‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens âges, et dans ses rapports, avec les autres maladies aiguës et chroniquesChapitre 68 sur 76 · I.£S prniu icns qui oui · texte numérisé non relu

I.£S prniu icns qui oui

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5GC TH.AITFMF^T DE LA P^CrXMOKTE.

ics saignées générales ou locales penrent ébte d'une gmfe utilité dans les pneomonies qui afficctent les enCu» , depû h naissance jusqu'à la quinzième année. D en est de même dha les vieillards; Moi^gni a lui-même tiré du saii^ à dÉi Bonni' naires (1) , et sur dix sujets dont j*ai recocillî Mûiloire qi avaient dépassé soixante-dix ans , il n'y en a qn'nn aeri dîei lequel Tétat des forces n^ait pas permis de recomir anx ia» sions sanguines.

Une constitution détériorée par la misère, par la mannk nourriture,le chagrin, les excès, ou des maladies antérimSk peatcontre-indiquerformellement rnsage{de la saignée ctsutti des saignées générales. J'ai eu occaaioa d'ohserrer 6 iadlrite placés dans les conditions précédentes, chez l^^ipirin rouvcrtii de la veine s^accômpagna d'une aggravation de symptâmad se compliqua d'un état de prostration qui augmenta à que Von réitérait les pertes de sang. La maladie eut une m funeste chez 5, tandis que, sur un nombre ëgal de w»^!»^ également épuisés par les mêmes causes que précedenunoit, cl chez lesquels on s'abstint complètement détente éTacnacioD Wf guine,ou qui n'eurent que 2, 3 ou4 ventouses aearifiées, la nul n'eut lieu que chez 2 d'entre eux. Ainsi chex les sujets amsîes ou étiolés dont toutes les fonctions sont dans un état de langncHi pour peu que le pouls soit mou et dépreasiUe, il seia pradott d'adopter un autre traitement que celui des saignées ou. ni'« veut tenter l'effet de ces dernières, il eif préférable de c^ raencer par une saignée locale et ^pAeialement par les vatouses , afin de pouvoir apprécier et même mesurer plus esse* tement la quantité de sang que Ton retire.

Il est quelques espèces de pneumonies qui sont nhimlaMÉH încotiipatibles avec la saignée. C'est ce qu'on a observé pvticulièrement pendant certaines constitutions épidémiquci i comme Sydcnham parait l'avoir remarqué plusieurs fois (3)i Huxham a fait la même observation pour les pneumoniei qui régnèrent épidémiquement sur la fin de 1 745 et au commencement de 1746; il vit , en effet , dès la seconde et souveot

(s) Toux épidénUque do tan 4675.

(8) Essai sur les fièvres j p. SIS.

SÂtSMfB.

êka 11 pieinuirc! sai(;née, le pouls et les lorres des ninladea diminuer à UD poiut dloncant, el bientôtapparaisHaientlessympld meBadynaiiiiquesoualaxiques lespius graves. J'ai fimarqué ces •'inéiues accidenta chez quelques individus pendant la deroière épidémie de grippe qui a régué àParis ; d'autres médecins, et eu particulier M. Honat, ont rapporte plusieurs faits semblables recueillis à l'Hôtel-Dieu.

A part quelques rares exceptions, je pense que les saignées générales sont presque toujours suisibles dans les pneumonies secondaires qui surviennent à tous les â{,'es : c'est ainsi qu'il résulte d'une série assez considérable de faits analysés par M. Becquerel , que cbez les enfants, les émissions sanguines générales ou locales eurent pour résultat de débiliter l'organisme et d'accélérer la lenniiiaison fatale de la maladie. Chez l'adulte, j'ai TU tes mêmes effets avoir lieu dans les pneumonies qui survenaient chez des sujets atteints de âèvre typhoïde, d'affections cancéreuses et de maladie di: Biighl. Je me contente pour le moment d'énoncer ces faits seulement, me proposant d'y revcnii' plus tard avec plus dd détails, lorsque j'essaierai de déterminer quel est le traitement qu'il faut opposer aux pneumonies qui se déclarent dans le cours des autres maladies.

Je dois examiner ici la valeur de quelques opinions généra- Itiment accrédites, et qnifuritqucfiOLivent on n'ose pa^ pratiquer nnesaigiiée, ouqu'onoe la fait que timidement; tandis que d'autrt'sfois on la remet à une é[ioque plus ou moins éloignée, «t qu'on perd ainsi quelques chances de la faiie plus ulilement pour les malades.

- fieaucoupdepersonResregardentrapparitionprochaincdesrè* gle^iOuleur txistence.comffieunecontre-indicationfoimelleàla

[«aiguée. Cette croyanic règne non-sculeuient parmi le vulgaire, mais elle est partagée par beaucoup de médecins ; cependant Belle est erronée, et de plus elle est dangereuse. L'écoulement des règles, de quelque manière qu'il se fasse; n'est jamais un obstacle à ce qu'on tire du sang lorsque les syniptàmcB en démontrent l'utilité; il y a longtemps que Delamolte a soutenu cette opinion (I) , et J. Frank (2) en a également recomiula justesse. Ce i!ei-iiier dit même que jamais la saignée n'avait supprimé ui les règles ni les locLies quand on la pratiquait pour âes accidens

(t) De La Molle, Trailr rfe,, „eeou>'hrme,-s. Ut. a. ■■li. St , p. 3 i-2)P,:tr. 1,11, Paris |). S8«.

:ir.s

TTAITrVINT DE lA P^ECMONIK.

i ) I Un m ni.iloî res . ( )n a vu pivtvdcniiiieiit aussi ( p. 1 23^9 qse thn Its iroift f«';iiiinfs qui eiu-ent leurs règles pendant la péiioile la plu aigui* (le la pneumonie, le sang coulaà peu près aussi longiafi et aussi abondamment que dans Fétat de santé.

Ce que je dis de la p^iode menstmelle s^appliqne aotnàf^ tat de grossesse; on troure beaucoup de personnes qai.a'oMi saiguei- une femme grosse atteinte d'une maladie graTe, de oiuK de la faire avorter. Mais il but bien se persuader qne la fÊBt monieest une cause bien aatrement puissanterd^avoitemesl, tt cette cause est d'autant plus active qu'on n^Uge dayantapls moyens propres à la combattre. Il fautdonc, chez la femmeaceinte, suivre les indications que foumiaseatrétat général et ktd, ei faire tout à fait abstraction de la position spéciale de laCensK^ car en combattant la maladie on combatla cause la pins actiic^ l'avortemcnt. Mais si dans les cas dont il s'agit, je dis d'une n^ nière générale que la saignée nVst pas contre -indiquée, on a» prend facilement que je ne parle que des saignées faites avec wt surc,et suivant que les indications les rédament impériensenaL Il ne faudrait pas surtout ici, avoir recours à ces fior mules anèlécs d'avance, car s*il est utile de tirer la quantité de sang qu'il &it| il y aurait danger d'aller au delà du nécessaire; on peut bieB,à un homme vigoureux, retirer un kilogramme de sang quand n aurait pu s'en dispenser^ sans qu'il en résulte pourtant d'aocideus bien graves , mais chez une femme enceinte on ponmil bien uc pas remarquer la même immunité.

J'ai vu très souvent des personnes du nonde, et uièmeqoctques mcdecins s'opposer à ce qu'on pratique une saignée vet dant que les malades sont en sueur, crainte de supprimer cette excrétion. J'avoue que pendant longtemps j'ai partagé csesappit' iiensions, mais aujourd'hui je ne les crois pas fondées, et je n'ai remarqué aucun accident pour avoir changé de conduite. Je suis heureux (Je pouvoir appujrer ce que je dis ici de l'autorité deJ. Fratd;, qui avertit (1 ) de ne pas prendre en considération h sueur qui Ixiignc les malades^ car elle est souvent ajrmptomati* q ue et produite par la violence du mal, et alors même qu*elkse> rait critique, elle ne devrait pas, en présence des indications positives, empêcher la saignée.

Eu fin l'intermittence du pouls, les lipothymies, les syncopes

(0 Prnr. \o\,lh pars IT, p. 381.

SAIGNÉE. TlGO^

même, ne sont pas des contre- nuUoaiions absolues à iVinplol de. la saignée , si les symptômes^ rétat constitutionnel du sujet et la force du pouls, léclameolau contraire cette- évacuation. L'adynamie, rabattement profond, la ilaiblessé dti pouls, doivent au contraire éloigner de la saignée ; mais nous avons dit à Taiticle diagnostic différentiel, qu'il fallait prendre garde, de ne pas confondre Tad'ynaime ^véritable avec une simple oppression des forces ', dans ces cas douteux, il faut faire une saignée explora^* trice de 32 à 96 grammes, et d'après ks effeu immédiats qu'on obtient , on y revient plus largement ou on s^en abstient pour, toujours.

S lU. Doit-on saigner d ioui^ les époques et d tous les degft'sde la

pneumonie ?

A une époque où les médecins exagérant Timportance de Texpectoration pneumouique, regardaient eelle-ci comme é\fiXii la crise naturelle et presque nécessaire-de la maladie ^ ils coo«^ seiUaient de s^abstenir des évacuations sanguines et des purgatifs , aussitôt que les crachats rouille's caractéristiques étaient observés. Paimi les boiUSnes qui ont défendu et propagé cette docuine , on est très^étonné de rencontrer Pringle , qui est sans contredit Tun des praticiens les plus éclairés du derni^ siècle. Ce médecin célèbre disait en efftt qu'on pouvait saigner librement les trois ou quatre premiers jours de la maladie , mais si dans ce temps-là les cracheiuens commençaient, on devait tout à fait discontinuer la saignée ou bien la modérer (1) D'autres auteurs, et ce sont je crois les plus nombreux , ont conseillé de s^abstenir des saignées génëraks ou locales après le cin-« quième ou même le quatrième jour d'une pneumonie, non qu'ils crussent que les perfts de sang fussent précisément désavantageuses, mais ils les regardaient comme éiant pour le moins inutiles , car ils pensaient que c'était à cette époque que la suppuration commençait à se faire dans les poumons. Ainsi c'était sur une erreur d'observation qud" reposait la pratique dont je parle, et qu'il n'est plus permis de suivre actuellement. 11 est impossible , en effet , de fixer aucun nombre de jours au delà duquel la saignée ne soit plus praticable, c'était là l'opnion professée par Sioll (2) , par J. Frank (3) et par beaucoup d^au-

(1) Ohs, sur les mal, des armées ^"1^, 4S5, Paris 1743.

(2) Médecine pratique, T. I, p. Ot|édit. de Mahon. (5) P/vïx., /. lî, pai^l. n,/>. 580,

très. J'ai saigné ou va M. Chomel saigner le douzième, le quinzième et le dix-septième jonr de la maladie; j^anrais saigné plus tard encore > si l'indication de tirer du sang avait été positive. Ainsi remploi des émissions sanguines pour la guérison des pneumonies sera subordonné à la nature des symptômes généraux et locaux , sans avoir égard à l'àge de la maladie.

Si râg;e avancé auquel la maladie est parvenue ne constîtiie jamais par lui-même une contre-indication à la saignée, cependant le médecin ne doit' pas ignorer que les évacuations sanguines ont généralement des effets d'autant plus avantageux qu'elles ont été pratiquées à une époque plus voisine du dârat de la pneumonie. M. Louis a prouvé en effet depuis longtemps, que les malades qui sont saignés dans les quatre premiers jours de Taffection, guérissent, toutes choses égales d'ailleurs, quatre on cinq jours plus tôt que ceux qui sont saignés à une époque plusjéloignée (1). Yoilà pourquoi j'avais dit ailleurs (2), en parlant du travail de M. Louis, que cet observateur avait prouvé, qu'un ti*aitement antiphlogistiqae commencé dans les quatre premiers jours d'une pneumonie pouvait en abréger beaucoup la durée. A ce sujet , M. Bouillaud m'a demandé si je n'ai pas pris le mot peu pour le mot beaucoup (3). Il est bien clair que je ne suis point coupable d'une pareille confusion. Chacun conviendra en effet, que dans une maladie comme la pneumonie, dont la marche est si rapide et la durée si courte , s'il est un moyen ou une me'thode thérapeutique qui diminue cette durée de quatre à cinq jours, on sera autorisé, et même forcé à dire que ce moyen abrège beaucoup la maladie ; car pour raisonner différemment , il faudrait être , ou très distrait ou très peu Ic^que.

Dans mes premières recherches sur la pneumonie, publiées en 1836, j'avais déjà reconnu la vérité de la proposition de M. Louis. En effet , les malades qui avaient été saignés dans les quatre premiers jours de leur pneumonie , entrèrent en convalescence au onzième jour ; chez ceux au contraire qui furent saignés plus tard , la maladie eut une durée moyenne de quinze jours, elle ne fut jamais moindre de treize jours, et s'éleva quelquefois jusqu'à vingt et vingt et un. Les faits recueillis depuis cette époque ont fourni des résultats semblables. Ainsi en 1837,

(1) Recher, sur les effets de la saignée , p* 62, Paris, 1SS5.

(2) Mém, sur lapneum, — Journ. Hebd, — 4 856, t. 5. Vb^ Clin, mtd.y de thApital de la ChaHu-, t. II, p. 2A7.

les malades saignés dans les quatre premiers jours, fui'^t conval»ceD9 dis le treizième jour, tandis que ceux cliei lesquels Le traiiement antipMogistique fut commencé après cette époque, la maladie persista , Leniti^ moyeD , jusqu'au dix-huitième jour. Enfin l'analyse des observations lecuLilUes dans les années subséquentes , a fourni des résultats identiquement les mêmes. Ces laits sont d'une très grande importance pour la thérapeutique delà pneumonie; et les résultatsque je viens d'indiquer, doivent ê lie considérés comme parfaitemeut exacts, puisqu'ils n'ont pas varié pendant quatre années consécutives. D'aîlleuis, à l'exemple de M. IjOUÏs , j'ai eu soin de ne comparer entre eux que des faits qui pouvaient lêtre sous le rapport de la gravité des symptômes. Comme un grand nombre de mes malades ont pris du tartre stibié, des purg^difs, ou ont eu des vésicaioiies . j'ai fait 1 sorte que ces agens iliérapeu tiques qui pouvaient plus ou moins modifier la durée de la pneumonie , aient été employés i peu près également dans les deux séries de malades que j'ai comparés ; de telle sorte que dans les faits que j'ai étudiés , l'époque à laquelle le traitement an tipLdogIs tique a été commencé, fut la seule circoiisiaiice remarquable, et h laquelle il étail^y urel d'attribuer les différences qu'on observa dans la] durée , rdaiive de la pneumonie ciiez les deux ordres de malades.

)I. Andral pense que l'existence du troisième degré de la fmeumonie ne contre-indique pas toujours la saignée ; car, diiîl , ce troisième degré existe bien souvent en même temps que ■ deux premiers , et ceux-ci peuvent encore être combattus par les émissions sanjfuinea (1), Mais c'est là une grave question de thérapeutique qu'on ne saurait résou<lre dans l'état actuel de la Bcience, puisque nous ne possédons aucun caractère certain pour diagnostiquer l'élat d'in tilt ration purulente du poumon. Quant &moi, je pense au contraire que, si on pouvait être certain que la plus grande partie de la pneumonie a passé à l'état d'Iic- ^tisation grise , il faudrait s'abstenir de saigner. Ainsi j'ai vu trois malades qui, lors de leur entrée à l'faâpital, étaient ceitainement dans cette condition , le pouls ne conlre-indiquait pas {teut-étre absolument la saignée , on lira donc 320 ou 350 gramde sang , mais les malades tombèrent presque aussitôt dans [itai <le collapsus tel que la mort survint au bout de quatre,

(1) Clh.

irW., 4'^ait..l. m, p. ÎISS.

