‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens âges, et dans ses rapports, avec les autres maladies aiguës et chroniquesChapitre 62 sur 76 · SUR LES MALADIES DU COEUR · texte numérisé non relu

SUR LES MALADIES DU COEUR

entre les effets de la pneumonie , et ceux de la pleurësie ,|

la marche des tubercules. Celle-ci çnérit rarement chez

\es phthifiiqnes, et Diâme dans le cas ou répancheitient se

résorbe, on Toît em même temps la maladie primitiire précipiter

sa marche ¥ei^ une temûnaison fAchease , tandis que nous

avons prouvé, qHt le contraire avait souvent Hett-pour la pneu^

nionie.

ARTICLE II

Influence de la pAeumonie 9ur la production et sur la marclie det mfàfir

dies organiques du cœur*

Les mëdecios , frappés des rapports intimes qui e&btent entre le cœur et les organe» de la respit ation> ont admis depuis longtemps que tes maladies des poumons' pouvaient devenir Torigtne ou la cause détenninante'de diverses affecli<ins organiques du cœur ou des gros vaisseaux y mais la plupart n'ont émis ^ute des opinions erronées, ou dont l'exactitude du moinsn'a été démontrée par aucune preuve directe^ Ainsi Willis, mnis suKout Sénac (1), ont pt^tetidu que lorsque le poumon est hépatisé, il en résulte un obstacle an cours du. sang , qui a pour effet d'eocnmu- 1er ce liquide dans les cavités droites du cosur , et de les dilater. Grimaud (2) dit avoir aussi souvent observé dc'S anévrismes du cœur chez les individus qui avaient fréquemment éprouvé des inflammations du poumon , sans préciser davantage son assertion. Avenbrogger signale également la fréquence des mné^ris^ mes du cœur chez les sujets qui succombent avec une pneumonie ; (3) mais il est évident que Tillustre invei^teur de la percussion n'a voulu parler que de ces dilatations passives du cœur, qu'on peut observer, }l est vrai, dans ia pneumonie lorsqu'une grande quantité de sang s'est accumulée dans les cavités de l'organe , mais ces dilatations n'ont aucune importance pathologique et ne constituent qu'un phénomène d'agonie.

Parmi les auteurs modernes, nous trouvons Gorvisari(4){ qui signale aussi la péripneumonie en particulier comme une cause

(4) MaL du cœur. 2e édit., Paris, \ 778, in-4 2, t. le*", p. 44 0. (à) Traité des fièv, t. II, p. 76,

(3) Obs, XIV et Sequen. p. 434 du traité de la Perçus.

(4) Essai sur les mal, du cœur y p. 8SS, V éà\\.y Paris, 4 US.

INFLUENCE DE LA. PNEUMONiR SUR LES AUTRES lfilI.ADIES.

des anévrisines du cœur^ ceux-ci se développeraient suiYantU, soit parce que la libre circulatioir du sang es( empêcha, toit parce que rinflammation s^étant propagée au cosar loi-néiMi cet organe a été afiaibli par la maladie à laquelle il a partki^ Suivant le même observateur , les pneumonies mal guériesy ki pneumonies chroniques, joueraient un rôle plus imiioitaiil encore dans la production des maladies du cœur, parce que leurs effets sont plus prolongés et plus constans. Laënnec (1 ) a émii à peu près la même opinion sur Tinfluence de la pneumonie chronique dans la production des maladies du cœur. Il explique le développement de celles-ci par la gêne que la circulation doit éprouver , et à cause aussi des efforts de contraction anxqvdi le cœur est obligé de se livrer pour vaincre les obstaclea qmsVip* posent à la pénétration du sang dans les poumons. Cependant n on se rappelle que Laënnec n'a vu qu'un très petit nombie de cas de pneumonie chronique, on sera convaincu que cet illuslie médecin a émis ici une opinion fondée plutôt sur la théorie et les probabilités que sur l'observation des faits^ Mais à déirat de cas de pneumonie chronique qui nous manqueront loogtemps encore , nous pouvons presque juger la valeur des opinions de Gorvisart et de Laënnec, d'après Tétat dans lequel nooi trouverons le cœur chez les sujets qui succombent à la plithisie pulmonaire , puisqu'il y a entre ces derniers et ceux qui aost emportés par les pneumonies chroniques beaucoup de conditions communes , telles que la longueur de la maladie , os amaigrissement considérable, la dureté, l'imperméabilîté da poumon ) aussi les auteurs avaient-ils regardé pendant longtemps la phthisie comme une cause puissante des amévrismes du cœur. M. Louis a prouvé, il y a longtemps, que cette opinion n'avait pas le témoignage des faits en sa faveur (â); et plss récemment, M.le docteur Bizot a également mis hors de doute(3) que le cœur, loin d'augmenter de volume ches les phthinqufls, subissait au contraire une diminution notable dana ses dimen-* sions , portant non-seulement sur l'organe en masse et sur la capacité des ventricules, mais encore sur l'épaisseur des parois

