‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens âges, et dans ses rapports, avec les autres maladies aiguës et chroniquesChapitre 60 sur 76 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

DE LA MQRT.DANS lA PÎ^EUMlQIHIË* -^ JXR ^& CJiVSîiS.

Loisqiie la pneumonie eut une istue fuiMlr, la mort arrÎTft pour les paeuiuoiii«9 primittTet entre le dii<{iMèine6t le âix-^néa*» vièine joui*)et pour les pneuibonies secondmret entre le deuiième et le dixième. Je n'ai pas reconnu que la maladie eàt aucune tendance manifeste à se terminer par la niort^ préférablemenl à certaias jours> comme le croyaient quelques auteurs anciens.

Si nous recherchons suirant cfuel mécanisme' la mort airÎTe dans la pneumonie le plus souvent^ je pourrais même dire pres« que toujoilrsi nous ne pouTons le préciser. Nous voyons une lésion matérielle plus ou moins étendue, qui a profondément modi6é tout l'organisme, troublé les principales fonctions, mo^ difié et presque dénaturé les lois Titales $ mâ^i9 après aftoir con* siatc tout cela, il nous est encore impossible de percer- le voile épais qui nous dérobe les mystère de la nature dans le terrible passage de la vie à la mort% Le génie de Bichat avait vainement lutté contre ces difficultés, aussi ce grand physiologiste ne s'est»il guère occupé dans ses recherches^ que des morts l*aplde#, qui sont le résultat subit d'un grand trouble excité dans l'économie^ parce que dans ce cas , en effet, l'observation peifmet de déter» miner suivant quelles lois et suivant qqel ordre ^ nos diverses fonctions se terminent. Il est mémt* des pneUtneuieê qui sdUt suivies d'une issue funeste, eans que nous puissions nous rendre compte de la mort par le nombre et l'étendue des altérations organiques; c'est ce que j^ai VU pour deux individu^, et M. Louis a trouré lui-même que sur trente^atre pneumofiiee qui s'étaient terminées d'une manière funeste, quatre foie la mort ne pouvait être expliquée par Vétât^ de Torgane primitivement affecté, et même chet deux d'entre ènic, Il n^ëtait pas pos** siblc de se rendre compte de la terminaison de la maladie au moyen des lésions de quelque organe que ce fut (1). D'ailleuiis,

H ) Fièvr€ typhoïde^ t. l, :p. \5M,1« édit.

4G0 CAUSES ]»E LA MORT DANS L4 P!fEUIfO!IIE.

comme l'a encore très bien fait observer M.Loiiis,Ior8qa*on recherche la cause de la mort, on doit non-sealement aToir égul aux lésions matérielles des organes, maïs encore an tronUeda fonctions. Ainsi les pneamoniques peuvent périr par «m dyspnée devenue assez considérable pour intercepter qoelqK temps la respiration. C'est ce que j'ai vn chex une vieille fenœ qui était àla fois rachiûque, emphysémateuse et a£Fectëe d*n rétrécissement des orifices du cœur ; sons llnfloence de celle triple lésion, elle avait habituellement une dyspnée asses conadérable ; une pneumonie s'étant déclarée dans ces conditioH^ quoique la phlègmasie fût U mitée à un espace ôrconscriti Toppression néanmoins augmenta d'une manière dispnqiortionnée, et la malade succomba réellement par rinterraptioB de la respiration, ou par asphyxie.D'autres fois c'est par la vîohntt du délire, par l'épuisement qu'il produit, qu'il faut expliquer h mort des individus ; c'est ainsi que plusieurs des malades qsi eurent un délire violent, tombèrent à la suite de ce sorcrdt d'excitation dans un collapsus profond, et succombèrent réellement comme si chez eux l'innervation était éteinte.

Bichat a dît que si on étudie les phénomènes de Tagoniei os ne tarde pas à se convaincre que dans le plus grand nombre du cas de morts produites par les diverses maladies , la vie commcscs à s'éteindre par le poumon. Celui-ci, eu effet , s'embarrasse, Is respiration est pénible, l'air sort et entre avec peine, la coloration du sang ne se fait que très difficilement,!! passepresque noir dass les artèresi il y aici une sorte d'asphyxie lente(l).Ces idées deKcbat sont surtout vraies pour un grand nombre de cas de pneamonie. J. Frank avait aussi signalé l'oblitération des broncbeiy comme une cause de mort daus les inflammations pulmonaires(2}.PiusrécemmentM. le professeur Piorr y a étudié ce sujet plus complètement (3) et a prouvé Tinfluence que pouvait exercer l'accumulation dans les bronchesd'une grande quantitéde mucosités qui, s'opposant à l'entrée de Tair, finissaient par produire une véritable asphyxie. Ces conditions se trouvent souvent dans It pneumonie, spécialement chez les enOams et les vieillards; en effet

(t^ Recherche sur la ne et la mon, ddit. de Magendie. p. 45 S.

(2) Prazeosmedicaf pars secun^ vol. II, p. S75.

(5) Procédé opératoire, p. S9S, et méd,prmt., 7*lÎTniîfton 4SSSt

INFLUfiKGK U£ LA VJNEUMOML 6UR LES AOTAKS MALADIES. 461

à cesdeux cxti'émes de la vie^ les mucosités séctéiées dans lesbrcmclies ont une grande tendance às'accujnuler-daos ces conduits à cause de la difficulté d(S l'expectoration f difficulté qui dépend de l'épui^ment des forces; en outre» le décubitus dorsal qui est presque babifuel chez ces individus> rend cwipte aussi pourquoi les liquides engouent si souTent les tuyaux aériens. Ces différentes causes expliquent, je croîs, suffisamment Tacçiimulation des muscosiiës dans les bronches sans étie obligé d'inroquer avec W. Stockes, une paralysie des musclés circulaires de Resseisseti. Ce sont ces liquides ainsi accumulés et non expulsés, qui pix>dttisent le râle ; trachéal qu'on entend pendant Vagouie. Mais ici convenons que réc9qfie bronchique ne fait qu'accélérer le moment fatal et le rendre peut-être plus pénible pour les malades comme pour les assistans; mais indépendamment d'elle, on trouve dans les poumons ou aillem*s, assez de lésions matérielles, ou bien pendant la vie, on a observé des troubles fonctionnels assez graves, poar s'expliquer l'issue fatale de la maladie. La présence de l'écume bronchique me paraît être presque toujours* un phénomène d^agonie commençaiite.

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