S FORMES DE LA PNEOMONIE
OU plusieurs accès de fièvre intermittente simple, bénigae ; cependant, à en juger par les faits qni ont été rapportes, ce mode de développementserait assez rare, et dans la plupart des cas, os Toit dès le premier accès fébrile , quelques symptômes thoraciques et spécialement une douleur pleuréiique qui doit fixer Tattention ; mais la maladie ne se caractérise tout à fitit que dans les accès suirants. D'autres fois enfin la pneumonie débote comme si elle était simple, et ce n'est que par sa marche uhé* rieure qu'on reconnaît la cause spécifique qui l'a produite oa qui la complique.
L'accès débute par on frisson plus ou moins violent , pendant lequel le malade accuse déjà de l'oppression et une donlenr de côté plus ou moins vive; bientôt la toux survient, des cnchats nanguinolens sont rejetés , Fexamen de la poitrine fait entendre une crépitation plus ou moins nombreuse ; enfin, après une durée plus ou moins longue, la fièvre tombe, les accidens thoraâ ques diminuent dans la même proportion, enfin, une abondante diaphorèse vient juger l'accès. L'intermission peut être complète, c'est à dire que la fièvre cesse, ainsi que la plupart des acdens locaux; c'est ce qui a généralement lieu après le premier ou le deuxième accès. D'autres fois pendant Tapyrexie , quel* ques symptômes, tels qu'un peu de toux, d'oppression ou une douleur obtuse, un peu de crépitation ou de matîté, continuent d'exister .En général, la fièvre pernicieuse pneiunontque sflfecte le type quotidien ou tierce ; le plus souvent après une réndtsion de 12 ou 24 heures , un nouvel accès plus grave et plus long que le premier apparaît, et Fintermission est d'autant plus courte et moins complète , que les accès se reproduisent un plus graiMl nombre de fois.
Tels sont les principaux symptômes qui caractérisent le pins souvent les fièvres pernicieuses pneumoniques ; telle est aussi la marche suivant laquelle se succèdent les divers accidens qu'on observe. Toutefois il est plusieurs points de leur histoire qui exigent de notre part quelques développemens.
J'ai dit que les symptômes locaux caractéristiques de la pneumonie pouvaient disparaître complètement pendant l'apyrexie, ce fait ne paraîtra pas exiraordinaire, lorsqu'on se rappellera que plusieurs autres phlegmasies, et en* particulier l'entérite, la dys^enterie et certaines ophtalmies, etc., ont pu survenir pi'riodi.
v.NEU>iuMt i.M-tm.n-tNiE. 429
queuient , ou ont pu naître elcesser tout àfait dans L'espace de i|udqueB heures, ctcoiislitutr ainsi des variétés parliculières de fiùvres larvées. Ci^s pbleginasies d'ailleurs, suiveal ^éuéralemeat une luarcbc progressive, et les syniptùines qui les traduisent au dehorssont d'autant plus prouoiicés, que les accès ee répètent davantage. Ainsi nous voyons quedatis l'observation de fièvre intermiltente avec pncuinoaie, rapportée par M. Maillot, on ne remarqua au premier accès, qu'une douleur pleuréiique; le deuxième fut atconipagé de crachats sangwnoleus et laissa à saauiieune vive douleur dans le lliorax avec gèoe extrême de la respiration ; enBn dans le troisième el le quatrième, nonobstant un traitement antiphlojjisiique, on constata en outre l'ex-istence des phénomènes stétlioscopiques propres à la pneumonie. Il est certaip, d'après le fait rapporté par M. Maillot, el plusieurs autres encore , que les symptômes locaux du la pneumonie peuvent disparaître pendant l'apyrexie et réparaitreavec l'accès suivant; mais dans ces cas la maladie n'avait f-uère dépassé le premier degré ; la crcpitaiion étaileu cft'et le seul phénomène foui'iii par l'auscultation ,uiais il esta peu près ceriain,quesile3accèsse reproduisaient plusieurs jours desuite, la pneumonie passant du premier au deuxième degré aurait une marche continue, et éprouverait seulement une cxacerhaiioQ manifeste , fi l'heure à laquelle survenaient auparavant les accès fébriles îiilerniitleus. En un mot, la fièvre deviendrait subcoiUinuc rémittenle, et offiiiai d'une fièvre: continue, que la plilegm cllc-uième plus de piogrès. Je regarde rare et purement exceptionnel, qu'unt premier degré ces; cette ci
ques tissus membraneux , me paraît être beaucoup plus diflicile pour les organes parenchymateux, et en particulier pour le pouluou. L'observation rapportée par M. Roche est une preuve de ce que j'avance (1). Ce savant médecin a vu, en 1821, un pompie de la ville de Paris qui fut atteint d'une pneumonie intermil- | fente, caractérisécpar un raie crépitantàla partie iuférieure et ' laiérole un peu postérieure du poumon droit, ce sjmpiôme
d'autant plus l'aspect
sie du poumon ferait
a outre comme un fait
[u'une pneumonie même au
complètement il la (in de l'acia phlegiuasie qu'on observe dans qiiel-
(I) -Voiii'. ii."(. de pathol. Il,
i90 FORMES DE LA PNEUMONIE.
