‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens âges, et dans ses rapports, avec les autres maladies aiguës et chroniquesChapitre 19 sur 76 · PNEUMONIES CONSÉCUTIVES · texte numérisé non relu

PNEUMONIES CONSÉCUTIVES

de pneumonie. G^est ainsi qu'à l'hôpital des enfans on voit snccomber à cette maladie un grand nombre d'individns qui ne sont atteints d'aucune maladie déterminée, mais dont la constitution s'est affaiblie , dont les forces se sont prostrées par un séjour prolongé dans des salles trop souvent insalubres» La même remarque peut être faite pour les vieillards. A l'époque où je fus attaché^ en qualité d'interne, dans des salles de chirurgie , spécialement à rhospicedelaSalpétrière et à l'Hôtel-Dieu , j'avais été surpris du grand nombre de vieillards qui étaient emportés par des inflammations pulmonaires intercurrentes , et le plus souvent latentes. Cette complication se remarque surtout dans les cas de fracture des membres inférieurs exigeant le repos au lit dans une position qui varie peu, et un séjour de plusieurs mois dans des salles d'hôpital ; circonstances qui dé* bilitent rapidement les individus. Je regrette de n'avoir à produire ici aucun chiffre pour convaincre le lecteur ; mais je ne doute pas que cette observation ne soit sanctionnée plus tard par des relevés numériques. En attendant, je ne saurais trop engager les chirurgiens à surveiller l'état de la poitrine chez les vieillards qn^ls traitent, car c'est de ce côté que le péril arrive le plus souvent

Broussais, ayant observé un certain nombre de pneumonies dans le cours des fièvres intermittentes , s'était expliqué leur production par une action spéciale exercée par le mouvement fébrile. Ce célèbre médecin avait prétendu (1) que le frisson qoi marque le début des accès fébriles pouvait être une cause déterminante d'une phlegmasie, qui tantôt restait bornée à la muqueuse bronchique, mais qui pouvait aussi gagner le parenchyme pulmonaire. Suivant Fauteur du Traité des Phlegmasies chroni" queSj le frisson fébrile agirait en supprimant les évacuations cutanées et en déterminant vers les viscères, et surtout du côté des poumons, des congestions plus ou moins intenses, bientôt suivies d'inflammation. Enfin, Broussais prétendait (2) que lliépatisation , l'induration des poumons était un accident très fréquent chez les individus qui, ayant éprouvé pendant longtemps des accès de fièvre intermittente, restaient ensuite jaunes , faibles, lau-

(1) Hist, dcsphleg, chron», 4" cilit. Paris 1820, t. I, p; 131. (2)/d.,t.I«S p. tâ5.

174 £TiOL0Gl£ DE LA PNEUMONIE.

guissants et infiltrés. Cette sorte de cachexie était regardée par Bnrassait goduiis dépeoikua le p)iia commonétteot de quelque phlegmasie pulmimaîre oa des voica dîgeirtiTas (1). Cependant si on lit les observations particulières rapportées ptr Pauteur, on ne yoit pas que le J&isson initial des accès fébrifaa ait «s aw la production des pneumonies Finfluence qu'il liUUttrilMt* Car» comme il Tobserye luirmême (2) 9 les malades qui succombaient avec une induration pulmonaire , n'éprouvaient pins de fièvre depuis un certain temps » omime quinze jourt ou un mois. Il est vrai que Broussais considérait cette induration du poumon comme le résultat d'une phlejjmasie chronique, et par conséquent y il en faisait remonter le début à une époque déjà éloignée; mais rien encore ne justifie cette opinion. U £aut^ je crois^ regarder les hépatisations du poumon que Broutais a rencontrées chez ces sujets, comme indiquant une inflanunatiou récente, et semblable à celles que nous avons vues déjà survenir en grand nombre dans le cours de la pliq>art des malais aigvhës et chroniques. C'est encore par la faiblesse que s'explique le développement des pneumonies secondaires chez les individus qui y après avoir été longtemps tourmentés par des fièvres d'aocès , gardent le teint jaune paille , ont les membres infiltrés, le sang appauvri, toutes les fonctions enfin dans unétat delan^peur. Cependant je suis porté à croire que les phlegmasiea pulmonaires sont loin d'être aussi fréquentes dans ce cas que Broussais l'a prétendu. Si , en effet , on consulte le tableau que le . docteur Maillot (3) j Tun de ses élèves , a publié sur les lésions viscérales qu'on rencontre dans )es fièvres intermittentes, on voit que sur 1880 individus qui ont présenté des altérations diverses du côté des viscères , il n'y en a que deux qui aient été affectés de pleuro* pneumonie. Les autres auteurs, même parmi lesmodernés, ne signalent pas non plus la pneumonie comme étant une maladie qu'on observe fréquemment, soit comme complication soit comme lésion ultime des fièvres intermittentes prolongées. Pour terminer ce qui se rapporte au mode de généBatiou des

