‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens âges, et dans ses rapports, avec les autres maladies aiguës et chroniquesChapitre 67 sur 76 · SYMPTOMES SERVANT AU PRONOSTIC · texte numérisé non relu

SYMPTOMES SERVANT AU PRONOSTIC

des bulles muqueuses Irares et disséminé^, nous avons vu qu'il y avait peut-être quelque motif de soupçonner le piwage de la pneumonie au troisième degré, pourvu que ces phénomènes d'auscultation coïncidassent avec une aggravation dans leshjmptdmes généraux. Enfin, je dois i^ppéler que tè iseufte tubaifè très'foirt, très rUde, peut cesser 'tout à fait tfb joiir au léndieitisthi et n'être remplacé que pat un brtiH r«9pîntloite!ftlible où nxà't ces phénomènes , loind'ineNqiieï h résototion de l^iigorgemènt, peuvent ccflncider au contraire i^vént afvcie troisième degré , il faudra doibc 'ène0re àci jugêr*de Hi Viîliffr pronostique des phénomènes d'aitscu!tfiti6iipM*1èr<:9l}sidérati0& de Pétat général des sujets.'

8** Organes digestif s. —Les organes digestifii ne fonriiissenK autan signe ^ui serve au pronostic , à part les cas de complication.

9° Z7n'/?e. — D'après les faits que f ai exposa précédemment avec quelque détail, on conçoit que Fexamen de l'urine puisse souvent éclairer le pronostic de hi'pnenmouie. Toutes tes foiis en effet que pendant la période aiguë de la nràtladie , l'urine fournira spontanément un dépôt abondhnt , lorsque surtout traitée par l'acide nitrique^ elle se troublera et donnera un précipité, il est à peu près certain que le malade guérira ; itiais il convient, avant de se prononcer , de s'assurer de la nature du précipité. Si' c'est de l'albumine, si ce produit se Inotitre abondamment et d'une manière continue , l'existence d'une maladie de Brigth étant probable; quand même il n'y aurait pas d'oedème, le pronostic^ loin d'être favorable , doit au contraire être plus sérieux. A l'époque oùj'étudiais l'état de i'urine dansiapneuraonie, j'observai deux malades atteints de cette affectton^dontl'urine traitée par Facide nitrique et la chaleur , fournit un coagulum abondant ; T'absence d'œdème, de douleurs de reins, un état de santé parfaite, dans un cas du moins, ne me firent point sottpçoirner d'abord que les reins piissentètre te' siège d'une altération profonde; je regardaîen effet cet étatde Itnfitte ooinme l'iYidice d'une terminaison heureuse , mais je ne tardai pas à être détrompé , lorsque je vis les symptômes s'âggirai^er, bien 'que l^rine continuât à donner de Talbumine ; c'est alors que mon attientlon fnt fixée du côté des reins ; et Tautopsie déûiorifra eti effet vers tes organes une augmentation de volume avec hypertrophie e^

Ai

PUO.NOSTIC DE Ll P;(£L'MUMJE.

iransioi'uiaiioii jaune de la subslançs corticale, AÎnii ft décoloralion de la substance mamelonnée.

l XV. Marches et lermÙHÙsoms,

Il est presque inutile de dire que le pronostic est fifonklt lorsqu'on voit les symptômes généraux et locaux dlminoer i \ mulianément d'intensité. On devra ^[alement espérer une iw favorable de lamaladie,lorsqucles symptômes génëranxseienS amendés toiisaeuls, lorsque par exemple le pouls aura beaooHf perdu de sa fréquence, la peau de sa cbalear^ lorsque le b» ne sera plus altéré et que les forces seront moLiis piobéft Dans ces cas, le pronostic devra être favorable, lors ncae qu'on ne remarquerait encore aucune améliora^on dam tèA local. Nous avons même dit précédemment que qodqMUi les symptômes généraux pouvaient diminuer , qaoii|K les phénomènes d'auscultation fussent perçus sur «k plus grande surface. Aussi j'établis comme une r^e,<fs pour iixer sûrement le pranostic de la pneumonie, le méks doit d'abord avoir égard à l'état général du sujet, Télat hà n'étant presque qu'un élément accessoire pour déterminer Ri* sue probable qu'aura la maladie . C'est ainsi que le nroDOÀ sera incertain dans les cas où l'auscultation et la percussion » diquaut une diminution dans l'engorgement pulmonaire,' Is syinplônies généraux seront restés stationnaires. Le pronoiû sera fdclieux si en même temps que les symptômes locaux se lotf améliorés, on note une aggravation dans les phénomènes p néraux : plusieurs de mes observations particulières jortiM ces préceptes.

Ainsi quatre malades présentaient tous les signes riijS' ques d'une pneumonie très grave arrivée partout au deaxièis degré; les symptômes généraux étaient en rapp<M-t avec la eit* vite des phénomènes locaux \ du dixième au douzième jouT} ces derniers parurent s'améliorer, le souffle tubaire diminoa ot disparut même complètement, il fut remplacé par un oommoiceuient d'expansion pulmonaire, et, quoique la madté (utenooff considérable, elle était certainement moins complète que daoi les jours précédcns ; cependant les symptômes généraux étaient en desaccord avec cet état local ; car le pouls avait conservé a fréquence, lu peau sa cbaleur vive et sèche, les traits s'cttioU

altûi'cs d.ivaulnge, et lus forces étaient plus pvostrccs que la veilIc) aussi n'licsil;i-t-on poiiil à porter on pronostic ttks fà< , vheux. Tous CCS malades en effet ont succombe, et l'autopsie » démontré une hépatisalion jjrise d'une portion plus ou iiioîiis considérable du poumon j dans deux cas , la permcabililc des vésicules les plus superficielles expliquait le murmure respiratoire qui avait été perçu dans les derniers jours; mais cliez li?s deux autres sujets l'hépatisallon était tellement générale qu'il Àait dillicile d'expliquerle phénomène. Ainsi donc, lorsque dans I -le cours d'une piieumoaie,on voit les phénomènes locauxdîminuer en même temps que les sjmptùmes généraux augmentent d'intensité, s'il n'y a aucune complication capable d'expliquer celle aggravation , on devra porter un pronostic fâcheux, car il est probable que la maladie passe alors à l'état d'hépalisation grise.

Il est inutile de dire que loules les fois qae l'état g;e'nér<il et local fera soupçonner le ti'oisiËme degré , le pronostic sera excessivement grave ,

La présence des abcès pulmonaires ajjgrave toujours le pronostic de la pneumonie; ils peuvent, en ell'ci, en s'oiivrant dans lu plèvre , être la cause du développement d'une maladie grave ; tandis que s'il est évacué par les bronclies, il peut, s'il a une certaine étendue, épui-er les malades et amener tous les symptdincs d'une fièvre lieciique.

Il est évident que la gravité sera en raison directe de l'élenduc du foyer, ei de l'abondance de la suppuration; cependant il peut arriver, comme dans le (ait rapporte par M. Robert, que Texpcclonlion iiunilente riiminue ou cesse pour être remplacée par des crachats simplement muqueux; cependant l'ainaigrisseiiiciit, le dévoiement et \es autres symptômes coUiquatils persistant, le pronostic continuera à être grave.

Lamortestiiresque inévitable lorsque Upneumoniesetecmine

par une gangrène même très circonscrite . Cependant comme

on possède aujourd'hui quelques cas de gangrène piilmona

dont l'issue n'a pas été funeste, ou'ne devrait peut-être pas voi

à une mort inévitable les malades qui préseul étaient les sigues

L de celte Icnninaison. Quant au passa(;e de la pncuiuouie à 1^'é-

^b tit diroiiique, tout fait présuiucr que ce mode ilv lerniiuaisoii

V de la maladie est très grave-

Ô4b PKOMA5TIC DE LA FIIECIIOWIB.

S XVI. CampliemiioÉi.

Sauf quelques rares exceptions , on peut établir dfuMH-

nière générale, «pie le pronostic de la pneumoiiie estd^i plus Qcheaxy qu'on voit la maladie se oomplïqacr d'one on.|b sieurs autres aflbcUons.Ici la granité du pmnogtic eal piopcn» née à la gravité et au nombre des complicatioiis qa'on obsom 1^ Du côté des organes respiratoires. Le catairhe palmMiir n'ag^raye pas le pronostic de la pneumonie ,. m moina qalit soit intense et très étendu. Il peut alora constiuier la miUk principale, comme on TobserYe souvent ches les jcnnei a^rii qui sont atteints de pneumonie lobolaire*

D'après Laënnec (1 ), la pleurésie jointe à la pnemocmiey ■'«(• mente pas le danger de cette dernière; elle lecUmiiuienitBCBB en modérant l'orgasme inflammatoire par la compiaifli qu'exerce sur le poumon le liquide épanché dans la plènt Laënnec ajoute que la pleuropneumonie lui parait moiosdir gereuse que la pleurésie ou la péripnenmonie «wwplft • auii si on se rappelle que j'ai établi précédemment que repuchement pleurétique ne m'aparu ni modérer nicircoiiacriie Yw flammation pulmonaire , je pense qne son existence ne siwi< en rien modifier le pronostic de la pneumonie; que oèlle-d doit être toujours considérée comme grave du moment qu'dlc <xcupe une grande partie du poumon , quand même on waà certain qu^elle coexiste avec un vaste épanchement pleurétiqae. V Complications cardiaques. Je n*ai rien & dire de partkr lier. Ici le pronostic de la pneumonie est toujours aggravé po Uapparition des symptdmes morbides du côté du cœur, dnpi* ricarde ou des gros vaisseaux.

