‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens âges, et dans ses rapports, avec les autres maladies aiguës et chroniquesChapitre 52 sur 76 · AVEC UN PNEUMO -THORAX · texte numérisé non relu

AVEC UN PNEUMO -THORAX

avec une grande rapidité , j'ai déjà dit que le poumon présentait en effet cette altération , que j'ai précédemment décrite sous le nom de carnification.

$ II* CompUeMlion avec un pneumo-Uiorax,

Plusieurs médecins anglais ont avancé qu'une exhalation de gaz pouvait se faire à la surface de la plèvre d^ns le cours des pneumonies. Le docteur Graves est le premier qui ait signalé ce fait 9 dont il a publié une observation dans l'année .1835. Cet auteur rapporte que le quatrième jour d'une pneumonie , et lorsque l'hépatisation s'était déjà déclarée, la partie antérieure et supérieure du côté affecté, donnait à la percussion un son plus clair que de coutume , tandis que le murmure respiratoire avait cessé d'être perçu dans le même point. Seize heures après, la région de la poitrine qui avait fourni ces résultats, donnmt un son très obscur , et on y entendait le murmure faible de la respiration mêlée à un peu de crépitation. Le docteur Graves a également cité l'observation d'un eqfant atteint de pneumonie , chez lequel le cœur était refoulé à droite sans qu'il existât aucun indice d'épanchement dans la poitrine ; la percussion pratiquée sur le cœur, faisait au contraire entendre un son tym« panique , comme si du gaz, ayant été exhalé dans la plèvre ou le péricarde, était la cause du déplacement de l'organe. Le petit malade guérit, et le cœur reprit sa place plusieurs jours avant la résolution de la pneumonie.

Dans son mémoire sur la pneumonie typhoïde (1), le docteur Hudson a rapporté quatre cas comme des exemples d'exhalation gazeuse dans la plèvre , survenue dans le cours d'une pneumonie aiguë. Mais ces îaîiXs paraissent avoir été mal observés. Ainsi W. Stockes, qui a examiné deux des malades de M. Hudson, dit que ce médecin a pris pour un signe de pneumo-thorax dans un cas , le son tympa nique produit par T estomac distendu par des gaz ; dans l'autre , il a méconnu le phénomène qu'on connaît sous le nom de bruit de pot fûè (2). Les deux autres

faits observés par M. Hudson , étant, semblables à ceitx que je

(4) Dublinjourn, med*^ science , t. VII. (2) Loc, cit,f p. 333.

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, comme ces dcvuiers,!

tune espèce de coiiliamce.

£n6a Slockes dit avoir observe lui-même une seule fois !e phénomène uolé par Graves. Ce médecin rapporte qu'une ïeiiime depuis longtemps adoonéc à l'usage des lii|ueurs alcooliques, fjtaffectée d'une pneumonie typhoïde grave, dans laquelle le poumon arriva rapidement à l'hépalisalion. Vers le huitième ou neuvième jour de la maladie , la partie antéiieure et supérieure du côté gauche de la poitrine , où les jours précédens il y avait une inatilé complète , donuait alors un son tyinpanique ; ce bruit s'étendait de la réjiiou cardiaque à la clavicule. Immédiatement au-dessous de cet os, on entendait un léyer murmure vésiculaire , laodis que vers la troisième càlc on per. cevait un bruit de frotlement. Le son tjmpanique fut cnsuile observé à la partie postérieure supérieure de la poitrine ; mais le lendemain tout avait cessé, la matité était revenue et on cessait d'entendre le murmure de la respiration, La malade se létablit après une longue convalescence, la maladie dura cinq mois et s'accompagna d'une lièvre heciique.

Quelque conGance que nous inspire le talent observateur de M. Stockes, je ne puis cependant accepter l'observation que je viens de rapporter comme étant un exemple de paeumo-ihorax simple ; en effet , la longueur de la maladie , les symplomes de fièvre heciique, qui ont eu lieu, doivent faire admettre qu'indépendamment de la pneumonie , il y a eu quelque autre altération gcave des poumons, qui aura probablement produit uu pneumo-thorax.

En résumé, parmi les faits que l'on cite comme étant des exemples de pneumo-thorax , survenu dans le cours d'une pneumonie , il faut écarter ceux rapportés par MM, Iludson et Stockes ; les deux observations publiées par Graves , et la première suitout , mérilent plus de confiance; mais elles ne sont pas cependant encore assez concluantes , car il aurait fallu que l'autopsie des sujets vint démontrer que répaochemeut d'air dans la plèvre n'avait pas été le résultat de quelque solution de conûnuité des poumons. En effet, le pneumo- thorax, sans perforation du parenchyme pulmonaire, est un fait tellement rare , tellement exceptionnel , que je n'eu connais encore aucuo exemple parfaitement autlientique j car

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