(l) Loc, cit., t. I«r, p. 126.

fS) Lac, cil,, p. IftS.

(3) Traité desjîèi'. ou in il. cérchro-spin» interm,, Paris, 1SM, p. 114.

psmsimùniiB^ seccnàiôfesy je dirai que 4aiis If a itâectkmft mdbiki CM» peut yoiir Ws.fiieiiitteiik»aedédlttreif par snii» d'an rétUaU» li2uaspor4da la cauaenoriûde. G^aalce cpi'cw obanrre spëciaki meoU dava qaieiqiiiai»|iii6lmoiiMa <pâ ipfnicnntmfc daa» la cawiif deaattapKtde alHiiaBÉiHM;«a de gottttau LasantisBa méikeiaa «leaiaol) dr fttlb«» baa«Ga«q>e»ige>éQetteinfltte»cc. FtapfiAi 4i VaitfiémagiabiitÉft: de aaa aiBbetim»^ ik an^Bl cawtoia éa Um^ a^y^ilMaer laplnport dea|dikgniaR»TÎaoéraka qa'Uadbaaximaadt ahe» leftgaiujUlai|Kefele»ahaiiiatiBaaai Bartkex^) awrtoat pr^ taàdail fUft éa toutes k» infemmatioM ghaaaaitkpipa des ▼kaà^»vaa lai pmsÉHcoaMB élaâl la pl«a ccmmauBei. Caa nédeeiaaa adnalr laianti riafcasBae ikunurtiaBnle a^ti ipouttenae,. nacfr-seulsinaflft WaMp^'ila^i^v^ietit !& pnemnanaa succèdes à une fanisque dîar l^rstfia» daSî dbukio» ai*tku1aÎM» ; mais; îk'SupposaiaBa rattio». d^itkl^wwwp «anaetekmdessufetfrquî aTaianft euanténanreuieiiiC ws auyphasipwas àaaès de ^aliUe. La pneuoMMiieiaanibtait mema^ dTafÉrtfif q>i<?l8piae..aMiteiiBSîy paairo» étrr suppléBwnlaîae de If gaulisi Mail uoedaaerfaaien phis aatenlm a. dà &dve modifiar daftOpiwiflHl^Hft. âY3iant} régné leagteinpa dans les éceles. TS/af, ^tKta'qttoisaaadcB» n'aient exagéré bi fréqueiMa deamétaatftaea:ah»asaAM«uilaa;iRÉ» k^pouDaena ; ik ^stprebaUa qafik: pre^ naieart: pdmr daa- pneumonie» de simples piemioâymaa'^ <iia'il 9*^31 pabjeavcïta; effet de Toiir conourreinineDt eùtsr ayeo des dwakiiss atolîeiilaires. ^