(4) T. m, p. 170, 4cddit.

(2) Recher, sur la phthisie,, p. 54,

(5) Mvm. fie lit société méd, d'Ohser, t. h\ p. 290.

Sun LE9 KlLiniZS Dtl COCUB. 47S

elles- mû nies. 11 csi inlîniinent proltabte que la luiîme (lisposiLÎDii doit se rencontrer citez les sujets i[ui incurcut de pucumonie cbronlque , autant du moins qu'il est peimU d'sfGnner un fait lorsqu'on ne peut invoquer en sa faveur que le téinoiguage souvent trompeur de l'analogie.

De nos jou» , M. fiouitlaud (1), reproduisant Its idées de Corvisart, pense que la pneumonie était une cause de maladies du cœur ou dea gros vaisseaux , par suite de l'exteusion à ces organes de la plilegmasit- qui a eovalii primitiTeineot les poumons. Enfin, M. le docteur Legroux, dans un travail très intéressant , publie il y a quelques années (2) , a aussi beaucoup insisté pour prouver l'influence toute puissante que la pneumonie exerçait dans la production des maladies organiques du cœur. Ce médecin dit en effet que sur les tvente et une obser- Tations rapportées dans le livre de Corvisai't, on voit liuit fois l'aiFectiou du cœur débuter à la suite de la pneumonie ■ enfin , suivant le même auteur , sur les dix-huit faits consignes dans l'ouvrajje de MM. Rertin et Bouillaud , les seuls où l'on ait mentionné les commémoratifs , on remarque encoie qu'une pneumonie aurait précédé trois fois le developpciuent d'une lésion organique du coeur, ce dont M. Legroux se rend compte en su|)posant avec Corvisart et M- Bouillaud, que l'inflamnialion pulmonaire s'est étendue aux enveloppes du cœur. Ayant parcouru moi-mênie les observations consignées dans te traité de Corvisart, je n'en ai trouvé réellement que deux (la vingt-deuxième et la vingt-cinquième) , dans lesquelles la pneumonie puisse être consîdéréii comme la cause de l'aflei^iion du cœur, puisque chei les 2 malades, les preujiirs syniptîïmes de la maladie de cet organe se déclarèrent pendant la convali^sci^nce, ou du moins peu de temps après la pblegmasie pulmonaire. Dans les autres cas , les rcnseignemens donnés sont trop peu |irécis, ou bien il y a eu un temps trop long écoulé entre la cause qu'on invoque et le développement de la maladie consécutive, pour qu'on puisse établir entre eux aucun rapport probable de cause à effet.

Dans sou traité clinique Je* maladies du cœur, M. Bouillaud

(i) Clin.méil., t. n. p. lîT

fa) LEilifiirnee, t. I", p. 3IÎ,

474 IDFLUENCE DR LA PTfFUMOOlK SUR lES AUTRES MALAlMM.

rapporte anssi cinq observations â*indiTidii8 qui aTttient en ne ou plusieurs fois dans leurs antécédens, nue pneumonie pliH « moins grave , mais en lisant ces faits avec attenticm , iïest tté âe se convaincre que dans trois cas (obsêrrations îscnzflUtHlcs* xième , cent* quatorzième et cent dix-néuTième) , fl'n*eidllrlih cnhe relation certaine ni même probable entre les pneônNÉiB antérieures et ra£fection du cœur. Mais dans le» deox attim (observations soixante-quatrième et soixante-neuvième), ce npport parait évident , car l'oppression et les palpitations se déreloppèrent pour la première fois à la suite d'une pnemnonie doM ces individus venaient d'être affectés.

