CHAPITRE X
convaliîscence. — phénomènes consécutifs. — re chute:-;.
On sait que l.i conv nie licence est cet ëtat intermédiaire 4U maladie qui n'existe plus, etùla santé qui n'existe pas encore. Pour la pneumonie, elle commence lorsque la fièvre ayant compléttment cassé, les malades peuvent déjà supporter quelques alimens léj>ers. La coiiralescence étant subordonnée à la durée de la maladie, elle se déclare à une époque variable qu'il nous est impossible de délerni'iner actuellement; car cette connaissance ne peut ressortit- que du cliois de la méthode thérapeutique ; c'est donc à l'article du traitement que je renvoie pour conDaîlie exactement la durée de In pneumonie dans les diUërentes catégories de malades que j'étnhlii-aJ. Je ne puifl m'nccupericiqne desphénomcnes qui marquent le retour à l'exercice téf;ulici' de toutes les fonctions.
De toutes les maladies ai[rui;s graves, c'esl-à-dire qui mettent la vie en péril, la pneumonie est une de celles dont la convalescence marche le plus rapidement et le plus franchement. En général les fonctions digestives se rétablissent très promptemeni, et la plupart des malades témoignent le désir de manger, ou du moins de prendre quelqu'aliment liquide, lorsque la fièvre n'est p.is encore entièrement éteinte; dès que celle-ci a cessé, les malades peuvent supporter une a^sez grande quantité de nourriture solide sans en être incommodés. Quoique l'appétit soit assez développé, je ne l'ai jamais vu pourtant se faire sentir d'uni? niaiiièie auisi impérieuse que chez beaucoup d'autres convalescens, et , en particulier, comme chei quciqncs-uns des individus qui relèvent d'une fièvre typhoïde. ^ ,
Dans les cas où la pneumonie a été franche, dégagée de toute ' cnmplicaiion, les forces renaissentaussi avec beaucoup de rapi-
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454 f:o?fYALKsrE?frF.
céttcmment combien peu les forces ëtment prostn^ dJUtt le plus grand nombre des pneumonies qui affectent les adultes. Cependant il est quelques cil-constances qui rendent le retour des forces plus long que de coutume ; ce$ conditions sont : Vàgt avancé des sujets, la gravité de la maladie, sa durée insolite, ses complications mais surtout la forme de raffection. Ainsi ce qui m*a frappé le plus daus la convalescence de la forme adynamique^ c'est la lenteur avec laquelle les forces retenaient , quoique cependant les fonctions digeslÎTes fussent dans un état parfait d^intcgrilc. Presque tous les malades ont même quitté l'hôpital avant d*ètre en état de pouToir trayaille^ bien qu'ils fussent arrivés du 30' au 55' jour, à dater du dâNt^ par conséquent il m^a été impossible de savoir jusqu'à aoelk époque cet anéantissement des forces avait subsisté.
Dans l'épidémie de Noyers, M. Torchet a également noté la longueur de la convalescence pendant laquelle ou voyait comme après les maladies graves , la chute des cheveux, la désorganisation de Tépidermc^ l'œdème autour des malléoles. Je n'ai jamais noté ces phénomènes, j'avoue pourtant que je ne les ai pas généralement rccherdiés, mais il est probable qn'ib n'ont pas eu lieu^ car la plupart eussent été facilement coiisCatés par nous, et l'œdème effrayant souvent les malades, ou bien produisant de la gêne et quelquefois de la douleur, il est profat" ble que nous aurions été prévenus de son apparition , s'il sAt existé.
J'ai souvent été surpris de trouver l'embonpoint encore aaseï bien conservé chez des malades qui avaient échappé aux dangers d'une pneumonie grave, qui avait exigé un traitement très actif* On peut encore dire Je Tembonpoint, ce que je disais tantôt des forces, savoir : que de toutes les maladies aiguës qui mettent la vie en péril, la pneumonie est peut-être celle qui produit k moins de maigreur. Cette proposition est vraie pour les adultes et les vieillards, elle l'est peut-être aussi pour les enfans, même pour les plue jeunes.
Je ne dirai rien du bruit du souffle cai^otidien , ni des sensations diverses que les coovalescens éprouvent, parce que j'ai négligé d'interroger les uudades sur ces points, et dans les cas rared où je Tai £auit, je n'ai obtenu que des ré* suhais négatifs. Toutefois on peut établir que par qi^a-mêAie
PHÉNOMÈNF.S CONSFCnTIFS. 455
que la conTaleftcencc de la pneumonie est tourte , on ne dnît pas observer pendant sa durée tous les ph^nomàties d'excita* tion ou de perversion nerveuses qu'on reUx>uve che» les sujets qui ont été très aflaîblis , ou dont les centres sensorîaux ont été fortement ébranlés.