Cependant Febservatiout journabèfedénsoiaUre que les pUegT maaies des pouvitoiu so»t uae des aonaplicatiafia qui supvieutt/mt kipjhis xaaemettt daes le eom*s dn rkumatisaie arûcûlaire. Baur Boar paar^t je ne. Uat ▼« quediez deux malades* et MM. QkuossÊÊi e* Bet]gûtt n'en. {Parlent point dans leur monographie. «

Bans les eas dont il- s'agit, la pneumonie appaiait tantôt sommes un accideiM^ presque^ indépendant de Tafifection pre* mière^d'aulrea fois^ au contraire^ceUe-aiceiistiUie réeHement la cause déteiuninante de la maladie qui vient la compliques. Basa ce dénier caa, l'invasion de la pneumonie coïncide avea la diminution ou même avec la cessation' aubite^dea; douleurs avtipulaives. iies^ anciens disaient alorsKqufil y e^^vait métastase,

(I) Maladies goutUuses;?ATis, 1819, t. II, p. 128, ctGuilbert, Trait, de la goutte, p. 59.

ou Iraiispoi t de l'Iiuineur, de la cause rlmmalisiiiale des jointures sur les poumons. Quelques faits recueillia par les tiicdecins modernes vienneut conlirmer celte manière de Toir. M. le professeur Aiidral a rapporté dans sa Clinique (1) l'observation inléressante d'un homme de vingt-cinq ans . alFccté d'un rhumatisme articulaire aigu fébrile , chez lequel les douleurs dont les jointures élaîent le si^ge, disparurent tont à coup , et en mêinc temps uneoppression considérahle survint; bientôt le malade éprouva une tous rare et scche d'abord, mais qui , vers le troisième jour, s'accompagna d'une expectoration de cradiats rouilles et caractéristiques d'une pneumonie , que Tauscultation permit de localiser dans la fosse sous-épineuse droite. Il y a quelques années un fait à peu près semblable a été observé à l'iiûpital de la Charilé, dans le service alors confié à M.Dalmas. Un homme, aiteiot d'un rhumatisme articulaire aigu, arrivé au troisième jour, fut frappé brusquement de pneumonie double avee prédominance de pleurésie après la cessation subite des douleurs articulaires. Enfin , il y a un an, j'ai observé une jeune fille de dix-sept ans, bien réglée, d'une constitution chétive, qui était affectée d'un rhumatisme fébrile occupant les poignets, le! genoux et les pieds,- elle accusait aussi une vive douleur dans les muscles des régions lombaires qui rendait les mouvements du tronc n peu près iiupossib'cs. Au dixième jour de la maladie la douleur qui occupait les reins cessa tout d'un coup; pendant la nuit, et à l'instant même, la malade ressentit un violent point de c6tc au niveau de la mamelle gauche. L'oppression devint extrême, une toux sèclie survint, et la malade éprouva en même temps uo frisson violent. A (a visite du matin je constatai l'eiistince d'une pleuiopucumonie gauche. Je m'assurai que les douleurs des arlîculaliorjs non-seulement n'avaient pas cessé; mais que dans plusieurs d'entre elles, elles avaient acquis plus d'intensilé j que par conséquent dans ce cas la métastase n'avait eu lieu qu'ans dépens de la cause rhumatismale , qui avait primitivement envahi lei muscles des régions lombaires.

En résumé, les maladies nombreuses aiguës ou chroniques que nous venons du passir en revue , agissent dans la produc-

(i; CUni'/. iiiLil., !>]>=., 61, t. UI, p. tJO.

PUfiUMOKIES CONSliCUTIVJtS. 1/7

lion des pneumonies secondaires, tantôt par continuité oa ton* tiguité de tissu , comme lorsqu'une inflammation des bronchts se propage au parenchyme des poumons ; ou bien , lorsque des tubercules édos tout d'un coup en grand nombre , ou du Mag épanché sur une grandfrturface , irritent et enflamment les par* ties qui ks entourent; tantôt c'est une maladie qui se déplace et qui se porte d'un organe pnmitiyement envahi sur l'un ou l'autire poumon. Le plus souvent enfin les maladies provoquent l'explèsion des pneumonies secondaires par suite de la faiblesse qu'elles produisent, soit que celle-ci agisse en rendant plus fréquentes et plus faciles les congestions passives des poumons , soit que Viadividu afiaibli soit plus impressionnable et résiste moins «ox causes ordinaires des pneumonies.