Si je consulte maintenant les faits que j'ai moi-mèméiecMlt lis , je vois que sur 36 observations de maladies organiques dn ccenr, dans lesquelles les antécëdens des malades ont étéin(lM|ab avec p^rand soin , je n'en trouve que trois qui aient présenté 1o sjmptAmes d'une pneumonie à une époque plus ou moins As- §^ée ; chez 2 de ces malades, il ne m'a paru y avoir aucun apport entre l'inflammation pulmonaire et FalFection du covj puisque sur ces deux malades, il s'est écoulé plusieurs annéa d'une santé parfaite : mais chez une femme de soîxaiite-buit ioii qui avait éprouvé, douze ans auparavant, une pneumonie, il m'a paru que les premiers symptômes de la maladie dti coeor s'étaient déclarés immédiatement à la suite delà phlegmasîe pal* monaire. On pense bien que je n'accepte ce fait qu'avec h pioi grande réserve à cause de l'époque éloignée à laquelle la wakit était obligée de reporter ses souvenirs; mais ce que j 'ai dit daasiui des précédens chapitres, des complications qu'on observe qneiqiKfois dans le cours des pneumonies du côté du centre ciiciibtoire^ explique comment, dans quelque cas, les symptômes d'oae maladie organique ont paru succéder inunédiatenient & vM inflammation pulmonaire. Le fait suivant que j*ai ohsené l'année dernière prouve également l'influence dont je parle.

Un homme de 48 ans, assez fortement constitué , d'une bonvfi santé habituelle , n'ayant jamais eu ni des palpitations , râ l'haleine courte, entra le 17 juillet 1840, dans le service de l'Hôtel-Dieu, (annexe) dont j'étais alors chargé, pour y êtretraité d'une pneumonie assez grave, datant de quatre jours et qui occupait la moitié inférieure du poumon droit. Le ocbmf «Ufcuhé par moi les deux premiers jours seulement , ne me présenta

* MIR LFR MALADIES nii i;oEi:ti, 475

riea de morbide, la piier>Riooie qui avail ïésisté à deux saignées copieuses céda à l'emploi du larlre sttbié admiainré pendsut 4S keureï seuleiiienl. La convnlesceuce «taU complète le neuvième joui' à daier des premiers atcideus; cependant quelques jours après, le malade s'élani levé, éprouva deroppreasioo, de l'egsoiifileinenlpour wOBter quelques marches , ses jambes s'cedèmatièreikt. L'ayant alors examiné avec soin , je trouvai le pouls régulier, baitanl 76 fois par minute ; les pulsations étaient peu fortes etasseï dépressîbles, Il n'y avait aucune impulsiou à la région précordiale , mais les batteineus eûtendus sur une plus grande surface étaient sourds, etsurlebord gauche ilu sternum, à la hauteur du mamelon, on distinguait du souiHe au premier bruit. La percussion taisait entendre la maiité du cœur sur une étendue transversale de douze centimètres et de un décimètre verticalement. La région précordialc n'oilrail aucune voussure; quoique sourds, les batlemens du cœur étaient sujjei'ficiels et n'étaient séparés de l'oreille par aucun corps intermédiaire ; il y avait de l'oppression. Les juurs suivans, les accidens s'acciurent, de la sérosité s'épuniha eu pciite quantité dans le ventre, et le pouls oltVit momenlauémeni quelques irrégularités. Ces symiitômes |iersistèrent peudaui 2à jours avec toute leur inttniiilé. SousTiaUuence de la digitale douueeen pnudrii, de quelques diurétiques et des laxatifs, les accidens cédèrent peu à peui à la fin de juilL-t le souille avait cessé ainsi que l'œdème, l'oppression était beaucoup moindre, la matité du cœur avait diminué de trois ceuiîmëtrea Iransveisalement et de plus d^un centimètre vertit^alenient. Enfin le malade sortit un mois apiès, n'éprouvant plus qu'un peu d'>:ssuufilenient quand il montait un escalier rapide. Cependant ces accidens n'ont pas tardé U disparaître presque complètement j ayant en effet revu ce malade deux mois après, à l'occasion d'un accident qui nous le ranienaii , il me dit qu'il était peu oppressé et qu'il pouvait tiavailler de son état de couvreur. Les ballemens du coeur étaient toujours un peu sourds, mais ils ne présentaient aucunhruit morbide, et la matité de la ré(>;ion précordiale avait à peine oeuf ccfiiimèties en travei-s, et sîk verticalement. (^

