand nombre ; il en est de même dans les maladies septiques, dans les affections gangreneuses , dans lesquelles la prostration , l'anéantissement des forces est un des symptômes prédominans. Telle est , par exemple, la stomatite gangre'neuse des enfans.
L'influence qu'exerce la faiblesse dans la production des pneumonies secondaires est encore prouvée quand on considère ta fréquence de la pneumonie aux difféieus Ages. Je dirai plus tard combien souvent la pncumouii; vient compliquer toutes les maladies de l'enfance ; on verra aussi que la proportion des pblegmasiespulmonairesvaen augmentant à mesure qu'on avance davantage dans la vie. Ainsi, les pneumonies secondaires ont leur maximum de fréquence aux deux extrêmes de l'existence de l'bomtnc , c'est-à-dire aux deux époques où l'organisme réagit le moins contre les agcns de destruction et où la plupart des maladies pour peu qu'elles se prolongent s'accompagnent d'une grande prostration. Toutes les causes débilitantes chez l'enfant et le vieillard deviennent des causes actives