était beaucoup moins marqué pendant l'ap^mie. De même dans le fait cité par M. Delourniel, on voit un malade qui ofrit à deux reprises différentes, pendant les accès d'une fièvre quotidienne y une matité avec douleur sourde an c6lé db^t, ei pectoration de crachats sanguinolens^ ces symptAmes saient avec l'aocès, & Texception de U malité qui à un moindre degré qu^arant. Ainsi donc jecroii* que loraque k premier degré est bien établi, lorsque le râle crépicant euste, h lésion pulmonairt ne peut plus ae résoudre pendant les qneiqnei inatania que dure Tapyrexie , mais elle persiste, elle liait mène des progrès ^ et détient par elle-même bi cause excitante d'an mouTement fébrile continu.
En consultant les observations de pneumonies périodîqaei contenues dans les annales de la science, on peut se cxmvaiacre aussi, que les accès fébriles ne sont presque jamaia séparés par une apyrexie complète, il existe au contraire un mouvement fébrile continu en partie sympiomatique de la phlegmasie nseérale , qui augmente à l'époque où les accès périodiques se reproduisent ; la pneumonie est dite alors rémittente. Les aoteon, tant anciens que modernes, en ont rapporté des exemirieft asseï nombreux.
Ainsi il paraît que la célèbre épidémie catarrhale qui r^|na en Europe en 1743 se compliqua souvent de pneumonie remit* tente^ quotidienne on tierce. Lautter(l) paraît aussi airoir ob- WTvé une fièvre rémittente tierce pneumonique. Sarcone (S;» dans répidémie de Naplea dont il a été Tliistorien , paraît ftossi avoir vu fréquemment des maladies aiguës de poitrine présenter un caractère périodique. Strack (3), dans la belle relation qu^l donne des fièvres intermittentes qui régnaient à Mayence au milieu du siècle dernier , cite également quelques malades qui furent atteints de pneumonie et chez lesquels ou observait des exacerbationsplus souvent quotidiennes que tierces. Les faits rapportés par ce médecin célèbre, méritent quelque confiance, car Fauteur parait avoir établi le diagnostic d'une pneumonie, non-seulement d'après la toux et le point de cêté^ mais aussi d'après l'inspection des cracbats qui furent^ sœt au début,
(1) Hist» med, tnorb, p. 196.
(2) Mal, de Naples , trad. de Bellay. Lyon 1S04, t. l'r, p. 103.
(3) Obs. ntéd, defebribusint,, p. 74.Ticini 4 793»
soit à une époque plus avancée de la maladie, sanguinolent, rouXf jaunes on Terdâtres, (i) J«-P. Fiank (2) cite au moins sept observations de pneumonies périodiques , avec un mouvement fébrile continu 9 et présentant des exacerbatîons régu^ lières, toutefois si j'en excepte le sujet de la quatritoie obseiv vation (3)€hft lequel on note quelques crachats sanguinolens , chez tous ks autres le diagnostic d'une pneumonie me paratt très incertain^ puisque pour l'éublir, Tauteur n'a invoqué d'autres symptômes que la toux, l'oppression et lé point de côté. Il en est de même de plusieurs autres observations rapportées plus récemment par plusieurs médecins, et en particulier cdle qae M. le docteur Gouzée a publiée sôus le titi*e de Fièvre rémittente pemiciease pleuropueumonique^ puisque cet auteur , qui a incomplètement décrit l'a^ect des crachats, a toujours niégligé d'explorer là poitrine par Tauscultation et la percussion. (4) Au contraire, le fait rapporté par le docteur Chardon (ô), quoique très incomplet et laissant beaucoup à désirer , est réellement un exenipU de pneumonie rémittente à accès doubles quotidiens, car le diagnostic a été établi d'après l'existence du point de cété 9 de la malité , delà crépitation et des crachats rouilles. Ce dernier symptôme a également été constaté par M. Nepple (6) chez un prêtre qui éprouva une fièvre rémittente p^uiicieuse pneumonique , à accès quotidiens. Enfin , M. le cbcteur Grifoulière a donné une relation intéressante (7) d*une pneumonie rémittente épidéniique, qui fut observée par lui, pendant i'iiiver de 1833, dans k canton d'Aubin, département de i'Aveyron. L'auteur cite trois observations de pneumonie rémittente quotidienne f c'est à l'aide de ces divers faits que je vais essayer de décrire la maladie*
La pneumonie rémittente est une maladie asaea rare^ qu'on Ae rencontre guère que dans les pays marcisageux ^ «t so«s l'in-
(4) Observa, mcdi, febri* inter. p* 7^ et 7S*
(2) InUr* cUn.t obs, seUç. Tubin^ ISI2» p. 30, 89^ 97>4I| 43, 56, S8^ 61.
(4) Arch, de meJ., ^s^rîe, t. IV, p. 71.
(5) Gazette méd.\ année 1SSS, p. 25^
(6) Ficv, inter, et remit, p. 4 24, 35« Obs,
(^7) Thèse de Paris, \ 833, n» 94. et goMU médioaie.
