‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens âges, et dans ses rapports, avec les autres maladies aiguës et chroniquesChapitre 39 sur 76 · TERMINAISONS DE LA PNEUM0?II · texte numérisé non relu

TERMINAISONS DE LA PNEUM0?II

bre soalHant plus ou moins ënerglqae. Chez 11 il y avait , mt aux Inspirations ordinaires, soit pendant la tonxsenlemènt, delà crépitation ou du râlé sous-crépitantplus ou moins nombreux, en général rare et disséminé, et s'accompàgnant aussi d^une ex* pansion incomplète. Chez 5 , avec le défaut d'expansion de la respiration on voyait prédominer les râles caractéristicpiies de la bronchite.

Quel est Tétat du tissu pulmonaire dans ces résolutions incomplètes ou tardives de la pneumonie ? La science ne possède pas jusqu'à présent des fisdts assez nombreux pour résoudre complètement cette importante question. On pense généndement, que la faiblesse consécutive du bruit respiratoire et le râle crépitant ou sous-crépitant, dépendent d'un œdème polmonair» qui aurait succédé à la pneumonie. Guidé par Fanalogic» j'avais moi-même adopté cette opinion il y a quelques années (1). De même, disais-je, que les parties du corps qui ont été frappées d'érysipêie restent longtemps tuméfiées et codématenses , de même aussi on peut voir le tissu pulmonaire après certaines plegmasies présenter un état anatomique plus ou moma semblable. Cependant un fait que j'ai observé il y a 18 mois, et dont j'ai déjà parlé , a dû modifier mon opinion. On se rappelle cette jeune fille de 17 ans, atteinte d'un rhumatisme articulaire et d'une pneumonie gauche, qui succomba â une péricardile intercur-' rente, à une époque où la pneumonie, déjà terminée par résoli^tion, ne donnait plus d*autre phénomène stéthosc0[nqae qu'un peu de râle sous-crépitant rare et disséminé, uni a un bruit respiratoire rude dans quelques points, et affidblidans d'autres. J'ai dit qu'à l'autopsie je trouvai le tissu pulmonaire d'un rouge foncé ou noirâtre, encore un peu friable dans quelques points ; il n'y avait plus d'aspect granulé ; mais l'organe était moins souple, il semblait plus sec , surnageait moins complètement quand on le plongeait dans l'eaui et ne présentait nulle part de trace d'œdème. Ainsi le râle sous-crépitant qui avait ej^sté dans les derniers jours de la vie s'expliquait naturellement par un reste d'engouement des cellules pulmonaires J'avoue même que s'il y. avaiteo del'œdème, cette lésion n'aurait pu me rendre compte 4u râjie, car je ne vois pas comment une sérosité infiltrée dans

{^) Voir mon Mcmoire sur la pneumome. Jour* hebtf., ISSS, t. S.

PAR RéSOLUTION. M3

le tissu cellulaire inter-yésiculaire pourri être hr cAuse d*mi râle humide qui se passe dans la cavité des celhdes âks-mèniés. Le soufle bronchique et la broucophonie qui persistent dans la conyalescence, dépendent probablement d'une induratiôti pulmonaiK et plus souvent encore d'un ëpanchemëlit plearétiqne. On sonp^iiera cette dernière cause, lorsque les phénomènes sthéthoscopiques ayant encore une certaine intensité, existeront dans une grande étendue. Tel est, par exemple, ce fait cité par M. Andral (1) d'une femme de 47 aaschez laquelle le son resta mat dans toute la partie postérieure d'un des côtés du thorax ; la respiration bronchique continua à se &ire entendre dans le même point pendant près de trois mois à dater du début de la pneumonie. Au bout de ce temps seulement, le son mat diminua, la respiration bronchique perdit de son intensité, puis dispai'ut. Cette femme ne présentait plus aucune trace d'affection pulmonaire, lorsqu'elle quitta l'hôpital quatre mois après j être entrée avec tous les signes d'une pneumonie aigu^ des mieux caractérisée. Dans d'autires cas on ne pçut expliquer les phénômènes d'auscultation qui persistent pendant plusieurs mois après la cessation des symptômes aigus, que par la persistance d'une induration pulmonaire ; mais jareviendrai plus tard sur ce point lorsque je parlerai du passage de la pneumonie à l'état chronique.

Si la pneumonie est simple, je ne pense pas qu'il puisse y avoir un rétrécissement consécutif de la cavité thoracique. Le docteur Forbes a dit pourtant que la mensuration du thorax&ite dans les cas de pneumonie faisait reconnaître d'abord une tuméÛMstion de l'organe, et plus tard une atrophie consécutive. M. Stockes (2) affirme aussi avoir observé ce rétrécissement ; il le signale surtout comme fréquent à la suite des pneumonies typhoïdes dans lesquelles la résolution se fait lentement , ainsi qu'après les piteumonies chroniques. L'auteur dont je parle dit avoir \'U un. cas de pneumonie asthénique qui avait duré trois mois, et à la suite de laquelle on avait observé une rétraction thoracâque aussi considérable que celle qu'on peut observer dans un empyème. M. Stockes dit positivement que son maladfi n'avait pas la moines) Clin.y t. 5 , p. 517.

(2) T^oc^ cit,y p. 355.