Pendant que les fonctions qui ont été s^mpâtbiquement troublées durant la maladie , retiennent à leur état physiologique, et lorsqu'elles ont repris toute' leur intégrité , on peut, dans la plupart des cas, retrouver encore quelque phénomène morbide du côté de Forgaoe qui a été le siège de l'affection. J'ai dit en effet précédemment que la plupart des individusy qui quittaient Thôpital, assez forts et bien portans pour pouvoir reprendre leurs pénibles travaux» toussaient encore plus ou moins, et IVxpIoration attentive de la poitrine prouvait que le poumon n'avait pas encoi^e repris chez eux toute sa perméabilité.
La douleur de côté est encore im phénomène consécutif de I^ pneumonie pouvant persister pendant assez longtemps, c*est-&dire pendant deux ou troismois. Ainsi il est arrivé chez cinq malades que le point de côté ayant complètement cessé ou étant sifpen marqué, que ces individus disaient ne plus souffrir, s'est réveillé ensuite tout à coup, et il a acquis en peu de temps aésez d'intensité quoiqu'on fût à une périodedéjà avancée de la convalescence: plusieurs fois même les individus avaient déjà qtiitté TbÔpital et repris leurs, travaux. Cette douleur de côté ne s'accompagnait d'aiU leurs ni de ûèvre, ni d'aucun tro uble appi*éciable du côté des prin* cipales fonctions. Ce phénomène se rencontrant au même degré pendant la convalescence des pleurésies «impies, lorsqu'on l'observe aprèsla pneumonie,il faut l'attribuer bien moins & la maladie du poumon qu'à celle de la plèvre. En effet, des einq malades qui eurent ainsi une douleur consécutive, je constatai chez trèh un bruit de frottement pleural, correspûndnnt au siège même de la douleur, Getie circonstance pourrait-elle expliquer la cause de la douleur? peut-on dire qu'Ole dépend du frottement de la plèvre contre une surface inégale ? je n'ose rafBï*mer. Enàn comment se rendre compte de son apparition soudaine ou dé son redoublement brusque; on ne saurait invoquer ici l'existence d'une pleurésie nouvelle meit^ très circonscrite puisqu'il n'y a pas eu de fièvre ni aucun indice d'un épanchement du moins un peu abondant .Dirons-nous plutôt que ce sont de fausses
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RechtUes, De tootes les maJadii's ai^pics, la pneaBaaaie oC une lie celles dans lesqoeUei le^ redintcs cal lica le ploa tan? ment; jenelesai obserrées, en eifety que sur on Tingt-linitièf des malades , proportion peu Ibrte , sî oa la compaie à celle qu'on trouve pour les fièrrcs iatcrmiticatea y lea éryapèles, les coliques de plomb, les fièrres typboidca. Cependaat qaelqnes auteurs ont obferré les rechutes en iMMnlMna flm coosidérable que moi ; c'est ainsi que M. le doctenr Biiqatf parait avoir tu seize rechutes sur quatre-vingt-deiix pmrnwM»" nies (1). Cette di£Eérence tient-elle au traitement employé ooaa régime? je ne le pense pas. D'ailleurs pour être suffitaauncat fixé à ce sujet, il faudrait savoir précisément ce que M. Briquet entend par rechute. Appelle-t-il de ce nom les cas où les syn^ir tomes de la pneumonie s'étant un peu amendéS| reprennent ensuite avec une nouvelle intensité, ce ne serait là qu'une recmdfliceace, et je n'ai pointa m'en occuper ici. Quant à mm je n*ai le- ^i-dc comme rechute que les cas dans lesquels une pneumoaie a reparu pendant la convalescence, et à une époque où celleô n'était pas encore achevée. J'ai cru nécessaire d^entrer dans ces détails afin d^expliquer peut-être pourquoi mes résultats sont en apparence si différens de ceux obtenus par d'autres auteurs. Onze malades chez lesquels j'ai observé une rechute de la pneur monie étaient k peu près également partagés entre les deux sexes, leur âge a été très variable. Une circonstance qui mérite d'être notée, c'est que huit des malades étaient affectés d^une pneumonie du sommet, ce qui semblerait indiquer que les pneumonies du lolje supérieur sont plus sujettes aux rechutes que celles qui envahissent le lobe opposé. Ce résultat s^accorde avec celui de
(I) uirchwetf 5« s^ric, t. VII, p. 481 . — Bien que M, Briquet ait em- ^\nyé le mot récidi\»e^ j'ai prouve plus haut que cet auteur avait sans
duutc yuiilii dire rechutes.