Ainsi voilà des accidens aigus du côté du coeur qui sont survenus brusquement dans le cours ou la convalescence de la jUPQipiqo^je. A quelle nudadie ra|ippr^r les troubles , obs^çrjés

476 INTLUlNCl DE LA PlfEUMOXIE aCR LE8 AVTtiK» #ALAMtS.

chez ce malade da côté du centre circalatoire? la chose cil difficile à délermîner. Ce nVlait certainement pes une pMcardiie. Y ayail^il endocardite? je Fignore , car lei symptAmes de «08 affeaion ne font pas encore suffisamment étaMie pdark diagnostiquer , on ne peut guère que la stnipçonner. Ce qal y a de plus certain', c'est que chez notre malade le cœur fak augmenté de volume. Y a-t-il eu ici une dilatation paasive db cavités? je serais assez porté à le croire, cette typiaicm m parait être en tfki la plus probable et celle qae fiût vàtn naturellement Tezamen et la comparaison des symptAmes sbservés.

Ainsi en réunissant les observations de Gorvîsart, de M. Bonllaud[et les miennes, on trouve trois cas de dihtation anévrionk, et trois d'induration valvulaire, qui prouvent que les prenen symptômes d'une maladie du cceur peuvent se développer lit suite d'une pneumonie. Cependant je ne crois pas qu'il soit démontré, que dans tous ces cas, la pneumonie a réellement pnduit la maladie du cœur, car il n'y aurait rien d'impoiriMe qie celle-ci n'existât déjà à l'état latent depuis un temps plus oa moins long, et qu'elle n'eût fait explosion A l'occasioB di trouble qu'avait excité dans la circulation cardiaque, mieniladie grave des poumons. Cette opinion n'est peut-être paswu fondement, il n'y aurait d'ailleurs rien d'extraordinaire qall en fût ainsi, puisqu'on a vu plusieurs fois des maladies orgmiques du cœur très graves, et en particulier une commoniciCibn entre les cavités droite et gauche n'exciter pendant loog-temfi aucun trouble dans les fonctions^ et se révéler ensuite graduellement ou brusquement à la suite d'une commotion morale, d'mie douleur vive ou d*une maladie aiguë ; c'est-à-dire à la suite de causes qui avaient apporté un trouble subit dans la circolation.

En résumé, on ne peut s'empêcher d'admettre anjourdlui que la pneumonie peut être une cause active des maladies oiganiquesducœur et de l'aorte, toutefois on doit reconnaître aussiqne ce n'est que dans des cas très rares, qu^on voit les inflamniationi pulmonaires avoir un pai^eil résultat. Dans les cas dont je parie, il est probable que la pneumonie peut agir de plusieurs manières; tantôt c'est l'inflammation qui , du poiunon s'étant propagée aux enveloppes du ccBur ou de laorte , a modifié la om-

3U11 Lt3 MAUUILS Illi tOEL'K. 477

liilioi) de CCS organes et a donne lieu à des lésions pcrsis Unies ; d'autres fois ce sont des caillots qui, s'organisant sponlanément, contractent des adhérences avec les parois du cœur ou de l'aorle, ils subissent plus tard diverses transformations organiques, et donnent lieu uansécutivement à dîllcrentes altéralious qui portent sur la capacité des cavités du cœur et sur l'épaisseur des parois. On a vu précédemment , d'après les faits curieux rapportés par MM. Bouillaud et Dalmas, comment la pneumonie pouvait être l'occasion d'un rétrécissement et peutêtre même d'une oblitération complète de l'aorte. Enfin il est peut-être possible que la pneumonie puisse produire une affection du cœur d'une manière mécanique « en produisant une accuniidation considérable de sanf; dans les cavités du cœur ; cette dernière cause n'est pourtant pas démnnlrée, je ne la regarde que comme probable, et j'ai cité prcce'dcmment en sa faveur , un fait que d'autres inlerpréteront peut-être différem-