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dre apparence d'ép^ncheiQent. Gependanl malgré ç$Ua dicbmtion, et quelque confiance que; j'aie daiia le talent dm doc^çttr Stockes, je ne puis pourtant m'empécher de croire qiie 4aim tous les cas de pneumonie « où on a constaté iMi rftrfi*iiasflnnoiit iImh racique consécutif, la maladie du poumoit a dû 40 compliquer d'un épanchement pleurétique, plus ou moins copsidéraUe. Dans ces cas 9 en effet, on peut, comme dans la pleurésie simi^ trouver un rétrécissement partiel de la poitrine lorsque le liquide a été résorbé. C'est ce que j'ai yu dçux fois i k suite d'une pleuro*pneuinonie du lobe inlérieur î on v^BaarquAÎt ches ces deux malades un aplatissement de la partît witén^iure et latérale, correspondant au siège de la pneumonie et de l'épancbement. Je suis d'autant plus autorisé à regarder dent ces cas, le rétrécissement de la poitrine, comme étant plutôt l'effiet de la résorption du liquide, que d'une atrophie que le poumon aïkrait subie consécutiveuié:il à la pneumonie» qu^ayaat plus tard mesuré avec le ruban et le compas d'épaisseur^ le thorax deneuf individus, qui étaient convalescena d'une pneumonie aimple, je ne pus constater aucun rétrécissement dans le côté de la poitrine , qui avait été le siège de la maladie. M. Wmlles (1) qui a également observé plusieurs Cois un aplatissement partiel de la poitrine & la suite de la pneumonie , est porlé à regarder aussi ce rétrécissement comme étant plutôt l'effet de l'absorption du liquide pleurétique que de la pneunonie ellemême. Il l'a vu être toujours partiel , et s'étant opéré suivant des lois semblables , mais plus simples encore que celles qvd président aux rétrécissemens partiels produits par lapleoiésie. Ainsi dans les pleuro*pneumonies droites , c'est la région antérieure du côté droit qui s'est rétrécie seule ; dans les plenro-pneumonies gauches , c'est au contraire uniquement au niveau de la région postérieure du côté gauche, que le rétrécissement s'est opéré. M. Woillez n'a jamais vu Tirrégularité et l'indiiiaison des côtés au niveau de la région rétréde. Le rétrécissement n'était sans doute pas asseï considérable pour produire cet effet.

J'ai voulu savoir exactement, d'après Tanalyse de 109 fidts, si l'amélioration conunençait à se fidre par les symptômes généreux ou locaux^ or voici ce que j^ai observé. Sur ces 183 nala-

(I) Bech, sur tinspect, et l mensur* de Ut poitrine f p» S8S «t AS1.

vjim REsoLulpioff. 915

des y î'ai vu 94 fois une dinùnntîon conndteUe daas re|ipa« reil fébrile, coïncider avec une amëlicnmtîoo du c6tt detphéno* mènes stétfaosoopiques t Tamendement de ces deux ordres de .symptômes m'a paru être dans ces cas , tout à fait sinmltanë. Chez 72 autres malades une diminution notable dans l'appareil fébrile a précédé de un ou plusieurs jours , les changements fis» yorables qui sont sarvenus plus tard dans les symptômes stë» tboscopiques. Enfin ches 26 malades les phénomènes d'auscul* tation se sont amendés d'une manière sensible , tandis que la fièvre a conservé à peu près toute son intensité.

On s'explique sans peine pourquoi Tëtat fébrile diminue eu même temps que les symptômes locaux s'amendent ^ car nous avons dit précédemment que la fièvre, dans la pneumonie, était «ymptomatique de Taltération pulmonaire ; elle doit donc s'accroître et diminuer à mesure que celle* ci s'aggrave ou se résont. Les nombreuses exceptions à cetfe règle ne sont probablement qu'apparentes* Si en effet, jchez 72 malades nous avons vu la fièvre diminuer avant qu'on pût constater aucune amélioration appréciable dans retendue et le degré de l'inflammation pulmonaire, il est pourtant certain que celle-ci devait être moins considérable; iljest probable que, dans ces ca?, la résolution s'est opérée de dedans en dehors, c'est à dire des parties profondes vers les parties superficielles t or c'est ce que l'auscultation ne peut pas démontrer d'une manière absolue. Chez 7 malades, j'ai même constaté une extension des phénomènes stéthoscopiques le jour où la fièvre avait considérablement diminué; dé même qu'on voit quelquefois à l'extérieur, un érysipèle s'étendre encore un peu, tandis que Tappareil fébrile s'amende. Mais dans ces cas même, il était facile de s'assurer, que si la phlegmasie tendait encore à s'irradier par un dernier eflbrt, elle offrait néanmoins sur tous les points qu'elle avait envahis primitive* ment , intensité beaucoup moindre, et c'est ce qui expliquait la diminution qU'on a observée dans l'appareil fébrile. Lors donc que dans une pneumonie, on voit la fièvre diminuer beaucoup, tandis que la crépitation s^est étendue sur une plus grande surface , il est rationnel de croire alors que la phlegmasie a diminué dans les parties qu'elle avait envahies primitivement L'amendement qu'on observe dans les symptômes généraux, s'il est considérfcHe i ' fait présumer qu'une amé-

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