30 Complications cérébrales. De toutes les complications qa'oi observe dans le cours de la pneumonie , le délire est pent-ilK celle qui doit inspirer les craintes les plus sérieuses sur V'wat de la maladie. En effet, sur les 27 malades qui farent affedéi de délire, 8 seulement ont survécu. Mais je ne parfe ici que d'os délire plus ou moins continu , et nullement du trouble, qu'éprouvent momentanément les facultés intellectuelles pendant les paroxysmes du soir et de la nuit. Ce n'est là, en effet , qa'o* phénomène qui m'a paru n'avoir qu'une médiocre importaaflft

(I) T. II, p. 33 j.

D'APRES SES FOitMES. 547

et dont la valeur pronostique me semble tout à fait nulle Jl faut paiement faire la part des idiosyhcrasies; car il y a des indiyidud qui dëlirent> dès qu'ils sont malades ; ainsi je connais une dame nerveuse^ qui éprouve un délire assez intense pour peu qu'elle ait de la fièvre. Part ces dispositions individuelles qui enlèvent a(!i phénomène délire, toute soli importance pronostique , dans tous les autres cas , ce symptAme indique un danger prochain , quelles que soient sa forme et sa nature. M. Rayer (1) dit avoir vu chez les ivrognes un détire qui avait apparu tout d'un coup céder facilement à l'opium. La chose ailrive en efiet quelquefois ainsi; mais le délire diminuant ou cessant, la pneumonie n'en continue pas moins sa marche dans la plupart des cas. Tontes choses égales d*ailleurs , le délire qu'on observe chez les ivrognes me parait moins grave que celui qui affecte les individus sobres, parce que nous possédons des moyens plus efficaces pour le combattre, et qu'il se lie bien moins souvent que le prenûer à l'existence d'une méningite. Enfin le délire qui persiste pendant la résolution de la pneumonie parait n'of-* fiir aucune gravité, et dans les cas qu'on connaît jusqu'à présent, il a presque toujours cédé spontanément.

% XyiL Formes de la pneumonie»

Nous avons vu que la pneumonie ne présentait pas toujours les mêmes phénomènes , que quelquefois elle s'accompagnait d'une série de symptômes, qui, en modifiant sa marche» influaient sur son issue favorable ou funeste , et devaient par conséquent modifier le jugement du médecin.

Il est évident que, toutes choses égales d'ailleurs, une pneumonie firanchenient inflammatoire , dégagée de toute complicar tion , offrira plus de chances de salut au malade qu'une pneumonie qui se complique de quelque élément insolite du càté d'un des organes importans de la vie.

Parmi les, for mes de pneumonies que j'ai précédenunent admises et étudiées en particulier, je signale la forme tyj^hoîde comme étant peut-être la plu^ grave de toutes. Si on poavait se fier à l'exactitude du tableau qu'Ozajaam a publié sur la mortalité produite par les principales maladies qui ont régne épidémiquement 9 pu voit que la pneumonie maligne a été

(I) But. de tAc. de médecine, Paris, 1840, t. IV, p. «46.

l'une des plus meurtrièies, puisque le chîf&re de la raorlaliiê aurait été de 70 pour 100 ; c'est-^-dire que la pneamonie tf pkoïde épidémique aurait été presque ausn aourent lataleqv la fièf re jaune et la peste. Cependant je ne pense pu ip'a poisse accepter ces chiffres avec confiance , attendu^ oom je l'ai déjà dit, que, sous le titre de pneumonie maligne, bl anciens auteurs ont probablement confondu des maladies tàj diverses, A Tétat sporadique, la forme typhoïde est aussi Vtmi plus graves; j'ai vu en eflct succomber le quart des nuUfi qui en furent affectés.

La pneumonie que Ton a appelée ataxo adjrnamiquej est ceDe qui est le plus souvent suivie d'une issue funeste. Lorsque k délire est violent , lorsque les malades se livrent à des voofr rations, à des violences envers les personnes qui les soignât i le péril est extrême.

Dans la forme adynamique, le danger est en rapport afech prostration des forces ; car pliis celle-ci est considérable et phi aussi les lésions secondaires sont nombreuses etgrares. Qnekpei' uns des symptômes qui accompagnent parfois la forme adpf mique, telles que les selles iavolontaires, les pétechies, etsoito^ les escharres, viennent encore ajouter à lagrayité du pronorit La pneumonie franchement intermittente ne présente sikh péril ; il est facile d'en arrêter la marche. La fièvre rëmitteate pneumonique offre au contraire an danger beancoap piv grand; toutefois il est bien rare qu'elle emporte les maÛei dès les premiers accès ; cela n'a lieu généralement qu'autant qK de nouveaux accidens se déclarent, lorsque par ezem^eeils Tiennent à se compliquer des variétés de fièvres pemicieuscsaoïquelles on a donné les noms de délirante^ de comateuse ei id' gide. Il importe, dans tous les cas, d'enrayer leurmau^he leplv tôt possible , attendu qu^à fur et mesure que les accès se reptO" duisent, l'altération des poumons devient plus étendue et plos profonde , et se trouve alors moins attaquable par les anti^ riodiques. Enfin il est toujours à redouter que la fièvre pneamonique révête une forme plus grave, c|ir elle emporte alon ki malades dès le premier ou le deuxième accès.

Je n'ai vu succomber aucun des malades qui fuient iffectés d'une pneumonie bilieuse simple, et que la gaérifos fut toujours extrêmement rapide, presque instaniemée pour

n'APiiys l'usage dks alcooliqitis ic début. 540

ainsi dire, sî le praticien saisissait habilement rindication éva* cuante. Mais cst-cc-à dire que telle doit être toujours la terminaison de la pneumonie bilieuse ? je ne le crois pas. II est en effet telle constitution médicale , et les auteura en rapportent de nombreux exemples où la forme bilieuse , surtout si on ne sait pas saisir à propos Tindication thérapeutique qu'elle réclame , d^énère, se transforme en pneumonie typhoïde ou maligne, comme StoU , J. Frank et plusieurs autres paraissent Tavoir observé plusieurs fois.

Les pneumonies latentes sont très graves, de Tayeu de tout le monde; mais cette gravité tient moins à la maladie elle-même qu'aux circonstances concomitantes. Ainsi notis avons vu que les pneumonies latentes s'accompagnaient souvent de symptômes graves du côté des centres nerveux , ou d'une prostration excessive , symptômes qui en ont imposé , et fait croire souvent à toute autre maladie qu^à une inflammation pulmo* nuire. Ces erreurs de diagnostic , le relard apporté à l'application des remèdes convenables , quelquefois même l'emploi d'une méibode de traitement inopportune , sont tout autant de circonstances qui rendent encore le pi*onostic des pneumonies latentes beaucoup plus graves.

§ XYIII. Usage des alcooliques au dedut.

On sait que dans la classe ouvrière , et souvent aussi dans la classe éclairée^ les malades prennent une assez grande quantité de vin chaud aromatise , ou divers liquides spiritueux ou excitans , dans le but de provoquer une diaphorèse , parce qu'ils sont persuadés pour la plupart « que leur maladie dépend d'une transpiration arrêtée, où, comme ils le disent aussi, d'une sueur rentrée, Ceries , c'est là une pratique imprudente^ que la raison aussi bien que la science repoussent, et l'on est tout d^abord' tenté de croire qu'elle doit souvent influencer la péripneumonie d'une manière fâcheuse^ et amener des résultats désastreux. Mais comme je me suis imposé l'obligation de ne croire et de n'admettre que ce qui se trouve démontré rigouri'usement par l'observation , j'ai recueilli des faitS; et voici ce qui réstilte de l'analyse que j'en ai faite. Quairantc-cinq malades ont bu du vin chaud sucré, la plupart n'en

ont pris qu'une ou deux fois \ cinq en ont ba pendoi .^ty huit, neuf et dix jours de suite; la quantité a Tfiié cbIr un verre et trois litres. Or, sur ces quarante-cinq «itlftfJn dM je parle, il n'y a eu que cinq morts, c'est à dire que la OMirtilili n*a été que d'un neuvième. Je n'en condas pas pour cda^ l'emploi des alcooliques ait été utile ; mais il reste proné au moins qu'ils n'ont pas eu les résultats fâcheux qu'on pomÉ prévoir; d'ailleurs le chiffre peu considérable de la nortilili s'explique par l'%e des malades dont la majorité ne dépaaÉ pas 32 ans ; enfin, la moitié ^es individus n'avait qu'onepoei' monie d'une moyenn.e intensité , et que iSisage dà spiriUMP n'avait pas aggravée.

n résulte donc de ce qui précède que , lorsqu'un mahletfteint de pneumonie nous apprendra qu'il a pris une ooW quantité de vin ou d'eau-de-vie, nous ne devrons pas, en w son de cette circonstance seulement, redouter que la maladie aura plus de gravité cbez lui que s'il n'avait pas fkit usage d'œ boisson stimulante. Il me serait impossible de dire la quantilê de vin ou de liqueurs que les malades peuvent ainsi prendie presque impunément, ni le nombre de jours pendant lesqodiik peuvent se livrer à cet écart de régime. De cinq individus qs burent ainsi du vin pendant sept, huit et dix jours, deux hkcombèrent; mais il serait peut-être injuste d'attribuer ce lésjtat exclusivement à l'usage du vin pendant'cette longue période; il faut plutôt reconnaître ici l'influence qu'a dû exercer l'ibsence de toute espèce de traitement.