432 rOAMU DL LA PNECXOKIE.
fluence des causes qui produisent ordinairement les fièfra d'accès ; on peut alors l'observer épidëmiquement* TaiitAtl*iih flammation pulmonaire se présente avec les caractères d^ime fièvre rémittente dès le début de rêpidémie, d'autres fois cela n*a lieu qu^après un temps plus ou moins long. Ainsi dans le conunencement de l'année 1825, et surtout pendant les mois de février, mars et avril, on vit dans le canton de Mondœl, oae pneumonie grave qui fit périr la moitié de ceux cpi*dle atteignit ; le règne de cette phlegmasie se prolongea une partie de l'été, et s'accompagna alors de fièvres intermittentes on plutAt de phénomènes rémittensqui exigèrent un traitement spécial (1).
En général, la maladie commence avec les symptAmes ordinaires d'une pneumonie franche. Les malades épronvent un frisson violent, bientôt suivi de chaleur vive, céphalalgie et d*une douleur plus ou moins vive dans un des obtés de la poitrine. Ces accidens s'accompagnent en même temps d'oppression , de dyspnée et de toux , les crachats qui sont rejetés , ofFi*ent souvent dès les premières heures une teinte jaunâtre ou rouillée , et l'examen de la poitrine à l'aide de l'auscultation et de la percussion permet de reconnaître et de circonscrire le siège de la pneumonie. Le mouvement fébrile une fois établi continue sans interruption , mais il éprouve de temps en temps et à des intervalles variables mais régalien des exAcerbatious et des rémissions.
Les accès sont généralement annoncés par des frissons légeis généralement partiels , et qui manqueut chez beaucoup de ma* lades. Bientôt les symptômes généraux et locaux augmentent d'intensité ; le pouls devient plus fréquent , la chaleur s*élève, la face s'injecte , la respiration s'accélère , elle est plus pénible ; l'anxiété , la dyspnée, la douleur de côté augmentent; il y a en même temps beaucoup d'agitation , et il n'est pas rare alois de voir le délire survenir. On a eu rarement occasion d'explorer la poitrine pendant que ces phénomènes ont lieu, mais il est évident qu'à cette époque, un travail morbide très actif se passe du côté des poumons, M. Grifoulière s'est assuré par exemple, qu'il a suffi dans ces cas, de dix à douze heures, pour voir une portion plus ou moins considérable d'un poumon passer à l'état complet
(l) IVcpplc, Loc, cU,f p.422.
PStllHONlt HÉHlTllLMfK,
d'IiépatisalioD. Les awès peuvent èlre beaucoup plus graves el s'accompagner alois d'une série de sy m plûmes généraux qui donnent à la maladie un caractère pernicieux. Dans ces cas, le faties des malades est prorondement altéré, ou frappé de stupeur, la prostraiionestgiande;le pouls fîliforme,dépi-essîble, quelquefois irréjiulier, est d'une fréquence extrême , ou bieu au contraire il olTre une plus grande lenteur. Après avoirpersisté pendant plusieurs heures avec une grande intensité , ou voit ces symptô' mes graves dimiouer de violence progressivement, ou tout à coup. En même temps l'oppression et la douleur de côté diminueul, le pouls perd de sa fréquence, les forces se rauiuient, et ce moment de délente est marqué par une sueur plus ou moins abondante. Si , pendant la rémission, ou voit les symptùmes généraux et locaux diminuer d'intensité , il est assez rare qu'un ou plusieurs d'enlve eux cessent complètement. D'ailleurs l'auscultation et la percussion ont prouvé que l'eDgcrgement pulmonaire n'éprouvait aucun changement pendant la périodede rémission. Uienlôt un nouvel accès se déclaie , et à fur et mesure qu'ils se reproduisent , on les volt s'accompagner de symplùmes de plus en plus graves. Mais une circonstance qui mérite d'être notée, e'est que dans ces cas, en explorant atlenlivcmi:nl la poitrine, on ne voit pas que les altérations pulmonaires fassent des progrès proportionnés. M. Grifouliére a remarqué en effet, que l 'hé patisatioo qu'il iivuit constatée dans les dix ou douze premières heures de la maladie, était ensuite resté Etationuaire ci n'avait pas envahi une plus grande surface après trois ou quatre paroxysmes. Les accès périodiques s'établissent parfois, dès le début de la phlegmasie , d'autres fois celle-ci semble exister sans exacerbation notable , pendant plusieurs jours , «t ce n'est guère que vers le quadièine jour, quelquefois plus tard, comme le sivièuiei le septième ou le Imiti^ne, qu'on coût' inence à remarquer des etaceibations régulières, comme si alors un élément nouveau venait se joindre à la mnlaJie primitive. Les exacerbations surviennent à des époques v aria Mes , mais régulière:; dans la plupaitdes cas, elles sont quotidiennes; c'est ce qui a été note eu particulier dans les épidémies de Mayence et du canton d'Aubin ; elles sont bien plus rarement doubles, quotidiennes, ou lierces. et je ne crois pas qu'elles aient jamais affecte le type quarie. L'iieure à laquelle les accès survicuncnt ,
434 FORMES DE LA PNfcUMOME.
n'offre rien de constant ; amsi J; P. Frank les obserrait coinmunëment dam le courant de la journée, la rémission aTak lieu le soir et pendant la nuit, tandis que dans l'épidémie d'Aubin , M. Grifbiiltère a remarqaé que les estacerbntions re- Tcnaient une fois dans les Tingt-quatreliearies, et presque tonjoars dans la soirée ou pendant la nuit.
