SI 8 TERMINAISONS DE LA PHEUMÛICIE
ARTICLE IL Des phénoméfieB ti des jours critiques de la pnenmôiiie;
La pneamonie est^ parmi les maladies aiguës, FuBe de ceHes dans la résolution de laquelle on a signalé le plus fréquemment l'heureuse influence des mouYemens critiques. Les auteurs an* ciens admettaient en effets conformément aux traditioDS Uppocïatiques , que dans les fièyres et dans la péripaeuBKwie en particulier, on observait souTent, à des jours fixes et détenninés, une amélioration subite , précédée ou accompagnée de quelques changemens dans les excrétions^ d'une hémonkagie plus ou moins cc^euse , de l'apparition sur la surfooe du corps d'une éruption ou de quelque tumeur phlegmoneuse. Les auteurs modernes, et en particulier Laëonec (1), MM. k protesseurs Andral (2) et Ghomel (8) ont également reconnu qu*un grand nombre de pneumonies se terminaient par des crises manifestes et heureuses.
J'ai essayé de vérifier moi-midme ce point de doctrine qui A excité de si vives controverses parmi les médecins. J*ai recherché avec soin , non^seulement si la résolution des pneumonies était accompagnée de quelques mouvementi critiques , mais encore si ces phénomènes avaient paru à certains jours fixes et déter^iinés. Afin d'arriver à des résultats parfiûtement exacts, et pour n'errer que sur des &its comparables eutit eux , j*ai écflurtë toutes les observations dans lesquelles le début de la maladie n'a pu être fixé avec précision, j'ai négligé ^jakment tous les faits de pneumonie dans lesquels des prodromes plus ou moins longs ont précédé les symptômes propres à TaflEection pulmonaire ; car je ne savais si je devais, pour la déterminatioa des jours critiques, compter avec quelques-uns, la période prt^ dromiqne, ou s'il (allait, à l'exemple de quelques autres, Tes^bure de mes calculs. Pai ainsi réuni 130 cas de pneumonies, dans lesquels ayant étudié tous les phénomènes de la maladie, depuis le
(3) Dict.en 21^ V. t. XVii,p. 249.
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début jtt8(iu'à la terminaison, j*ai tu que chez 34 malades, c'està-dire chez un quart enTÎron , l'époque de la résolution de la maladie arait coïncidé avec quelques-uns des phénomènes qu'on regarde généralement comme critiques.
Des sueurs plus ou moins abondantes ont été le phénomène critique le {>lus commun que j'ai observé chez mes malades. Je Fai en effet constaté chez 22 d'entre eux. Chez la plupart il existait seul; diez d'autres il coïncida avec un dépôt dans l'urinej spontané chez les uns, qu'on déterminait par Tadde nitrique , chez les autres. Ce résultat est conforme à celui qui a été indiqué pat Hildebrand(l) et par M. Andra dans sa Clinique (2). Si j'ex- ^te 6 malades qui éprouvèrent pendant un ou plusieurs jours des sueurs extrêmement copieuses -, tous les autres n'eurent qu'une sueur peu abondante, ou une légère moiteur qui fut passagère et ne les força pas le plus souvent de changer de linge.
Chez 6 autres individus , Tépoque de la résolution de la pneumonie fut marquée par Téruption sur les lèvres et surtout sur la lèvre supérieure, de petites vésicules d'herpès plus ou moins nombreuses ; chez 2 malades , cette éruption fut le seul phénomène critique appréciable } chez les 4 autres il y eut en outre un trouble des urines qui fut spontané , ou qu'on détermina en y versant de l'acide nitrique. L'herpès est le seul phénomène critique que j'ai observé du côté de la peau. Cependant depuis Hippocrate les auteurs ont signalé les abcès , les phlegmons, les furoncles, et divers exanthèmes*comme pouvant juger les pneumonies. Mais à part quelques exceptions, presque tous les faits de ce genre qui ont été rapportés jusqu'à présent, ne doivent être acceptés qu'avec beaucoup de réserve, attendu qu'on doit souvent conserver des doutes sur l'exactitude du diagnostic de la maladie.
Le trouble spontané des urines, leur dépôt briqueté, ou blanc au fond du vase qui les reçoit , serait d'après Laënnec (3) , la plus commune des évacuations critiques dans la pneumonie^ tandis que Bosquillon (4) r^ardait une crise par les urines
(i)Méd.prat, T. I«r,p. 99.
(3) T. I«Sp. S45.
(*) Cidlen, iiicd,i)raLyU I", p. 2r>4.
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comme étant la plus rare de toutes » du moins à Paria. Cette opinion , en faveur de laquelle Laënnec n'a rapporté aucune observation ne me parait pas être très exacte. C'est ainsi que sur 38 malades qui ont guéri, chez lesquels l'état de l'urine a ëté indiqué avec soin pendant tout le cours de la pneumonie, je n^en vois que 5 chez lesquels un trouble spontané du liquide ou un s^ diment au fond du vase a coïncidé avec Famélioration , ou l'a même précédé d'un ou deux jours. La proposition de Laënnec devient exacte pourtant, si on applique ce qu'il a dit, non-seulement aux dépôts spontanés de l'urine , mais encore à ceux que l'on peut déterminer par l'acide nitrique ou par la chaleur. Ea effet, sur les 38 malades dont je viens de parler, on a vu précédemment qu'il en est 36 dont l'urine, traitée par Facide nitrique, s'est troublée ou a fourni des nuages et des coagulom abondans, que l'on peut regarder comme ayant été très souvent critiques, puisque chez 8 ils ont précédé d'un ou deux jours Famélioration survenue dans les symptômes de la maladie, et que diex 14 ils ont coïncidé avec le commencement de la convalescence.
Si nous recherchons le degré de fréquence des autres phénomènes critiques chez les 22 malades dont je parle, nous voyons que des sueurs plus ou moins copieuses ont existé ches huit ; Fherpès labialis a été observé chez deux autres ; enfin^dans un cas il y eut en outre ime petite épistaxis, et dans une antre quelques selles liquides et fétides coïncidèrent avec une diminution dans les principaux symptômes, et marquèrent réellement le commencement de la convalescence.
Il résulte des faits que je viens d^analyser, que Fùripe a offert des caractères véritablement critiques chez plus de la moitié des malades. Chez eux le trouble de Furine a été véritablement un signe indicateur de la convalescence. Aurais-je dû considérer aussi comme phénomènes critiques , les dépôts de Furine qui ont été obtenus un ou plusieurs jours après le début de la convalescence ? Je crois qu'en agissant ainsi je me seraii éloigné du sens qu'on doit attacher au mot crise; toutefois, nous ne devons pas moins considérer comme un fait très important, que lorsque l'urine ne dépose pas avant la diminution des symptômes ou au moment même de la convalescence, die se troublepresque toujours, dès que celle-ci est déclarée. C'est ainsi que sur 17 malades dont Furine est restée claire