Nous venons de voir que l'usage des liqueurs fermentéei ii début de la maladie n'a eu aucune influence fâcheuse sur l'ime dela'maladie; il ne parait pas non plus qu'aucun des principafli symptômes ait été sensiblement aggravé. Ainsi, ayant interroge 16 malades sur l'intensité du point de côté avant l'ingestion di vin et quelque temps après, il ne parait pas qu'il y ait ai ni augmentation ni diminution dans la douleur; plusieurs fois, lorsque le vin chaud fut bu pendant le frisson, il eut pent-tee pour effet de rappeler la chaleur un peu plus tôt ; lorsqu'il f^ pris pendant que la fièvre était établie ; il n'a paru l'augmenter que deux fois; mais dans un tiers des cas, le liquide ingéré produisit une diaphorëse plus ou moins abondante î trois malades ont eu des nausées ou des YomîsseniOtf

n'APBFS t'ÉPOQÎlE* HfJllEU.E I.RTftÀrTÏMF.NTPrTCOWMENrii, 3fll

après avoir bu du vin chaud , et deux éprouvèrent peu tiprèa, et pour la première fois, mie céphalalgie violente. Enfin, J8 malades interrofréa sur l'influence que l'ingestion d'un liquide excitant avait exercée sur le malaise gênerai, 2 seulement prétendaient avoirétë soulagés; les autres n'avaient ressenti aucun tSet sensible ni en bien ni en mal. On voit en définitive que si on doit blâmer en rëj>le générale l'usage des liqueurs excitantes m début de la pneumonie, c'est moins dans la crainte qu'elles puissent nuire que parce qu'elles sont complètement inutiles.

S XIX. Epoque à laquelle le traitcnent fut eommeneè.

Une des causes sans contredit qui rend les pneumonies plus '"graves dans la classe pauvre que dans la classe aisée de la société, c'est que les premiers négligent trop souvent les symptâmes, du début, et ne viennent réclamer les secours de l'art qu'après avoir donné à la maladie tout le temps de s'accroître. On voit, en efTel, que toutes choses éjales d'ailleurs, le chiffre de la mortalité est d'autant plus considérable que les individus entrent à l'hûpital à une époque plus éloignée du début de la maladie ; c'est ce que prouve le tableau suivant s

Clifï les malades entrai le* S premiers joui» ,

mortalité un treizième,

Cliez ceuT entrëi le S' jour, mortalili: un treizième.

4* Imîtième.

8' quart.

Ce tableau n'a pas besoin d'être commenté ; on voit que chez les malades qui entrent dans nos hôpitaux , le pronostic est f;énéralement il'autant plus fâcheux qu'ils viennent réclamer nos secours à une époque plus avancée de leur maladie. Il ne faut pas seulement accuser ici l'absence de tout traitement actif, qui a permis âi la maladie de suivre sa marche; mais il faut en outre se rappeler (|ue ces malades de la classe indigente ont été soumis pour la phipart .\ des conditions hy-

niques plu;

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'i/ii pr;ONa%Tir. de T.â pnf.it MO art p.

travailler on ù iiiardiei* daus les premiers jour8;pliHÎeiurtseiiM impose l'obligalioa de iiunger sans en avoir le dëûr; il cm quiyéuiDt prives de vêtemeiis suffisans ott JMibitMt desck» bres mal doses , ont été exposés pendant pluiicuie joon è suite à un froid continuel* Enfin il isol bien aoHi faire lafHt de la Catigue que doivent éprouver de paanren malades qw ma souvent obligés de se rendre à pied à Thôintaly de points yb ou moins éloignés, exposés à toutes les intcsupéries Ai climat perfide , et dont les effets sont d*aatant pins fnwKi que ces malheureux sont plus faibles, et arrivés A une périiè plus avancée de leur maladie.

§ XX. Pronoslfc des Pneumotvef secondaires.

Il n*y a aucune parité à établir pour le pronoeiic, enneb pneumonies priuiiiivesy survenant ches des sujele hien port» et les pneumonies qui attaquent des individus déjà aflbiblîs d^ puis un temps plus ou moins long par quelque maladie aigsé ou chronique. Ces dernières , en effet, sont très eoavent mortelles.

On conçoit que le pronostic à porter snr les pneomonies » condaires doit varier, non-seulement suivant la nature de h maladie, mais encore suivant l'époque à laquelle elle estps^ venue. Il faut encore ici, comme toujours» avoir ég^rdiTige des sujets. Les pueumonies secondaires seinbl«at, en effi:C, beaucoup plus meurtrières chez les cnCsns que ckeE les adnllo. C'est ainsi que 81 pneumonies qui furent observées en 1837 par MM. Rilliet et Ba ri liez à l'hôpital des enfans, comme complication de maladies très diverses , 77 se sont terminées par b mori(1). Les recherches de MM. Rufz et Gerhard, ccll^plos récentes de M. Becquerel (2) prouvent encore l'extrême gravité des pneumonies secondaires dans le jeune âge, surtout dans b période qui s*éteud de la naissance jusqu'à cinq ans.

Toutes choses égales d'ailleurs , et quel que soit l'âge des sajets, la pncuinouie est une affection qui est le plus souvent mortelle, lorsqu'elle survient dans le cours d'une maladie générale, qui parait s'accompagner d'une infection ou d'une altératioa

(i; Loc, ciU,^, 117.

(2) .iichix',, 3«- série, t, IV.

PRONOSTiC DES PNF.IIMONirS CONSÉCUTIVES. 55^

primitive ou secondaire du sang.Tellessonl les fièvres éniptives, les phlébites , la morve, les typhus , les affections cancéreuses et gangreneuses ; la maladie de Bright, et probablement aussi le dîabètes,etc.G'estainsi que sui" neuf pneumonies survenueschei des rubéoleux , six fois la maladie s*est terminée d'une manière funeste. Je n'ai observé que cfuatre pneumonies chez des sujets varioleuz et dans tous les cas l'issue a été également fatale.Enfin» il parait que dans quelques scarlatines épidémiques, et surtout dans Tanasarqne consécntive à cet exanthème, les pneumonies intercurrentes sont presque toujours temiinées par la mort.

C'est encore chez les enians qu'on remarque la mortalité la plus forte pour les pneumonies qui sont consécutives aux fièvres éruptives» Ainsi on lit dans le travail de M. le docteur Becquerel, que sur vingt-un enfans qui furent atteints d'une pneumonie dans le cours ou dans le déclin d'une rougeole , il y en a vingt qui ont succombé. Cette proporti<«n a été incomparablement moins forte dans les antres fièvres éruptives. Je n'ai pas besoin d'insister ici sur la gravité des pneumonies qui affectent les individus atteints de fièvre typhoïde ; car pour peu que la maladie ait une certaine étendue, elle sera la cause principale de la mort, ou en accélérera beaucoup le terme dans les sept-huitièmes au moins des cas.

Je n*aî jamais vu guérir les pneumonies qui sont survenues chez les individus, portant un cancer, et qui étaient arrivés à cette période de cachexie où toute la constitution de l'individu est profondément altérée. J*ai obtenu les mêmes résultats dans es cas de phlébite spontanée ou traumatique. Enfin six malades affectés de maladie de Bright et chez lesquels une pneumonie survint comme complication , succombèrent tous très rapidement à la maladie intercurrente ; quatre de ces malades étaient déjà très a&iblis et infiltrés ; deux d'entre eux n'avaient jamais eu d'œdème; ils se livraient encore à leurs occupations, un seul avait un peu maigri et pâli depuis deux moi.« ; mais l'urine de l'un et l'autre était fortement albumincuse. M. Rayer a cité également (1) l'observation d'un individu de quarante-six ans , athlétique, qui sortit, après un séjour de trois mois à l'hôpital, guéri d'une anasarque, avec urine albumineuse ; il avait toutes

(1) Traité des Ma!, des reins, Pans, 1840, t. IT, p. 592, obs. SS

554 PROXOfiTlC DE Là PHEITftIONTE.

les apparences de la santé. Le lendemain de ta tortieiilk pris de pneumonie ; il rentra dix jours npcèi dans h ■■ senrice , il éuit agonisant. On trovra à Tnalopm aie b^ sation grise da lobe supérieur du ponan^n dnlts lei idaé fraient les caractères anatomiquea ordinaiica d'oM m ladie de Bright. Ainsi, ce fai^ et Ics-deiia €|iie j'ai nEsd moi-même, devront inspirer des craintea aériîrates aor tm d'une pneumonie qui a£Eectera un sujet en appaieacakiap tant, mais chez lequel on reconnadtra oa Ton ■oapfOBiatW tence d'une néphrite albuminense. ^

M. Rayer professe les mêmes opinioaa (1) 9 paor kn anik pneumonie qui sur?icnt dans le conra de la oaUrA Bright est mortelle dans la plupart des caa. Cette apis^ pneumonie est grave, non-seoiement parce qu'elle schIIi* pninter quelque chose de particulier des conditions datta* quelles elle se développe, mais encore parce qu'elle est qsil|r fois méconnue à son début, et que l'état d'épuiaenEient ii^]»o0 titution rend souvent les saignées inefficaces nu iiiap|iliiifc Les maladies organiques du cceur^ lorsquelles ncMlp encore ti'ès avancées y ou ne semblent pas deveir iV beaucoup le pronostic des pneumonies interciiriantis. iîÀ sur 6 individus qui étaient a£Eectés d'hypertrophie Qi't réti'écissement des orifices, mus qui pouvaient encore vi^^ leurs occupations y un seul a succombé, mais Vàgj^dnm^p dépassait soixante-dix ans , explique la terminaiioa àb pneumonie , sans avoir besoin d'invoquer sa-.co'încidesciii une maladie du cœur. Il n^en est plus de même lorsque la ftf» monie survient chez des sujets déjà infiltrés , afiaîMis , dsitk dyspnée est considérable ; dans ces cas en effet la tiiininiig est presque toujours fatale; car elle a peut-être Heu dix-liwtfi* sur vingt. La pneumonie qui affecte les aUénës en démescf < paralysés , est mortelle dans une pn^rtion peut-être asst plus considérableque celle qui survient à une période anvvt des maladies du cœur. Quant à la gravité de la maladie ^ affecte les maniaques^ il ne parait pas qu'elle diflère beacoup de celle des pneumonies ordinaires primitives. Ce que je viens de dire des maladie» du coeur s'applique v^

L0€, cit, t. n^p. S9S.