Si la maladie doit aroir une issue funeste, les intertnissions sont de moins en moins évidentes, et les phénomènes qui marquent les exacerbations de pins en plus fâcheux ; enfin les malades succombent. Dans l'épidémie d'Aubin , s'ils étaient abandonnés à eux-mêmes , ils mouraient du troisième au sixième accès , dans les cas les plus graves; et dans les autres un peu plus tard, on du huitième au dixième jour. La mort peut arriver par soire de l'extension de la pneumonie; d'autres fois les malades sont emportés par un accès délirant, algide ou comateux. EnGn M. Maillot (1), dit que la mort peut aussi être produite par une apoplexie pulmonaire; mais il n'invoque aucun fait en faveur de son assertion. Si, au contraire, la maladie a une heureuse issue, les accès diminuent d'intensité et s'éloignent, en même temps qu'on voit Tétat local s'améliorer. Cependant nous ne savoDS encore rien sur la rapidité de la résolution dans ces cas, ni sur les phénomènes consécutifs qui peuvent être observés.
J V. Pneumonies latentes.
On dit que la pneumonie est latente, lorsque les symptômes propres à déceler la maladie sont tellement obscurs qu'ils peuvent échapper facilement à l'attention du médecin* Pour les anciens praticiens , toute pneumonie qui ne présentait ni douleur de côté, ni expectoratiqu sanguinolente ou rouillée , étiit regardée comme latente^ c'est-à-dire presque nécessairemeut méconnue; aujourd'hui, pour qu'une pneumonie soii' véritablement latente, H faut non seulement que la douleur et les caractères de l'expectoration manquent, mais il doit y avoir encore absence complète de tous les symptômes fournis par l'auscultation et la percussion.
n est excessivement rare que dans une pneumonie, si toutefois l'on en excepte les pneumonies lobulaires, on voie manquer à la lois tous les symptômes fournis par les troubles fouc-
(l)jf>'iict(:c/0j /cài^. <^iter7Mc<teii<«#, Paris, 4S36,- p. 41. ,
tiounels et par lexaDien physique; cela |ie peut gnète avoir lieu qu'au début ; mais pour peu que la maladie ait eu «ne certaine durée, on finira par découvrir ^clquee-uns àcê»phàmc^ mènes qui la caraetéritent ordinairement. A part quelqaeè rares excepliona, on peut établir qu'une pneumonie n'e^vt ktdnte que parceque le malade n'a pas éié suffisatument explora ^^àn qu'il l'a été par un médecin peu atlenlif , ou p«tt' versé dans les recherches cliniques. Je vais indiquer sommairement id4i^ conditions qui font qu'un grand nombre de pneumonies passent inaper^ues^et ne sont reconnues qu'à l'onverture des cadavtvs;
V La pneumonie pourra être latente^ sî dès son début, aiulieii de déterminer les s jrmptâmes qui la caraclériaent commmié* ment, elle s'accompagne dfi phénomènes insotitesi et vév«iUe trop vivement les sympathies dncoté des organes les plus importatuisv C'est ainsi que beaucoup de pocoiuonics passent înaperçiies parce qu'elles cxcileni dès leur début on dëtise violent,' -ou qu'elles s'accompagnent d'une grande prostitation et d*«n en-^ semble de symptômes propres aux fièvres typhcfitdes»
^'* D'autre bm au contraire , la pneumonie*est complètement latente , parce que la maladie n'excite dans l'économie pt^« que aucun trouble sympatliique ; c'est ce qu'on ne remarque d'ailleurs, que chez les vieillards. Je n'oublierai jamais Pfaistoîre d'une vieille femme de la Salpétrière, qui, an mois de mai de l'année 1831, se présenta à la consultation, poar qu'on lui aîecordât un laxatif afin de recouvrer l'appétit qu'elle avait perdu depuis quelques jours ; cette femme, qui ne portait l'empreinte d'aucune maladie grave, ne se plaignait d'ailieura d'aucune* douleur ; elle n'avait pas de chaleur à la peau ; son pouls était un peu fréquent et irrégulier > mais une ancienne maladie de coeur pouvsit l'expliquer. Cette femme mangea encore dans lecoufont de la jojimée ; elle fit plusieurs tours de promenade dans les cours; vers la fin du jour elle s'assit et mourut subitement. 9è fis l'autopsie du cadavre bien persuadé que j'aHais trodrer quelque rupture de vsisseau ou quelque ramollissement dans le cerveau^ quel fut mon étonnement lorsque je ne rencontrai d'autre altération qu'one hépatisation grise de plus delà moitié du pounrôii droit. M. Dahnas, médecili-de la SalpétrièK, à qui je rapportais ce fait, me dit avoir vu aussi dans le même établissement nue femme, qui presque au moment' dé wnr entrée à' l'infirhie'