Quelle induencc la pneumonie exerce-t-ellc sur la marcbc des maladies organiques du cœur, lorsqu'elle survient dans le cours de ces dernières? Il semble que la pneumonie, en augmentant la dyspnée habituelle dss malades, en imprimant un trouble profond à la circulation cardiaque, dût avoir pour effet constant d'aggraver les maladies organiques du cœur, qu'elle vient compliquer. Cependant il ne parai) pas que cet effet ait lieu dans le plus grand noinbredes cas; ainsi,surseptmaladesqui eurent une pneumonie grave dans le cours d'une affection organique du cœur, déjà assez avancée, et qui furent asseï heureux pour en guérir, tous seréiabhrentcomplélemcnt,tousquiUèretit l'hôpital éprouvant au même degré qu'avant la pneumonie, les symptômes propres à la maladie du cœur ; mais chez l'un d'eux les accidents augmentèrent au bout de quelques jours, il rentra six scmaincsaprës, ayant un cedènie considérable, et il ne tarda pas A snccomber. J'ignore quul a été le sort des gîk autres.

Chez le malade dont je riens de parler, les accidents du côté du cœur ne se sont aggraves que quelques jours après la sortie de riiâpital et dix ou douze joui*s après la gnérison de la pneumonie. Cependant je crois qu'on ne peut s'empêcher d'admettre que celle-ci 3 été, soit directement, soit indirectement, la cause Térilable des accideus qui sont survenus. Je conçois que ceux-ci

478 IRFLUESIGC OK hk PRJUmOlltK SOU UbS AtXMMS Uàhè^iU.

n'aient pas éclata quand le ma&Mlt Mit iBcara & VbAiÉrii fj^Ardanl le repos et soif ant un r^me, nuSm < reprendre ses andennes ocenpalions^ les troables i ont apparu arec force et tat pronvë qne la maladie àtgniqtt cet individu Tenait de subir, ayait modifié l*6rgane cetiCraldlr la drcnlation , sinon dans sa structure, du moins dann tes fBB^ . tions.

Influence ds la pneunonie sur la prodocdon et la marrJie da

autres maladies.

(Hydropistes ; maladies cutanëes, manie).

i"* ifydrofisics. Je ne mentiaone qu'en passant Topinipa de quelques pathidogistes angkis et du docteur Abci«ffDinUt|«B pariieulier, qui signalent les iaAamouUioas pulinasiaixip csMM pouvant donner lieu à une hydropisie générale (1 ); mais enfV* courant la description qu'ils donnent t il est réelieHasiptfaftfsible de se former une idée un peu exacte dusî^ge de la principale^ ainsi que desanature.£nFranceoù,depuiapli année* surtout, les diverses espèces d'hydropiaiesQQl éui^é^màUm avec beaucoup de soio, et rattachées à des altérations «UatinMl personne que je sache n'a encore vu des anasarqu^a quVMsaÉt rapporter à une inflaumiation du parenchyme pulnuMmirUf ma part je n^ai jamais rien vu depuis dix ans qui |hU les assertions de nos confrères d'outre-mer*

2"" affections cutanées. Ix>r8qu'une pneumonie se dédKt dans lecours d'une affection cutanée, elle exerce le pluMOUie^ sur celle-ci une action derivative plus ou moins fomplèfi Oa vcit en efiEet la maladie de peau diminuer souvent d'iatensîtcst quelquefois disparaître tout à fait , soit que celte di^Miilka soit définitive, soit que l'éruption cutanée se reproduise plu tard, lorsque la phlegmasie des poumons a elle-même dhai* nué ou cessé. L^action derivative exercée par la pnemnonif sv les affections cutanées, est facile à constater dans les fièvreadrup' tives» et en particulier, dans la rougeole et dans la rariole«AiB0 lorsque la phlegmasie pulmonaire commence avec l'irnptîoD, , celle-ci est incouplète, irr^guliàret mal dessinée; si la pncuno-

[\)Edimb, méd, and, surg. jour*, t. XIV. p. ISS.

