FHKNOMÈHES ET JOURS CRITIQUES
Aendant toute la période aiguë de la maladie, il y en a 15 chez lesquels elle s'est trouble'e spontanément ou par les réactifs, pendant la convalescence. On pourrait peut-être admettre que dans ces cas il y eut une crise tardive. Ce qui donne à ces faits une grande importance sjinptomatique, c'est quey comme je l'ai dit précédemment , le trouble spontané de l'urine et le précipité fourni par l'acide nitrique , n'ont été observés chez ai des malades qm ont succombé, sauf les cas de complication Ai une maladie de Bright.
Les hémorrhagies sont des phénomènes critiques assez rares dans la pneumonie. J'en ai pourtant observé moi-même deux exemples. J'ai vu en effet un écoulement sanguin par le nez , de 16 grammes environ, précéder la convalescence de douze et vingt-quatre heures. M. Andral a également rapporté l'observation d'un homme de vingt'six ans , pléthorique , qui fut atteint d'une pneumonie bénigne , et chez lequel , au huitième jour de la maladie , qui commençait déjà à décroître, on vit survenir ime épisiaxis abondante qui décida la convalescence (1). Enfin , Bosquillon a rapporté dans ses annotations à la médecine pratique de Gullen, qu'il avait vu fréquemment à Paris , les pneumonies du printemps se terminer, par des épistaxis ou par des déjections sanglantes , le septième . ou le neuvième jour (2).
On cij^ideux exemples de pneumonie qui auraient été jugés par l'imij^ition d'une hématurie ; l'un de ces faits est rapporté dans )l^ Annuaire de la Société de Médecine du département, de l'Eure (3). L'autre , qui appartient au docteur l^atour d'Orléans (4) , est relatif à un boulanger qui contracta une: pneumonie à la suite d'un refroidissement. Il y eut un frisson, des lassitudes spontanées, de la fièvre, un violent point de côté, et quelques crachats sanguinolens. Trois saignées , des sangsues y un vésicatoire , 5 centi. d'émétique n'avaient produit aucun soulagement, ou du moins celui-ci n'avait été qu'éphémère^ lorsqu'au (^nquièuie jour il survint une vive douleur dans les lombes , Tu-
(2) Méd, praUy t. P^, p. 254.
(I) Clin,y t. m, obs. 7e, p. 275.
(3) Année 1808, p. 115.
(4) Traité des hémorrhagies» voir Andral, Clinig^.ié IlL, p. 5*2.
322 T£llMlJ<iAJaOIf D£i JU PN^UMOMlfi.
me se supprimâ^ragitation était grande; bientôt le malade». pu d'enviea d'ariner^ndit ea «ne Mule fois près d'un demi litre af sang venaoeil et sans aucun niélange. Dès-lors ^ les aceidens se calmèrent» et la. maladie fut complètement jugée le sixième joor^ rescrétioanaturelle de l'urine se rétablit bientôt, et la convalescence fut courte. U est difficile de déterminer si dans cse catL'hémtttnriea été un phénomène TéritaUement critique, ou fTû n'j a pas eu seulement un effet de révulsion ^ con^^ables aux cas de MM. Andral et Grayes que j'ai rapportés plus baat.
Les anciens jnédednes^ et même {dusieurs-de eeiix qjaioat écrit au commencement de ce siède f ont placé l'expeetosatidn au nombre des crises de la. pnenmonie. Huxham dit Inétaie (1) cpxe l'expectoration ea est la crise naturelle. Mais estte opinion re^ posait unîiptement sur de» idées tfaéoriqfues; aujourd'hui elle ne peut plus étue admise; car,commele dit avec bcaucoap de raisoa M. le professeur Andral (2) , les crachats sanguinolena de la pneumonie ne doÎTentpss phn étreconsidéréa eosnme une crise de cette maladie qfOele pus ipcué 1 la snr&ce de la. plèvre ou dà péritoine enflammé ne peut être considéré esstime jugeant la pleurésie ou la pérîtODite.
On sera peiit'^ltre surpris que je n'aie observé des^sélLes crfti-« que» que Att mt seul malade ; m^is cela tient su traitemenri qui fut employé. Presque tous les malades, en effs% fianBtsoo* mis àTusage des laxatifs-^ ou prirent la poUonsdbiéer de telle secte que , dans les cas oit la diarrhée fut suivie d- ttt.#aiende^ meut dans les symptômes, il était impossible deftûelàpart du màlÎGament^ et celle qui poirvait revenir aux mon^ntos orga^ niques. Je crois avec BagliTi, que, si les crise» sont mMOs fré-* quentea aujourd'hui qu'elles paraissaient l'être en Grèce, ceb dépend probablement du traitement plus énergique qp^oA oppose aujourd'hui aux maladies aiguës. Le grand médecin que je viens de citer ajoate (3) que chez les paysans qui ne ÛM plaint usagede drogues, lep crises par les saeuiS) les flua da nn^
(4) Essai sur les fièvres, p. 247.