PRONOSTIC DES PNEUMONIES éONSÉCCTIVES. Ô/lS

cas de phthisie pulmonaire. Il est éyident que lorsqu'une pneu-* monîe affecte tfn pauvre phthisique déjà très affaibli, et qui n'a plus que quelques jours à vivre , Tinflammation intercurrente précipite le terme fatal; mais il n'en est plus de même pour les pneumonies qui surviennent à une époque moins avancée de la phthisie, et pendant que les malades ont encore assez de force pour continuer à se livrer , au moins en partie , à leurs occupations. Ces pneumonies ne sont point graves; car, jusqu'à présent^ je n'ai vu succomber aucun des individus au nombre de 10 qui en furent affectés. M. Loms est arrivé aux mêmes conclu^ sions ; il dit en effet que la péripneumonie qui survient chez des phtbisiques qui ont encore de Tembonpoint et des forces^ guérit presque constamment , bien qu'il y ait déjà des excavations tuberculeuses (l).M.Ândral(2) a fait la même remarque ; îl ajoute quç la pneumonie des phtbisiques semble moins fâcheuse par son danger actuel que par la funeste influence qu'elle exerce sur les tubercules dont elle favorise la multiplication et le ramollissement. Certainement cette crainte n'est pas chimériques mais j*ai prouvé précédemment que la pneumonie n'avait pas dans la plupart des cas ce résultat fâcheux.

Enfin , dans toutes les autres maladies organiques , la gravité du pronostic sera en raison directe de la durée de la maladie première, de l'affaiblissement qu'elle a produit et de sa nature. On aura aussi égard aux causes qui ont présidé au développement de la pneumonie; si celle-ci est survenue passivement, par l'influence du décubitus, on ne devra presque plus conserver d'es« poir. Enfin, si par l'état de faiblesse des malades, ou par le siège qu'occupe l'affection première , il est impossible de recourir à l'un des modes de traitement dont l'expérieuce a consacré l'usage dans les pneumonies^ ce sera encore une nouvelle raison pour rendre le pronostic très fâcheijix.

(i) Bêcher, ntr la phthisie f^, t4S.

«>J(| TI%ITEVT5T DE LA PSECMONrC»

CHAPITTE XV.

THyTEMEYT DE LA PNEUMOIflE.

Si on a la arec qoelque attention l'histoire symptomitiiB de la pneumonie qoe nous aTons tracée, on wt scm cooiùa qne la mabdie ne se présente pas toujoars arec les mtea » ratières. Sans parler des diSbcncrs qae l'âge, la oonilîialM forte ou faible des indÎTidus , Tëtat antérienr de lu aanl^ wm ont fait découvrir , on a tu également que'soiu rinflacBttèi idlosyncrasies , des localités , des constitutions mëdicala «fc toute autre cause, le plus souTcnt insaisissable, la pnemMtf pouvait se montrer avec une phy«onomie insolite. L^appnûi d'accidens nouveaux, ou bien Texagération de qaelqucs-unifa symptômes qui sont habituellement peu marqués, et ifuidooiicit les symptômes thoraciques, semblent donner lien i des jflscte difféi-entes de celles qui lui ressemblent le pina , et indiqsBtf des changemens quelquefois complets dans la Aérapeutique, m du moins sont le plus souvent h source d*indicatioDs noufdla Ainsi en n*ayant égard qa*à l'histoire des symptAmes de la fÊ» monie , on est naturellement conduit à croire cpi'on ne poinal opposer à cette maladie une méthode uniforme de traiteneit Une pareille opinion n'a pu être soutenue que par qudqiB empiriques , qui croient trop aisément aux Tertns spécifiqtfi de nos agens thérapeutiques , et qui, réduisant la science n SSr ficile des indications , à la connaissance d'une recette ou d'«e formule, suivent ensuite lenr routine aveugle , préoccupés e* dusiveiiient ile raffection locale sans slnquiëter des condidoa individuelles ou extérieures, qui en modifiant la forme de b maladie, indiquent des changemens analogues dans la thénpcutique.

Lorsqu*(in consulte Texpérience des grands maîtres dooth

idence s'honore, et lorsqu'on observe soi-même la nature, os

■eut se convaincre facilement combien est erronée l'cq^inios de

nix qui croient qu'il existe un remède pour chaque nuladiei

,t que la saif^ée est le spécifique de la pneiunonie; c'est U, je k

d'après ses foames. 547

et dont la valeur pronostique me semble tout à fait nulle Jl faut paiement faire la part des idiosyhcrasies; car il y a des indiyidud qui dëlirent> dès qu'ils sont malades ; ainsi je connais une dame nerveuse^ qui éprouve un délire assez intense pour peu qu'elle ait de la fièvre. Part ces dispositions individuelles qui enlèvent a(!i phénomène délire, toute son importance pronostique , dans tons les autres cas , ce symptAme indique un danger prochain , quelles que soient sa forme et sa nature. M. Rayer (1) dit avoir vu chez les ivrognes un délire qui avait apparu tout d'un coup céder facilement à l'opium. La chose ailîve en efiet quelquefois ainsi; mais le délire diminuant ou cessant, la pneumonie n'en continue pas moins sa marche dans la plupart des cas. Tontes choses égales d*ailleurs , le délire qu'on observe chez les ivrognes me parait moins grave que celui qui affecte les individus sobres, parce que nous possédons des moyens plus efficaces pour le combattre, et qu'il se lie bien moins souvent que le premier à l'existence d'une méningite. Enfin le délire qui persiste pendant la résolution de la pneumonie parait n'of-* frir ancnne gravité, et dans les cas qu'on connaît jusqu'à présent, il a presque toujours cédé spontanément.

% XYII. Formes de la pneumonie*

Nous avons vu que la pneumonie ne présentait pas toujours les mêmes phénomènes , que quelquefois elle s'accompagnait d'une série de symptômes, qui, en modifiant sa marche» influaient sur son issue favorable ou funeste , et devaient par conséquent modifier le jugement du médecin.

Il est évident que, toutes choses égales d'ailleurs, une pneumonie firanchenient inflammatoire , dégagée de toute complicar tion, offrira plus de chances de salut au malade qu'une pneumonie qui se complique de quelque élément insolite du càté d'un des organes importans de la vie.

Parmi les formes de pneumonies que j'ai précédemment admises et étudiées en particulier, je signale la forme typhoïde comme étant peutrêtre la plu^ grave de toutes. Si on pouvait se fier à l'exactitude du tableau qu'Ozanam a publié sur la mortalité produite par les principales maladies qui ont régne épidénûquement 9 pu voit que la pneumonie maligne a été

(I) But» de fAc» de médecine ^ Paris, ISIO^, t. IV, p. 446.

548 l>RO>USilC D£ LA Pi'VLLJMOMl::.

l'une des plus meurtrières, puisque le cliifEre de la morlalile aurait été de 70 pour 100 ; c'est-à-dire que la pneumonie typhoïde épidémique aurait élé presque aus^ souvent fatale que b fièf re jaune et la peste. Cependant je ne pense pas qu'on poisse accepter ces chiffres avec confiance , attendu^ comme je l'ai déjà dit, que, sous le titre de pneuuKmie maligne, les anciens auteurs ont probablement confondu des maladies irès diverses* A l'état sporadique, la forme typlioïde est aussi Tane des plus graves; j'ai vu en effet succomber le quart des malades qui en furent affectés.

La pneumonie que l'on a appelée ataxo adyruutdquef est celle qui est le plus souvent suivie d'une issue funeste. Lorsque le délire est violent , lorsque les malades se livrent à des vociférations , à des violences envers les personnes qui les soignent , le péril est extrême.

Dans la forme adynamique, le danger est en rapport avec la prostration des forces; car plus celle-ci est considérable et plus aussi les lésions secondaires sont nombreuses et graves. Quelquesuns des symptômes qui accompagnent parfois la forme adynamique, telles que les selles involontaires, les pétechies^ et surtout les escharres, viennent encore ajouter à la gravité du pronostic

La pneumonie franchement intermittente ne présente aucun péril ; il est facile d'en arrêter la marche. La fièvre rémittente pneumonique offre au contraire un danger beaucoup plus grand; toutefois il est bien rare qu'elle emporte les malades dès les premiers accès ; cela n'a lieu généralement qu'autant que de nouveaux accidens se déclarent , lorsque par exemple elles viennent à se compliquer des variétés de fièvres pernicieuses auxquelles on a donné les noms de délirante^ de comateuse et cf tffgide. Il importe, dans tous les cas, d'enrajer leur marche le plus tôt possible , attendu qu'à fur et mesure que les accès se reproduisent, l'altération des poumons devient plus étendue et pins profonde, et se trouve alors moins attaquable par les anti-périodiques. Enfin il est toujours à redouter que la fièvre pneumonique revête une forme plus grave, car elle emporte alors les malades dès le premier ou le deuxième accès.

Je n'ai vu succomber aucun des malades qui furent affectés d'une pneumonie bilieuse simple, et que la guérison fut toujours extrêmement rapide, presque instantanée pour

n'Anii.s L nsACE dks alcooliquis ic déblt. 540

ainsi dire, sî le praticien saisissait habilement Tindication éva* cuante. Mais cst-ce-à dire que telle doit être toujours la terminaison de la pneumonie bilieuse ? je ne le crois pas. II est en effet telle constitution médicale , et les auteura en rapportent de nombreux exemples où la fonne bilieuse , surtout si on ne sait pas saisir à propos l'indication thérapeutique qu'elle réclame , d^énère, se transforme en pneumonie typhoïde ou maligne, comme StoU , J. Frank et plusieurs autres paraissent Tavoir observé plusieurs fois.