SUR t£S MALAl>l£i> CUTAi^ÛLS. 479

nie ne commence que lorsque l'éruption est entièrement sorûe, on ne tarde pas à constater pour la rougeole, que les tacbet pâlissent, s'e£bcent et disparaissent même tout à fait; mais pla4 communément elles prennent une couleur violacée ou bleuâtre.- Oans la variole, les boutons pâlissent , ils prennent quelquefob une teinte livide ou bleuâtre ; si on les presse, ils ne donnent plus au toucber cette sensation de dureté, et plus tard d^élasticité, que pi-ésente Téruption variolique dans le |M:«mier septénaire, lorsqu'elle est r^ulière ^ si la pneumonie survient pendant la période de suppuration, les pustules s'affiiissent brusquement, elles sont flétries à une époque où elles devraient encore ofirir beaucoup de tension et de résistance. Cette influence exercée par la pneumonie sur la maladie cutanée, est toujours du plus fâcheux augure , et tous les malades chez leaqueb elle a été observée ont succombé sans aucune exception.

Dans d'autres affections cutanées, la révultioiicxercée par la pneumonie peut être favorable, et Ton peut voir cesser alors des affectioiis qui persistaient depuis un temps plus ou moins long, et avaient quelquefois résisté à des traitemens très prolongés. Ainsi> j*ai vu une jeune fîlle mal régle'e qui, portant aux jambes Un crytlièitie depuis plusieurs mois , et ayant été afieclée d*une pneumonie grave, la maladie de peau diminua si rapidement , qu'en six jours elle avait tout à fait cessé pour ne plus reparaître, ne laissant dans le point qu'elle avait occupé qu'une couleur bleuâtre. Ce qu^'il y a de remarquable c'est que la pneumonie peut^exercer cette action révulsive dans les afiections cutanées qui sont de nature spécifique ; tantôt Tétat morbide de la peau disparaît pour toujours, d'autres Fois il revient spontanément et peut reprendre même son intenïiité première , dès que les symptômes tlioraciques se sont amendés ou ont complètement cessé. Ces effets ont surtout été obseiTés dans les cas de syphilides:M.Le docteur Cazenave (1) dit en avoir vu plusieura exemples ; et je possède Tobservation à^vm homme <|ui, ayant été affecté d'une pneumonie médiocrement intense, danslecours d'une syphilide papuleuse, celle-ci s'affaissa,diminua d'intensité et avait presque entièrement cessé lors de la convalescence de la maladie intercurrente.

(I) T/Use sut' la HtvuUîQn ci la diliwation^ p. 10, Paris, IS40.

480 IKFLL£^C£ U£ LA l>xN£L»LOMl£ SU£ L£S AUT&ES MALAM£|.

Z* Manie. — J'aidéjà dît que la pneumonie pouTail être kcaiiK occasionnelle du développement d'une manie ches des sqdi prédisposés. Les recherches statistiques de MAI. AnlMiid cl Thore ont prou vé, que pendant l'année 1830» sur 01 maniaqH qui furent admis à l'hospice de Bicêtre , huit étaient éênuà fous à l'occasion d'une maladie, et sur ce nombre on fipmptat cinq pneumonies qui, s'étant accompagnées de délire daaslor cours, celui-ci avait persbté et avait pris les caractères de la ■»nie aiguë. J'ai observé dernièrement un cas semblable, eqNidant ces faits sont encore insuffi^ans pour démontrer qœ k pneumonie est une cause de manie plus active que tout aatie maladie aiguë fébrile; c'est aune observation ullérienre i k prouver

ARTICLE IV

Influence de la pneumonie sur la grossesse.