TlttlTCMEKT RE

MX OU Liutl heures. Un aiilre individu au coi>ti-aire , éuiimt lementexpirnnt lorsque je le vis pourlapreitiièiefois ,«infli était pjcsque insensible, très déprimé et dëpassatt 1 40 ,lcii trêinilés étaient froides et couvertes de sueur visqueuse, IiIe pâle était profondement altérée, le ni.-ilade icjetait dam chats séreux jus de pruneaux , tout ciiBn faisait présage issue très prochainement funeste. Au lieu de le saigner,j<h donnai huit déci[>ramnies d'émclic[ue , et lui appliquai niin large v^sîcatoire. Sous l'influence de cette nicdicatian,laim' dens s'amendèrent d'une manièie Traimeiit inespérée ; q» heuresaprès, la figure était moins altérée , les crachait ié«B noirâtres étaient remplacés par une expectoration muqUEUK, opaque, oit d'un sris sale; les forces s'éiaieut lelevces, Icpnli aïait de l'ampleur et une certaine résistance, Oucrûiqa'i saijçnée pouvait être utile, elle fut mallicureuseinenipiiliijK à peine tira-l-on 375 grammes de sans (12 ooce.s); niai«id« de ce momeot, les syinplôme; qui s'étaient si lieuroaso»» amendés depuis U veille, reprirent toute leur gfaviié,<tn heures après le malade avait cessé de vivre.

S IV. Commait el où faat-il saigner?

A quel mode de saigner faut-il donner la préfereocc? iA toujours ouvrir la veine ou se borner à des saignées IocaImi bien enfiii faut-il combiner ces deux modes d'évacuatlooi i guines' Le choii du médecin sera subordonné à la natureila symptûmes^jénéi-aux et locaux. Si la fièvre est intense, si leysk est développé , il faut toujours commencer par ouvrir la largement, car la saignée générale diminuera plus sûrnnn> la fièvre, l'opiiression, la céphalalgie, que ne le ferait uue ^ .ipplicaiion de san|isues ou des ventouses sur la poitrine. Q>iu' à la douleur du côié, il est rare, au contraire, cotnnie je lepn*' ve rai plus tard , qu'une première saijjuée générale l'enlève, J est même commun de la voir auf;menier dans le cas où le W' lement antipblogbtique est commencé dans les deuiouliM premiers jours de la maladie. Les saignées locales ont va. cw traire pour effet , d'enltver plus pronipl'-ment la douleur ipB W saignées [jénérales. Aussi, pour peu que le point de côlc'"! intense, et qu'il ait lésisté à uneoudeun saignées, jecroi*']"' est nlors avantageux de le combattre plus directeineol pu une foile .ipplirntioii de ^nngsues el mieu\ encoit- à r.iiik'l'

ventouses scarilites ùi quellcson peut d'aillé (|ii'o!i liiit perdre au n ment.

f)uelqi

l'aclion est plus profonde et avec lesiiiesurer exaciement la quaiiliiéde ung de. Comme nous l'aToiis vupiécedenianguines locales peuvent suffire dans cas pour hyori«er la résnluiion de pneutnotiies lê- L'édominesur la Gùvre et sur

{<cres, dans lesquelteR la douleur tous les autres sjmptùmis.

Les !iai|;nées local» sont l'-galement les seules qu'où doive K permettre chez les sujets alfaiblîs par l'à^e ou dcbîHtes par tes maladies anlévieures , la misère , les privatûns. Cbez les enfans de deux à quatre ans il est peut-être prudent du ne pr.ttiquer que des saijjnées locales ; les saignées géniiiales ne con- TieiiiieiiL finère qu'aux sujeis plus âges.

' Les médecins ont été longtemps divit^és pour savoir quolle Aaii la veine qu'il était prélérable d'ouvrir dans la pneumonie ; Jes uns, fidèles à la doctrine dcsAvabes, voulaient quel'oD lilla saignée du côté du corps opposé A celui de la douleur âe la poitrlne;lcs auti'es, au contraire, embrassant l'opinion dcRiissot et deTacadémie deSaiamauque, suivaient une pratique toute dîlTc rente (1) ; l'immorlelle découverte de Ilnrvey fut même impuissante pour mettre fin à ces quereller, qu'il serait pour le liioios ridjcide de ressusciter aujourd'liui.Jediroi pourtant que ^Ëme vers la fin du dernier siècle, les meilleurs praticiens s'oc- '«upaieiit encore île ces questions. etGrimaud. eolre autres, ^conseillait beaucoup de saigner du cale malade , les avantages "%( cette pratique lui paraissant démontrés par les expériences ■'^e Triller avait faites (2) . Dans ks pneumonies doubles ou les pneumonies uniques, mais étendues et qui s'accompagnent d'une fièvre intense et d'une (grande oppression , on a conseillé, depuis Arétée (3), d'ouvrir siniullanément une veine à chaque bras, afin d'obtenir un dégorgement rapide ; celte pratique a été conseillée par lluxham (4), par Triller (5), par Frédé-

. {I) AUckel Util ûe loeo venu seciionU in plcui primû habita Un), ITBS.

{%)Ti-aiUdesfiiv., t. [I, p, B6.

(}) De car. morb, aca., Ub. II, cap, I, p. St.

' (t) Eiiai saf'lri /ii.v,,jt, il».

{i)Sutcinlacomia€iitatio de pleuiiliilc e/mr/ui: i

ûdc, jeculoXVI,

TBAIïEMKMT J>E ËsA PffJEDMOiriE.

ric(l),par J. Frank (2) et par pliisienra autm aiitaui,coH leur ayant été pinsîears fois très aianiaiymn Hob prétend même en aToir obunm des cffsH supnpfliîl parait que M. Hnascm l'a expérimenta i VEAMkii] a quelques années, et on dit qn'îl l'a fait «faqfipw| tage (3). Toutefois comme pniaiisme Mgam je des faits détaillés, il est impaenble dPi un peu poiptiTe à cet égard; je ne pais mcM-mèoM nmmM ne Payant jamais essayée ou tu expérimenter par fw Il m'a paru utileiqne la veine fut lai^gement ouTertc» sfis^ i sang s'écoulât promptement ; les sujets saignés de cette ask sont généralement plus soulagés que ceux ébem lesqudi k^ est soiti péniblement de la veine par un petit jet fjréqoaas interrompu. Cette remarque a déjà été laite depiiilir temps.

S V. Combien de saignées fauM faire ^ d qaeite distance Us

faat'il les praUquerP appwnhiîam des etiffet^nies meêkaéu.

Les bons praticiens ont reconnu de tout temps, qu'iIétatiD|»

sible de déterminer d'avance, même appraximatiTem£nt,ko»

bre de saignées qu'il fallait faire et la quantité de «ttig qa*osf<

retirer utilement aux individus atteints de pneumonie. L'ob

vation de chaque jour leur avait en effet démontré, que lafl*'

tité de sang que l'on pouvait extraire devait être détenninie|S

l'âge et l'état des forces du malade» par sa constitution, par as A'

antérieur de santé ou de maladie, par Fintensité de la Sknt^

la violence des symptômes locaux et en particulier de lado^

et de la dyspnée. Enfin, ils savaient aussi qu'il faut avoir ifi

à la constitution régnante, au génie épidémique, auxei&lif*'

duîtspar une première évacuation sanguine» pnîsqu^ilescdeiép'

ques où les saignées échouent ou sont niûsibles, comme Sjfa*

haiu, Huxliam, et une foule d'autres l'ont plusieurs fois obeni

et sî{j;nalé à l'attention des médecins. On voit, d'après ce cosit

aperçu, de combien d'clémens il faut tenir compte» de cos-

bien de circonstances capitales il faut peser la valeur | poari*^

(1) Disser. depéripneum, Edim, 4 666.

(2) T. U, part. II,/?. 383.

(3) Art, pneumonie du Dictionn. des sciences ^médm^ Bricheteau,

lever à la connausance des indicatioâs^ science qui consthixe sans contredit lé point le plus difflcUe et le phis impmrtant de noireart.

On a pu se convaincre par la iectare de ce livre, que k pneumonie ëteit une nudadie complexe, dont la physionomie change snivant une foule de circonstances individuelles ou extérieures; aussi les médecins^ même ceux qui avaient le plus abusé des évacuations sanguines dans son traitement, n'avaient guère songé pendant longtemps, à proposer une méthode fixe» invariable, une sorte de mesure à laquelle il falUil soumettre indistinctement tous les sujets.

La quantité de sang qu'on a conseillé de retirer aux sujets atteints de pneumonie a beaucoup varié suivant les époques et les sectes médicales qui ont régné. Ainsi en recherchant quelle fut la pratique des médecins les plus illustres, nous voyons qu'Htppocrate saignait modérément, et qu'Asclépiade quoique faisant généralement une médecine très active, s^abstenait pourtant des évacuations sanguines dans la péripneumonie. Gelse^ qui a si étrangement abusé des saignées puisqu'il les conseillait même dans les cachexies, en était beaucoup plus sobre dans les inflanunations thoraciques; il n'y avait recours que lorsque les forces n'étaient pas trop prostrées^ dans le cas contraire, il se bornait à l'application de ventouses sèches . Galien, dont la pratique était pour ainsi dire calquée sur celle d'Hippocrate, en&ployait pourtant la saignée beaucoup plus largement que le ;pAre de la médecine, car il la poussait parfois jusqu^à la syncope et tirait fréquemment dans un seul jour jusqu'à six cotyles de sang, c'està-dire environ 1587 grammes. Les médecins arabes, qui ont à peu près adopté les théories médicales et la pratique de l'école grecque, et Fernel^ce brillant commentateur de leurs ouvragesy saignaient uiodérément. Plus tard, les médecins naturiste», Baillou,DuretetHoulier,serviles observateurs des préceptes de la médecine grecque , reconnaissant comme eUe, ou plut&t exagérant l'influence de la force médicatrice^ furent comme Hippocrate asses sobres dans l'appUcation des remèdes actifs et de la saignée en particulier. Mais vers le dix-septième siècle, Sydenham (1) remit en vogue la saignée et la regarda presque

(I) Méd»praLf t» I, p. 406, édition de Baumes.

IF%1TLML.M UE LA P2«£tSiOME.

comme le seul traîtemeatà opposer à la pneamoniey cMBsItl seule espérance pour triompher de la maladie. Ce gnadaci'l cin avait pour liabiiude, dès qu*il était appelé anprès d'i lade atteint de pneumonie, de lui tirer enyiroa 31S{ (10 onces) de sang. Si la douleur était ▼!▼«, il rfiténît ]ib| gnée dans la même journée et tirait one paieSIe de sang que la première fois. Il en faisait de mÂme le le troisième et le quatrième jour , si la douleur et kuMBl symptômes continuaient avec Tiolcnce. Si la wnalatflî^; etkJ»| ger diminuaient ou si le malade était trop faible povr des saignc'es faîtes a des interyallcs si oonrts, il ae conteBdifal faire deux de suite, mettant entre les autres ud jour oadaiiB distance. Il était rare que Sydenbam retirât moioa d'inUi' gramme 250 grammes (40 onces) de sang. Mais cepeafailil faut observer que dans Tapplication de la méthode ilanit^ à Tâge du sujet , à sa faiblesse, à la violence de la miUet qu*il la modifiait en conséquence.

Depuis Sydenham, les saignées furent employées aaol^ gemeiit par la plupart des médecins du dernier iièi> Huxham y avait souvent recours coup sur coupl Cot é^ que lorsque la maladie était intense et qu'une pRW* saïgnée n'avait diminue ni la violence de la fièvre afr tcnsilé de la douleur, il la réitérait au bout de liQit,dt^ douze heures, quelquefois plus tôt; et ne tardait pas eMÂtei en faire une troisième (1). Sarcoiie, dans l'ëpidémie de 1^ avait reconnu aussi que des saignées faites liarditnent ftf ^ iiiain discrète avaient amené la résolution d^un grand nomkic'' pneumonies : mais il était loin d'exagérer l'influence de ce o* mède , il conseillait la plus grande prudence dans son cmflà et il disait avec beaucoup de raison que quel que soit le dcp de confiance qu'inspirent les observations heureuses de saigséa pratiquées dans les maladies aiguës de poitrine , il convictf que cette confiance ne se tourne jamais en audace (S). Beaucoif de ses contemporains et de ses successears ont oublié ce cosseil. Sauvages (3) traitait les pneumonies franches. {Perip, vtri

{%) Essai sur lesficv.^, 922.

(2) Mal. ohs^ il Naples, t. I, p. 191.

(ô) IVoso mcih,, t. ir, pars prima, |>.49C. Anifttcl6dami^l7SS.

bAlU^Cb. 0//

par des saignées qu'il réiléiait jusqu'à dix fois chez les adultes ; le pramiâr jour il tirait toutes les quatre heures entiron 250 grammes (8 oncesde sang); par conséquent on voit que Sauvages disait perdre environ 2 kilogrammes et demi ( 5 livres ) de sang à ses malades; mais je ferai remarquer que ce célèbre Dosograpke n'Avait conseillé ce traitement énergique que dans une seule forme de la pneumonie. Grimaud fut au contraire moins prodigue y il en revint à peu près à la pratique de Sydenham f car il conseillait dans la pneumonie inflammatoire > de ne tirer à peu près que de 1 kilogr. et demi à 2 kilogr. de sang en troisouc[uatre saignées (1). Gullen essaya de remettre en vogue l'usage des saignées plus larges, puisqu'il voulait qu'un adulte de foixe médiocre perdit, dans les deux ou trois premiers jours de la maladie, environ 2 kilogr. et demi de sang (2). On sait que cette pratique fut même dépassée en France par Bosquillon son traducteur : mais si l'on consulte les témoins qui l'ont suivie, on peut se convaincre qu'elle n'opéra pas beaucoup de merveilles, et Bosquillon , malgré son talent, ne parvint pas à fiiire beaucoup de prosélytes à Paris. Parmi les médecins du dernier siècle , qui ont mis la plus sage réserve dans l'emploi de la saignée pour le traitement de la pneumonie , je dois citer Lieutaud qui s'éleva avec force contre quelques* uns de ses cooiemporaina, qui partisans d^ une méthode exclusive, se faisaient un jeu d'ordonner dix à quinze saignées et même plus, à tous ceux qu'ils traitaient d'une inflammation de poitrine^ Lieutaud, au contraire , ne faisait en général que 3 ou ^ saignées de 312 à 375 grammes (10 à 12 onces), dans le cours des deux ou trois premiers jours ; et il était rare qu'il y revînt , à moins de quelque accident pressant. Enfin ce médecin résume sa pensée en disant que les cas qui demandaient 8 saignées étaient fort rares, que ceux qui en exigeaient moins étaient communs. (3). Les médecins de l'école de Vienne ont, pour la plupart^ employé les saignées d'une manière assez large dans le traitement de la pneumonie, sans oser néanmoins fixer d'avance la quantité de sang qu'on devait retirer. Yan Swieten est celui qui peut-

(2) T. II, p. 259.

(3) Méd, praU^ l. 1, p. 348.

à'jS TRAITEMENT DE LA PKEOMONfB.

être a pratiqué les évacuations «ft"gninf» avec le plot de mm à tandis que Qinrinj iwtn fltyr rtinn incrriMcar^ innklait diiiiiy a sur ee moyen, atrépéudt la saignée jusqu'à œ quels icBpian| fût devenue plus libre (1). Suivant une pratiqaeeoBtniie,duail 9ait que StoU employait généralement la — îg^n'^f aTec buwnf | plus de réserve; dans quelques cas pourtant ilaaignailIngeB oudopnait Témétique. Scolld'aiUeuEsu'ëtaitpciinaeKdnuff^ qu'en ait prétendu le contraire» et c'est pour œla ^V dsitèi compté au nombre des meilleurs praticiens qui autbouocéki^ nier siicle. Hildeubrand, son digne sucresocm, u'aûidîqiéa' cane règle fixe pour remploi de la sûgnée, qu'il prapovtknÉi l'élat da pouls et des forces, à la difficulté de la reapimtioD;cep daut il était avare de saignées répétées, et si les c^ngeationsloab étaient trop tenaces, il avait recours à la méthode Tévnlsîie^)<

J. P.Fraakapresque toujours été partisan des iwîprfcinsfin ses, il conseillait de tirer du sang par une lai^ ou?eime,et répéter cette opération à intervalles asses rapprociiés peu fi les effets de la première ne fussent paa détruit!» avant h» conde (3). P. Frank a peut-être, dans un graml nmbnàm abusé des évacuations sanguines; son fib Joseph rapporta effets que de 17891 1790, il avait vu sou père faire à b clinique de Pavie, 1% , 1& et même un plus grand nombre deeffLéeé ; et malgré ce traitement énergique, et peut-être i aae de lui , la liiortalité était très cenûdérable {enormis eruihmi^ numeruSy ditril], tandis qnetO ans plus tard, à l'Institut cEnf devienne et à l'hôpital généfai de cette viUe, pendant les aÂ* 1798, 99 et 1800 , il éuit rare qu'on pratiquât même uneieè saignée, et cependant la mortalité fut moindre qu'à Pavie. Mv J. Frank bUine avec raison ces deux extrenaea, et conseilleii' jourd'hui une pratique plus sage, en proportionnant le no^ et TabondaBcedes saignées à l'état des forces du sujet. Deu o> trois saignées lui suffisent pour les pneumonies médiocKntf intenses ; pour celles qui sont plus graves , il n'en a jamais pn* tiqué plus de cinq dana l'espace de vingt ans (4) .