Les pneumonies latentes ^ont très graves» de Tayeu de tout le monde ; mais cette gravité tient moins à la maladie elle-même qu'aux circonstances concomitantes. Ainsi notis avons vu que les pneumonies latentes s'accompagnaient souvent de symptômes graves du côté des centres nerveux , ou d'une prostration excessive , symptômes qui en ont imposé , et fait croire souvent à toute autre maladie qu'à une inflammation pulmo* naire. Ces erreurs de diagnostic , le relard apporté à l'application des remèdes convenables , quelquefois même l'emploi d'une méthode de traitement inopportune , sont tout autant de circonstances qui rendent encore le pi*onostic des pneumonies latentes beaucoup plus graves.

§ XYIII. Usage des alcooliques au dedut.

On sait que dans la classe ouvrière , et souvent aussi dans la classe éclairée^ les malades prennent une assez grande quantité de vin chaud aromatisé , ou divers liquides spiritueux ou excitans , dans le but de provoquer une diaphorèse , parce qu'ils sont persuadés pour la plupart « que leur maladie dépend d'une transpiration arrêtée^ où, comme ils le disent aussi, d'une sueur rentrée. Ceries , c'est là une pratique imprudente^ que la raison aussi bien que la science repoussent, et l'on est tout d^abord' tenté de croire qu'elle doit souvent influencer la péripneumonie d'une manière fâcheuse^ et amener des résultats désastreux. Mais comme je me suis imposé l'obligation de ne croire et de n'admettre que ce qui se trouve démontré rigoureusement par Tobservation , j'ai recueilli des JfaitS; et voici ce qui réstilte de l'analyse que j'en ai faite. Quairantc-cinq malades ont bu du vin chaud sucré, la plupart n'en

550 pnoNOSTic np. la pnktîmonie.

ont pris qu'une ou deux fois ; cinq en ont bu pendant jept, huit, neuf et dix jours de suite; la quantité a varié entre un verre et trois litres. Or, sur ces quarante-cinq malades dont je parle, il n'y a eu que cinq morts, c'est à dire que la mortalité n'a été que d'un neuvième. Je n'en conclus pas pour cela que l'emploi des alcooliques ait été utile ; mais il reste prouvé au moins qu'ils n'ont pas eu les résultats fâcheux qu'on pouvait prévoir; d'ailleurs le chiffre peu considérable de la mortalité s'explique par l'%e des malades dont la majorité ne dépassait pas 32 ans ; enfin, la moitié -des individus n'avait qu'une pneu* monie d^une moyent^e intensité , et que l'usage des spiritueux n^avût pas aggravée.

n résulte donc de ce qui précède que , lorsqu'un malade atteint de pneumonie nous apprendra qu'il a pris une certaine quantité de vin ou d'eau-de-vie, nous ne devrons pas, en rai^ son dé cette circonstance seulement, redouter que la maladie aura plus de gravité chez lui que s'il n'avait pas fait usage d'unie boisson stimulante. Il me serait impossible de dire la quantité de vin ou de liqueurs que les malades peuvent ainsi prendre presque impunément, ni le nombre de jours pendant lesquels ils peuvent se lîvrèr à cet écart de régime. De cinq individus qui burent ainsi du vin pendant sept, huit et dix jours, deux succombèrent; mais il serait peut-être injuste d'attribuer ce résultat exclusivement à l'usage du vin pendant'cette longue période; il faut plutôt reconnaître ici l'influence qu'a dû exercer l'absence de toute espèce de traitement.

Nous venons de voir que l'usage des liqueurs fermentées au début de la maladie n'a eu aucune influence fâcheuse sur l'issue dela'maladie; il ne paraît pas non plus qu'aucun des principaux symptômes ait été sensiblement aggravé. Ainsi, ayant interrogé 16 malades sur l'intensité du point de côté avant l'ingestion da vin et quelque temps après, il ne parait pas qu'il y ait eu ni augmentation ni diminution dans la douleur; plusieurs fois, lorsque le vin chaud fut bu pendant le frisson, il eut peut-être pour effet de rappeler la chaleur un peu plus tôt ; lorsqu'il fat pris pendant que la fièvre était établie ; il n'a paru l'augmen* ter que deux fois; mais dans un tiers des cas, le liquide ingéré produisit une diaphorèse plus ou moins abondante ; trois malades ont eu des nausées ou des vomissemeoi

d'après L EPOQUE A LAQUELLE LE TRÀlTtlfENT PUT COMMENCE. 551

après ayoir bu du vin chaud, et deux éprouvèrent peu après,: et pour la première fois, une céphalalgie Tiolente. Enfin, 18 malades interrogés sur l'influeneeque Tingestiond'un liquide excitant avait exercée sur le malaise général, 2 seulement prétendaient aroir^té soulagés^ les anti^ nuiraient ressenti aucun effet saisible ni en bien ni en mal. On Toit en définitive que si on doit blAmer en règle générale l'usage des liqueurs excitantes au début de la pneumonie, c'est moins dans laerainte qu'elles puissent nuire que parce qu'elles sont êomplètement inutiles.

l XIX. Epoque â laquelle le imii€inmU/Hieâmmeiieém

Une des causes sans contredit qui rend les pneumonies plus graves dans la classe pauvre que dans la classe aisée de la société, c*est que les premiers négligent trop souvent les symptômes, du début, et ne viennent réclamer les secours de l'art (|u'après avoir doni^é à la maladie tout letemps de s'accroître. On voit, en effet, que toutes choses égalés d'ailleurs , le chiffre de la mortalité est d'autant plus considérable que les individus entrent à Thôpital à une époque plus éloignée du début de la maladie ; c*esi ce que prouve le tableau suivant :

Chez les malades entrés les 2 premiers jours „

mortalité un treizième.

Chez ceux entres le 5« jour, mortalité un treizièmt •

4* huitièn^9.

S* sixième.

«• quart.

7» tiers

S* moitié.

9* tiers*

40« tim.

Ce tableau n'a pas besoin d'être commenté ; on voit que chez les malades qui entrent dans nos hôpitaux , le pronostic est généralement d'autant plus fâcheux qu^k viennent réclamer nos secours à une époque plus avancée de leur mala* die. Il ne faut pas seulement accuser ici Tabsence de tout trai* tement actif, qui a permis à la maladie de suivre sa marche; mais il faut en outre se rappeler que ces malades de la classe indigente ont été soumis pour la plupart à des conditions hy^ çiéniques plus ou moins fâcheuses; beaucoup ont continué à

"tf^i pnoNa<iTic de la rNEiiMOBriF.

travailler ou à marclier dans les premiers joui^s; plusieurs ste .«loni imposé l'obligation de manger sans en avoir le désir ; il en est quiy étant privés de vétemens suffisans ou habitant des chambres mal doses , ont été exposés pendant plusieurs jours de suite à un froid continue^ Enfin il faut bien aussi (aire U part de la fatigue qait doivent éprouver de pauvres malades qui sont souvent obligés de se rendre à pied à l'hApital, de pointa plus ou moins éloignés^ emposés à toutes les intempéries d'un climat perfide , cl dont les effets sont d'autant plus funestes que ces malheureux sont plus faibles, et arrivés à une période plus avancée de leur maladie.

J XX, ProMostfc des Pneumon'es secondaires.

Il n*y a aiicune parité à établir pour le pronostic, entre les pneumonies primitives, survenant ches des sujets bien portans et les pneumonies qui attaquent des individus déjà affaiblis depuis un. temps plus ou uioins long pai* quelque maladie aiguë ou clirouîque. Ces dernières , en effet, sont très souvent mor« telles.

On conçoit que le pronostic à porter sur les pneumonies se* condaires doit varier, non-seulement suivant la nature de la maladie y mais encore suivant l'époque à laquelle elle est parvenue. Il faut encore ici, comme tonjours> avoir égard à IMge des sujets. Les pneumonies secondaires semblent, en effet, beaucoup plus meurtrières diez les cnfEins que chez les adultes. C'est ainsi que 81 pneumonies qui furent observées en 1837 par MM. Rilliet etBarihez à l'hôpital des enfans, comme complication de maladies très diverses , 77 se sont terminées par la mort(1). Les recherches de MM. Rufz et Gerhard, celles plus récentes de M. Becquerel (2) prouvent encore l'extrême (gravité des pneumonies secondaires dans le jeune âge , surtout dans la péiiode qui s'étend de la naissance jusqu'à cinq ans.

Toutes choses égales d'ailleurs , et quel que soit l'âge des sujets, la pneumonie est une affection qui est le plus souvent mortelle, lorsqu'elle sui^ient dans le cours d*une maladie générale, qui paraît s'accompagner d'une infection ou d'une altération

{\) Loc, ciUf p, 117.

(2) ^/r/iiV., 3«- scorie, t. IV.

PRONOSTIC l>ES PNF.rMONir,S CONSÉCCTIVES. 551

primitive ou secondaire du sang.Tellessonl les lièvres éniptives, les phlébites , la morve, les typhus , les affections cancéreuses et gangreneuses ; la maladie de Bright, et probablement aussi le dîabètes,etc. C'est ainsi que sut neuf pneumonies survenues chei des rubéolenx , six fois la maladie s'est terminée â*une manière funeste. Je n'ai observé que quatre pneumonies chez des sujets varioleuxet dans tous les cas l'issue a été également fatale.Enfin^ il parait que dans quelques scarlatines épidémiques, et surtout dans l'anasarqne consécutive à cet exanthème, les pneumonies intercurrentes sont presque toujours teriKiinées par la mort.

C'est encore chez les enfiins qu'on remarque la mortalité la plus forte pour les pneumonies qui sont consécutives aux fièvres éruptives» Ainsi on lit dans le travail de M. le docteur Becquerel, que sur vingt»un enfaus qui furent atteints d'une pneumonie dans le cours ou dans le déclin d'une rougeole , il y en a yingt qui ont succombé. Cette proporttcm a été incomparablement moins forte dans les autres fièvres éniptives. Je n'ai pas besoin d'insister ici sur la gravité des pneumonies qui affectent les individus atteints de fièvre typhoïde ; car pour peu que la maladie ait une certaine étendue, elle sera la cause principale de la mort, ou en accélérera beaucoup le terme dans les sept-huitièmes au moins des cas.