436 FOAMES DL LA P?l£CMOMI£.
ricy ëlait restée en apparence assez bien portante; on ne latrawporta dans les salles des malades, qu'en raison de son débat d'appétit; elle mourut quelques heures après aoo arrivée, et à Tantopsie, M. Dalmas trouva les deux ponmons à l'état dlafiltration purulente* Des bits semblables ont été obierrës par MM. Honrmann et Dechambre , qui regardent les pneamoniei latentes comme une des causes de ces morts subites si comionnck dans les hospices de vieillards.
On conçoit que des cas pareils ne sauraient être iiiT(»qiiés pié* cisément comme des exemples de pneumonie latente , puisque les malades n'ont pas été examinés, ou l'ont été à peine; cependant ces faits doivent être pour nous d'un puissant intérêt et d'un haut enseignement; ils nous prouvent que ches les vieîflardsy les troubles sympathiques sont moins nombreux , Moiss variés, plus difficilement produits que ches les adultes ; dm ceux-ci la maladie d'un organe important excite partout dei réactions organiques ; à un âge avancé au contraire , chaqie organe semble vivre et souffrir isolément, et n'a plus qu'ose sphère d'activité très restreinte, sans réagir sur le reste de l'économie. Nous devons conclure de là que ches le vieillard b sollicitude du médecin devra être éveillée, quelque libers que soient en apparence les troubles qu'il obseiTe dans la sanlé# car il ne devra jamais oublier que dans un âge avancé les lésions les plus graves peuvent coïncider avec un petit nombre de symptômes très légers.
3» Enfin, la pneumonie est latente; soit parce qu'elle occupe un trop petit espace, soit que, située à une grande profondenr et au centre du poumon elle se trouve enveloppée de toutes parts par une portion de poumon complètement intacte.
Je parlerai plus tard des pneumonies qui sont latentes parce* qu'elles surviennent dans le cours des maladies aiguës et duo* niques.
Les pneumonies primitives qui sont assez graves pour compromettre à elles seules Texistence des malades» ne sont probablement jamais latentes^ du moins je n'en ai encore observé aucun exemple ni chez l'adulte ni chez le vieillard. Comme je l'ai déjà dit, j'ai vu fréquemment un ou plusieurs symptouiei importants manquer tout à bit au début , ou même pendant toute la durée delà maladie; uiaisen explorant coinplétenent
PNEUMOMF.S RniTMATIQrF ET PFF.RPFRAT.E. 437
les malades on trouvait assez de symplôines pour caractéiîsQr la pneuHJOoie.
§ YI. — De quelques formes de Pneamon'es admises par les auteurs.
{Pneumonies rhumatique ^ arthritique, vermineiue, puerpérale): V Pneum, rhumatique. En parcourant les auteurs anciens et plusieurs même de ceux qui ont ^critau cotnmencement de ce siècle, on trouve la description de plusieurs autres formes de pneumonie , que nous ne pouvons admettre, et auxquelles oa attribuait une marche et des symptAmes spéciaux ; telles sont iea pneumonies rhumatiques (përipneumoniœ rhemiiaticSB) aucce** dan ta la suppression d^nne transpiration et spécialement caya&-> tériséepar une douleur de côté, très sujette àr se déplacer, et par d'autres symptômes, sur lesquels Grimaud a insisté (1 ), et donA il serait presque oiseux de discuter le peu de fondement. D^ailleiira ces pneumonies rhumatiques différaient, dans les clas»ftcati(ma desanciens nosograpbes,de celles que Musgrave et Bartlicz nommaient arthritiques ; mais j'ai déjà dit qu!il est impossible d'être fixé sur la nature des maladies diverses , qui ont été décrias sous ces dénominations. De même on ne croit plus aujourd'hui qu'il y ait des pneumonies produites par la présence de vers dans le tube digestif, et se présentant avec des caractères spéciaux. Tout ce qu'on || dit à cesujet pendant plusieurs siècle ne doit être rappelé que lorsqu'on fait Thistoire des eiTeurs , qui ont si longtemps entravé la marche de la science.
2"* Pneum» puerpérale • Les médecins et les accoucheurs de la fin du dernier siècle, et ceux même qui écrivaient au commence* ment duxix^, ont décrit une pneumonie très grave, presque toujours mortelle, extrêmement rapide dans sa marche et qui affec* terait les femmes dans la période puerpérale.Mauriceau(2),Delamotte(3) en citent des exemples. Astruc (4} la regardait, comme pouvant être une lésion secondaire de la fièvre de lait, lorsque celle-ci était vive; Levret (5) en donne une description succincte;
(1) Trait, des fièv,^ t. II, p« 05.
(2) Ohs, sur la grofs,tt taceouch,, Paris 1604, obs. 47««, p. SOI. (5) T. II, p. H 99 et 1203.