(2) Clin,, t. m, p. 51 5.
(5) Praxeosy libv lii
iLc^y rurine et les autres voies. naturelles se font dans un ordre fcfait.
Je crois que cette opinion de Ba^liyi a peuV-étre quelque fondement ; ayant ëludié en effet la inarche 4^ ki pneumonie chez 10 sujets qui furent traités et guéris par une médecine à peu près expectante, il y en eut 5, c'est-à-direla moitié, qui présentèrent des phénomènes^ critiques ; 4 eurent des soeu^fei copieuses ; 1 eut un flux abdomittal^ la sécrétion uiinaire né fut examinéo que chez un de ces nûlàlade^, et chez lui Tachie nihrique produisit un coaguhiai aboBdattt* Ilestprobs^bk i|u^il en eût été' de nicme pour presque tous le» autres malades^, du moins y ce que nous ayons dit plus haut permet de le supposer. Quoi qu'il en soit., ce9 fqitSy trop peu nombreux, H est vrai, pour ne rien conclure de général f semblent néanmoins porter à croire que« lorsque par l'emploi dans une pneumonie ^ d'une médecine expectante , on ne contrarie pas les motivemens organiques , les crises par la peau et par k tube di^stif , soBt peut-être plus fréquentes.
La saiscna îofluert'^elle sur le genre de orise qui doit avoir lieu dafils la ^MUmoxûe ? Bien ne prouve qu'il en soit ainsi, du moins les fails <f|ie î'ài' obaervés^ ne me permettent d'émettre à ce sujet AUiiune opiftion pè^tîver
Je n'«t pu savoir non plua si chez les malades qui avaient en des pneumonies antécédentes , on avait observé dans* tous les cas la même espèce de crises. Les auteurs disent en effet qu'on a vu qudkjuefoin un même phénomène critique juger co'nstammçjnt une pneomotiie qui se reproduisait périodiquement. C'est ainsi que M. Ir professeur Serres a rapporté, dans sa thèse ^ l'observation d'un homme chez lequel une pneumonie aurait été jugée plusieurs fois par un érjsipèle aux jambes.
J'ai recherché si, conformément aux doctrines d'Uippocràie et de Galien , les crises > dans la pneumonie du nioins, avaient plus de tendance à se faire dans certains jours que dans d'autres. Or , voici ce que j'ai noté sur les 34 malades chez lesquels la pneumomô s^esi jugée apiès Tapparitti^n de ^elquea phéno" mènes critiques.
324 TEAMINAUON DE LA PMEUMOIflE.
Nombre des pneumonies • * jour de la crise»
On sera frappé, en lisant ce tableau, du petit nombrede pneumonies qui ont présenté quelque évacuation salutaire, dans les jours qu'Hippocrate a signalés comme essentielleiiient critiques (1). Ces résultats sont peu favorables à la doctrine d'Hippocrate , puisque le plus grand nombre de pneumonies (20) ont eu leurs phénomènes critiques dans les jours qa^on a nommes intercalaires ou provocateurs (2) , pendant lesquels on a dit que les crises étaient moins fréquentes et moins ccmiplètes, mais qui néanmoins ont été regardés par les médecins hippocratiques comme pouvant remplacer les jours critiques. Huit malades ont eu leurs crises pendant les jours vides (3) (vacui seu médicinales); A d'entre eux ontmême présentédescrisesftromMes le sixième jour, qui était regardé comme étant le plus pernicieux (4)* Il faut conclure de ce qui précède que la doctrine des jours critiques est très-incertaine, et qu'on ne saurait l'admettre, avec confiance pour ce qui concerne la pneumonie. Cependant , M. le professeur Andral a rapporté des faits qui lui sont favorables (5). C'est ainsi que, d'après un résumé de 113 cas , il a trouvé que chez la moitié des malades, la terminaiÉon de la pneumonie s'est faite les septième, quatorzième et vingtième jour,qui sont notés au nombre des jours critiques ou indicateurs. Toutefois, ilest à regretter que M« Andral n'ait pas dit comment il avait compté, et à quelle époque il avait regardé la maladie
(1) Les 7«» 14* 20*, etc. nommés principaux ou radicaux paries
Arabes.
(s) C^est le 6g que Galien nommait tyran»