Je n*ai jamais vu guérir les pneumonies qui sont survenues chez les individtis, portant un cancer, et qui étaient arrivés à cette période de cachexie où toute la constitution de l'individu est profondément altérée. J'ai obtenu les mêmes résultats dans es cas de phlébite spontanée ou traumatique. Enfin six malades affectés de maladie de Bright et chez lesquels une pneumonie survint comme complication , succombèrent tous très rapidement à la maladie intercurrente ; quatre de ces malades étaient déjà très a&iblis et infiltrés ; deux d'entre aix n'avaient jamais eu d'oedème; ils se livraient encore à leurs occupations, un seul avait un peu maigri et pâli depuis denx mois ; mais l'urine de l'un et l'autre était fortement albumineuse. M. Rayer a cité également (1) l'observation d'un individu de quarante-six ans , athlétique^ qui sortit, après un séjour de trois mois à l'hôpital, guéri d'une anasarque, avec urine albumineuse \ il avait toutes

(1) Traité des Mal, des ivi /m, Paris, iS40,t.fT, p. 592, olis. S8

554 PRONOfiVfC DE LA PNEUMONIE.

les apparences de la santé. Le lendemain de aa sortie ^ il fat pris de pneun^onie ; il rentra dix jours après dans le niéne service , il était agonisant. Oa trouva à l'autopsie lue hépatisation grise du lobe supérieur du poumon droit i les reins of« fraient les caractères anatomiques ordinaires d'une nui* ladie de Bright Ainsi, ce fail^ et les deux que j'ai racueillii moi-même, devront inspirer des craintes sérieuses sur l*issoe d'une pneumonie qui affectera un sujet en apparence bien por» tant, mais cbex lequel on reconnaîtra ou Ton soupçonnera Texis' tence d'une néphritç albumineuse* /

M. Rayer professa les méoies opinions (1) 2 pour lui anisi la pneumonie qui survient dans le cours de la maladie de Bright est mortelle dans la plupart des cas. Cette eqièeefde pneumonie est grave, non-seulement parce qu'elle semide em^ prunter quelque chose de particulier des conditions dans lesquelles elle SQ développe, mais encore parce qu'elle est quelque* fois méconnue à son début, et que l'état d'épuisement delatconsp titution rend souvent les saignées inefficaces ou. inapplicsblm. Les maladies organiques du cœur , lorsquelles ne sont pis encore très avancées , ou ne semblent pas devoir aggraver beaucoup le pronostic des poeuo^nies intercurrentes. Ainsi, sur 6 individus qui étaient affectés d'hypertrophie ou de rétrécissement des orificesi mais qui pouvaient encore Taquer à leurs occupations, un seul a succombé, mais l'âge du sujet, qui dépassait soixante-dix ans , explique la terminaison de la pneumonie , sans avoir besoin d'invoquer sa coïncidence avec une maladie du cœur. Il n'en est plus de même lorsque la pneumonie survient chez des sujets déjà infiltrés , afiaiblis , dont h dyspnée est considérable ; dans ces cas en effet la terminaison est presque toujours fatale; car elle a peut-être lieu dix-huit fois sur vingts La pneumonie qui affecte les aliénés en démence et paralysés , est mortelle dans une proportion peut-être encore plus considérableque celle qui survient à une période avancée des maladies du cœur. Quant à la gravité de la maladie qui affecte les maniaques > il ne parait pas qu'elle difière beaucoup de celle des pneumonies ordinaires primitives. Ce que je viens de dire des maladies du cœur s'applique aax

(4) Lo€, cit, t. n^ p. 393.

PRONOSTIC DES PNEUMONIES éONSKCUTIVES. Ô/ïS

cas de pbthisie pulmonaire. Il est évident que lorsqu'une pneumonie affecte un pauvre phthisique déjà très affaibli, et qui n'a plus que quelques jours à vivre , Tinflammation intercurrente précipite le terme fatal; mais il n'en est plos de même pour les pneumonies qui surviennent à, une époqne moins avancée de la phtbisie, et pendant que les malades ont encore assez de force pour continuer à se livrer , au moins en partie , à leurs occupations» Ces pneumonies ne sont point graves; car, jusqu'à présent^ je n'ai vu succomber aucun des individus au nombre de 10 qui en furent affectés. M. Louis eat arrivé aux mêmes conclur sions ; il dit en eSéi que la péripneumonie qui survient cbez des phtbisiques qui ont encore de Tembonpoint et des forces» guérit presque constamment , bien qu'il y ait déjà des excavations tuberculeuses (l).M.Andral(2) a fait la même remarque ; il ajoute quç la pneumonie des pbtbisiques semble moins fâcheuse par son danger actuel que par la funeste influence qu'elle exerce sur les tubercules dont elle favorise la multiplication et le ramollissement. Certainement cette crainte n'est pas chimérique; mais j*ai prouvé précédemment que la pneumonie n'avait pas dans la plupart des cas ce résultat fâcheux.

Enfin 9 dans toutes les autres maladies organiques , la gravité du pronostic sera en raison directe de la durée de la maladie première, de l'affaiblissement qu'elle a produit et de sa nature* On aura aussi égard aux causes qui ont présidé au développement de la pneumonie; si celle-ci est survenue passivement, par l'influence du décubitus, on ne devra presque plus conaeryer d'es-» poir. Enfin, si par l'état de faiblesse des malades, ou par le siège qu'occupe l'affection première , il est impossible de recourir à l'un des modes de traitement dont l'expérience a consacré l'usage dans les pneumonies, ce sera encore une nouvelle raison pour rendre le pronostic très fâcheux»

(1) Bêcher» sur la phthisie,]p, t4S,

(2) Clin., t. III, p, 529.

SB

CHAPITTE XV.

Si OQ a lu ayec quelque attention l'histoire symptomatique de la pneumonie que nous avons tracée , on s6 sera conyaincn que la maladie ne se présente pas toujours avec les mêmes caractères. Sans parler des différences que Tâge, la constitution forte ou faible des individus , Tétat antérieur de la santé nous ont fait découvrir , on a vu également que*sous l'influence des idiosyncrasies , des localités 9 des constitutions médicales ou de toute autre cause, le plus souvent insaisissable, la pneumonie pouvait se montrer avec une physionomie insolite. L^apparitioii d'accidens nouveaux, ou bien Texagération de quelques-uns des symptômes qui sont habituellement peu marqués, et qui dominent les symptômes thoraciques, semblent donner lieu à des affections différentes de celles qui lui ressemblent le plus , et indiquent des changemens quelquefois complets dans la tbérapeutique, où du moins sont le plus souvent la source d'indications nouvelles. Ainsi en n'ayant égard qa*à Thistoire des symptômes de la pneumonie , on est naturellement conduit à croire qu'on ne pourrait opposer à cette maladie une méthode uniforme de traitement. Une pareille opinion n*a pu être soutenue que par quelques empiriques , qui croient trop aisément aux vertus spécifiques de nos agens thérapeutiques , et qui, réduisant la science si difiScile des indications , à la connaissance d'uite recette ou d'une formule, suivent ensuite leur routine aveugle , préoccupés exclusivement de l'affection locale sans s'inquie'ter des conditions individuelles ou extérieures, qui en modifiant la forme de la maladie , indiquent des changemens analogues dans la thérapeutique.

Lorsqu'on consulte l'expérience des grands maîtres dont II science s'honore, et lorsqu'on observe soi-même la nature , on peut se convaincre facilement combien est erronée l'opinion de ceux qui croient qu'il existe un remède pour chaque maladie» et qu4* la saignée est le spécifique de la pneumonie; c'est U, je le

cépéie, une idée fausse , et si on veut n'être point démenti par l'observation des faits , on doit admettre seulement qu^il y a d«s agcus thérapeutiques qui sont plus spécialement applicables que d'autres au traitement de la pneumonie ; mais il serait dangereux de supposer que la maladie dont je parle réclame nécessairement l'emploi d'une médication quelconque, et à plus forte raison on nesaurait «oiilenir qu'on doive toujours employer contre elle le même agent ibcrapfu tique, re'duil en recette ou exprii par certaines fonnules qu'on emploie aveuglément pour tous les sujets. Une |iarcille manière de procéder exposerait à des mécomptes dans la pratique, mêmedans les cas de maladies spécifiques contre lesquelles nous posséderions un médicament d'un effet certain. Il en sera à plus forie raison de même dans la pneumonie, à laquelle nous ne pourrons probablement jamais opposer de moyen spécifique , et dont tout le traitement consiste à savoir saisir à propos l'opponunité d'un remède , d'après la considération de toutes les circonstances individuelles' ou extérieures qui modifient profoutlement la forme et le génie des maladies. Ces principes ne sont pas nouveaux ; car ils ont dirigé et ils dirigent encore la conduite de tous les rrais praùciens; la foule ignorante a au contraire toujours donné la préférenre aux métliodes e^icliisîves , aux i ccettes , aux formules , c'est-à-dire, à celte médecine d'empiriques, si simple en ve'rilé, qu'elle est à la porlte des plus pauvres intelligences.