(4) Mal, des femmes, Vans, 1770, 2« ëdit, t. V p. ISS, in-12.
(5) F.'art des rtccouch,, Paris, 4 7S6, 5* ëdit, p, ICS.
438 POitMF.s iiE iji i>rrF.uifONir.
enfin Deieurye (l)»Ghambon (2), Gastellicr (3), etc., ont plus insisté sur ses caractères ; cependant si on lit attentivement les rares observations particulières de pneumonie , survenant dans Tétat puerpe'ral et que les auteurs ont rapportées, celle que Hildenbrand noiui donne dans sa Médecine pratique (4), il pttndtraii que les pneumonies qui surviennent chei les femmes peu de jours après Taccoucbement ne présentent aucun de ces csrâclères essentiels! qui leiur impriment une physionomie spécîaley et doivent les faire considérer comme une forme pitliculière , comparable à celle que je viens d'étudier. Il iaut seulement ne pas oublier, et cette connaissance importe beaueoop datns la pratique, que les pneumonies qui surviennentpen* dant la période puerpérale , marchent «vec une extrême rapidité vers une terminaison funeste. J'ai déjà cité ailleurs (5) d'-après M. Ghonïel, l'exemple d'une dame, qui étant heureusement accouchée, éprouva le jour suivant, un petit malaise, le* q«el fut d'ailleurs tellement lé^r, qu'il n'excita pas même Inattention de racconcheur, praticien très expérimenté. M. Ghomel, ayant visité cette dame dans la journée même, trouva de la^ mutité et une respiration bronchique dans tout un côté de la pMtrine ; douse heures plus tard la malade avait cessé de vivre, e( Tantopsie fit découvrir une hépatbation rouge et grise de t(fut un poumon.
Ce fait ne me paraît pas extraordinaire ; tons les médecins qui donnent leurs soins aux femmes en couches , auront été frtippés en effet de la tendance qu'ont chez elles tontes les phlegftiastes à se terminer promptement par suppuration ; ce qui Cffent probablement à un état général de l'économie^ à une infection du saD{j. Les anciensiavaient parfaitement saisi cette disl^ositlon générale; maiâ ils en avaient mal interprété le point de àëpart, lorsqu'ils l'avaient fait dépendre d'un transport des lochies et du lait dans le torrent circulatoire^ et korsqn^ila
avaient considéré comme formés par ce dernier fluide, les dé-
(4) Traite des accouh», Paris, 4 777, 5 44 85.
(2) Mal. desfemmest 2» édit, Paris, an 7, t. Il, p. 450,
(5) Mal. aig, des femmes en couche, Pairis 4 842, p. 45 (4) ï-I«Sp. 4 86.
(s) Mém, sur la Pneum, joum. beb. 4858, t. 8.
PNBUMONIR TRAUMATIQUE. 439
potB puiulans qii'iU coasiaiaieat dans diverses paitics du corps. Peut-être le fait que j'ai rapporté d'après M. CLomel, sera-lil coDsidëré par quelques persounes^ comme une forme^ uoç variété' de la fièvre puerpérale; j^avoue même que j'aurais une certaine tendance à l'interpréter ainsi ; car les faits que j'ai çbserves dans les salles d'accoucbemeDS m'ont rapproché des idées des anciens, et me portent à considérer aujourd'hui la fièvre puerpérale comme une maladie générale, qui a pour effet la production du pus dans un point quelconque de l'économie* On s'explique très bien par les circonstances de la grossesse et de l'accouchement, pourquoi le péritoine^ l'utérus et ses an» nexes sont plus souvent affectés que d'autres organes ; mais de même que dans quelques cas on n'a trouvé d'autre altération qu'une suppuration dans les muscles ou le tissu cellulaire* de même on conçoit que cet effort a la production du pu6| qui domine, qui constitue toute la maladie se porte aussi quelquefois du côté du poumon* Cette manière d'interpréter les faita est celle que M. Yoilleinier a très habilement exposée dans un travail que la Faculté de médecine a justement couronné (X). Il résulte donc des considérations précédentes 9 que si on croit convenable de conserver encore la forme puerpérale de la pneu* monie , et si on admet comme exactes les ïàéeé que je vien^ d^émettre, la pneumonie de l'état puerpéral devrait être considérée inoins comme une maladie primitive que comme une lésion secondaire ou consécutive à un état général..
S VII. — Pneumonie trmmatiquc.
Les auteurs ont distingué une forme de pneumonie qu'ik ont nommée traumatiqnc , parce qu'elle survient consécutivement à quelque violence extérieure. Les chirurgiens, qui seuls auraient pu nous la faire connaître , en ont tout à fait négligé l'étude; cependant ce sujet est digne de tout leur intérêt.
J'ai déjà, dans le courant de cet ouvrage, indiqué plusieitrs points relatifs aux pneumonies traumatiques , à celles surtout qui sont produites par la présence d'un corps étranger au milieu du poumon ; je vais actuellement compléter leur histoire par l'analyse des faits que j'ai recueillis ou réunis.