J'ai désire connaître l'influence que la pneumonie eiequl sur la marche de la grossesse et sur le produit de la concepCioa; cette question était extrêmement importante, tant sons le nf* port du pronostic que de la thérapeutique. N*àyant eu oocbshs d^observer que quatre cas de pneumonie chez des femmes ticeintes, j*ai consulté les principaux recueils de mddecine|Ctf» pu re'unir onze autres observations d'inflammations palmonaires affectant des femmes arrivées aux différentes époques de la gestation. A Vexception de deux femmes qui portaient w» maladie organique du cœur assez avancée , toutes les asirsi étaient assez bien constituées et paraissaient jouir d'une koasc santé lorsqu'elles furent prises de pneumonie. Parmi œs quime femmes, il y en avait dix qui n'avaient pas encore atteiat le sixième mois de leur grossesse, tandis que les cinq snlisi touchaient aux septième, huitième et neuvième mois. Des dis femmes qui ne comptaient pas encore six mois de grossBU^f quatre ont avorté les quatrième, cinquième, sixième et vieor vième jour à dater du début de la pneumonie. Ches trois. Favortement a été suivi d'accidens plus graves du c^lë de la poi* trinc^ et la mort est arrivée trois ou quatre jours après ; uneseule, dont la pneumonie était peu étendue, a guéri sans éprouver ancims symptômes fâcheux. Les six femmes qui n'avortèrent pas, succombèrent toutes sans exception aux progrès de la pnenmo-

ni<:. MauiicËau cti l'apporte un exemple qu'il ob^eiva eu 1673 sur une femme illuslie (1).

J'ai dit que cinq femmes étaient ai'i'ivées û une époque assez voisine (lu teruie de la grossesse; ainsi deux étaient enceintes de sept mois lorsqu'elles furent affectées de pneumouie; chez l'une et l'autre, on observa un accouclicnient prcmatuic au douziémeet au quinzième jour ; l'expulsion du fœtus précéda dedcux jours seulement la terminaison funeste. Les trois femines qui restent commençaient leur neuvième mois, l'une d'elles même ne comptait plus lorsque la pneumonie se déclara ; deux mirent au monde aux septième et huitième jours de la maladie un enfant vivant ; l'autre femme dont j'ai cm- ])runté l'histoire il Valsalva (2), mourut le cinquième jour avant d'occouclier, l'opération césarienne fut faite aussitôt après ta mort, mais l'enfant avait déjà cessé de vivre.

On peut conclure des faits qui précèdent, que lorsqu'une pneumonie affecte une femmeenceinte, et qui n'est pas encoie arrivée au terme de la gestation, elle a pour résultat le plus ordinaire de provoquer uu avortcinent ou un accouchement prématuré, c'est en cil'etcetfic nous avons observé neuf fois sur

Il était intéressant de savoir si la pneumonie détermine plus souvent de i^areils uccutcns que toutes les autres affections aiguës ; on conçoit que ^rur éclairer cette question, il faudrait posséder un grand nombre de faits ; toutefois je vais donner ici le l'ésuuié dca ohservatious que j'ai faites; elles pourront être utiles un jour à ceux qui étudieront plus complètement cette importanie question. J'ai observé quatre cas de varioles chez des femmes encciirtes , toutes ont avorté , ei ont succombé peu après ; résultats mallieiLieiix , mais qui sont conformes à ceux ', qui ont été notés par presque tous les auteursi la variole semble Être en effet de toutes les maladies ai|;ucj qui peuvent affecter les femmes enceintes , celle qui provoque le plus souvent l'avortemcnl. 11 pnralt en être de même de la rougeole cl de In scarlatine ; cependant sur qaatre rougeoles que j'ai observées chez des femmes i;roescs , aucune n'a troublé la marche regu-

(4) Trailé des tiial. de» fèmiaet grosses, Farîï IfiOi , (î) Morgagni, SO» lettre, J (0.