Ainsi, en résumé, si nous rechercbons comment les médedns

(i) Traèiédesjièv. et inflam, T. II, p. 4 59.

^2) A/fid, prat.j 1. 1, p. 88.

'3) fJfjilomc,, i' 11, p. 158.

(h) Prf/.f., \nl Il,])ai. 1 1 . p. 384.

SAltiJN££. 579

qui nous ont précédé employèrent les émissions sanguines dans le traitement de la pneumonie» nous voyons, que suivant les théories et les doctrines prédominantes de chaque époque, les laignées forent faites plus ou moina nombreuses et plus ou moins abondantes. Plu^ura médecins de Técole d'Mexandrie, et de la aecte des dogmatiques, enfin quelques-uns de ces théoriciens que Laënnec appelle avec raison les hérétiques de la médecine ^ ont ose plusieurs fois proscrire ce puissant remède; d'autres, donnant dans un excès contraire ^ ont proposé de retirer plus de 4 ou 5 kiL de sang ; enfin les praticiens sages^ également éloignés des deux méthodes extrêmes y employaient en général des saig^ées modérées f qu'ils proportionnaient toujours à Fétat des forces et à Tintensite de la maladie , et n'avaient surtout pas songé à en soumettre l'emploi à certaines règles fixes.

iSi nous recherchons maintenant quel est l'état actuel des opnions dans le monde médical sur la meaure dana laquelle on doit employer les émissions sanguines dans le traitement de la pneumonie, nous voyons, comme dans Tantiquité, quelques praticiens peu nombreux proscrire tout à fjBÛt cette médîication ; d'autrea» au contraire» l'emploient avec une vigueur et une persistance peu communes et qui rappelle la pratique de quelques-uns des médecins des dermers siècles»

Ainsi il n'est pas rare de voir les élèves de Rasori (}} et de Tommasini, en Italie, pratiquer à l'exemple de leur midtre , quatorze, seize et même vingt saignées de 4 i 500 grammes chaque , dans le coui'8 de la pneumonie, et retirer en quelques jours , jusqu'à 5, B et même, dit-on, 10 kilogrammea de aang à leurs malades , qui prennent en outre souvent, des doses considérable» de tartre sûbié. C'est aux univeraités de Parme, de Milan et de Pavie que les saignées paraissent être employées avec le plus de rigueur; on les pratique souvent d'après certaines règles à peu près fixea , comme on pourra s'en ccmTaincre par

(I) Voir le mémoire de Rasori. Archives t. iV. — Bibliothèque de ihérapeutiguti de Bayle, Pari», 1838, 1. 1, p. 198.—- Consulter Fourrage de Tommasini , intitule Prospectus des résultats obtenus daus la cliiii(|He médicale de Bologne depuis 1835 jusqu'en ISS8, — Voir dans le t. V, p. 331 (texte italien) du Traite de ihcrapçutiquc de Qiavomini^ < r qur. cet auteur u dit à propos du nombre des saiguttet* dam la pucumoiiiu, <Uc.

jS() rUMlLMUM Uc LA r.Ni:L3fO>IL.

les détails qui m'ont clé couuimuicjiiés sur le traitement anqvl on soumet les îudividas atteiuts de pneumonie, qui entrent à b clinique de Pavie.

Dès l'arrivëe du malade à Thôpital, od pratique une laipB de ÔOO grammes le matin (1 livre); au milieu du jour, la Tciiiea ouverte de nouveau et on relire la mèine quantité de sang; caii dans la soirée on fait subir au patient une Donvelle perte dea^ aussi abondante que les deux premières. Le second jonr,oi« borne à tirer un kilogramme de sang en deux fois (2 livra); k troisième jour et les jours suivans, on ne fait plus que don» gnées de 187 à 375 gram. (de 6 à 12 onces) ; en sorte qu'au bm de six ou sept jours , le malade a perdu 5 kilog. de 8ang(IOivres ). Il parait que cette méihode s*applique sans tropHà compte de l'apparence ge'nérale du malade ou de la hce de la constitution. On prétend à Pavie , que lorsque les adi* des entrent à Tbôpital dans les trois premiers jours de ki pneumonie, ils guérissent généralement par la méthode qiejt viens d'indiquer, puisque la mortalité serait à pdne d^ dixième. On dit aussi que ce tndtement énergique empëdiek plus souvent la pneumonie de passer à l'état d'hépitiS' tion (1).

J'aurais beaucoup désiré pouvoir apprécier les bienfaiu ' les dangers de cette méthode, d'après les relevés des clioMpB d'Italie , mais je n'ai pu me procurer aucun document des genre. Aussi je m'abstiendrai de porter aucun jugement sarb pratique des médecins italiens, et je me garderai bien surtNl de juger leur thérapeutique, diaprés les résultats que nous obtenons chez nous par des méthodes plus ou moins analogues; carte serait imiter ces théoriciens audacieux qui appliquent à toDi ta pays ce qu'ils ont à peine observé dans un seul. Nous derooi au conti'aire , reconnaître avec Baglivi, que d'un pays â l'autre on est souvent forcé de varier les moyens de curation, et qi*il

(l) Ces détails ont été envoyés, par M. le docteur M. d*£smne<fe Genève, ù M. Louis qui a bien voulu m'en donner oonnaissaBce. M. d'Ebpine let» a recueillis en 1840 en Italie au congrès scieuLifiqiN «I< Turin , où ils lui furent commuuiqués par le docttsur Dulûni ch«f ^ U cliiiir^uc médicale de Thùpital de Pavie.

n'y a pas plus de médecine uhiversello pour tous les rlimaU que pour toutes les maladies (1)

En France, la grande majorité des médecins ne suit aucune luétliode exclusive dans le traitement de la pneumonie. La plupart reconnaissent qu'on ne saurait de'terminer d^une manière générale, ni le nombre des saignées qu'on doit faire, ni la quantité de sang qu'on doit retirer chaque fois, ni l'époque de la maladie à laquelle il faut renoncer ùce moyen puissant; ils conseilslent de répeter la saignée autant que Tesiigela persistance de l'inflammation et l'ctat des forces. M. Chomel, qu'on a signalé comme un des antagonistes de la saignée, reconnaissait au contraire, il y a déjà plus de douze ans, qu'on pouvait avec avantage répéter les pertes de sang tiois ou quatre fois par jour au début de la malade ^ lorsque l'afFaiblissement du sujet n'y mettait pas d'obs* ladie, mais ce professeur était trop sage pour pouvoir conseiller cette pratique comme étant applicable même au plus grand nombre des cas. M. Chomel s'est élevé également contre les prétentions de ceux qui ont cru pouvoir fixer approximativement la quantité absolue de sang qu'on doit communément tirer dans une pneumononic ; évaluations, dit-il, qui n*ont aucune utilité en elles-mêmes, et ne sont pas sans inconvéniens. Il démontre en effet que la soustraction d'un kilog. 250 grammes, que Sydenham conseille de faire dans les pneumonies» ne peut suffire si le sujet est robuste et la maladie intense ; elle est trop considérable au contraire, si l'affection est bénigne et le sujet d'une faible constitution. M. Louis ne reconnaît également au» cune règle fixe dans l'emploi de la saignée. Enfin M. Andral, tout en admettant que la pneumonie est la maladie peut-être dans laquelle les évacuations .sanguines peuvent être le plus prodiguées, ne se hasarde point cependant à imposer des limites , et reconnaît qu'il y a des sujets qui , en raison de leur constitution , beaucoup plus qu'en raison de leur âge, ne peuvent supporter d>es perles de sang abondantes et répétées.

Depuis quelques années, M. Bouillaud,au contraire, a préconia S les émissions sanguines faites à certaines doses et à des temps fixes et déterminé.< , comme une panacée pour la plupart des

(l) Voir Cnhnnt's, rapport (fii physique^ §• mémoire y influence dti dlmil/, ^XU.

ituLiiliis iiillnniinntoiios ci ponr la pneumonie en paiticiiliâ Avant irexaiuiner sur quelles données reposent les assertions (k M. Bouillaul, je vais exposer son traitement tel qu'il Fapfr niitivement indiqué H;.

Supposons une péripneuinonie d'une étendue et d'une intensité moyennes, au premier ou tout au plus au second èe^i \ chez un individu adulte d'une force et d'une constitation («^ dinaîres : voici comment il convient, selon SI. Bouillaad, d'jppliquer la méthode des émissions sanguines.

Premier jour. Une saignée dn bras de quatre palettes le nutii une seconde le soir de trois à quatre palettes. Dans l*intcrTÛ des deux saignées, on appliquera sur le côté douloureux tre2 sangsues ou des ventouses scarifiées, de manière à obtenirdi palettes de sang environ.

Deuxième jour. Une troisième saignée de même quantité qe les deux premières, et si la douleur de côte' persiste, on réitiren l'application des sangsues ou des ventouses.

Troisiime jour. La plupart des péripneumonies du prame: degré sont arrêtées et pour ainsi dire jugulées dès le troisièm: jour du traitement; si la pneumonie résiste encore le troisième jour il faut sans hésiter pratiquer une nouvelle saln^'. générale de trois à quatre palettes.

Quatrième jour. Lx péripneumonies même quand elle est pcvenue au second degré , résiste rarement au delà du qoitrième jour ; dans les cas où il en est ainsi , on peut prati({K encore une nouvelle saignée, mais le plus ordinairement iïcsi mieux d'y renoncer, et d'appliquer un large vésicaioire sur le iùté malade.

En rc^îd gênenzle^ on ne doit renoncer décidément aux émissions sanguine": , que du moment où la réaction fébrile est nulle ou presque nulle, et que la dyspne'e et la douleur ont à peu près complctcnuut cessé: si comme toutes les r^les générales ccile-il comporte quelqu: s exceptions, elles sont très peu nombreuses.

Ciriquicmc' et sixième jours. Il ne s'agit plus que de surveiller attentivement i Vtat du malade. Dans les cas les plus ordinaires. la resolution s'opère rapidement, et déjà l'appétit commence à

'Onnuirt th- im tienne et de chirurgie praliqu»Sy t. XIII, p. *03.

se faire sentir. Dans quelques cas exceptionnels une rëaction» une sorte de recrudescence peuvent se manifester et l'on peut-être réduit à revenir^ mais ayec plus de réserva et ôm sobriété , auK émissions sanguines; il semble à M. Bouillaud que c'est alon on jamais qu'on pourrait tenter avec quelque ayantag* 1« tarCM stibié à haute dose.

On peut vàriet la fotmule que je Viens d'exposer, ainsi qtiéiquefois au lieu de deux saignées en un seul jour à la dose indi^i» qnée , M. Bouillaud n'en fait qu'une de cinq à six palettes. Gomme la plupart des malades arrivent à lliâpital dans l'AprèiH midi, ils ne sont saignés qu'une seule fois le premier jour de leur entrée, et c'est le lendemain qu'ils sont saignés matin H soir et qu^une application dé sangsues ou de ventouses âcarifléesi eist pratiquée dans l'intervalle des deux saignées.

Ainsi dans le traitement > les malades perdent de quatre à dnq livres de sang.

Les pneumonies légères , c'est-à*dire à la fois peu étendues et au premier degré ne datant que d'un jour ou deux^ sont enlevéeâ ordinairement, d'après M. Bouillaud ^ après la troisièiUie émid^ sion sanguine. Quant aux pneumonies plus graves qui enva«* bissent la majeure partie des deux poumons et qui sont parve* nues au deuxième ou etu troisième degré, il faut porter quel* quefois les saignées du bras jusqu'à sept, huit et même neuf» sans préjudice des émission» sanguines locales y telles qu'dles ont été précédemment indiquées»

Quant aux pneumonies qui envahissent la totalité du pou^ mon ou qui, sans être aussi vastes, sont décidément parvenues à la troisdème période, elles tuent le pins souvent les malades avant qu'on ait eu le temps dé pousser aussi loin ks sai*gnées.

Le traitement dont je viens d'exposer les principes ett cotura généralement aujourd'hui sous lesnomi de formule des saignées, coup sur coup , ou de méthode jugulante , ou de méthode de M. Bouillaud. On voit donc que cette manière de faire les saignées, de les doser, n'est qu'une imitation de la pratique suivie par quelques médecins italiens^ la seule difierence qui les distingue, c'est que M. Bouillaud remplace par des v^entouses ou des sangsues la saignée générale que Pon pratique en Italie nU milieu du jour. Je ne sais si c'est là nn-perfeclionnement apporté

.'>84 TRAITEMENT DB T.A P^FUMOlflE.

à In méihodc, dans tous le.s cas, ce n'est pas une invention qui jeisiUie les éloges pompeux que Tauteur se décerne. Mais laissons là ces questions de priorité qui ne peuvent intéresser que la vanité de quelques personnes ; contentons-nous de juger l'esprit de la méthode qu'on nous vante^ et d'apprécier la valeur des résultats qu'on prétend avoir obtenus par elle.

On voit, d'après ce qui précède y que M. le profesfeur Bouillaud a cherché à soumettre à des règles à peu près, fiscs, le traitement de la pneumonie. Mais j'ai prouvé précédemment que la thérapeutique des inflammations pulmonaires n'était pas susceptible de cette précision mathématique, ^car eu voulant déterminer d'avance, le nombre des saignées qu'on doitfaire^et la quantité de sang qu'on doit retirer^ on s'expose à de graves inconvénients, dont le moindre est d'a£EBdblir inutilement quelques malades. La saignée est certainement de toutes les méthodes thérapeutiques celle qui est le moins susceptible d'ètie formulée ou d'être soumise , je ne dis pas à certaines lois fixes, invariables , mais je dirai presque approximatives. Les effets d'une saignée intempestive sont irréparables, il faut donc n'y avoir recours que lorsque l'indication est évidente , il faut la proportionner à l'étendue, à l'intensité de la maladie, aux foroei des sujets, etc.; dans la formule jugulante, ces principes ne peuvent être observés. M. Bouillaud a déjà protesté contre cette {;rave accusation, cai* il affirme qu'il a égard à toutes les circonstances individuelles ou extérieures qui peuvent et doivent modifier le traitement ; mais malheureusement la pratique de ce professeur est eu désaccord avec ses assertions; et le lecteur pourfi s'en convaincre aisément en parcourant les observations publiées par M. Bouillaud lui-même. Il faut, en effet, qu'un individu qui a une pneumonie soit saigné quatre fois dans les 24 premières heures, car c'est là la base de la formule dite noovdle. M. Bouillaud, par exemple, voyant son malade à la visite du matin, lui prescrit sans désemparer, et comme une nécessité de sa position, trois évacuations sanguines. Elle seront faites dans la journée; on ne s'inquiète pas de savoir Vefiet que la première aura produit pour pratiquer la seconde ; la troisième sera faite aussi sans connaître les changements qui ont pu survenir dans l'intensité et la marche de la maladie , depuis la dernière perte de san£r; el cependant quel est le praticien qui n'a pas vu des

SAIONél!. 585

pneumonies qui , aprè^ la première on la seconde saignée, pr/»seutaient un amendement assez notable dans les principaux symptômes pour que la prudence conseillât de s*ab8teiiir désoriHaîs de tout traitement actifs qui ne pouvait avoir diantre r&uhat que d'affaiblir inutilement les malades et de contrarier peut-être la marche régulière que la maladie avait de la tes* dancè à suivre ? Oui, je redis encore que la formule de M. Bouillaud est aveogle et inflexible ; ccmmie toutes les formules et toutes les recettes qui ont été prônées jusqu'à ce jour, elle est incapable d'être accommodée aux diverses exigences que chaque cas individuel présente , en rappliquant, on combat la maladie sans songer souvent au malade lui-même. Il me serait facile de justifier ces assertions par de nombreux exemples : je ne citerai que le suivant. M. Bouillaud a rapporté dans sa Clinique (1 ) l'observation d'un homme de 36 ans, épuisé par un diabètes sucréj (ce sont les expressions de l'auteur), et qui fut pris d'une pneu« monie intercurrente. Quoique ce malheureux fût réduit à un état d'émaciation considérable, et que la pneumonie revêtît cliez lui la forme adynamique, M. Bouillaud n'hésita pas pourtant à faire pratiquer à cet individu trois saignées de 375 grammes chaque (12 onces), et la mort arriva avant la fin du premier septénaire. Beaucoup de praticiens seront sans doute surpris que l'on ait osé tirer plus d'un kilogramme de sang à un malade déjà épuisé, et qui souffrait depuis quatorze mois et demi; c'était peut être ici le cas de s'absteuir tout à fait des émissions sanguines, et de traiter d*emblée cette pneumonie par les préparations antimoniales. Mais M. Bouillaud ne partage pas notre opinion, et son seul regret consiste à n'avoir pas employé la formule des saignées coup sur coup (2) ! C'est-à-dire que le malheureux auquel ou a osé faire trois saignées malgré son état d'épuisement, en aurait eu pour le moins quatre, et probablement davantage, si on lui eût appliqué la formule jugulante. D'ailleurs M. Bouillaud annonce que si un cas pareil se présentait désormais à son observation, il le soumettrait à la rigueur de son inflexible formule. Ce fait est assez concluant et n'a pas besoin d'être commenté. Ce que je disais tantôt est doue

(1) Clinique médicale de F Hôpital de la Chanté. Paris, 18 S7, f. II, p. 18. obs. S.