(l) Histoire tiela fièvre puerpérale qui a régné (^piddmiqueinent à l'hôpit.1l <lr<; rlunqiics en 1S!»8. Tn ionrn. fif'xéonn. mt^ti, chfr. an 4 840,
440 FODMES DE LA PNEUUONIK.
J'ai dit, à TartiGle Éiiologie^ que la pneumonie traumalîqne était celle qui succédait à quelque yiolence extérieure, telles qne contusions du thorax, efforts pour soulever un fardeaa» plaie pénétrante , compliquée ou non de la présence da corps Tnlnérant.
Je ine suis livré à quelques recherches dans les auteurs, pov tâcher de réunir les observations de plaies pénétrantes de poitrine , compliqué^ de pneumonie j qui ont été publiëes; maû le défaut de détails, l'absence des signes fournis par la percussion et l'auscultation, ne m'ont pas permis de les utiliser^ Tout porte à penser que les pneumonies consëcntiTes an plaies du poumon offrent peu de gravité et ne diflEtrent pu beaucoup, quant à leur marche et à leurs symptâmes, diei pneumonies qui succèdent à une simple contusion* Cependant je conçois que le diagnostic de cette forme de pneamonie pÛMe présenter parfois de la difficulté , en raison de quelques accidens qui compliquent souvent les plaies du poumon , c'est-èdire l'emphysème des parois thoraciques, et l'épanehemait de sang dans la plèvre. Dans le premier cas^ la crépitatk» produite par l'emphysème pourrait masquer les bruits plus profonds dépendant de la plilegmasie pulmonaire ; pour ce qui a^ riverait dans le cas d'épanchement sanguin, je renvoie à ce qse j'ai dit précédemment sur la coïncidence de la pneumonie avec un épanchement pleurétique.
J'ai réuni six observations de pneumonies traumatiqùes; trois succédèrent si une contusion plus ou moins violente de la poitrine , telle que coup de pied de cheval , chute sur un corps résistant quelconque. Chez les trois autres sujets, la pneumonie survint à la suite d'un effort violent pour soulever un corpi lourd qui était au-dessus de leurs forces. Dans ces troii derniers c^s , les malades ont éprouvé une douleur violente dans un des côtés de la poitrine, qui les força à se débarrassera i'înstant même de leur fardeau. Tous ces individus éttdentbien portans au moment de raccident; deux néanmoins éprouvaient depuis quelques jours un rhume léger, sans malaise ni perte d'appétit.
La douleur de côté fut le premier phénomène morbide ; elle s'expliquait par la natuie de la cause qui venait d'agir; ches ello, fut imuKfdiatement suivie de plusieurs autres symptômes;
imKUNortiE ainni, lou!) eurent des frissons aise , de la Gèvre, de l'oppressi premier jour 3 d'entre eux ; crachats rouilles ou sanguinolt
TRKDHATIgVE. 4t\
pliu ou moins violeiis , du inal- OD, du la loux , et dès la fin du ■valent déjà cspeciore plusifurs is. Quant aux S malade;» c|ui res-
tent, l'un n'éprouva des syuiptâmes de pneumonie, qu'un ou deuxjoursaprés l'action de la cause ; cliei: le dernier, Il s'écoula un intervalle de sis jours pendant lesquels l'individu avait du malaise, avait ctssé démanger, et ne se livrait qu'incomplètement à ses occupations (c'était un infirntier). Chez les 3 maladesdoni la pneumonie a succédé à un effort violent pour soulever un fardeau,l'inÛammalion aenvahi deux fois le Kominet de l'orjTane ; une fois elle existait dans la partie supérieure de la fosse scapuJaire. Chez ceux qui tombèrent malades à la suite d'une contusion violente, deux fois la pneumonie se déclara au niveau du point contus (1).
Si l'on excepte un malade chez lequel la pneumonie De parait pas avoir dépassé le premier degré, chez tous les autresj on constata le passafje de la phlegmasie à la période d'hépatisation. Les crachats furent plus ou moins rouillé^, et semblable à ceux des pneumonies ordinaires; cependant , chez un indi vidu, ils furent plusieurs jours masqués par une petite hémoptysie , et c'est lorsque celle-ci eut diminue ou cessé, qu'on distingua la couleur rouillée de l'expectoration. Le pouls , qui B'éleva une fois jusqu'à 120 , ne dépassa pas généralement 104. Le nombre de respirations varia entre 24 et '14. Chez nnsenl malade , dont l'observation m'a élc communiquée par M. le docteur Barth , on nota une grande prostration, et qui ne semblait pas en rapport avec l'étendue de la pneumonie; on remarqua de plus, que l'haleine du sujet était /i;/i</e,p(ian/e; cette puanteur, à laquelle les crachats ne semblaient pas participer, avait commence' dès le début de la maladie, et persista pendant environ sept jours. Ces symptômes peuvent faire soupçonner que dan.t Cl' casil ail pu y avoir un petit point gangreneux, circonstance que Houppe n nuiée comme assez fréquente dans les pneumonies qui surviennent sous l'inQuence d'iitie violence extérieure.