Après avoir étudié les conditions spéciales qui président au développement des pneumonies secondaires , il me reste à déterminer la part qu'ont aussi dans leur production , les principales causes prédisposantes et occasionnelles des pneumonies primitives. Je vais donc examiner l'influence de l'âge , du sexe, des saisons; mais j'insisterai surtout sur celle que le décubitus exerce.

1^ J^R. Nous avonsvu combien les pneumonies primitives survenant au milieu d^ une santé parfaite, étaient rares chez les enfuis; par contre les pneumonies consécutives sont extrêmement fré^ quentes à cet âge. MM. Rufz et Gerhard affirment même (1) qu'il est bien peu de jeunes enfans de 2 à 5 ans qui svccombent à une maladie quelconque sans en oflrir des traces. Cette remarquie a été confirmée par les recherches ultérieures de plusieurs autres médecins. Ainsi , dans le jeune âge , toute maladie aiguë ou chronique peut provoquer le développement d'une pnemno nie mortelle. La faiblesse des sujets, consécutive à une maladie antérieure, le séjour prolongé dans les salles d'un hôpital, l'aflaiblissement de la constitution par suite d'un mauvais régisse ou d'une diarrhée prolongée , enfin l'état rachitique et scrofuleux sont^ indépendamment de toutes les maladies aiguës et chroniques dont j'ai parlé précédemment , tout autant de conditions qui rendent la pneumonie tellement fréquente à Thôpital des enfans que pendant longtemps un praticien juste-

{\) Mémoires cités,

178 LTlVJLoGtL DE LA PlfEOMO!! lE.

ment estimé , M. le doctem- Guenant, a cru à la conta^on de la maladie. De dnq à qaioie axa les pneumonies secondaires , quoique généralemeat plus fréquentes que dans las âges qui suivent y k sont cependant beaucoup moins que dans la période qui comprend les quatre on cinq prcmièiCB annëcs de l'existence. La pe'riode de 16 à iO ans est celle pendant laqodle on voit les pneumonies survenir le plus larement comme complication, tandis que les phlegmasies pulmonaires consécutif es sont ensuite d'autant plus fréquentes que les individus sont jMrvenus à une période plus aTancéc de la TÎe. Yoici , en effet, suivant quelle proportion ont été réparties 69 pneumonies qui se sont déclarées dies des sujets déjà affectés d'autres maladies aiguës ou chroniques.

De 16 à SO ans S

de ao à Si a

de SO à 4(f. f

de 40 à 50 la

d« 50 à eo 1S

de 60 â 70 40

V Sexe. Le sexe ne parait exercer presque aucune influence. C'est ainsi que sur 67 malades atteints de pneumonie consécutive , je trouve 30 femmes pour 37 hommes, proportion bien différente de celle que nous avons doonée préoédem* ment pour les pneumonies franches. Ce résidtat vient confirmer l'opinion que j*ai émise, savoir, que si l'homme adulte est plus souvent affecté de pueumonie franche que la femme , cela dépend bien moins du sexe des individits que d'une influence qu'exerce la différence du régime et des occupations.