(2) Même ouTrae;?, p. SS.

TRAITEMENT OC LA PNBUKOlfni*

incontestable ; la formule donnée par M. BotnlllMiid est afo^; elle prétend ployer tous les faitstoua an mémemTMn, et Inll faire considérer toutea les pneumomt» conamo filmliipw.fr I toit aussi que la pratique de M* BouiliMid ert phiaeukiÉ eneoreque sa formule ne semUerait l'indî^iMr. cièU«essqdk| cette méthode a étéTivemantet jttBtenMntMtaqvuU, tritiquei , au lie» de convertir M. BouillMid ^ Font an irrité 9 et comme tous les intenteun qa*oai ttiéCoaaak,il(Hi{ proUTer qu'il n'a pas tort en exagérant «naore tm qa*catnmà déjà blâmable*

Que M. Bouilland ne dise pins qu'il tient compdirh eoDBtitution du su jet| du degré et de l'étendtttf d» la malaiiii^*! B*it ^roit que ces diverses droonstàncea doirent nodiii' ■ ti^itemfïUt y qu'il abandonne donc sa formule» qtk^îl ma pMfi d'avance des règles inapplicables, qu^il sal^e pea oii' buwwf suivant les exigences des cas particuliers qu'il oïmetft ; €lfri ue prétende pas réduire la pratique attt meaqaiii^a pitumiliii de l'art mécanique le plus vulgaire. Malheureusellteat la tât pôutique n'est pas msceptible de cette pi^lêioa fii dé cillei* pUcité, et la science des indications restmrà toujout» jfort'diSÉ» C'est ce qu'il faut dire constamment à ttuX qtd M deitiMSii notre profession. Qu'on ne les habitue df^nc pas à juger kf»* tique comme une chose très simple , ou évitera peutrteti» de grands maux à nos semblables , et à tios jeutiea codirta les désillusions qui suivront leur expérience personnelle, ifi^i avoir jugé l'esprit de la méthode^ apprécions maintenant Itfi^ suUats.

Depuis quelques années on a essayé de jiiatifier aTéc deiM cliniques, les prétentions de la formule jugulante. Detf dMent* tionsparliculiëres, des résumés, des tableaux a ta tistiques oitM publiés par M. Bouillaud OU par ses élèves, dans le «ToarRafMdomadairej dans l'article Pneumonie du Ûictionnaifet; en 15 f lûmes, dans la Philosophie médicale et le tome 2 de la CUw^ de la Charité; enfin plus récemment dans le 8* voltune ^ Mémoires de V Académie royale de Médecine. Maia, ces faits qa'oi invoque pour prouver la supériorité de la formule des sugnées coup sur coup^ sont moins nombreux qu'ils ne paraisieBt au premier abord ; car à l'exception des vingt-six observationi que M. Bouillaud a données en 1837 dans sa climqae^ taiiik>

SAIGWÉE. 587

autres publiés oomplëtemeat^ fe croÎA, dans k journal hebcb« inadaire , ont èùk «nauke rqprodoiU et commant^ dans àtXLX ouvrages difTérsns de 9L Bouillaud. Enfin les soixante-cpiinM cas qu'un de ses. élères à présentée à rieaâémîe de soédeenur, sont oes mènies observations que nions oonnaîssons depuis long* temps; observatietts dont j'ai désnontré le peu de valeur, ii 7 4i déjà cinq ans, dans mon mémoîiu aur la pneumonie»

Il faut convenir pourtant que les mat&iaux de ée dernier tra» yaH , qui n'est en d^nitive qu'une quatriènie éàkiàmh ^'ot été disposés de «anière à induire bien faetlenent en enuur. Ain« onfidtun choix de cmquantO'^ix cas de pneumonies , lee unes bénignes es ayant guéri par les seule émolliens, beaucoup élàét au premier degré ou parvenues encore incomi^étement à l'étâù d'hépatisalioii rouge; sur eiss dnquante^ix pneomoniee, deux seulement loot eu une issue funeste ; eiFon ainéme sein de finve remarquer que la méthode est innocetite de la mort des aaala* des (1) ; on préteiid même que ceux-ci sont morts par aecideuty ou même par leur faute* et nullement par suite de rinsuffisance du traitement, car celui-ci est regardé comme étant à peu près infaUlible (2)* Mais avant de passer à une autre série de faits moins favorables, l'auteur s'extasie un moment pour aura ra» marquer les bienfaits d'une méthode qui a pu guérir âaquaate * quatre malades sur dnquante^six, conune s'il était possible da tirer aucune conclusion rigoureuse d^ cas aussi dissemUables, et comme si on pouvait juger de refficacité d'une méthode da traitementpar une série de &ils dont les uns étaient peu graves, dont les autres appartenaient A des individus guéris autrement que par la fomuile des saignées coup sur coup. C'est ainsi qu'un tiers environ de ces individus ont guéri, sottpar les émollieas seuby soit par cette méthode antiphlogistique que M. Bonil-* laud nomme Classique avec dédain; par conséquent il ne peut pas accepter les succès obtenus par elle , et surtout il lui est dé» fendu d'en tedre honneur à sa formule : il Saut donc les dtfalquer. 11 nous reste alors trente^cinq' malades , dont deux seule* ment ont succombé ^ certes ce succès est assex beau pour qu'oa ne cherche pas encore à l'enfler et à le rendre incroyable, en y ajou*

(0 Mém. de VAcad. deméd., Paris, lS4t,t VIII, p. S64.

(2) Bouillaud. phil, méd,^ p. 557,

•'>S8 TRAITT.MENT DE LA ' PlfEDMONrC.

tant lies faits qui ne lui appnriiennent pas. Quoi qu'il a É après aroir annoncé sTec pompe qu'on B*avait pcida qu'au lif Imitièuie des malades , l'auteur est obli^ à la fin de sn» moire et comme règlement de compte définitif, île noni a» ser une morialiié d'un huitième troia-qaarls, ce qui d'i n'est pas encore par&itement exact ; somme tonte , le résultat obtenu est encore assez favorable , mais il nsni facile plus tard d'en expliquer la cause.

J'ai dû signaler à Tattentioa cette noorelle umnière de p per les faits, qui est aussi Tideuse qa*dle est dangeictepi le lecteur, et qui en a peut-être impose à lliOQacable cti médecin lui-méfce, qui fut chargé de présenter à rAcsdissi médecine un rapport sur le trarail que je critique a M. le docteur Rayer conclut en effet , sans restrictkiaiiVi commentaires « qae la méthode de traitement, fbnMlfli|i M. Bouillaud, appliquée dans les soixante-quinse css dip» raonie franche et primitive a réussi au deUk de toute ptp tion connue, pour le premier et le second degré de la pace» nie ; un mort seulement sur vingt-cinq malades (1). • EiU* ment une pareille conclusion ne découle nullement de Ytiif des faits dont je parle.

Les faits invoqués par M. Bouillaud en fkvenr de n^ thode sont-ils d'ailleurs aussi concliuns qu*on le dit? Ilfiâil ans, lorsque ce professeur publia , dans son traité de fkibsphie médicale, des relevés statistiques pour proaverlas|^ riorilé de sa méthode, je lui fis remarquer que les râalMif^ vorables qu*il indiquait, ne pouvaient avoir aucune valesii* yeux des hommes expérimentés , parce qu'il avait omis deis* compte de toutes les circonstances qui ont de rinftaenccMr^ marche et l'issue de la pneumtmie , comme l'étendue et liff^ vite de la maladie , mais surtout l'âge des individus. M. tÛA' laud s'était contenté, en effet, de présenter à sesledeaffib résultats bruts , c'est-à-dire qu'après avoir réuni tOM ^ faits péle-méle , il avait additionné le nombre des suceb tt des revers, et avait cru résoudre le problème par cette opén* tion fort simple.

{}) Rayer, Bnlfetin tfe f Acnd, roynleàeméâ^cinm^ t. IV, p.âW.

SAlGiNEL.

Coin me on le peiise bien , M. Bouillaud n^a pas manqué de rcclaiiiei* contre cette grave accusation ; il m'a cité plusieurs fragmeus de ses ouvrages pour me prouver qu'il tenait compte comme nous, de toutes les circonstances qui peuvent modifier le traitement de la pneumonie. Oui , je reconnais que M. Bouillaud donne ces conseils, et je les avais lus dans ses écrits avant qu'il voulût bien me les rappeler; mais je lui reprochais seulement de n'en avoir pas fait l'application , et si ce professeur , au lieu de me citer de longs passages de sa philosophie médicale, avait bien voulu me dire l'âge moyen de ses malades, le nombre de pneumonies qu'il avait vues au premier ou au second degré , il cul complètement répondu à mon objection. Aujourd'hui les Koixante-quinze faits sur lesquels j'argumentais , viennent d'être publiés par un de ses élèves dans les mémoires de l'Académie de médecine , et j'ai pu m'assurer que les objections que je lui avais adressées étaient très fondées ; j'espère que le lecteur partagera bientôt à cet égard toutes mes convictions.

Sur les soixante-quinze observations de M. Bouillaud, il n'y en a réellement que quarante-neuf , dans lesquelles on ait employé la véritable formule ; chez les vingt-six autres malades, dont quelques-uns ont succombé, on a employé pour tout traitement les préparations antimoniées ou les émolliens, ou lorsqu'on a saigné , les évacuations sanguines ont été faites suivant les anciens erremens, de soite que je n'ai pas du leur attribuer, ni les succès , ni les revers qui en étaient résultés. Reste donc quarante-neuf malades traités par la méthode des saignées coup sur coup , sur ce nombre six seulement ont succombé, ce qui élève la mortalité à un huitième au lieu d'un huitième trois quarts, presque neuf, qui était le chiffre qu'on avait trouvé en comprenant indistinctement tous les faits. Cependant ce résultat est encore très avantageux ; mais doit-on en faire honneur exclusivement au traitement que M. Botfillaud a suivi , c'est ce que je ne crois pas; car en étudiant les faits recueillis à la clinique de ce professeur, on trouve une coïncidence de plusieurs circonstances heureuses, qui ont dû exercer une grande influence sur la terminaison de la maladie , et dont il faut avau tout tenir compte pour apprécier justement les effets des méthodes thérapeutiques. Ce qui nous frappe tout d'abord> c'est

jlK) lAAlThML.M Oï. LA P>t.VHOSiL,

rà}>c gcncralciucnt peu avauco des malades , doDt la mO;i: ^|

clait à peine de trente-trois ans. ^

Or, si on se rappelle ce que j'ai établi précédemment, snr .

que de trente à quarante ans, la pneumonies tndlée parbt thodc ordinaire ou par le tartre s libië, donne â peineuer talite' d*uu septième , on s^expliquera facilement par ceuev. circonstance , pourquoi les individus qui furent traités pK formule des saignées coup sur coup , et qui avaient à pek. teint Tâge moven Je trente-trois ans, n'ont présenté q:: mortalité d'un huitième. On voit donc que j'avais raisoclv que je rcproi:Iiais à M. Bouillaud de n''avoir nullement 'iL compte de l'â^je de ses malades dans l'appréciation des»:, tats thérapeutiques qu'il présentait en £aveur de sàkuix, Cette considération de l'âge nous explique aussi pqod M. Bouillaud a pu, depuis plusieurs années, employer pie&V impunément sa mëtliode .^ur un grand nombre de maladei,. vitahtc qu'on trouve chez Us sujets jeunes a pu seule faire u;'i libre aux effets fâcheux des émissions sanguines pratiqactSiî: mesure. Que M. BouilLiud, s'il est parfaitement convalnci leflicacité de sa métliode, ose l'employer sur un grand oosi^ de vieillards, si à cet âge où toutes les autres méthodes édio'i:> si souvent, il parvient avec sa formule a réaliser des sucer nous ne pouvons obtenir, je serai le premier à les prodaic^V-' j'en ferai mon profit pour la pratique.

Si M. Bouillaud a trv)uvé pour sou traitement un utile 'B^' liairc dans Tâ^e de ses malades, on peut dire aussi qal><^'*^ égale nient favorisé par l'état encore peu avancé de la pneoi&tf^'^ chez un grand nombre de sujets. C'est ainsi que sur lâsq<^ rante-iieiif dont je parle , il y en a seize dont la pueumo:n'avait pas encore dépassé le premier degré ou bien était «.-'• le premier et le deuxième ; chez dix il y avait encore uacji' lange des deux premiers degrés ; enfin chez treize seuleiDtl'état d'hépatisation était parfaitement confirjué.

hes heureuses circonstances dont je viens de parler se ritrouvent encore dans les observations de pneumonies qu- M. r>ouilIaud a rapporU'cs dans sa clinique médicale. Oiivci eu effet, que râijo moyen de ses malades n'était guère qut •'• trente trois ans; la purumonie existait huit fois au prcmiei ili;i:.

SAM^NBE. 591

dix feu les deux fnraniaivdvgi^étaiêotrésiiityhiiil^^ le deinième degré cxisiait aenl dans ions ou fveecfue tout les points envahis par l'infiatmttâtimi. On voit d^ qu^il est bico facile d'expliquer les prétendus soccëâ de M« BouiUasd y en ayant égard à Tâge peti airaue^ de ses malades et au grand nombre de pneumotiies bëni^fnes ou peu graves qu'il a traitées. Mais il y a encore une autre conditioii qni doit entrer en ligno de eottipte; qtutnd il s^agît d'iirterpréter les résnltatt d'une pté^ thode thérapeutique^ je teitx parler de l'influence q^'esierce In sexe des ludiridus s^ir la terminaison des pneumonies*

Nous avons vu précédemment que la pneufÉonie était beau^ coup moins grave cfaes l'homme que ches la femme; que chez celle-ci, eUe avait plus souvent une issue funeste queckeale premier. Il en résulte que dans toute statistique qu'on pré-* sente sur la pnetmionie , il faut atoir égard au sexe des iadi-* vidus. Qr, dans les relevés de M.Bonillaud, le nombre des femmes est très peu considérsdFle : on n'en compte que 8 sur 100 malades (1) ; elles forment donc à peine le douzièmie du nombre total, tandis que dans les fiiits qui ncms ont servi à la rédaction de ce traité , la proportiotr des femmes est entre un quart et un cinquième. On con(oit sans peine combien une pareille différence doit influer sur le chiffre de la mortsdité.