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, , (I } ChA l'autro malade ta pneumonie oecupnît la I>a5e,mais on a mK Je ijir* f. qnel point delà pHitripr U rimliiiion avait pari.
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k pliénomène prédominant j celui qni a perristé le phn Iihii;temps, c'est la douleur de côté ; car, indépendamnaeat de cdh que la pbleginasie produisait, il y avait avsû la doalenr ebl de la contusion. La pneumonie a suivi une mardia régnbtit ; elle est rest^ limitée au petit espace qu'dle avait d*abofl envahi; elle s'est heureusement terminée dans tovia les et sa durée a été sensiblement plus courte que calle dea monies ordinaires ou spontanées.
La pneumonie qui succède à une plaie du pomnon a^-dlé une marche aussi simple? U est permis de anppoaer <{B*îldait en être ainsi dans un grand nombre de cas* St on se rappelle^ en effet, la promptitude avec laquelle se cicatrisent les plaies de ce viscère, on sera autorisé i penser que Vinflammlitîon toaaS» cutive qui peut les compliquer doit, dans un grand BOsdNS de cas , rester circonscrite à un petit espace. Il pourra ca ttis de même lorsque la pneumonie est produite par la préseaoe d'un corps étranger. On lit en efiEet , dans les ouvrages de chirurgie, un grand nombre d'observations de plaies pénéiMÊntm de poitrine qui ont guéri , sans que les corps étrangers qsi avaient été introduits dans la solution de oontinuité sdent été extraits. Quelques-uns des malades ont conservé pendant plasieur&mois, de la toux , de l'oppression; pois, au bout d'os certain temps, les accidens se sont accrus , l'oppression a ang* mente ; il y a eu de la fièvre ; il y a eu quelques symptômes dB pneiunonie qui , à en jnger par les accidens qu'elle provoqusit, ne paraissait pas s'étendre sur une grande surface ; au boot ds quelques jours , on voyait les malades rendre les corps étrangtn par l'expectoration, enveloppés dans ime quantité plus ou moiai considérable de pus ; ou bien un abcès ayant paru sur un poial des. parois thoraciques, l'ouverture qui s'était faite spontanément , ou que l'art avait pratiquée , a livré passage au corps vulnérant. Une circonstance plus extraordinaire encore , c'est que les corps étrangers qui pénètrent dans les poumons par l'ouverture supérieure du larynx; qui comme les épis de graminées 9 cheminent à travers tout un poumon et le laboujvnC» pour ainsi dire, n'occasionaent souvent du moins, que des phénomènes d'une phlegmasie assez circonscrite. Telle est Tobservation rapportée par M. Bailly , et que jVi déjà citée plusieurs fois ; lel est encore le fait de IM. Stanski , dans letpiel la pneu-
PNV.fninittn tb *in«iTinoE. 443
Bionieparutocciiperua petit espace. SI dans ce ileraier le malaise et la faiblesse furentportéa à un haut degré, cela tenait sans doute à l'état maladif antérieur, et aux tubercules pulmonaires qui existaient avant l'accident, et s'étaient déjà révélés par des signes rationnels.
Les phénomèues produits par cette espèce de pneumonie traumatique ne diffèrent pas de ceux des pneumonies ordinaiies ; c'est te qui eut lien du moins pour les malades de MM* fiaiUy et Sianski. Clies le premier, le corps étranger ue provoqua des signes de pneumonie que trois mois après son introduction ; dans ledeusième, au contraire, la pneumionie se déclara dès le deuxième ou ti'oisième jour ; vei'S le cinquième ou sixième, l'haleine devint létid'-' , et le malade expectora une grau'Ie quantité de matières purulentes: dans les cas dont je parle, le corps étranger e'échappa i la faveur d'un abcès qui se forma sur les parois thoraciques. Le malade de fil, Bailly guérit, la femme de M. Siaoski mourut pav le progrès de la phthisie dout elle était atteinte.
J'i^nre si la nature des corps étrangers introduits dans les poumons influe sur les symptAmPS , la marche, la durée, la terminaison de la maladie. La chose est jirobable ; m.iis les faits manquent pour le démontrer. Supposci un de ces corps ëtraiigera qui ne peuvent cbemitier dans les poumons , tels qu'une pièce de monnnie , un fragment d'o», etc.; engagés le plus souvent au commencement de la bronche droite; ils pourront pirotluire une inflammation des parties voisines, comme dans les faits rapportés par les docteurs Gilroy et Iloustou; mais loujdnrs fixés dans le même point par la disposition des parties, ils ne peuvent être expulsés que par l'expectoration , mode d'élimination toujours difScile à elTectuer ; aussi les pneumonies qui surviennent dans ces conditions me paraissent devoir se terminer plus souvent d'une manière funeste. C'est ainsi que dans l'observation du docteur Gilroy, le malade succomba au bout de trois mois avec un vaste abcès dans le poumon droit , et dans le fait cité par M. Houston, la mort arriva onze jours après, et fut produite par une pneunionre qui, ayant frappé tout le poumon droit , avait commencé par envahir le foumou g.iuche.
vnlf , pîlr re tpie je vîeus de dire, que les pneumn-