MARCHE DE LA PNEUMONIE AIGUË
Lorsqu'on peut assister au début de la pneumonie, l'inflammation parait n'occuper d'abord, du moins à la superficie, qu'une étendue peu considérable ; mais il est rare que la phlegmasie n'envabisse pas bientôt de nouvelles surfaces ; il ett plus rare encore de voir la maladie rester stationnaire et se terminer par la guérison ou par la mort, avant d'avoir franchi le premier degré. Il serait fort intéressant de connaître exactement quelle serait la marche de la pneumonie, son mode de propagation ou d'extension,dans les cas où la maladie, ayant une certaine gravité, aurait été abandonnée aux seules forces de la nature. Je possède bien 10 observations de pneumonies auxquelles on n'a opposé aucun moyen actif de traitement ; mais ces faits ne sauraient éclairer la question , attendu que la maladie était très bénigne , qu'elle n'occupait pas une grande surface, et que dans plus des deux tiers des cas, elle avait déjà cesse de s'étendre lor&que les individus entrèrent à l'h^p^^al.
Si on recherche quelle fut la marche que auivit la phlegmasie dans les cas où un traitement plus ou moins énergique fut employé, je trouve, que sur 152 malades, chez lesquels les progrès de la pneumonie furent chaque jour notés avec soin, et limités exactement, il n'y en a que 20, c'est-à-dire moins d'un septième, chez lesquels Tinflammation est peut-être restée limitée aux points primitivement envahis j ou du moins si elle s'est étendue dans les deux ou trois premiers jours, ce fut sur une petite surface. Ce qui justifie d'ailleurs cette manière de voir , c'est que lors de l'entrée des malades à l'hôpital, la pneumonie était pv tout arrivée au même degré , et à peu près également dans tous les points. Au contraire , chez les 132 malades qui restent t la
«aaladîe ' a friinUÎTement envahi de nouwélUp portions de TorganiCy jusqu'à une époque {dus ou moins eloi^eda dëbut, de lelle sorte qu'une inflamMiatioii qui avait commeiice' par u'affeo** ier d'abord qu'un sixième » qu'un cinquième ou un quart de la surface pulmonaire , s'était ensuite plus ou moins rapideniml: étendue à la moitié, aut deux tiers eu metne à la totalité de l'organe*
€ette extenaion se fait tantôt régulièrement , c'est-à-dire que «baque jour <m trouve que l'inflammation a gagné une plus grande surface; d'autres fois, la pneumonie semUe se circonscrire ; elle reste stationnaire pendant un ou plusieurs jours» et ««prend ensuite de nouveau sa marche ascendante. La pneu* monie -s'étend donc comme le font le plus souvent les érysipèles, c'est-à-^lire que l'inflammation née dans un point, se propage ensuite par degrés vers les parties voisines. On ne voit presque jamais chei l'adulte la pblegmasie envahir successivement ou simultanément le«ommet et la base d'un poumon, en respectant les parties intermé<iiaires; chealesenfans, au contraire, cette marche paraît être, moins rare. Nous avons aussi déjà vu que dans le jeu*ne «ge, il anîvii quelquefois que, l'inflammation envahissant à la fois plusieurs lobules pulmonaires , plus ou moins distans les uns des autres f ces points de phlegmasie finissent par con« verger entre eux et par se réunir. Chez Tadulte , au contraire ^ la pneumonie n*a presque toujours qu'un seul point d'origine , d'pù elle s'irradie ensuite vers les parties environnantes.
L'extension de la pneumonie aux parties voisines s'efifectue le plus souvent sans qu'aucun phénomène physique appréciable ait averti le médecin. Ainsi , on voit que l'inflammation qu'on avait exactement limitée à une certaine surface , se trouve^ au bout de douze ou vingt quatre heures, avoir franchi ses limites, et avoir envahi des portions du poumon qui, lors du dernier examen , semblaient être à l'état physiologique, à en juger par la pureté du bruit respiratoire qu'on entendait à leur niveau. Ce fait ne nous doit point surprendre , si nous nous rappelons le mode de propagation de certaines phlegmasies, celle de l'érysipèle, par exemple, dont il nous est facile de suivre les progrès. Sien effet, dans l'érysipèle de laface, on examine une portion de peau voisine du point phlogosé, et qui sera envahie quelques heures plus tard par le travail inflommatoire, on ne constate