On peut se convaincre par tout ce que je fieirs de dire ^ de combien d'élémens secondaires il faut tenhr compte pour appré" cîer rigoureusement l'influence des agens thérapeutiques. Ou voit encore que pour prouver l'efficacité d'une méthode quelconque de traitement, il ne suffit pas d'additionner simplement le nombre des succès et àts revers, et de drer ensuite ime conclusion qu^on croit rigoureuse ; ce n'est là qu'une ceuvra de bureaucratie assurément fort peu intettigenle let qui a pour nous bien moins de valeur Scientifique que les résultats appnn xifnatifs que donnerait un observateinr attentif* Il faut le redire encore , car trop de personnes s'obstinent à ne pas fouloir l'entendre; la statistique médicale, tellequela emnprend Tésote

(I) Bans les 7S cas ràpportéi dans le t. VOl des Miénmirms de fAoad. de médecine, il y a 7 femmes ; et dans les SS rapports dans le t. U de U clinique de la Charilé, on n'en trouve qu'une.

j92 TKAITLMLM .Di; LAlOCLAiUME.

d*obflervatkm^.iie consùie pas aeuleiociU à aUgnor «des diilbetf, tnâit noiia analpont let faiu atant de lea coinpler , et nous diccchons à apprécier tontes lescircoostancesqui, de près ou de ioiii| peuTeot avoir de l'influeDce aur la maladie; nous croyoïu eofiaaTec ZiiiiiuermaDu, Tun de nos plus grands mëdecina philosophes, que la seule voie de découvrir tout; ce qui se trouve dans, un objet est de l'examiner en deuil et de le décomposer, jusqu'à ve que l'objet entier devienne si simple, qu'on ne puisse plus l'analyser davantage (1). Cette méthode , comme on voit, exige beaucoup de temps, de peine, de sacrifices , elle conduit lentement à un but, mais elle y conduit sûrement.

Je pense que le lecteur est actuellement suffisamment éclairé sur la valeur des résultats proclamés par M. BouiUaud et par son école. On voit maintenant si c'est aux saignées coup sur coup, ou auv' circonstances heureuses dans lesquelles les malades sont plates , qu'il faut attribuer l'abaissement du chiiEre de la mortalité chez les pneumouiques traités à l'hôpital de la Charité.

Aptes avoir démontré que M Bouillaud ne guérissait pas plus de malades par sa méthode que par les traitemens ordinaires, il nous reste à discuter si les saignées ont quelque heureuie influence sur la durée totale de la maladie ou sur celle des pria* cipaux symptômes.

M. BouiUaud a avancé que par sa formule des saignées coup sur coup, ou guérissait les pneumonies beaucoup plus vite que *par la méthode ordinaire de traitement; il a calculé en e£ktque sa formule, comparée au mode de traitement adopté par MM. Ghomel et Louis, avait l'avantage sur celui-ci c/0 dùnûmer if un peu plus de la moitié la durée de la maladie (2). M. Bouillaud ajoute que la véritable cause de cette énorme di£Féreiice daus la dmée de la pneumonie , consiste uniquement dans h difiérence du traitement qu'on a adopté. Il fait remarquer ca outre que ce qu'il avance n'est point une hj^potkèse , mais une chose parfaitement démontrée.

(< ) Traité de l'Expérience. Livre UI tle l'esprit d'observation 1. 1 p. 170, tiad, de Tail. par Febvrc, Pans, 1774, (2) Clin., t. H; p. 209.

(^uaudona lu aveu quelque atlenliou les tëbUiués m les ibservations particulièves de M. Bouillaud , on est surpriB qu'ua homme aussi habile et aussi grave que lui , avance avec autant de facilité des résultats qui sont aussi souvent que les siens en coutradiction formelle avec les observations particulières sur lesquelles il prétend les appuyer. M. Bouillaud est surtout malheureux quand il s'agit d'appi'écier la durée d'une maladie; depuis qu'il fait de la statistique , il s'est toujours trompé sur ce point , mais il est juste dediieque ce n'est jamais à son détriment. Nous avons vu pendant long- ' temps ce professeur prendre pour la durée do la maladie la duré du trailemenl ; ainsi, pour les malades traités dans les bôpitauxi, qui ne viennent réclamer nos soins qu'après 3, 4, 6, 8 et 10 jours de maladie, !tl. Bouillaud, chose étrange, ne tenait aucun compte de celte première période, et il datait la "uérison ou lu mort de ses malades à partir da jour oit ils élaieiU entrés îilhôpitnl. Cette singulière manière de compter dont je signalai tous les inconvéniens , il y a bientôt cinq ans , à l'occasion des tableaux que publia M. Bouillaud, dans sa philosophie médicale (1), était, comme on le conçoit aisément, tout à l'avantage de la formule des saignées coup sur coup; c'est ainsi que j'ai démontré qu'une série de 22 individus chez lesquels la durée moyenne de la maladie aurait éié, d'après M. Bouillaud , de oeuf jouis environ , se trouvait cUe de quinze lorsqu'on voulait compter comme tout le monde, c'est-â-dire depuis le début d«s premieis a ccideus jusqu'à la convalescence. On voit donc que par son procédé , M. Bouillaud réalisait en laveur de sa mélbude, ut» hénétice de plus du tiers dans la durée totale du la maladie. Ce médeciu paraît avoir compris le vice d'un pareil calcul , car il l'a abandonné sans même songer aie défendre. Cepeudaut M. Bouillaud n'apas encore voulu s'astreindre a compter connue tout le monde, car les résultats qu'ilauraitalors donnés eussent été l'arrêt de mort de sa méthode ; mais il a adopté un autre système ; il a rapproché le tenue de la convaîesctncc , de sorte que lebénélicequeM. Bouillaud trouvait autrefois dans la pnnnièrc période de In maladie , il le réalise maintenant à la lin. Un voit par là que M. Bouillaud comprend très bien le sjslèmc des

(I) Voi

Il pLirliculier It; 7° cl le B' laUeaii, |

supfOrtet ipiMqiui ahmoil Ugdn , tatt im Hrv nied c'éùii «pptMer Élors fort justement tt qa*aii doit i connItMMtte. Mais Mjonrdlitll , an coutralte, H éumt forcé de «»nptn- i 'Hmèt dtl djboc déS [» tiens , ei voulant cepcDdant cODtiniier à jouir é ([uejAcrois illégitime, s'eat dfcide'à fixer le comitu la Conmlescence à Vipoque ok les sigrus carnctérii pnaatnonie et le monvement fèhrile ont prenjae tttti paru, el à la^wlle il commence à donner det baailUm si on ^lait en droit de considérer comme gnëris, des i lesquels le monrement fébrile n'est pas encore ce éldnt.

M. Bodillaud est libre joaqu'A m cntofa ptÀht cnler , il conrt 1rs cfaaneea d'étrC criti^aë , mais beaucoup ses torts lorsqu'il accuse injustement aea faire coniDie Ini. Tai été en eSrt fort sorprâ qae I puisse prétendre que M. LoUis fixait la convaleseet époque (/me lia (3). Je ne m'explique réellement ] H. Booiltaud a pu avoir une aussi grande distractit tfciit tt passage , puisque au contraire M. I<ouïa a son mémoire (4) qu'il avait 6xé pour tous les sujets ■ le début de l'affection à l'époqne oA Us ont épm •> veuient fébrile pins ou moins riolent . prompte! i> accompagné de douleurs k l'un des cAtéa de lai • cradiats rouilles ; et de l'antre en Itlacatit Lt hi

SAl<i'MÉ£. 595

M mens légers^ trois jours au moins après la cessation du mouve^ * ment fébrile. »

Ainsi, il Mt bien pitm^é que M. Louis marque h conrralescence autrement que M. Bouillaud, et que ce professeur n'a le droit de comparer ses résultais à <£vai du premier, qu'à condition qu'il voudra bien se soumettre à mesurer la durée de la maladie comme tout le monde le fait , c'est-à-dire depuis le akua ém pr«nîecs êjmptAmss jusqu'à l'époque ou la fièi^re Wfaui conplélemeiit oeàsé, on peut déjà peniiettre àxU maUdes Fnaage de qudques «limcns.

En dMiiquant k contalesoeiice comme le ^pratique M.^Boaii* kudy «vaat la œssatK» de la Bhrre et l'usage de toute ■Iknentirti^n sciiàm ^ ce médecin obtient pour diaque ma* ladA un «rantage de plusieurs jours , de sorts que la durée nofeaas de k piieinnonie qui ^ d'après k manière de compter d» M« 9o«ifflaud ^ «eraît d'ennroa neuf jours an tiers , 'S'^ •lère à dôme #u qualone jours lefsqu'on prend les mêmes termes qm M. Louis ^ oe ipri n'a plus rien de morveilteux. Se die qu'eu peut «sdmer à douce ou quatone jours k dui^ moyenne de k pneumonie cbez ks mtkdes de M. Boufllaiid, car je ue puis ici donner qu'un chifire approximatif y at^ tendu qu'A masure epie M« Bouillaud appmdie de k ooBvakscenoe , il .devient exoessiteuient aabre de détaîk^ et il a gênétalemeot beaucoup ué^igé celie phase de k makdîe dansk* ^fiieUe il cessait de prodiguer k saignée* ,

J'espère que le lecteur est tufisamment fixe sur l'importance des résultats donnés par M. Bouiilaud. Il nous resterait à rechercher si ce médecin qui n'a pas guéri pins de malades que ses confrères , et qui ne les a pas guéris plus vite, les a au moinB soulages plus rapldeinent, s'il a, par exemple, abrégé la durée de chacun des principaux symptômes. La chose doit pa« trftre peu probable, néanmoins c'est une question que j'examinerai lorsqu'à l'occasion de l'analyse de mes observations je comparerai mes résultats à ceux de M. Bouiilaud , c'est alors seulement que je compléterai ma critique de la méthode jiif,'ulante , en recherchant si les saignées coup sur coup n'ont pavS dâ allonger la convalescence.

Afin de mieux apprécier cette influence, et pour n'opérer que sur des faits qui soient le plus ctnnparablcs possible , je corn-

menue pdi iiiviier mei observalious en trois groupes piind- {«aux j suivaut qii« les piieuinouies étaient an if fw» as pnma ou au deuxième dcgro, kH^qne le toiteinçot anliplilog^sû^ i'ni comuieiicé.

ARTICLE n.

Résuluts oblenus par les saîpiëes fidtas latioBBcUeacat.

Chez les malades dont j*ai reeaeilU Vhiatmw^ lea aaigaéciii* reni pratiquées d'une manière rationnelle ; lear cmploî a'iè soumis à aucune règle fixe , et ne fat jamais g^lmlg d'amt Elles furent proportionnées à l'âge et à la oonatitation des wt yidus» à la gravité de la maladie età sa fbniie.|Muticiifière;li» que plusieurs saignées ont été faitest les secondes ne iucBtf» tiquées qu'après avoir apprécié Finflnenoe qne les pienhi araient exercée, sur les symptômes généraoK et locaux ; aM,k nombre de saignées, et la quantité de sang extraite ont beastif varié chez nos différens malades* Cest ainsi qne les ans a'el été saignés qu'une ou deux fois , tandis que dues d'anlvcs 1 ji eu en peu de jours , jusqu'à dix évaoïations sftngniiMs: Qat* ques malades n'ont perdu que 187 à S50 grammes de uog{h 8 onces ), tandis que thez. plusieurs on en a extrait plai it 5 kilogrammes (10 livres ) ; la plupart n'ont guère perdu fAi kilogramme de sang. Je vab rechercher maintenant riciacBd que les saignées modérées, ou du moins pratiquées sùivaatFii* dication du moment , ont exercée sur la marche , la darëctfk terminaison de la pneumonie.

J I. Effets des tmissùms sat^uines dans les cas où Ul

encore au premier degte\

Le premier groupe se compose de 50 ■"•^*ilgn qui, A leur cstrée à l'hôpital, présentaient tous les symptAmea d*ane pncimonie qui n'avait pas encore dépassé le premier d^ré dansais cun point de son étendue. J'ai cru devoir comprendre anssi dm cette série de faits, l'histoire des quatre individus ches lesquib la pneumonie ne fut caractérisée que par la fièrre , la dooleor de côté et les crachats pathognomoniques» sans qu'on ût padé* couvrir à aucune époque, quelques-uns des signes fournis pw la percussion et surtout par l'auscultation. Parmi ces âO malades on comptait 16 femmes ; plus des qiiatt*e cinquièmes élaiait

(Inm's <ri)nc r<in!(ii(ii[î(>n moyi'iiiie on assez (oi-lc; li'4 .iiiIitn , au conti-aivc , araicui une constiluiioii grûle , cli^live et plu> ou moins tlétëriuréc ; l'ûge des sujets variait de 16 à 72 ans, et donnait pour moyenne 40 ans. Ces individus , au mouienl où fut conimeDcd le traitement autiplilo{>isiique , accusaient de nti à dix jours de maladie ou trois joui-s et demi pour la plu- | part. La pneumonie paraissait asiez bénigne et encore peu étendue clieï 14 innlades, tandis que thei les 36 autres, les synipiùmes présentaient assez de {jraviié pour que l'issue de l'aSoction dût être coDsiilerée comme douteuse ; parmi cuk on comptait trois cas de pneumonie double. Tous ces malades fuient saignés de une à cinq fois, la plupart eurent deux évacuations sanguines, et l'on peut estimer \ 1 kilogramme 125 grammes ( 2 livres i onces) la quantité moyenne de sang qu'ils perdirent et qui Lur fut retiré presque coinplcteineut ( 1 kilogr.imme } dans les S4 ou 40 premières heures de leur entrée à l'iiûpital. Sur ces 50 pneumonies , 5 seulement eurent une issue funeste. Cette mortalité d'un dixième paraît être uu résultat lies avantageux , surtout si on a égnrd h l'âge généralement avancé des malades dont la moyenne atteignait 40 ans; mais il ne faut pas oublier que la pneumonie offrait réellement peu de gravité chez un peu plus du quart des sujets.

Sur ces 50 nmiades > nous en trouvons 18 chez lesquels les saignées emploj'ées largement, chez presque Ions (14), furent répétées autant de fois que le permit l'étal des forces , et ce ne fut que lorsque celles-ci empêchèrent il'y recourir encore,qu'on (enta l'emploi de t'éméiique k haute dose. D'ailleurs 1! n'est pas inutile de faite remarquer que les cinq individus qui ont succombe sont pi'éciséinent ceux chez lesquels les saignées furent faites le plus abondamment, puisque chacun de ces malades perdiiS fcilog. 12ûgrammesdesan{i,(4liv.4ouces) qui fut relire pic.ique entièrement dans les deux ou trois première jours du Irailement. Les émissions sanguines, quoique employées plus largement que de coutume, n'ont pourtant jias été disproportionnées aux forces des individus , par conséquent, je crois qu'il serait injuste d'accuser la saignée d'avoir favorisé la t minalson fàtheu^e de la pneumonie; maïs il faut c

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5^)8 TRAITF.MEKT DE LA PNEUMONIE.

puissantes pour enrayer la uiarcbe de ces pneiunooia. S oi nous accusait de n'avoir pas retiré encore une quantité sofinMe de sang chez les malades dont je parle i je rëpondiait ipe d0 eux la saignée a été poussée au»i loin que Fâat dupoôkclds forces ont pu le^ permettre. Chez les txente-deox ÎB4Mi qui nous restent» les saigne'es auxquelles on aatocU vrifW laxatifs doux et fort rarement un yéûcatoire « mffiraitpv amener l'heureuse solution de la pneumouie»

Si nous étudions l'influence que la saïKnée a exercée ivk marche de la maladie p nous constatons d*afaorcl oonmem tt fort remarquable y que quelcpie abondantes qu'aient Mb évacuations sanguines, dans plus des deux tiers des cas dlniirent impuissantes pour empêcher la pneumonie de paiNiil premier au deuxième degré , sinon dans toute la surfiMe orfr hie , du moins dans un ou plusieurs points. C'est ainsi (psii quarante-six malades 9 les seuls dont la pneunu>nie mtéHk par des phénomènes d'auscultation , il n'y en a que dix ipi M présentèrent jamais que de la crépitation i t^nilis que dîa b trente-six autres» on put constater pendant un ou plusieurs jœi du souffle tubaire à l'inspiration ou à Texpiration. Le piMf de la maladie du premier au deuxième degré cQiiDcidait lefb souvent , il est vrai , avec une augmentation de la fiènCi celle-ci était restée tout au moins «tationnaire : cependant fit sept des malades dont j'analyse actuellement les obsemtîotfi j'ai constaté Texistence des signes physiques du deunèse degré, en même temps que je notais une diminution coaHir rable dans Tappareil fébrile et les autres syniptômes généran et locaux : vingt-quatre ou trente-six heures après , la cohti^ lescencG était parfaitement établie. Ces faits sont très importm à connaître ; dans la pratique » ik démontrent encore que pov établir le pronostic de la pneumonie i et saisir les indicstîflSi thérapeutiques que cette maladie réclame^ il faut bien moiis avoir égard aux phénomènes foumb par rauscultation qa'i ceux que donne l'état général du sujet.