3^ Saisons. L'influence des saisons froides n'est pas moins évidente dans la production des pneumonies secondaires que dans celles qui sont primitives. C'est ainsi que sur 29 pneumonies consécutives dans lesquelles on a noté l'époque de l'année a laquelle elles sont survenues , j'en trouve 22 pour l'hlTer et le printemps et 7 seulement pour Tété et l'automne*

4® Décubitus, S'il nous a été impossible précédemment d'affirmer que l'espèce de décubitus eût de l'influence dans la production des pneumonies primitives , il n'en est plus de même pour cellei) qui sont consécutives. Plusieurs auteura ont déjà

PN£UM0N1£& CONSÉCUTIVKS. l79

signalé les congestions passives comme la cause de la plupart des pneumonies secondaires ; ils ont jpensé que le décabitus longtemps prolongé sur la même partie da corps, sur le dos, par exemple, devait finir par déterminer dans la partie pdstérieiua des poumon» «ne congestion passive , une stase sanguin^ d'au^ tant plus forte que la résistance viiale était d'autant plus a&i- Llie par uue maladie antérieure,-par le régimey par l'âge ou un séjour prolongé à l'hôpital. Le sang ainsi accumulé finirait , en agissant comme corps étrapger^ par provoquer une véritable phlegmasie du parenchyme pulmonaire. GTest surtout chez les jeunes eufans que la pneumonie a été regardée couune étant un résultat assez ordinaire et presque constant d'une stase sai^;uioe dans les poumons. Ainsi, Billard (1) attribue la fréquem:e plus grande des pneumonies droites chez les nouveau-nés à rhabitude où l'on est à l'hospice de toucher les enfans sur le côté droit. M. Denis (2) a émis la méme^ opinion ; il dit avoir vu eo 1823 que dans les salles de M. Breschet^ les enfans^ par siûte d'un préjugé des infirmières , étaient tous couchés sur le côté droit ; aussi les pneumonies furent nombreij^s, et compa* rées à celles du poumon gauche elles étaient dans la proportion de 10 à 1. On ];arvint à forcer les infirmières à placer les en* fans sur le côté gauche^ et la même affection lut notée sur. le poumon gauche dans une proportion approximative de 10 à 1 ; M. Léger (5), et plus récemment MM*Rillietet9artliez(4)diseiit aussi que chez plusieurs enfans le coucher sur l^rdos longtemps continué leur a paru la seule cause qu'on pût invoquer pour expliquer le développement de quelques pneumonies secondaires. Le décubitus dorsal a été également signalé comme une cause fréquente des pneumonies consécutives qu'on observe chez lei^ adultes. M. le professeur Piorry (5) a décrit, dans un mémoirlt intéressant, cette forme de pneumonie qu'il a nommée h^po^ stadque^ et qu'il signale comme fréquente chez les individus qui, affaiblis par l'âge ou les maladies , restent pendant longtemps

(4) Loc. eiUf p. SIS.

(s) JRech, sur Içs nud, des efrfanSf p» 574»

(s) Loc» cit.f-p, 17.

(4) Loc. cit., p. 83.

(s) Transactions méd,, t. XI, p. 173.

ISO LTIOLOGIE DE LA PNEUnoSIE.

dans le décubilus dorsal. Il est déin.onlré aujourd'hui qu'à meaure que chez l'iiomnie malade on voit diminuer la puisuncc vitale, les lois physiques reprennent peu à peu toul leur empire. C'est ainsi que rengoigement sanguin que nous lemaïquons dans nos autopsies à la base et sur le bord postérieur des poumons n'est pas un phénomène purement cadavérique; Bayle (1) a prouvé , en effet, que celte stase sanguine se formait pendant l'agonie ou dans les derniers momens de la vie; tandis que la positionqu'on avait donnée aux cadavres avait été sans influence sur le siège et les limites de cet engorgement. M. Léger (2) a tenté plus tard des expériences qui ont confirmé les recherches faites aDtérieuremem par Bayle. Je crois que cet engorgement sanguin des poumons vers les parties déclives , survient chez les individus affaiblis bien avant le commencement de l'agonie, comme on peut s'en convaincre facilement à l'aide de la percussion et de l'auscultation.