Les méthodes de irailcment qu'on a conseillées contre la pneumonie sont nombreuses. Les agens ihérapeutiqiics qu'on amis en usage peuvent èlre distingués en moyens csseatieb , immédiatement diriges contre la maladie elle-même, et en moyens adjuvants , destinés à aider l'action des premiers , ou à combattre quelque symptôme isolé. Je tâcherai, à l'aide de la méthoile que nous avons suivie jusqu'à présent, n apprécier l' in fluence des principaux moyens de traitement , relativement à la mortalité, fi la marche lente on rapide de la maladie; et je m'efforcerai de préciser les modiGcatioiis qu'ils doivent éprouver dans les diiTerenls cas individuels qui se présentent dans la pratique. Je n'espère pas résoudre toutes les questions qui se rattachent à ce vaste suJL't, mais je tAiherai de présenter au lectrur un résumé, le plus Ëdèle que je pourrai , des faits que j'ai obscr- ^ Tés. Si quelquefois j'arrive à des couclusious contraires à celles

&58 TAAIIEMJUIT OK LA PVAUilOCflE.

de quelques auteurs , j'en recherchesM la casse avac soiaè disGUUnt les observations sur lesquelles Hm $faffnjm/U

ARTICLE I

Depuis l'origine de l'arti les ëvacuationa sanguiBOi eaft tfk inojen priocipal et le plus souvent même unique à l'aida diqal les praticiens de tous les pays ont combatte leab Haalail de pqitiinei et la pneumonie en partienlicF. U s'caa aucune affection contre laquelle les saignées aient été amplsyh aussi largement et à des intervalles aussi rapprocbéa les inflammations de la plèvre et des poumona. On dire que Tabus que font de ce moyen puisssuit qpekpn nidecins modernes n'est point une chose nouvelie ; riùsloin è la médecine nous apprend, en effet, qu'à différentea époqwe vit les médecins divisés en deux camps, les una prodignsath saignéei l'employant à outrance et avec une aorte de *^~'*^ les autres , donnant dans un excès contraire » aVeffbtfaîeBtécli bannir de la thérapeutique ; à peine comptait-on alon qait ques esprits sages qui coo^tdrent par levra éoita et ba pratique les idées exclusives et également erron^ea de ksrt contemporains. Ainsi Thistoire du passé noua apprend ^ les saignées excessives comme l'expectation n*ont pas p^ duit des succès tellement nombreux, qae Tune ou TiM de ces méthodes ait dû être ac^ptée d'une, manijsre esdtsive par tout le monde. Celte connaissance devait pent-ta préserver l'humanité de nouveaux expérimena ; maia par nulheur, l'esprit humain profite peu des enseignemena du pmii aussi Bordeu avait-il prédit > il y a bientôt un aiècle (1), qa'os verrait encore dans la suite , quelques esprits ainguUen, ipii ressuscitant de vieilles erreurs, remettront en vogue, lesasi l'usage abusif des saignées , tandis que d*autrea voudront le proscrire tout à £ait.Bordeu avait raison, car noua aommai anivés à l'époque que ce grand médecin a prédite. AujoordU en effet, nous voyons des hommes qui , fidèlea à la pimtîqas

(I) 0£ui^c9C9mp.^ Reckor. sur k pouisy éditiom «le Hiaher^l^k iJ, p. 3SS.

WL LA SAIGNÉE. 559

(OTtès^ comme lui saignent à outrance , tandis qu'à côté A^tixx et donnant dans un excès contraire , sont quelques médecins j^BSsez conyaincus de l^inutilité des saignées dans là pneumonie pour t'en abstenir complètement dans le traitement 'de cette redoutable maladie^ en n'employant contre elle que Texpectatîon* Des. idées si exclusives» des opinions si opposées dans là thérapeutique d'une maladie bien connue, bien déterminée , ocHurae l'est k pneumonie, sont assurément déplorables ; cat ces contradictions dans la pratique sont une des armes le^ plus puissantes dont se servent nos détracteurs pour contester à notre belle science toute espèce de certitude ; mais qu'on cessé donc enfin de reprocher à la médecine ce qai ne dépend que des erreurs des médecins systématiques.

Pour contribuer pour ma fiûble part à préserver nos successeurs de cette sorte d'anarchie qui se reproduit ainsi périodiquement» jevais exposer ce que^ dans mon opinion, nous pouYons espérer de l'emploi des saignées dans le traitement de la pneumonie. Je rechercherai d'abord si les saignées sont utiles et méritent la préférence surl'expectation, et si je réponds affirmativement , nous verrons si on peut saigner indifféremment y dang tous les cas de pneumonie, ajoutes les périodes et à tous les degrés; je déterminerai ensuite comment et où il fout saigner, je dirai jusqu'à quel point op peut déterminer d'avance le nombre de saignées à pratiquer et la quantité de sang qu'il faut extraire; enfin j'exposerai les efiets immédiats que les émissions sanguines ont eue hon*seulenient sur la marche et l'issue de la pneumonie, mais encore sur la durée des principaux symptômes. C'est seulement après cet exposé complet qu'on pourra avoir une idée de la valeur du traitement des pneumonies par les émissions sanguines.

$ 1. Les saignées sont'elles utiles dans le trailment de la imomonie?

En d'autres termes : une pneumonie étant donnée est-il préférable de saigner le malade ou d'abandonn«r l'afiection aux seules forces de la nature? Une pareille question doit paraître étrange à beaucoup de personnes ; cependant on ne peut contester que, pour apprécier d'une manière 1M|t à fait rigoureuse, la vainr des diverses méthodes thérapeùtS^e^ qu'on a préconisées contfc les pneumonies , il serait indispensable qu'Ida

660 XRAlT£M£4>r UL LA. PZPKOMOftlK-

coDQÛt exactement quelle est la marche » la ducëe etJa naison la plus fréquente de celle mâme fl^*^"*titm Unfin n'emploie contre elle qu'une médecine paremeat ^^f^ mois le terme de comparaison nous manque. Biett avait fak une année entière traité les pneamonias qui arri^aînt imn salles par les boissons émoilientes et les €:ata|JasDies, ctilp rait que sa mortalité lut très peu conaidërable ; on nit que de nos jours encore, M. Magendîe n'emploie goèce dte' traitement contre les inflammations pulmonaires ; nais çoit que, pour se prononcer en connaissance de cause dsnee question aussi grave, il faudrait posséder un grand muée è faits recueillis pendant plusieurs années, dans diTOMi» sons et dans des pays dilTérens, afin que toutes les iaflocsaiA climats et de constitution médicale étant détruites oacaitR* balancées, on pût mieux apprécier la part qui lenHtik médication. Cependant je n ai jamab songé à me lÎTRf M^ même à des essais qui pourraient être dangereux , et je s conseillerai même jamais à qui que ce soit de les tenter, b expériences faites par nos devanciers me suffisent* j'ai a la conviction intime que certains traitemens , plus ou actifs, sout avantageux, soit pour abréger la durée de la monie, soit pour en modifier la marche, soit enfin dansboi où Tissue est funeste , pour amender quelques-uns des srnfl^ mes et rendre ainsi moins pénibles les derniers instansdik vie. Mais puisqu'il est des médecins assex convaincus de Hh* tilité des saignées et de Tcmétique à haute dose, pour fodv abandonner les malades atteints de pneumonie aux Mik forces de la nature, je ne saurais trop les engager à lecoêb indistinctement tous les faits qu'ils observeront, et qsdlK soit le résultat de leur pratique , ils doivent en laire lo valcotft confidence au public médical. En attendant que ces doconctf nous soient présentés, je crois qu*il ne sera pas sans intérêt poa le lecteur que je lui donne dès à présent une analyse de qsdques faits sur la marche et la durée des principaux synptîaMi des pneumonies bénignes abandonnées à elle^nqiênics.

Pendant Tannée 18^ j*ai recueilli ches des sujets jeunes pov la plupart, et dont un seul avait atteint 56ans, onse observatioss de pneumonies peu étendues y dont les symptômes jfaâar étaient assez bénins pour que j'aie cru pouvoir (^ns danger ki

SAIGNÉ!::. *")() l

abaudonner tout h fait à eUes-mémès , ou du inoius l«s inalailes ne furent Boamis à aucun traitement actif; je leur prescrivis le repos au lit et la diète , l'usage de quelques boissons pectorales , et rarement TadministraCion d^un laxatif doux tel que Fiinile do ricin. Les malades qui étaient entrés à l'hôpital , terme moyen , vers le quatrième jour, à dater du début des premiers accidens, étaient tous affectés d'uoe pneumonie par- Aûtcmeiit caractérisée par les phénomènes d'auscultation et par les oràchats; ehei neuf la maladie était arrivée à Thépatisation ronge, tandis que chez deaxelle n'avait pas encore dépassé le premier degré, qu'elle n'a même jamais franchi. . Si nousdierchons à déterminer quelle a été exacteinent la durée des crachats caractéristiques, de la douleur de côté, de la fie. \rc et des phénomènes d'auscultation chezcesonze sujets, voici ce qu'on trouve : 1 ** les crachats sont restés caractéristiques, ils ont présenté la couleur rouille ou jaune , terme moyen , jusqu'au neuvième jour (bien près de dix) de la maladie ; 2*" le point de côté a persisté plus longtemps encore; quoiqu'il se fût amendé plus ou moins au bout de quatre à cinq jours , il n'a pourtant jamais cédé avant la fin du septième, et plusieurs fois il s'est prolongé jusqu'au vingtième, vingt-cinquième ou vingt-septième jour ;;il a eu une durée moyenne de quinze jours. ( hez quatre individus, je {ni forcé à cause de la persistance de ce symptôme, même; après la cessation de la fièvre, de recourir à l'application de deux ou trois ventouses sacrifiées qui l'enlevèrent chez trois; tandis que chez le quatrième la douleur. ne céda qu^à un vésicatoire, dont la suppuration fut entretenue pendant trois ou quatre jours; 3® le mouvement fébrile qui d'ailleurà ne fut jamais très considérable n'a guère cesse que vers le dixième jour; 4* enfin les phénomènes d'auscultation n'ont commence à décroître qu'à la fin du deuxième septénaire^ c'est-à-dire quatre ou cinq jours après la cessation de la fièvre , et ils ont d'ailleurs persisté eticore à divers degrés jusqu'au vingt-deuxième ou trentième jour, époque à laquelle le poumon parut avoir repris toute sa perméabilité. Le commencement de la convalescence de ces malades peut être fixé au onzième ou douzième jour , car c'est alors que la fièvre ayant complètement cessé depuis 24 ou 48 heures, je pus commencer à leur accorder des potages ou quelques alimens solides.