Peut-être croira-t-on que dans les cas où la pneumonie nedépassait pas le premier degré , le traitement antiphlogistiqne (ot employé d'une manière beaucoup plus énergique que cbeik* malades dont la pneumonie arriva en totalité ou en partie au degré d'hépatisation rouge; cette supposition est innacte. Je me

suis convaiacu au contrair€ qu^ Ie« malades diez lesquels la pneumonie iresta toujours au premier degré, furent saignés deux ou trois fois moins abondamment que ceux donlia maladie arriva au deuxième degré.. Le ti^aitement fut lAeins én^rgiquj^' «bffel hs premien, parce que la pneumonie présentait peu de gravit^» et c'est à la bénignité des symptômes, plutôt qn'au ti^aitement lui^piéme, qu'il faut attribuer cette sorte d'arrêt dans la marche naturelle de ]amaladie« Ghei deux individus pourtaut^lapaeu* monio ae présentait avec une apparence de gravité» la douleur de côté éinit vive, Toppression fol*l€^ la fièirr^. intense* la crépitation était perçue dans les deux tiens inférieurs du poumon droU; une seule aaignée de 5QÛ grammes (I livre) fut praUquéa» il Ton vit les accidens s'amoindrir ausûtôt, et le# maladçs enfrçr 4e suite en convalescaice. Certainement ^n voyant cea individus pour la première fois» on n'aurait pu prévoir quQ la pneumonie dûtoéder aussi rapidement aune seule saignée générale; d'autres personnes leur eussent sans nul dou^e opposé uu traitement beaucoup plus, énergique 9 qui lea eût inutilement afiaiblia» et auquel on aurait attribué très è tort l^isauQ ays«i heureuse que prompte de la maladie, G'eat ^ncpre U un^ nouvelle preuve de ce que j'ai déj4 signalé» et qui ue saurait être s^sçez répété, savoir t qu'une pneumonie étant donnée , on ne peut çal« euler d'avance » même approximativement , la quantité d^ sang qu'on doit retirer aux malades.

Ghe^ les quarante-cinq iudividus dont la pneumopiç qui: une heureuse issue , la convalescence couuneuçay terme moyen, vçrs le dixième jour. Les malades étaient considéré» par moi comme conyalescens à l'époque où I0 fièvre ajrant complètement ç^ssç^ ils pouvaient digérer pour le moius deux potagea par jour ; la guérison était assurée, complue au dou«ièmç jpur, Enfin ce fut à la fin du troisième septénaire que leurs forces suffisamment rétablies » leur permirent de r^preudr^ if urs pénible^ occupations.

Aurait-on obtenu des résultats plus avant^gdux daps les ç£^s que je viens d'analyser, si on eut adopté un traiteu^entbeaucQup plus énergique. Je ne le pense pas, et pour le prouver, il me suffira de comparer mes observations à celles qui ont été publiées par M. Bouillaud. On trouve dans la clinique de ce pro« fesseur neuf exemples de pneumonie au premier degré, dans des

6')0 TftAITEMFNT DE LA PNEUMONIE.

tableaux publiés antérieurenient,et qu'on vient de reprodtnre(l); bn trouve treize autres cas semblables , ce qui dmme un total de vingt-deux observations de pneumonie dans lescpielles Finflammadon était encore à la période d'engouement. Les mala* des de M. Bouillaud chez lesquels le traitement fat commencé au quatrième jour , perdirent en moyenne 1 kilogr* 625 gram. (3 livres un quart) de sang; parmi eux on ne compte qu'un seul mort, tandis que dans les observations qui m'appaitiennent , la mortalité s'est élevée à un dixième ; mais plvmenn circonstances expliquent l'avantage que M. Bouillaud a sur nous. C'est ainsi que l'âge moyen de ses malades ne dépasnit pas trente-deux ans , tandis que chez les nôtres il était de quarante; un seul sujet observé par M. Bouillaud avait atteint cinquante-sept ans , tandis que près d'un quart de nos malades étaient compris entre cinquante et soixante-douze ans. En outre , on peut facilement se convaincre que les pneumonies au premier degré observées par le professeur de la Charité « étaient très bénignes ou d'une intensité médiocre , tandis que la moitié de nos malades (vingt-six), avaient été réellement en périL Ainsi d'une part , Tâge avancé des sujets , et de l'autre , l'intensité plus grande de la maladie , expliquent suffisamment pour- '|uoi la mortalité a été plus considérable chez nous que dans le service de M. Bouillaud. Ce qui prouve que le traitement mis t^u usage par ce médecin n'a pas été plus efficace que celui cpie j'ai employ<^ ou vu employer par M. Cliomcl; c'est que M. Bouil- ]'Aw\ n'a ])as{;iicri les malades plus rapidement que nous, puis* que leur convalescence a à peine commencé au dixième jour, comme cela a eu lieu chez les nôtres. Ainsi donc , les premiers ont perdu sans aucune espèce d'avantage plus d'un demi kilogr. de sang. Cette soustraction inutile a-t-ellc eu quelque influence sur le retour plus ou moins rapide des forces? il est permis de le supposer. Toutefois il est impossible de comparer sons ce rapport mes observations à celles de M. Bouillaud , attendu que ce professeur n*a presque jamais noté si les malades étaient en état de reprendre leurs travaux lorsqu'ils ont quitté l'hôpital.

(l) J. PAletan f AIcmoirc statistique sur la pleuro-pneunionie aiguë ( Mi'moiros <lo rnra(l<*mip royale (\p mc(\cc\nf* , Paris , 1840 , t. VID,

SAtliNÉE. GOl

5 11. Effets dts émissions saneuin^s dans If s cas oà la finéHtnmue était parvenae au deuxième €le?ft qaand te tiaitemerUj^l cemm£nce\

Le second groupe que j*ai établi comprend 182 nQiilades (143 hommes et 39 femmes ) dont la pne^pionie était arrivée, en totalité ou en partie, au second degré, lorsque le traitement antiphlogistique commença à être employé chez eux. L'âge de ces individus Variait de 16 à 77 ans, et donnait pour moyenne 35 ans; et leur constitution , pltis ou moins forte dans près de trois quarts des cas , était faible , çhétive chez tous les autres. La pneimionie présentait ime certaine gravité chez tous; double chez douze, elle n'affectait chez les autres qu^un seul des poumons, dont elle envahissait du quart à la totalité. Le traitement antiphlogistique commencé du premier au huitième jour , le fut, terme moyen , à quatre jours un quart à dater du début des premiers symptômes. Comme chez les malades dont j'ai analysé plus haut les observations , on ne suivit aucune i^gle fixe dans l'emploi des antiphlogistiques. Quelques individus ne perdirent que 250 à 512 grammes (8 à 10 onces) de sang, tandis que chez plusieurs on en retira 4 kilogr. (8 livres). Le nombre des saignées- qui furent pratiquées varia de une k six ; la plupart n'en eurent que trois ; l'on peut estimer à environ 1 kilogramme et demi (3 livres) la quantité moyenne de sang qui fut retirée à chacun de mes malades, et dont t kilogr. fut extrait dans les trente-six ou quarante-huit premières heures. Yoici maintenant les résultats principaux qui furent obtenus.

Sur ces 182 malades, 32 ont succombé : c'est plus d'un sixième. On remarquera que ces individus , quoique <l'un âge beaucoup moins avancé quo les 50 que nous avons compris dans la première série, ont néanmoins fourni une plus grande mortalité que les derniers. Mais il est presque inutile de dire qu'on en trouve une raison suffisante dans Tétendue plus grande de la pneumonie, dans son degré plus avancé, et enfin aussi dans la marche plus rapide que la maladie avait de la tendance à suivre.

Aurions-nous perdu moins de malades si nous eussions fait des saignées plus copieuses , et si uous les avions répétées plus souvent? .Te ne le pense pas. Si en effet on en excite 4 ma-

. tjeaucoup plua bigai!,

qu «, «* 1 , f3„, wa,i« auire, qui ont succomM furent iiuri smiantu ,„^ure .Je leur force. Chez plus dmiers oanen P« iTOi«,de5fciIoff. rfe Miif; (6 livres), et plnslaurs foit ein,. atwrti«p,*à<«m»quVii ail pu enrayer un seul inmwh|tt «MW, «ïfii, ■WDobmnt des pertes de «aag aoisi comidénil.. r«pl». dwpf^rstions snlimonialw che» 28 nialadei.nVïif »«^ «)iidM.?« mai-che «r* une temùnaison faneate, Ai«t hiJmduayii M.ts«r«n.bd, ont été, eo g^uîral , sùgrilH» brament, phit âbondsinment que ceux qui ont gu*i, ^ qaTI y nt du> les deui catégories des sujets atteln» di)» «««» ^ faborf [loraissaient être égales emreelleg en ftd» et» HtteBsitf. Je «lia loin de prétendre cependant qmr'alk m^éeiaite trop libéralement, qtiia^ié cause d'une pliupiè ■■«titt^l^cmû même qu'une pareille accusatioa BerMW> fattia^i»: ordaus les eas o.'i lesémlMions sanguiBesMlrtli »et les plus abondantes, cBlle«-ci nefurMU)» I *»proporiionn«ies aux foreei dee individu*. Va iiibd.U moitié environ énil,»

«■fcrige et de rinlensité des flccideua, dsniib* a fAi* JéfaTOiables que ceux qui oni guéri : t'enaf »«■ partie les résiiltati qui ont été (obtenus. ■ In IM malades qui ont gaéri, il en est 69 AaW

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•nh» m eonibbées avec l'emploi de quelques Inxatikijmi *W *«*>«Mre appliqué sur les parois de la poitrine. U<» nloreace a commeucc du cinquième au dix-sepiiéme mt, •btcfda il^ni lies pi-eniiers aecidens, tenue moyen ellior ■■i^ m douzième jour, était comptétcmeu t assurée an V» fc*. ti tes malades ont pu reprendre lcur« occup«(ioai« m »««nt la fin du vîniji-deuKième ]om-.

Cfc« le« 81 malades qui noua restent , la saienée n'o paift *i moyen actif de traitement mis en usage.Eo effet, timm MMaoe exception , et à une époque plus ou moînai MmI, on leur administra quelque préparation qoe loxyde lilanc et l'émétique : ce dernier

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I .AulKMi *t»cuanie. le plu» souvent il fut administré à tSR<k l. Dana ces derniers cas. les prëpuatùi

es ont été dounées apvc» l'uniploi lien émissions sanguines, ■nlût à une époque où celles - ci auiaient pu être encore lUDtées avec avantage; d'autres fois les antimoniaux furunt iMininUlrcs lorsque les saiguccs avant éié poussées aussi loin mie possible , l'état des forces iic permettait plus «l'y re- ■aturir de nouveau saus les plus graves inconvéniens. Je retiendrai plus tord avec beaucoup de détails sur ces faits, «rsque je reclje relierai quelle InQucnce les piéporaiious anti- ■loniales out etercée sur la marcbe, la durée et la terniinjiisou 1^ pneumonies, Qu'il nous suffise de constater pour U niomeat g^rtuel queles émissions sangiiiaes employées cLez ces 81 malades n'araieut pu enrager la inarclie de la pneumonie { que celle-ci ^vait continué à s'éiendre et j s'ag|,'ravcr, et que le seul auien- ^ment dont ou était redevable aux «'missions sanguines, con- Jstait dans uue diminutiou ou la cessation du point it: cùté Jiei la plupart , ain^i qu'un nmendi^ nient proportiouuellemeot ,iaoins considérable daus la dyspnée et l'oppression. ^ Ainsi eu résumti sur les 232 iitalailes Jout je viens d'analyser ^i s obseicalions sous le rapport du liaitement , nous en trouvons seulement 101, cbez lesquels les éiuissious Ëau(>uinËS eui- ^ployées rationnellement et en général avec modération, ont ^iuffi à ellrs seules pour amener la guérison de la maladie ; jilans tous les autres cas , la saignée n'a pu empècber l'inllammation de faire des pio^rés plus ou moins rapides, par conséquent ou peut établir , ou que l<'s émissions sanguiws n'ont eu aucune espèce J'influence sur la marche de U poeil* monie, ou si elles ont eu im efliet avantajjeuï, ce que je regarde comme probable , ce n'est qu'en disposant l'économie à i-eccvoir utilement l'iDÛiience de ceiuins aguns ibérapeu tiques , tels que les préparations anlimoniales etl'émétique en particulier.

Les saignées ont été plus promptement utiles chez les malades du premier groupe que chez ceuK que j'ai classés dans la deuxième série , résultat qui s'explique par deux causes , par la f;ravité moindri; de la pneumonie cbei les premiers , puisi)ue la maladie n'avait pas encore dépassé le premier degré, et en outre parce que le traitement antipblogistique fut commencé un jour plus lût, circonstance qui, d'après les recbe relies de M. Louis et les miennes, abrège la durée de la maladie.

8t noua ^tadian» les elTels immédiats de la saignée sur la

<J02 TRAITEMENT DE Là PNEDlfOKlE.

lades qui auraient pu être saignés beaucoup pkn bqaM qu'on ne l'a fait, tous les autres qui ont mrnnmhrt f niear mj^ suivant la mesure de leur force. Chez plus du tien on ne pas moinsdeSkilog. de sang (6 lirres), et plusMan liis extrait j osqu'à 4, sans quV>n ait pu enrayer lin monie, qâi, nonobstant des peites doeMi| remploi despréparations sntimonialeBelMa Hft mnliniM ji^ifi moins eontinuë sa marche ters nne termhiai8<m-fkuiélle.'AWh individus qui ont succombé, ont été, en-génàral, sal^dlfli largement, plus abondamment que eem qui ont fpM^fà qu'il y eût dans les deux caté^ries des sujets attslmi monies qui d'abord paraissaient être égales entra elles ei et en intensité. Je suis loin de prétendre cependant qocrM saignée faite trop libéralement, qtdaëtéeaqsed*nne plsifuè mortalité; je crois même qu'une pareille aeenaatioi» ssnÉMl fait injuste; cardans les eas où les .émissions sangntalsssstAili plus fréquentes et les plus abondantes , cel)es-ei ne Ibffflfit tant jamais disproportionnées aux forées des indsTUsklA parmi les sujets qui ont succombé , la moîtië environ étsitfM le rapport de l'âge et de l'intensité des aceidens, dansdfli* ditions plus défavorables que ceux qui ont guéri s s'sHUp explique en partie les résultats qui ont été obtenus.

Parmi les 150 malades qui ont guérie il en est'6D dyl» quels la pneumonie a cédé aux émissions sangfuines ^"P^^ seules ou combinées avec l'emplm de quelques lajcatiUHitf d'un yésicatoire appliqué sur les parois de la poitrine. UflSh valescence a commencé du cinquième au di&»8eptîèine jssr, i dater du début des premiers accidens, tenue mojea, eUsev* mençait au douzième jour, était complètement assuiée sa M* zlème, et les malades ont pu reprsudre leurs oeeapstîosiu peu avant la fin du vingt-deuxième jour.