Cet engouementesl réellement lacaused'un grand nombre de pneumonies consécutives ; celles-ci, en effet, occupent presque toujours les parties les plus déchves, c'est-à-dire que sur 28 pneumonies seeondairesafléctant desindividus adultes qui sont depuis untemps plus oumoins long dansie décubilus dorsal, il y en a 25 qui occupaient le lobe inférieur nu le bord postérieur de l'un ou l'autre poumon, quelquefois des deux poumons ensemble, tandis que troisfoisseulementl'hcpatisation était limitée au lobe supérieur. Cette influence du décubitus est si réelle pour la production des pneumonies secondair[fs,qu'onpourraii, pour aîusidire, les faire naître à volonté sur telle ou telle partie des poumons, eu variant les positionsdes malades. Ainsi dauslemoisdcfévrierlSiO, une femme de 36 ans wourut vers le quarnntièmc ou quai'antecinquième jeur d'une fièvre typhoïde; des escarrhes qui ciaient survenues au sacrum et sur les irnchanters, nous avaient forcéde laisser cette malheureuse couchée constammeni sur le ventre pendant les 18 derniers jours de la vie; on put toutefois dans la dernière semaine, la placer alteruativemcnt sur le venlr^ et surle c6té gauche du corps, A l'autopsie je ne trouvai aucune espèce d'engouement à la paitie postérieure des deux poumons j le

{*) Charnel, patb, géïKialc, ï' iijit:,p. fiSX. (î)Z^i«, p. 17.

PNEUMONIES CONSlfcUTlVES. 181

tissu y était parfaitement souple et crëpitant ; an contraire le bord antérieur de ces organes était complètement induré ; rhépatisatioa était à un degré d*autadlk plus avancé que Ton se rapprochait davantage du bord tranchant. Elle cessait à droite à 3 centimètres de la scissure, tandis qu'à gauche la pneumonie occupait le lobe inférieur dans les 324 antérieurs de la circonférence. M. le docteur Barth m'a dit avoir observé, à riiôpital Saint-Louis, un fait exactement semblable. Enfin, M. Renault, professeur de clinique àr-Alfort , à qui je demandais des renseigaemens^sur le siège ordinaire des pneumonies chez les quadrupèdes, m'a affirmé que lorsque la maladie est idiopathîque, elle occupe presque toujours, comme chez l'homme, le bord supérieur ou postérieur de l'organe, tandis que, lorsque Tinflammation pulmonaire se déclare chez des animaux affaiblis qui présentent des symptômes typhoïdes , on la voit alors envahir exclusivement les parties déclives de l'organe , c'est-à-dire le bord inférieur ou antérieur, à tel point que dans un grand nombre de cas on ne sait si on a affaire à une pneumonie ou bien à un épanchement pletirelique.

5* Causes occasionnelles. — Dans Vimmense majorité des cas les pneumonies secondaires surviennent ^ans le concours d'aucune cause occasionnelle appréciable. L'action directe du froid n*a été évidente que chez deux sujets qui, ayant le corps échauffé et en sueur, s'exposèrent momentanément à un courant d'air. Chez tous les autres malades , la pneumonie a paru se déclarer indépendamment de cette cause ; en effet , la plupart dés individus affaiblis et déjà parvenus à une période avancée de leur maladie, ne quittaient plus leur lit ; ils étaient huf(k couverts et étaient dans des salles suffisamment chaudes ; !fs étaient par conséquent dans les conditions'' les plus favorables pour éviter un refroidissement. Cependant je conviens qu'il est beaucoup de malades affaiblis qui se lèvent ou se découvrent étant en sueur, quelquefois à leur insu , comme pendant le sommeil, de sorte qu'il est à peu près impossible de dire, même approximativement , le nombre des pneumonies secondaires qui surviennent sous l'influence d'une cause excitante, et spécialement à l'occasion d'un refroidissement.

183 lÉTTOLOGlB DE LA PNXUlfONIE.

arugle m.