TUAITEMEMT DE LA PNEUMOMIJË.

11 résulte de l'analyse de ces observations que diM b pneumonies bénignes traitées par les émoUienat Ica wjwaftiat locaux de la maladie et la douleur surtout» ont OBedaiëe tè longue, et qui n'est nullement en rapport mwec l'immalé k la fièyre et l'étendue de la maladie. Une cmoBstancs ^ lement remarquable, c'est la lenteur avec laquelle s*cst rMi l'engorgement pulmonaire, quoiqu'il ne s'étendit corta» nieot pas k une grande profondeur t on ansa- ivmarqK ■ effet qu'il j a eu un interyalle de quatre jours euFiran csbf h cessation complète du mouyementfiâ>rile et l'instant on lei fU' nomènes d'auscultation ont commencé à décrùUrs, Bnis m peut dire en définitive que la maladie aea «ne durée an longue , eu égard au peu de gravité des aymptAmes géohn et locaux.

Ces faits ne semblent donc pas favorables à Temploî de lisedecine expectante dans le traitement de la pneumonie. Qwàft aucun de mes malades n'ait succombé, il est inutile dedîicqs je n'attribue point cet heureux résultat à ce que je n'ai esployé contre leur affection aucun moyen actif» mais je me ra* plique plus naturellement parla bénignité des aympllBS Sans les observations que je viens d'analyser, on voit de ce faits qui guérissent, quels que soient les moyens qu'oa kw oppose; ils sont donc favorables à toutes les méthodes, etps conséquent ne sauraient prouver l'efficacité d'aucune d'dla(iy

Je vais maintenant comparer aux faits que je viens d'av** uer, une série de treize observations de pneumonies ëgalemEit bénignes^ dont quatre seulement n'avaient pas encore dépv le premier degré, observées comme les précédentes chesdaii' jets encore jeunes et chez lesquels, nonobstant le peu de p* vite des symptômes on opposa à la maladie un traiteweit actif. C'est ainsi que chez tous on eut recours à une ou dcB saignées générales ou locales, pratiquées du premier ansixil

s^est levé, s^est exposé chaque jour an froid, a bu beaucoup de vin et B*e£ entré à rhdpital qu a une époque où les antiphlogistiques n'e'Uient vhs indiqués»

lour t tenue iiioyea vers le quali*ièiiic à dater du débuN pes évacuaiions Eanguines n'claieut indispensables chei aucun des sujets, ou aurait pu ceitainement s'en dispenser et abandonner )a maladie à elle même ; mais on tira du saiig dauti l'iuten lion de diminuer le point de cùté et la Sèvre, et d'abiéger peutêtre la durée totale de la maladie; voj'oiis si ce but fut atteint, 1* Les crachais cessèrent d'èlrc caractéristiques un peu avaut la fia du sixième joiu de la maladie , c'esl-à-dire environ quacante-buit heures après l'emploi des évacuations sanguines; 2* la douleur de côté, qui fut très poignante chez plusieurs malades, fut conslauimeni amoindrie par la saignée'géuérale ou locale, et ci^ syniptâme disparut complètement et sans retour du deuxième au douzième jour, ou en moyenne vers le huitième ; I " le mouvement fébrile s'était éteint tout à fait k la Gn du ■eptièine jour , et l'on peut dater de ce moment le commencement de la convalescence qui était complète vingt-quatie heures après. 4" EnRii les phénomènes d'auscultation diminuèrent en înènie temps que la fièvre cessait, c'es t à-dite au septième jour ; et chex dis sujets dont la poitrine fut explorée avec soin jusqu'à l'époque de leur sortie , le poumon avait repris toute sa perméabilité, terme moyen au douzième jour.

Je sais toute la réserve avec laquelle il faut tirer des conclusions générales de faits qui sont peu nombreux ; cependant je pense que les observations dont je viens de présenter une ai lySQ, sont d'une grande valeur, et devront porter les praticiens à saigner une ou deux fois dans ce» cas de pneumonies bénignes, qui, selon toutes les probabilités, guériraient par le traitement émoUient. Ces éracuationi san{;uines sont faites dans le but ' d'abréger la durée de chacun des principaux symptômes la maladie, de manière à accélérer en définitive le moment de la convalescence , d'ailleurs li; médecin ne doit jamais oubher qu'il y a un certain nombre de pneumonies qui conuuencent d'une inauière insidieuse ; à leur début, les symptômes ont une bénignité tellu que tout duil faire supposer une lieureuse et rapide terminaison ; cependant au bout de quelques jours d'un état sans gravité, oa voit succéder rapidemiiit et sans cause, des symptômesfdclienx, qu'on aurait peut>éire pièvenus si on n'eût pas négligé la maladie dès son principe. Ainsi j'établis en règle géuérale, et comme principe de Iraitemeoi ,

^Gi IT.AITLULM' 1)L LA PiSEL'MU^li:.

que Toxisfcnce (Viine pncuinonie une fois constatée, elqacUc(|ie soit la béni{;iiité apparente des symptômes carac(Aristiqiiet,h prudence exige qae les malades soient soumis de snite à ■ traitement plus énergique que ne semblerait le comporter fto général et local. Il faut pratiquer une saîgnëe da bm, ôib lih douleur prédomine sur la fièvre, avoir recoaris k une applicalioi de ventouse ou de sangsues, quelquefois on combinera œsdeu modes d'évacuation sanguine ; mais il est rare qu^on doite y revenir de nouveau, à moins pourtant que d*aatres -accideiu « déclarent.

Les deux séries de faits que je viens d'anal yser ne proanit rien relativement à l'influence que les saignées et la médcÔK cxpectante exercent sur la terminaison des pneumonies, or pour apprécier cette influence, il faudrait, posséder un certm nombre d'observations de pneumonies graves, contre lesqneHs on n'aurait opposé (fu'un traitement émollient pcndknt tonte a durée. J'ai dit précédemment que ma conscience m*a empéchêft faire un pareil expériment. Quelques amis ont eu l*obligeaiKe de me communiquer trois observations de pneumonies tiis graves et qui furent abandonnées à elles-mêmes; un senlniaUe a succombé, mais on conçoit qu'il est impossible de rien oooclure d'un nombre de faits aussi restreint.

Il est une circonstance dont j'ai parlé précédemment à l'aiticle pronostic, et qui semblerait indiquer que les pnemnonis abandonneesà elles-mêmes, ou ce qui revient au inétoe, queb pneumonies traitées parles éraolliens seuls, devraient se tenuinn par la mort beaucoup plus fréquemment que celles auxquelles ou oppose un traitement antiphlogistique. Noua avons tncB efl*et, que la mortalité était d'autant plus considérable que la individus avaient réclamé plus tard les secours de la médecine; toutefois on ne peut tirer que des présomptions de cette circonstance , attendu que la plupart de ces malades ont été placés dans des conditions plus ou moins défavorables; ils ont souvent commis des écarts de régime, n'ont pu être suflisamment prth tégés contre les intempéries de Tair; on conçoit donc qu'il nj a aucune parité à établir entre ces individus et ceux qui, dèsie début de leur affection, auraient pu reposer dans un bon lit, sa milieu d'une température douce et uniforme, qui auraient été

«oiiiikis .'■ une iVù-.ii: alisnUi'2 ei a Tusage île boissons douces. ti:ù'i ]ti lu l'tdis encore, (|uelqu'iutiii't;âs:tiit qu''it fût poui' la ■cience di; couujîtii: les ii'suluis qu'uu oLik-ndiait un suivant ce inoilede tiiiiluuicnt dans les puemiiouîtis gravât, juiit: cou- Beillerai à personne de lo lenlerj car beaucoup dtiioR devanriers l'ont fait el u'ont pu prouver qu'il fût avawl.ngeus d'y souinn- Ire les malades.

j II. Doil-on la-Liiir r/mit leaUs hs pntmnonies.

Suffit-il d'aïoîr diagnostiqué l'exiaieiue d'une pneumonie pour êire autorisé à pratiquer une ou plusieurs évacualions Bangulnes? Les médecins sysiéaiatiques , ceux qui, au lieu de IfToir dans la saignée un nioyen souvent efficace, le considèrent au contraire comme un spécifique qu'ils comparent au quinquina dauS'les fièvres périodiques, ceux-là saignent toujouri et souvent sans mesure , aussi bien daos tes pneumonies inflammatoires qui surviennent chez des sujets bien ponans que dans les pneumonies secondaires qui se déclarent cliez dt)s sujets ^uiiics par quelque malaJie chroiii<ine. Cependant, les bons pralicicus de toutes les époques avaient reconnu que dans un grand uombre de pneumonies , les évacuations sanguines ne pouvaient être conseillées sans |iéiil et !.anB aggraver tous Ks symptômes, quelque peu abondantes qu'elles fussent d'aillenrsi

Il s'est trouvé À toutes li's époques <1cs médecins qui ont pro* scrit l'usagedc la sai(>née d'une manière absolue dans le traitement des pneumonies de l'enfance et des vieillards. 11 paraît que Pinel , après jilusieurs tentatives infruclueusea , y avait presque entièrement renoncé cbcji les septua {(énaires de la Snl|)étrière. Ou & craint, en eltet, en tirant même une petite quantité de san^, chez les individus pbccs aux deu:t extrêmes de la vie, de proi^nire mi l'iai de prn.^tration et de eoiUpsus, dont il serait iinpoMibledc les relever ensuite. Toutefois, ces craintes sont évidemment c>:3(;éréef<. l/'lgc des miiladeane peut être une rontre-

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