Chez le» 81 malades qui nous restent y la saignée n'a psiAé te seul moyen actif de traitement mis en asage.Ea efbt, chesttf sans aucune exception , et à une époque plus ou moins éloîgaît du début, on leur administra quelque préparation antitnoaidfi tels que l'oxyde blanc et l'émétique : ce dernier médicaaMtf fut donné tantôt comme simple Tomitif et pour ivfnplir une indication évacuante, le plus souvent il fut adminislié à tîtitée contre-stimulant. Dans ces derniers eus, les piépantionssatâBO-

ijiées ont élà dauaées après l'emploi des émissions sanguines, Éinl<ll ù une époque où celles-ci auiaieut pu être encore ■entées avec avantage; d'autres fois les anlimoniaus fuvunt ■iininistrcs lorsque le^ aaiguées ayant été poussées aussi loin tue possible , l'état des forces ne peimettait plus d'y ter r de nouveau sans les plus graves inconvéniena. Je r4- ^^iendrai plus tard avec beaucoup de détails sur ces faits > m dprsque je recberdierai quelle influence les pvéparaliotts anli- ^^noaiales ont eiercée sur la niaiche, la duiée et la terminaisuu ^^les pneumonies. Qu'il nous suffise de constater pour 1« moment ^(Ctuel que les émissions sangniaes employées cliez ces 81 malades fi^^'avaient pu enrayer la marche de la pneumonie j que cell«-ci ^i^^vait continué à s'étendre et à s'aggraver, et que le seul amuu- [•^ifdenient dout on était redevable aux émissions sanguinei, cun- ^i^jislail dans une diminutioa ou la cessation du point de cùté iftM^*"*' ^^ plupart , ainsi qu'un amendement propurtioauelletneikt i n^oins copsidérable dans la dyspnée et l'oppressiou. I ^ Ainsi eu résumé sur les 232 malades dont je viens d'analyser i^lts observations sous le rapport du traitement, nous en troui- ^ ^ vons seulement 101 , cbez lesquels les émissions sanguines eoh- ^, ployées ralioniiellemi.'nt et en ({encrai avec modération, ont suffi à elles seules pour amener la guérisou de la maladie ; ^ gl dans tous les autres cas , la saignée n'a pu empêcher l'îriflammation de faire des piojjrès plus ou moins rapides, par ^ con.tequent on peut établir , ou que les émissions sanguîues

(n'ont eu aucime espèce d'influence sur la marclie de la pneumonie, ou ai elles ont eu un effet avaniaijeux , ce que je regarde comme probable, ce n'est qu'en disposant l'économie à recevoir utilement l'influence de certaius ageus ihérapeu tiques , tels que les préparations anlimouiales el l'émétique ca particulier. Les saij'uées ont été plus promptemeut utiles chez les oààlades du pri^mier groupe que chez ceux que j'ai classés dans la deuxième série, résultai qui s'explique par deux causes, par la gravité moindre de la pneumonie tliei les premiers, puisque la maladie n'avait pas encore dépassé le preiuier degré , et en outre parce que le traitemeol antipb logis tique fut commencé un jour plus lôt, circonstance qui, d'après les rechei-ches de M. Luui^ et les miennes, abrège la durée de la maladie. I . Si nous éludions les effets innncdiats de la saignée sur la

'302 TRATTEMENT DE Là PNEDMOME.

lades qui auraient pu être saignés beaucoup plua largement qu'on ne l'a fait, tous les autres qui ont succombé furent saignés suivant la mesure de leur force. Chez plus du tiers on ne retira pas moins de S^kilog. de sang (6 lirves), et plusieurs fois on eu a extrart jasqu*à4, sa» quV>n ait pu enrayerùn seul instant la pneumonie, qui, nonobstant des peites do sang aussi considérables et l'emploi déspr^paratioBs sBtimoniahssebes 28maliides,n'en a pas moins eontitmë sa marche ters uneiarminaison fnneste. Ainsi les individus qui ont succombé, ont été, en général , saignés plus largement , plus abondannnent que ceux qui ont guéri , quoi* qu'il j eût dans les deux catégories des sujets atteints de pneumonies qui d'abord paraissaient être égales entre elles en étendue et en intensité. Je suis loin de prétendre cependant que c'est la saignée faite trop libéralement, qtd a été cause d'une plus grande mortalité; je ereis même quVne pareille accusation serait tout j^ fait injuste; cardans les eas où les .émissions sanguines ont été les plus fréquentes et les plus abondantes , celles-ci ne furent pourtant jamais disproportionnées aux forces des individas. Mais parmi les su}et8 qui ont succombé , la moitié environ était , sous le rapport de l'âge et de l'intensité des aceidens , dans des conditions plus défavorables que ceux qui ont guéri : c'est ce qui explique en partie les résultats qui ont été obtenus.

Parmi les 150 malades qui ont guérie il en est 69 chez lesqu^ la pneumonie a cédé aux émissions sanguines employées seules ou combinées avec l'emploi de quelques laxatifs doux et d'un Tésicatoire appliqué sur les parois de la pmtrine. La convalescence a commencé du cinquième au dix-septième jour, à dateç du début des premiers aceidens, terme moyen, elle commençait au douzième jour, était complètement assurée au treizième, et les malades ont pu reprendre leurs occupations un peu avant b fin du vingt-deuxième jour.

Chez le» 81 malades qui nous restent » la saignée n'a pas été le seul moyen actif de traitement mis en nsage.En effet, chez tons sans aucune exception , et à une époque plus ou moins éloignée du début, on leur administra quelque préparation antimoniale, tels que l'oxyde blanc et l'émétique : ce dernier médicament fut donné tantôt comme simple vomitif et pour remplir une indication évacuante, le plus souvent il fut administré à titre de contre-stimulant. Dans ces derniers eus, les préparations antimo-

niées ont été données après l'emploi des émissions sanguines, tantôt à une époque où celles - ci auraiept pu être encore tentées avec avantage ; d'autres fois les antimoniauz furent administrés lorsque les saignées ày^xU été poussées aassi kÂn que pQssible , l'état des forces ne permettait plus d'y x^ courir de nouveau sans les plus graves inconvéoiena. Je mviendrai plus tard avec beaucoup de détails sur C£S faits « lorsque je rechercherai quelle influence lea prépairatima aiiiimoniales pot exercée sur la marche, la durée et la tetiuûviisoo des pneuou>oies« Qu'il nous suffise de coostater pour 1q monmiut actuel que les émissions sanguines employées che^K ^s81 malades u'avaieot pu enrayer la marche de la poeumpuia) qup eéllp^ avait continué à s'étendre et à s'aggraver, et que le seul ameivdement dont ou était redevable aux émissions sanguiuei, co«^ abtait dans une diminution ou la cessation du ppînt de eât^ chez la plupart 9 ainsi qu'un amendement proportiouiiillemaut moins considérable dans la dyspnée et l'oppression»

Ainsi en résumé sur les 232 malades dont je viens d'analyser les observations sous le rapport du traitement , nous en trouvons seulement 101 » che2 lesquels les émissions sanguinei ewr ployées rationnellemiînt et en général avec modération t ont suffi à elles seules pour amener la guérison de la maladie ; dans tous les autres Cis , la saignée n'a pu empêcher l'inflammatîon de faire des progrès plus ou moins rapides, par conséquent on peut établir., ou que les éoûssions sanguines n'ont eu aucune espèce d'influence sur la marche de la pneu* monie^ ou si elles ont eu un effet avantageus: , ce que je regarde comme probable, ce n'est qu'en disposant l'économie à recevoir utilement l'influence de certains agens thérapeutiques , tels que les préparations antimoniales et l'émétîque en.particulien

Les saignées ont été plus promptemeot utiles chez les malades du premier groupe que chez ceux que j'ai classés dans la deuxième série, résultat qui s'exjdique par deux causes , par la gravité moindre de la pneumonie chez les premiers , puisque la maladie n'avait pas encore dépassé le premier degré, et en outre parce que le traitement antiphlogistique fut commencé un jour plus tôt , circonstance qui , d'après les recherches de M. Louis et les miennes, abrège la durée de la maladie.

Si nous étudions les effets immédiats de la saignée sur la

■■m TatlTRUF.NrttE Xi PVCITMnMK.

f taarchc delà pneiiinome ilitz lis 101 sujets oi'i iclie iii('<ii('nri<->ii ' ï été évideininent ntile, noua trouvons que tlicz un septième 'des malïtles ilunt la pneumonie était eticoie au ]ireiiiier degré «{DHnd le Iraitement lut commencé, et que chez un douiième de ceux dont la maladie était dcjà parvenue à l'Iiépntissiion rouge, il a suHî de pratiquer une Feule saignée pour pioduire constamment une améliora tioa considérable dans les symptômes généraus, tandis que les phénomènes d'auseultaiion ou deper- «iisstoo avaieut élé à peine modifiés chez un tiers de ces mala- Mdes. La tsignée a surtout produit des résultats aussi avantageux P^e-rtpides danc deux circonstances, 1° lorsque la pneumonie bénigne, limitée à un petit espace, s'accompagnait desjmptômes généraux peu graves, ou bien lorsque la saignée s éié pratiquée k une époque déjù éloignée du début , et au moment où peut-ètre la maladie tendait déji\ à décroître par les seuls efforts de la nature. Cependant j'ai vu chez deux malades une pneumonie récente qui s'annonçait par une rcaciiou fébrile asseï forte et par un râle crépitant entendu sur une lar^e surface, être enrayée par une saignée de 500 grammes (I livre), c'est-i-dii'c que la fièvre avait presque complètement cédé, lepoinl de cAlé avait p«rdu de son intensité, le» craclials de leur coloration jaune, sans pourtant que les phénomènes d'auscultation eussent été sensiblement modiÛés- Lorsque plusieurs saijjnées furent pratiquées au même malade, un amendement survint geuéra- ^lement après chacune d'elles dans un ou plusieurs symptùmei r 4 la fois.

I ' Aucuui' pneumouie , lorsqu'elle avait une certaine io- P'tensité, lorsque la fièvre qui l'accompagnait était vive, lors- I que le traitement fut commencé à une époque lapprochée F du début, ne put être enlevée ou ju^aUe par les émissions \ sanguines faites le plus largement possible. J'ai cité , il est vrai, I ' précédemment des faits ou l'on voit une seule saignée être P^HUivte d'une grande amélioration , mais dans ces cas on ne peut \ I' pas dire que la maladie lût enlevée, puisque les phénomènes F* d'auscultation persistaient à peu près comme avant, et que les I crachats avaient à peine perdu un peu de leur coloration. |*ÏW. IjOiUs avait déjà observé pl-tsieuis faits semblables, et il f avait reconnu qu'une circonstance qui avait pu en imposer aux *-'praliciwi9 , et leur faire croire qu'on juj^ule facilement l'iiîfb

iiiaiion pulmonAÎre à sou début an Aïoyen de larges saignées , c'est que dans quelques coa, peu ooniuuuis à la.Téritë , la saignée pratiquée à celle époque , est suivie d'une amélioration considérable dans les symptâoiês généraux et dans qudquas symptômes locaux , k douleur et la .47ipDée; mais les autres accidens persistent et même aë^ântient d'intcaisîié et d'étendue aprèi la preiùière saignée, ai elle a été pratiquée à iuie époque rapprochée du début; et A alors on n'examine pas le malade avec som , ou croit avoir, jn^lé une. maladie dont on n'a réellement beaucoup dimioflévque le.mbUYement fébrile el quelques autr«;s jiymptôuies.(l)* Ainsi lesfeits que j'ai recu«Uîs s'accordent avec ceux que M. Louis a analysés dans ses belles recherches sur les effiats de la wgnée; les uns et les autres prouvent en effet qu on ne, jugule pas les pneumonies par les émissions sanguines. M. Ghomel a également reconnu que quels que soient les moyens qu'on oppose à la pneumonie, celle-ci k une période d'accroissement qui dure plusieurs jours, et pendan| laquelle les saignées ne sont suivies que d'une rémissiwi courte, à peine marquée, qui; peut même manquer entièrement(2). Enfin Rasori a exprimé là même pensée lorsqu'il dit que la pneumonie a toujours un cours necessairey et que nonobstant une méthode active de traitefn^nt entreprise des l'apparition des premiers symptômes on voit ceux-ci s'accroitre pendant quelque temps (3). Ce témoignage est d'sutantplus précieux qu'il vient d'un homme expérimenté, qui a pu apprécier tout ce qu'on peut attendre de la saignée dans la pneumonie , puisqu'il retirait assez souvent à ses malades plus de six kilogrammes de sang ( 12 livi*es ) et qu'il adminiatrùt '^ concurremment des doses énormes de remèÀes contre-stimuUns.

Après avoir apprécié le plus rigourausement possible la part que les saignées ont eue dans la marche, la durée et le degré de mortalité de la pneumonie, je vais maintenant, à l'exemple de M. Louis, étudier en particulier Vjnfluence que les émissions sanguines ont exercée siir la marche et la durée des - principaux symptômes de la maladie, en ayant toujours soin de comparer mes résultats à ceux des^bservateurs qui m'ont précédé.

(i)Reoher. sur les effets de la saignée f p. 5S.

(2) Dict, de Méd. t. 1 7 pag. 24S.

(3) Voir son Mémoire sur la Pneumonie, {Bibliothèque de Thérapcu^ tique, par A. J.Bayle, Paris, 163S, t.I, pag. ISS.)

606 TRAITEMENT Dk UL PI«£0MOMIE.

1^ P^êUmrt^hà duobiir tfooM fiil Mlfvéeaaseï rapidement dèa te ptttnîèrs mgaéti géoéndc ou locale» «bes kmglième pairtte te aajaii «inroa | thm la» Mal diaièiiiM allé atait seur* knMM platM imm dKttûué AlMmaUi^ alla aéda httwnvp pfaaiai|nAiBatmiaaa aaigadas feailia y'aaa «dgaëu géaéraki; «a Atféaaiayaaaa, âparttriia rf<at,aéi<daiapc jamac il a'ya ta A*aillaaia ■iiui rappart aatia ta cawëoD ptiMau tuoitis rapide alto^aialM dasaag <pil fat laiiféa amt maladas. Cw rérahirts t^aam?deiilaMgnnlapattiaav6Baatt<éaM.IxMite|aiBrt «et ob» laiiMaar nia janMia y« la «bahmr éifa jogulée par te Miga^a fcmyw catta^ fat ptadyrfi paur te immière féto dai» las flfMrlrta pramlaia |aon da tettaUdiejtepointdacôl^quiaiig*oMaia aauvaat dlmoisM ayrte te preniiëré pêne da Ming, se tit>toYa pcMortaiit tlira «a pta moias laiansaquate failtechet te aMjorifti des malade^ m durée laoyaime Ait deete ac hait jaars daaAtepreinièfaaéda.d'obserrations analfiéeft par M. LfMii^, et de aept ja«r» al demi dam te saaoada. U réeuke de cet teîtt faa tel taigii#ei modéntei mit au paur efilR d'abréger tieaucuap te datés da paian da aMë y paieqae )'ai dit préeëdemineiit qae daat lai aee da fmmaiMàm bénlgaaitiaef ai aaumises au tnltarnaat teottiaul Beat» te poiat de tôttf ae céda jamâh jp ornant aiafit avamte la du lepctoe Jaar) ilee proloagea pldsieurB fois jiMqa'aaa tingtteiae) Tiiigt«efaqaièfl(ie en Tla^-eeptième {aar ai eut une dutrda BK»yaaae de qaiaxa joars^