Des Pneumonies qui 'sont consécutives à une bronchite*

On aura peut-être été surpris que dans l'article que je viens de consacrer aux causes des pneumonies secondaires, je n'aie point parlé spécialement de celles de ces maladies qui sont consécutives à une bronchite aiguë ou chronique ; mais l'analyse des fadls m'ayant prouvé que les pneumonies qui arrivent dans ce& circonstances ne diffèrent en rien, cheaf l'adulte du moins, de celles qui se déclarent au milieu de la santé la plus parfaite, je n'ai pas cru devoir les confondre avec les inflammations des poumons qui compliquent si souvent les maladies graves, et qui se présentent avec des symptômes et des caractères spéciaux, comme on le verra par la suite. Je ne pouvais non plus, sans inconvénient, considérer la bronchite comme constituant un véritable prodrome de la pneumonie ; c'est pour ces motifs que j'ai dû examiner à part les faits dont je parle actuellement.

Laënnec, tout en avouant (1) que quelques pneumonies se greffent sur un catarrhe aigu ou ciironlque , convenait dans un autre endroit de son immortel ouvrage , que la bronchite était l'affection de poitrine qui admettait le plus difficilement cette complication. M. le professeur Andral a jugé qu'il y avaitjjlfe peu d'exagération dans cette assertion de Laënnec^ car il à înt lui-même tous les hivers un certain nombre d'individus attèîats de pneumonie, après avoir eu, pendant plusieurs joui'S, une sîn^ple bronchite (2j. M. Chomel a aussi constaté le même fait. Cependant aucun de ces auteurs n'ayant essayé de dé terminer la proportion des pneumonies qui succèdent à une bronchite aigae ou chronique, il était impossible de savoir si dans les faits qu'ils avaient rapportés, il n'y avait eu qu'une simple coïncidence ou bien un rapport plus direct de cause à effet. Voulant me former une opinion précise sur une question dont la solution me paraissait importante, j'ai interroge les malades avec le plus grand soin sur l'état des fonctions respiratoires, avant le développement de la pneumonie. Or, sur 201 individus qui ont pu

(4) AuseuL mtd. t. P% 4« édit. p. 4 SS et 5SS. (3) Notes il Laé'nneCf même vol., p. SSf.

KIEUMOMIES COlfSKCUTIVEt. 1B«H

me fournit, sur leurs aDtëcédeua, des renseignentcjpi peBiii£i|||; j'en ai trouvé 76 qui toussaient depuis un temps plus ou itidillf long; 23 avaient un catflâh'he. bronchique depuis plusieurs antéi^ et il est impossible d'afibmer qu'il ait en quelque influence sUV la production de la pneumonie. Chez Ub 53 malades qui res^ tent, raffection catarrhale des bronches était récente, c'est-sà*^ dire qu'elle remontait tout au plus à trois semaines ou an mois lorsque des symptômes d'inflammation des poumons se déclalrè» rent. La proportion des pneumonie» qui sont précédées de bron** chites m'a paru être un peu plus grande chez lliomme qnechei la femme ; )'ai trouvé également que chez les adultes ce nombre était en général d'autant plus considérable que les individus étaient plus avancés en âge. C'est ainsi que chez presque touÉ les sujets compria entre 60 et 70 ans, lafipneumonie ne s*esf développée que consécutivement à une bronchite aiguë ou ehro^ nique. Les mois de juillet , d'août, de septembre et d'octobre ont été les seuls pendant lesquels je n'ai pas vu la broirchitjS précéder l'inflamuttiion du poumon ; da|ls tous les autres moi^ la proportion est restée à peu près la métiie pour chacun à^evX: Ces résultats n'ont pas beaucoup varié pour chacune des années 1836, 37 et 40. Il résulte donc des faits qui précèdent, que chez l'adulte on voit, chez le quart environ 4ès ma<lades, la pneumonie survenir consécutivement dans le cours d'un catarrhe pulmonaire aigu. M. le docteur BHquet, dans le travail que je me plais à citer souvent, dit avoir trouvé exactement la même proportion (1). Le nombre des pneumonies précédées de bronchite est donc assez considérable pour nous autoriser à penser qu'il n'y a pas seulein^nt entre les deux malaAiesun simple rapport de coïncidence. Mais faut-il admettre que dans ces cas la pneumonie n'est smTenue que par l'extension de la phlegmasie de la muqueuse bronchique, au pdiitÉchyme pulmonaire ? Il est vrai que chez cinq malades la bronchite s'accompagna de perte d'appétit et des forces, et d'un mouvement fébrile notable ; elle fut en un mot assez intense pour qu'on puisse , peut-être , avec quelq«e apparence de raison , attribuer l'inflanmiation pulmonaire à l'extension de celle qui occupait déjà la muqueuse des bronches. Mais si on réfléchit que chez les