482 INrtl.l.^r.K 1>£ LA PMKUMOPîlE.

Iière de la gestation. Enfin sur viogt-âeùx feidtnes qui ëpronvèrent pendant leur grossesse diverses malacliès'lilga^ fehiilâ^ telles €fâe choléra , entcriîe', bronchite âigtië', Ibteiisêy pkaresie , '^ryisipele Ae la face et'dù 'cuir 'chë^félb*, 'cfcâii 'SiÀméiit aVorJèrêut'ët iûoùrurent'bieniôt àprës (dhbTéra et fièilSt typliôïde) (l"). ïiiîsi ta pne^imôhie ^fiâralt être lùîe'cfes'ftialaiEB aiguës ^iii déterminent le plus so\?vent ch'ëz lès f&iuiiéiB ffHik soit lin 'avortemèiit /soit iihlaccôuchément pr^înaiiiré.

Oôçîment agitWpnSûiri'ôbie'^ur p^6clflt^e cTi^^eifèAnnJsfl icUeux ? 'Ëst.'é^^^^^^^ t8iîx? 'eé^SaiéuhoiiëSît

*blié bâucôup'H'aYi)rtefaiiéib'8-à^£^ AerMré caxiÈei }*kY&àéfèa> îant'cj^e'sbn inâiï(énce hetiie 'seAilile pas dîfioidbtlNfié. iSnISet, pàriiiilès douze feiîiines grosses qui ëtaieht àSecïêës lie broDcbite intense, quatre avaient' une' toux 'continuelle que'rién nie pouvait calmer, et qui a* persisté' presque sans internii^âon' pendant fini

' d^un mois. J*^j6iitêrai que j*ai Vu' trois febimëflf plitliisiqiKS pbrin leur enfant' jusqu'au térJbàe'hàtufel cfe la grôssÊëse , ' ttbnliblint une toiix opiniâtre (2). Je' crois ' donc 'que Rdifluencé Uâïéà» exercée' par la pnèiimôme sur la marche de la groàieiSieyfét^ que par Timpor tance deTorgane qui est affecté ,'|(àr* h j^Tfaé de la maladie, Tintensité de la fièvre qu'elle détermine, Vk

'n'omï)re des phénomènes sVmpàifaiqués du^elle'proliïut Aude de presque toutes les fonctions.

Il ^aîit également tenir comple de l'iiifluefice fàcheôie'ïe'h pneumonle'sur le fœtus' lui-méiiâie. Ainsi, parmi lés ïrdb en&Bs liés à terme, ou viables, sur léelqùèls je' possède âesfeksfclgoemens, il' y en a un qurest mort peu d'heures après' sa' nuMD<^

'un autre était très taible, et je doute qu'il ait vëca lôngtifinpi euûn lé troisième était bien portant. Le leheur aàra'aôiisi'ïe-

(1) Hy eut : 1 choléra, 1 lîéfvre t jphcnde, 8 enbtfrit«r,f 9 ^Voiidhîttf lignes <] ont i capillaires, % pldurénes, S érynpâlës, 1 edb^halite* liMpla- ' part do ces faits ont été observés par nloi a THtoi-Diieo-AiineBey'oQfa ' envoyé pendant quatre mois toutes' les femmes qui MptCsentaÛDl an hireau céntraTà Pheure où j^étais de service.

(9) Contrairement à ce qu'on dit, la phlhisie a mmfyé r^paliâreBcol avec la grossesse. Ciicz rune des malades, les premiers symptômes des tubercules se sont déclares quelques jours après la conception , ik ont «an^ Vcsse ^aît dcAp tigres, racconctfëAitfnt ^t lieu h tlsiHiie/iikMs^a-tonK. urri\cc û la deruièrc période, succomba trois i^bihàht^s aptfa»

VALEUR Ohi L'iUNClPADX ^ÏNl^xâvES. 483

marqué combien est grande }a mortalité de la pneumonie chez les femmes grosses, soit qu'il y ait eu avortesnent ou accouchement prématuré, soit au contraiire ^ael'axpukîOtt du fcetoan'ait pas eu lieu. Dans le premier cas, on a wn les acetdens inflammatoires de la poitrine s'aggraver aussitôt, et la mort arriver au bout de peu de jours. Je reviendrai dVllllevrs sur ce point à l'article du pronostic , et quand îl s'agira du traitement, je recherchesai «i les méthodes thérapeutiques employées ont eu cpelfpie ialhieiice aor les résultats fikiieux que Je viena d'indiquer«

Page 1