‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens âges, et dans ses rapports, avec les autres maladies aiguës et chroniquesChapitre 20 sur 76 · PRODROMES DE LA PNEUMONIE · texte numérisé non relu

PRODROMES DE LA PNEUMONIE

51".— Pfodromes des pneumonies prinuiives,

La pneumonie débute tantôt tout-à-coup , surprenant l'individu au milieu de la santé la plus parfaite. D'autres fois an contraire elle est précédée pendant un temps plus on moins long par divers troubles fonctionnels qui constituent alors les prodromes de la maladie. J'ai recherché avec le plus grand soin , chez la plupart de mes malades , si l'inflammation pulmonaire avait été précédée de quelque phénomène préç^seur. J'y suis aisément parvenu en les inten*ogeant en particulier sur chacune de leurs fonctions dans les jours qui avaient précédé l'invasion des symptômes caitictéristiques ou du moins des symptômes qui avaient été assez intenses ou assez graves pour fixer leur attention. Cest ainsi que je leur ai demandé des détails sur leurs sensations intérieures , sur les douleurs qu'ik avaient pu éprouver, sur l'appétit , la soif, la facilité des digestions, sur l'état des forces, etc. La plupart des malades en effet » interrogés sur Tépoque où leur affection a commencé, ont assigné généralement comme en étant le début, l'instant où

(4) Archives, V f^ric, t. XII, p. 28. •*

»:lÏ0L0CTi DE Lk rNEUHONIB,

qHitrante-hoit malades qui restent la broncliite était très légère , qu'elk ne s'accompagnait d'aucun trouble appréciable vers les fondions, que la pneumonie s'est déclarée brusquement, sans quelabi'oncbiie ait paru augmenter d'intensité, il sera alors fort dûuttiux que ciicz ces maladcB l'inflammation du poumon soit survenue par suite de l'extension de la phlegmasie qui occupait primitivement les bronches. Je crois donc que le càtarrbe pulmonaire ne doit point êlrecoasidérécomme une cause occasionnelle ou active de pneuuioiriej mais il cooatitue plutôt une sorte de prédisposition ; il dénoie un état de lorganisme à être plus facilement iuHuencé par les causes ordinaires des inflammations pulmonaires. Dans tous les cas, les faits précédcns nous avertissentdencjnmais négliger une broncliite, quelquebéni^'jnequ'dlft soit, attendu qu'ellfi n'est souvent que le prélude d'une pneumonie qui se prépare. Chez les 4{â des malades dont la pneumonie fut ainsi consécutive au catarrhe pulmonaire , la maladie survint sans le concours d'aucune cause occasionnelle appi'cciablc. Dans le cinquième des cas, au contiaire, l'inflammation du parenchyme pulmonaire se déclara brusquement à la ^uite de l'impression du froid.

Chez les L-nfans, la pneumouie est plus fréquemment que chei l'adulte précédée d'une bronchite plus ou moins intense ; ainsi Delaberge (1) avait émis l'opinion que la pneumonie tobulaire ilcs.eulaiis avait toujours son point de départ dans l'inflammation de la terminaison vésiculaire des bronches. MM. RLUiet et Bartliez (2), tout en reconnaissant que toutes les variétés de pneumouie dont les enfans sont affectés sont précédées pendant aa certain temps par dç la toux et diflerentes altérations du bruit respiratoire, qui sont regardées comme propres i la bronchite , ont néanmoins reconnu que fréquemment il n'y avait aucun rapport , soil de gravité , soit d'étendue , entre le cataf rbe qui précède et la pneumonie qui suit. L'afTectiou des broncbes est également regardée par ces auteurs, plutôt comme une cause prédisposante de la phlegmasie du poumon que comme une cause occasionnelle active, produisant Tinfl animation du parenchjmc par continuité de tissu. Enfin MM. Hourmann et

^^) Journ. lielidom,, 1831, I. Il, p, 4SI. (l) T.DC. eitt^. 83.

BRODtOllES DB LA PHBVMOlfll. 1S5

Decliambre ont aussi regarde II bronchite chroBiqiill"'tomme un état de bronchorriiéè habituelle , constituant chez les Yieit^^, lards la prédisposition lilplus active à la pneumonie (1). Màit )fr comme ces auteurs n'ont donné aucune preuve , aucun relevé statistique pour confirmer leur assertion , comme il n^est pas probable qu'ils aient comparé la fréquence relative de la pneumonie, chez les vieillards atteists de bronchorrhée, et chez ceux , dont les bronches n'étaient le »ége d'aucune sécrétion morbide, il est impossible d'avoir encore à ce sujet aucune opinion positive.

atofe

Page 1