(1) j4rch., $• sent, t. VII, p. 4f 2.

m* tnoioan dk l» pheumohie,

quanmte-iiiiit malades c]ui restent la bronchite était très iéf^kte, qu'elle ne s'accompagnait d'aucun trouble appréciable vers les fsnclionsi que la pneumonie s'est déclarée brusqueuient, sans quels bi'onchile aie paru aujjmenier d'iotcnsité, il sera aie is fort douteux que clici ces malades l' inflammation du poumon «oit survenue par suiie de l'extension de (a phlegmasie qui occupait primitivement les bvonclies. Je crois donc que le càtarrbc pulmonaire ue doit point être considéré comme une cause occasionnelle ou active de pneumonie; mais il conatitue plutôt une sorte de prédisposition ; il dénote un état de L'organisme k être plus facilement influencé par les causes ordinaires des inflammation! pulmonaires. Dans tous les cas, les faits précédcns nous avertissealdenejpmais négligerune broncldte, quelque béni,';ne qu'elle soit, attendu qu'elle n'est souvent que le prélude d'une pneumonie qui se prejiare. Chex les 4(5 des malades dont la pneumonie fut ainsi consécutive au càtarrbc pulmonaire , la maladie siu-viut sans le concours d'aucune cause occasionnelle apin'cciable. Dans le cinquième des cas, au contraire, l'inflammation du parenchyme pulmonaire se déclara brusquement & la suite de l'impression du froid.

Chez les enfans, la pneumouie est plus fiéquemment que chez l'adulteprécédée d'une bronchite plus ou moins intense ; ainsi Delaberije (!) avait émis l'opinion que la pneumonie lobulaire des eufans avait toujours son poiut de départ dans l'inflammation de la terminaison vésiculaire des bronches. MM. Rilliet et Bartbez (2), tout en reconnaissant que toutes les variétés de pneumouie dont les enfans sont allectés sont précédées pendant m certain temps par dç la (oux et difTérentes altérations du bruit respiratoire, qui sont regardées comme propres à la bi'oncbitc , ont néanmoins reconnu que fréquemment il n'y avait aucun rapport , soit de gravité, soit d'étendue, entre le catarrhe qui précède et la pneumonie qui suit. L'affection des bronches est également regardée par ces auteurs, plutôt comme une cause prédisposante de la pblegmasie du pomnon que comme une cause occasionnelle active, produisant rinflammation du parenchyme par continuité de tissu. Enfin MM. Uourmana et

li)Journ.tu!bdolB.,iiH, '

II, p. 4SI.

MODtOllES DB LA PHBVMOlfll. 1S5

Dechambre ont aussi regarde II bronchite chroBiqîril"'comme un état de bronchorriiée habituette , constituant chez les yieil^ lards la prédisposition lt)»Ias active à la pneumonie (1). Maif t ti comme ces auteurs n'ont donné aucune preuve , aucun relevé statistique pour confirmer leur assertion , comme il n'est pas probable qu'ils aient comparé la fréquence relative de la pneumonie, chez les vieillards atteîsts de bronchorrhée, et chez ceux , dont les bronches n'étaient le siège d'aucune sécrétion morbide, il est impossible d'avoir encore à ce sujet aucune opinion positive.

BSS

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