COMPLICATIONS DE LA PNEUMONIE
Il n'est aucune afTcctîon aiguë qui ne puisse venir compliquer, une pneumonie. Mon intention n'eatpas de les cnumérer toutes je yeux seulement , dans te chapitre , éiudier celles de ces complications qui sont les plus fréquentes, sur la piodaction desquelles la pneumonie a la plus grande part , et qui peuvent souvent ï leur tour modifier la marche et le mode de terminaison de la maladie principale. Je vais donc étudier les complications de la jineumouie par la pleurésie , par le catarrhe pulmonaire par quelques maladies du cœur et des gros vaisseaux, par l'ictère, les trouhles cérébraux, et je terminerai par uu mot sur lis douleurs articulaires coucomitaules de la pneumonie. J'étudierai en particulier ces divers accidens dans les pnej monies primitives et dans les pneumonies secondaires.
- Cemplici
■.e Ui pUar,
Du moment OU lapneumonie, cessant d'èlie centrale , envaliit la périphérie de l'organe, elle s'accompagne à peu près constamment de l'inflammation d'une partie plus ou moins étendue de la plèvre. Le plus souveul, comme nous l'avons vu à l'analomie pathologique , l'aliéraiion de la séreuse est exactement bornée aux parties hépatisées. Dans ces cas, une fausse membrane alhumineuse mince tapisse la plèvre qui est contiguë à la pneumonie; il peut y avoir aussi quelques flocons libres dans la cavité séreuse , et une ou plusieurs cuillerées d'uo liquide trouble ou séio-purulent, sans que cela constitue, à proprement parler, une complication. Il convient de réserver ce mot , aux cas seulement où l'épanchement pleurétique est asse^ considérable pour pouvoir être consiaté par les signes physiques, et lorsqu'il vient apporter quelque modification dans les symptômes de la maladie principale. Ç'e^t^filqrs^çeijlement qu'fl cpijvienldejkiKn^^Ja
pneumonie le nom de pUuro-pneumonie , mot qui exprime tb tuétnc temps la nature de la complication.
Sur 247 malades atteints de pneunioniR , chez lesi^nels j'ai cherché à consister ks compUcations surrennes du cAté de la. plèvre, j'en ai trouvé 31 qui ont offert pendant ta vie les signes évidents d'un épanchemcnt plus ou moins considérable dans \a. cavité de cette séreuse.
Près des 2;3 des individus qui ont présenté cette complicatioa avaient de 18 à 30 ans ; tous les autres avaient moins de 50 ans ; 2 seulement avaient dépassé cet âge. Les hommes n'ont pas été atteints, en proportion beaucoup plu» considérable que le» femmes. L'épancheinent a été observé aussi souvent dans là pneumonie droite que dans la pneumonie gauche. Si on se rappelle que celle-ci est beaucoup moins fréquenie qnela première, il teniblerait naturel de supposer que la pnemnonie gauche est proportionnellement une cause plus activa d'êpancliemeni pleurétique que celle du côté droit; toutefois, les faits qtli précèdent ne sont pas encore assez nombreux pour jusliBer uiio pareille conctusiou. Les3j4 des pneumonies occupaient la base de l'iiu ou l'autre poumon ; les autres siégeaient au 1/3 moyen de l'organe, el plus rarement dans le 1^3 supérieur. La douleur de côté n'a manqué chez aucun des malades , dont la pneumflnie s'accompagnait de pleurésie ; mais elle n'a pas été en général plue intense chez eux que chez les individus qui n'ont pas présenté cette complicaiion au même degré.
L'épanchement pleurétique était métiiocrc ou considérable. On peut ëublir comme règle générale, que la quantité du liquide épanchée dans la plèvre, était en raison inverse de l'étindue de la pneumonie [ et du degré auquel celle-ci était parvenue. Je n'ai observé ù ce sujet qu'une seule eïcepdon ; c'était dans cas 011 tout le poumon droit étant envahi , les 2 lobes supérieurs étant frappés d'Iiépaiisalion rouge et gfise, le lobe înWrieur présentant de l'engouement inflammatoire et un commencement, du 2' degré, il esistait néanmoins un épanchement ' de -i à 500 granmicB environ dans h plèvre. Dans les pneumonie.« qui occupent l'organe en totalité, ou dans sa plus grande étendue, surtout si la phlegmasie ayant d'abnrd envahi le centrede l'organe s'étend ensuite à la périphérie, l'épanchement est presque toujoUD peu consiâét'âblé, et n'est, en général, for-
mé que par quelques fausses membranes. On conçoit, en effet, que le poumon, lu'patise et transformé en une masse dure et incompressible, s'oppose à ce qu'un épancliement se foiine , ou du moins empêche qu'il devienne 1res abondant.
Quelle que soit la quantité du liquide épanché dans la poitrine , j'ai vu celui-ci occuper constamment la partie la plus déclive de cette cavité. Généralement on pouvait consluler sa présence en arrière dans le Iji ou même le ]/3 inférieiu:. Chez le 1;4 des malades, répanclieincnt pleurétique et la pneumonie existaient dans des points du thorax éloignés l'un de'il'autre ; ainsi la pneumonie envabissait le sommet ou la partie moyenne de l'organe , tandis que l'épanchement occupait la partie inférieure. Sans ces cas, les symptômes propres à chacune des 2 maladies se montraient dans leur étendue respective, et leur diagnostic ne présentait aucune difficulté. Mais le plua ordinairement, la pneumonie et l'épanchement pleurétique existant simultanément dans les mêmes points, c'est-à-dive à la base du thorax , alors les symptdines propres aux 2 affections se confondaient ou étaient plus ou moins modifiés les uns par les autres. Dans les points en effet où le liquide était épanché, le son était devenu complètement mat, l'auscultaliou faisait quelquefois entendre à ce niveau un souffle tubaire , mais dont l'intensité allait en diminuant au fur et à mesure qu'on se rapprochait davantage des parties inférieures. Chez les 4j5 des mal.ides, l'auscultation de la respiration ne faisait percevoir aucune espèce de bruit morbide , tandis que si les malades parlaient, ou distinguait, tantût dans un point circonscrit, plus rarement sur toute l'étendue de la matilé, de Vègophonie, ou bien ce retentissement particulier de la voix, qui est un mclanf;c d'égophonie et de broncophonie , et que j'ai précédemment désigné sons le nom de bronco-égopkonie. Comme on le voit, les phénomènes slûthoscopiques propres à la pneumonie peuvent ctri.' masqués ou même empêchés par l'épancliement pleurétique. Si celui-ci ne forme qu'une couche peu épaisse à la surface du poumon , on peut percevoir la crépitation ,■ mais celle-ci est en général obscure ; elle semble se passer profondément plu« ou itioins loin de l'oreille, et la percussion donne alors dans les points correspondants un son plus complètement mat que dans les cas d'engouement inflammatoire simple.