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ÎM. Briquet. A quelle cause i-appoiier celle différence cuire les pneumonies du sommet e( celles (le la base? M. Ëriquet pense que ce sont les tubercules ou une disposition simpler tuberculeuse qui, seules, peuvent expliquer la plus grande fréquence des rechutes dans les pneumonies des lobes supérieurs. Cependant il me seiait impossible d 'adopler celte opinion, attendu que chez aucun des malades que j'ai observés, je n'ai constaté des signes rationnels ou physiques de tubercules. Dans aucun cas, je n'ai pu saisir la cause occasionnelle , it ne paraît pas en effet que les malades aient été exposés au froid, ou aient commis deséeariB de régime, etc. Les rechutes dans In pneumonie furent observées du treizième au seizième jour, 1 dater du début; chei un seul , il y eut trois rechules successives, et la troisième arriva vers le vingt-septième jour, i du début des premiers accidens.
Les symptùmes qui accompagnaient les rechutes furent à peu près les mêmes que ceux de l'affection première chez deux des malades ; c'est-à-dire , qu'il y eut un frisson violent qui marqua l'invasion , il fui suivi d'un point de càlé, de la fièvre, des crachats rouilles; si les phénomènes stèthoscopiques avaient cessé, ils reparaissaient ; dans le cas où ils existaient encore, ils se sont aggravés. Chez les autres malades, la rechute n'a présenté comme sytnptôme constant, qu'une fièvre intense- le plus souvent les crachats sont' devenus plus visqueux, plus aérés et rouilles , d'autres fois on a retrouvé , soit de la crépitation, soit du souffle brondiique qui avaient diminuéou disparu depuisplusieurBJoun.
A en juger d'après les faits que )'ai recueillis , il paraîtrait que les rechutes auraient une durée plus courte que la maladie première ; puisque chez cinq malades , elle n'a été que de un à trois jours, n'a pas dépassé six jour» chez les autres , et a offert par conséquent une gravité beaucoup tnoins grande que celle de l'afTection primitive. Chez le malade pourtant qui e'prouva troisrechutessuccessives.ladurée de chacune d'elles fut de huit et neuf jours , et les symptômes généraux oni été d'autant plus fôclieux que la maladie se reproduisit plus souvent, l'individu courut les plus grands dangers lois de la dernière rechute.
La convalescence peut être entravée, non-seulement par des rechutes de l'affection qui vient de se terminer, mais par
4 5S CON Y ALESCXN CF. .
Tapparition de maladies nouvelles. C'est ainit que |Vi tusi clarer pendant la convalescence de la pneumonie, une vinok ou une varioloïde chex trois; un érysiiièle de la £aoe chei éath une scarlatine diex uu. Ou peut donc établûr qu'il est asm hm de Toir les indÎTidus contracter quelque maladie sioawUft p» dant la convalescence d'une pneumonie; on conçoit d'aiUeai qu'il doit en être ainsi» car nous avons vu que dana las paeowi' nies Cl anches, les forces ayant éié peu prostrées se recou^niai promptement; quand la faiblesse est^^ndet ^U# parsislsfi général un peu moins; par conséquent , oa f oit w»pqHMr îà les deux conditions qui paraissent avoir la princdpala laflaww dans la production des maladies incidentes qui aflectentlasoNi' vaiescens.
Enfin il est des cas de convalescense troiidpeoae } «insi il peut arriver , comme je l'ai déjà dit , que les «ynaplâiiici aigus de la pneumonie cessent tout à fait, le malade ptnlt entrer en convalescence , mais les forces , reiuhoapoint M reviennent pas ou ne reprennent qu'incomplètement 1 0t ■* examen attentif permet alors de reconnaître qu'une poriiou di poumon est restée imperméable, et que la pneumonie ast passée à i'état chronique. On a vu combien cette terminaison ds la maladie était rare. Une cause encore peu coaunons des fausses convalescences , mais pourtant beaucoup moîiis rare que la précédente , c'est le iléveloppem^at da mber» cules pulmonaires 9 soit que ces produits morbides se défC* loppent rapidement , soit ce qui est plus probable, qu'anfiérienii à la pneumonie, celie-ci ait pour. ejSiet de les mulUfdier et d'en bâter le ramollissement. Je renvoie l'examiin de cells question importante au chapitre dans lequel j*ai rechercbé quelles sont les maladies aiguës ou chroniques que la pus»monie pouyait agp,rayer ou produire.
Je n'ai rien à dire de spécial sup la convalescence des pneamonies secondaires, si ce n'est qu'elle est iacowparsbUmeit plus longue que celle des pneumonies primitives; d*aill«urs il est le plus souvent difficile d'en calculer la marche et la duréci attendu qu'il faut aussi tenir compte de l'afltiection première, à qui revient le plus souvent la plus grande part dans ra£Esiibliasemeût des malades et la langueur des principales (onctions.