%^ CnmkMtj^hk atignée aaaetcé mte influeiice anoiaK directe ëttnaialpraaiptetarlaftetaebati^ c'est ainsi que dans tous les cacoù te premièca éaigaée Sêi teite diac les trois premiers joais d'^Ée pdtuittoaîe ûttevife^ coastammeat je tis te amtière expectorée conserveries caradèree qû'eite atFalt «tant te saignée) et métne efaaiptas des daiuc liera des aiatedas ta eobratîôa jaune et te viseasiié i^teat deyaaaesbeaœoup plus eoosldérables. Après te quàtrîèdie fouiv Une praoûèra satgaée madifiait en gé^ «rirai ke tarâctèras de raapeotcvatiou^ Gdle-ci a eessé d'ètne carâoléristi^e ) laftne. laoyeii ^ fars le «cptiàiae jour diei ceux ijui fàrent saif[aés atant te dnquièoie jour, et au neUTième Âei aèù% qaiiareateaigfiéi phts lard^ résultais cpiiaonteonfonnes à ceux de M. Louis. Les chaogements qu'on a remarqués dans la couleur, la consistance, ta viscosité et tes autres qualités des crachais n'ont été très éTÂdcnsy très ootsUes, que lors-

sAmNÉE. 607

quA b fMitti^e taignë* foi faiui à HM époque l&loîgiiée en dé* but, c'«f«»à^ir6 Vers k ttptième oa huidèÉM j<mr« M. LcMik expliquait «tit tîvcMjitàftni M 41»uit qu» dmot cei «^ )Mkdie «Moiiûi déjà è «on lerme nttiAitli M ^ m» iMoMt {Nir* &ît!Qiiient JuBct) pttisqM iwui ftvoMTU dë}à que théfc Iw Mifeu dent le pnenmOBid éteAt ibatidôbiiéi à olle»4«êtiie, lei oHttshtw «vtliatcené 8p(MÉUi»étAeftl d'è|r0tAirittéflitk|tteê ^M k iieo» nèneet le dixièitiejmi^

^ i^MieméiM «I'<uin?»ftéiifM.«'l)ui« ftUcttn «m ta eeigttio n'* pÉi juguler 11» ^ëûMUèues d'MftcalMtlett. Nôut Ati>iM ikiéttia dît pfécédtfimBenI que perMi les piieaiiiotiie» fltt pfiMler éigré que y ta ubserrées eu U:ai«éet nioi>-inèiiie, il iU êAt plttè deê deux tkn que lee saignées nftuie les plus abdndauteHy n'eut pu «u^ pécher d'eirrirer eu degré d^épatisaiion* Daue tous les auUUs eaADÙ la première saignée ne fut faite commuiléiiietit qu'aptès le siiîMe )Ottr> les phénomènes d'audtultalien flê furent pas sensibloMnit tniidifiëS( 'Hl^tetUiAéiieèMil à décmltre^ ttnUê Mufen^entiu^sixième et leseptièine Jour ches lé»ftttjet»qid fu* reuisai^ée pour liapjhBmièrê fois dans les quatrépremieni jeun) tasdia que chca les nuiledes qui furent iaâgn^ plus tard) la di^ minution des même phénomènes ne coarnsen^à étire obserrée que rers le dixième joun On iroit d'aiUeurs que la aaigué») à qudque époque qu'elle ait été ptetiquée^ a paru abvégef la durée des phénomènes stéthoscopiques) puisque noue a^uas dit fdus haut que chei les malades auxquels on n'était Ail uu4uu traitement actifs ces mêmes sy mpt^neé ne eommeueèrent à défllpîti^ spôttlanéraent que Vers la fin du lteu»éme saptéueire. ^^^AcçéléraUon dupmUs^'^Qheai près d'«u<tieré de mes toalA<des^ j'ai Yu fefriquence du pOuls augmenter dans les yingtj quatre heures qui sUiViredt kfrelmère émîasion sanguine i ce phénomène fut cdMei^vë le plus soùrent thea des aujets dont k maladie ne datait que de deux ou trois juuts. €hes tous les autres, c'est à dire dans lés deux tkcè des tas k première saignée fut suivie d'une dimînuliôn pins un Itouius considérabk dans l'accélération du pouk. Lorsque k prenuère saignée fut faite dans les quatre premiers jours dé k maladie ^ le pouls conmen$a à décroître entre les cinquième et sixième joulrs> et avait repris sa fréquence normale au onzième jour^ lorsqu'au contraire la premièâ*e saignée fut pratiquée après l'époque que j'indique,

60S IRAllLMLM !>£ LA PALLMOML.

la fréquence du pouk coinmeoça à dimiouer vers le neSTième jour, eC cessa entièvetneot vers le treizième. On Toit donc que raccélémiion du poob ne céda jamais brusquement aux émis* sîonssangnines^ MrLouiseel arrivé aux mêmes conclusions, il a noté en eSki que l'accélération du pouls atait persisté quatre , cinq, su, sept jours et plus après la première saif^née quand elle fut iaite du premier «u sizièuie jour de l'affection, quelquefois incme elle augmenta d'un jour â Tautre entre deux émissions sanguines. L'effet de la saignée sur le pouls paraissait à M. Louis plus marqué quand on Ja pratiquait au delà du terme indiquéi c'est à dire que dans un assez grand nombre de cas de cette espèce, le pouls devenait calme trois jours après l'ouverture de la veine, bien plus rarement après quatre à cinq jours ; ce qui tient, suivant M. Louis, à ce que dans ces derniers cas, les saignées avaient été faites à une époque voisine de celle où le pouls, d'après la marche naturelle de la maladie, devait reprendre son calme habituel. Nous avons dit en effiet que dans les pneumonies bénignes qu'on abandonnait aux forces de la nature, le pods avait perdu toute sa fréquence à la fin du dixième jour. Ce que je viens de dire de l'accélération du pouls s'applique à peu fvès complètement à la chaleur de la peau.

En résumé, nous venons de nous convaincre que par l'emploi des saignées faites suivant la méthode rationnelle , on n'a pu juguler aucun des principaux symptômes de la pneumonie, si l'on eh excepte pourtant la douleur de côté qui , dans quelques cas assez rares a cédé brusquement à une ou deux émisnons sanguines. Gomme MM. Louis et Ghomel, j'ai trouvé que la saignée faite dans les premiers jours d'une pneumonie, ne produisait le plus souvent aucun amendement immédiat bien sensible, tandis que pratiquée à une époque plus éloignée, nous avons va les ëmissionssangoinesétre suiviesd'un soulagement phisprompty 1 plus évident; ce que nous avonsespliqué d'après M . Louis, en disant que, dans ces cas, la maladie était plus ou moins rapprochée de son ternie naturel ; opinion qui a été conurmée parla comparaison que nous avons établie entre la durée des symptômes, dans les pneumonies abandonnées aux forces de la nature, et celles qui ont été combattues par les émissions sanguines.

Les résultats que je viens d'obtenir auraient- ils été plus avantageux , si au lieu de traiter les pneumonies par des saignées

«AIQNK£. 600

modërëeSf on ayait employé contre elles id^Maîgnées pluaabondantesy si iuriout on leur avait appliqué U formuk' des saignées coup sur coup? La chose n'«|l; pa» probable. Ayant en effet démoDtré plut haut que les saignées faites suivant. la méthode jugulante n'avaient pas abrégé la durée totale de la pneumonie, il est certain qu'elles n'auraient pas eu un effet plus avantageux sur chaque symptôme en particulier. BI« Bouilland a pourtant soutenu l'opinion contraire} ayant afancé qu'on jugulait facilement les pneumonies^ il devait nécessairement admettre que les saignées avaient la mémi» in- Anence sor chacun de ses symptômes en particulière Poiur le prouver,^ M. Bouillant a opposé ses résultats a 6eux que M. Louis avait obtenus, et a tiré de cette comparaison des conclusions favorables à l'emploi de sa méthode de traitement» Mais M« Bouillaud a eu encore ici le très grand tort de vouloir comparer entre eux des faits essentiellement dissemblables. On sait que lorsque M. Loub a étudié l'influence que la sai^ gnée avait exercée sur la marche et la durée du point de coté, des crachats et de la fièvre dans la pneumonie, il avait en soin de calculer cette durée à dater du moment où ces symptômes s'é* taient déclarés , jusqu'à leur cessation complète. Il est évident que, si on voulait comparer d'autres faits à ceux de M. Louis, il fallait, comme d'ailleurs je l'ai fait ïnoi-méme , compter de la même manière, sous peine d'arriver à des conclusions inexactes; c*est pourtant ce que n'a pas faut M. Bouillaud. Ce médecin a en effet calculé la durée de la douleur de côté, des crachats - rouîUés , des phéoomènes stéthoscopiques, et de la fièvre^ à da^ ter du jour où le traitement fut commencé, c'est-À-dire qu6 M. Bouillaud n'a encore tenu aucun compte de tout le temps que les malades avaient passé, hors de l'hôpital (1). On conçoit que cette manière de procéder était tout à l'avantage da sa méthode, sans cependant en démontrer l'efEuracité.

Afin d'avoir des termes de comparaison parfaitement semblables à ceux indiqués par M. Louis, j'ai étudié les faitsde M. Bouillaud, et j'ai calculé la durée de chacun des symptômes principaux de la pnevunonie, de la même manière que je l'avais fait pour mes propres observations, c'esi^-à-dire en tenant compte du

(I) Voir son tableau. Clin* t. a, p« IIS

610 TnilTEtlENT HE U*VaEUMUME.

nombre de jours qui s'étaient écoules à dater du moment où ces symptômes s'étaient montrés pour la première fois jusqu'à leur entière disparition. Examinés sous ce point de vue, les faits de M. Bouillaud ont donné Ips rrâuttals suivants. La douleur de calé, qui fut plus on moins vive, aenune dutée moyenne de sept joars enriron, cliiflre qui difière à peine de celui que M. Louis avait trouvé (sept jours et demi) et de celui que m"a fourni l'analyse de mes propres observations (sept jours). Cliei lesmalades de M. Louis qui furent saignés dans les quatre premiers jours de lamaladie, la durée moyenne du point décote fut de six jours; le même résultat a été obtenu pour les malades de M. Bouillaud, ainsi que pour ceux de M. Briquet qui a généralement saigué un peu plus que nous, et un peu moins que M. Bouillaud.

Les crachats sont restés caractéristiques chez les malades de ni. Bouillaud entre sept et Iiuit jours. Lorsque la première sai^^ée fut pratiquée avant le cinquième jour, l'expectoration jaune, rouillée eut uue durée moyenne d'environ sept joui's, cette durée fut entre neuf et dix jours , cbci ceux qui furent saif;nés après celte époque. Ces résullats, comme on le voit, sont à peu de chose près les mêmes que ceux ijuî ont ètù indiquéâ par M. Loui^ et par nou5~nicme.

Chez les malndcs obsei-vés par M. Bouillaud, le pouls n'est rcTcnu à son degré de fréquence normale qu'après le onzième jour. Lorsque la première saignée fut faîte dans les quatre premiers jours de la maladie, la fréquence du poul» avait compléienient cessé vers le dixième jour, tandis que dans oos observations nous l'avions notée jusqu'au onzième. Loraqu'iiu contraire, la première saifjnée fat pratiquée apièa le quatrième jour, le poul* resta plus ou moins fréquent, terme moyen, jusqu'au qualorzièmejour, chez les malades lie M. Bouillaud ; jusqu'au treizième, chez les nôtres et chez ceux de M. Louis.

Il me serait difficile d'apprécier rlgoureusi'inent quelle a été

la durée des pneumonies d'auscultation dans les faits publiés par

M.Bouillaud, attendu que si celle exploration a été convenable-

1 faite, ce dont je ne doute jias; les résultats qu'elle a four-

irs la convalescence ont clé du moins généralement indiqués

vaguement: tuutclbis il est bien probable que les saignées

sur coup u'nni iias eu plus d'eliieacilé puur eulevet*^

SAJU^iÉj::. 611

syiuptôtiust fournis par la percussion et rauscuUaûon, qu'elles n'en ont eu,pour abréger la durée des crachatSi du point de côté, et pour rendre au pouls sa fréquence normale (1).

Il résulte de ce qui précède que les faiits de M. Bouiliaud aualysés d'après les. mêmes principes , les mêmes règles fixes que mes observations , et que celles de M. Louis , ont fourni des résultats à peu près identiquement les mêmes que ceux qui sont consignés dans les recherches sur les effets de la saignée. Ainsi donc, lis faits de M. BoniUaud , loin de prouver la supériorité de la formule jugulante, en démontrent au contraire , l'impuissance ; ils prouvent que les saignées très abondantes, et le plus souvent faites sans mesure , n'ont pas pour effet, comme le dit M. Souiilaud , d'abréger la durée des prin* cipaux symptômes de la pnetunonie, et par conséquent d'abrcgcr la durée delà maladie elle-même. M. Bouiliaud n'a soutenu l'opinion coutraiic que parce qu'il a voulu comparer des faits qui n*étaicnt pas comparnbles enti*e eux; il a fait ^v^ calculs suivant son bon plaisir , sans s'astreindre aux mêmes règles fixes que les personnes qu'il voulait combattre , tantôt donnant la durée du traitement pour la durée de l'afiection , tantôt, enfiu, rapportant dans la convalescence, une période qui devait encore compter dans la maladie elle-même, puisque ni la fièvre, ni les symptômes caractéristiques de l'affection n'avaient pas encore complétensent cédé.

Je crois qu'il est mainlcuant bien démontre, que la méthode ] préconisée par M. Bouiliaud, ne diminue point le chiflVedcla • mortalité dans la pneumonie , qu'elle n'a pas sur les méthodes l ordinaires l'avantage d'en abréger la durée , de Osiire cesser plutôt les principaux symptômes qui la caractciisent. En un mot , et pour me résumer , je crois avoir prouvé, par Tanalysc des faits, que M. Bouiliaud qui a retiré à ses maladcs\dont il cite les observations dans sa clinique , une moyenne de 2 kilo-r granunes 156 grammes de sang (4 livres 5 onces), n-a pas obtenu

(l) Les faits que je viens d'aualy^cr sont ceux publiées dans la Clinique Médicale de M. Bouiliaud, t. 3. Je n'aipas tenu compte des 3 premiers qui eurent une issue funeste, ni des 4 demiora dont la maladie très lïénigne eût guéri sans traitement. Cette analyse a e'té diflicile à faire, et u'a pu porter sur tous les faits faute de détails suiiîsass.

)inffli6ir.iii ilfi !■!■ Mcnli- d'iiiie L-xpiossion aussi pn'u-ii ^P li'S l'iiDls iiii.'fiplK)rii[iiL's ou liypcrboliques sont toujours di^planés (Jans lu l.in{;nj;e du la SL'iciice, civ îU ne $,-iuiaient jninais l'xprimei' des idées parfaiteiiieul justes, et l'on trouve malbeU'- 1 rcuseinent Ljaucoup de gens crédules qui les prennent^

lettre.

ARTICLE ni.

Traitement ilo la' pneumonie par les pr^ratïona antirnomalôi',^ Historiipie. — Appréciation des traïauï antérieurs.

Dés (]ue les préparations antîmonlales furent introJaïtM dans' la llii''rnpi;iitiqn<;, on vil les médecins en essayer l'emploi dans les diftérentus affections de poitrine, et en particulier dans la pneumonie el dans la pleurésie; des succès incontestables furent obtenus ; mais qudques revers que la malveillance et la passiou exnijérèrent, restreignirent bieniût l'usagie de ce médicament bernique, Cependiiui, même à l'époque où les parlemens et les ('acuités de méilecine se liguèrent pour le proscrire, il ne cessa pas d'être employé par un grand nombre de médecins dans le traitement des inflammations pulmonaires; le laitie stibié, le kermê.', l'antimoine diaplmretique étaient les trois piéparaiions qui étaient le plus fréquemment cunseilléesdans les maladies de poitrine. L'émétique était généralement administré à litre d'évacuaut du (ubc dij^estif; c'était surtout la pratique de Bivîère, el plus celle lard de Siotl et de plusieurs autres;maiB l'émétique, le kermès et l'antimoine diapliorélique étalent aussi donnés j^ haute dose, ou d'une manière fractionnijc et comme altérant, Cest ainsi qu'on trouve dans l'ancien Formulaire des bûpilaux de Pnriï, Imprimé en 1767, la formule d'une poiioii dlle in pleitrîlide el in peripneiimonin, composée de 16 grammes d'antimoine diapboi'étlque (oxyde bfanc, autiuioniate de potasse) suspendus dans 1?5 grammes de suc de bounacbe. Veii celte même époque , Richter préconisait aussi comme un spécifique dans la pleurésieei la pneumonie , une pollon conlenant ï,'> cenliffranimes d'émétlque dans H75 grammes de vébJCTiIe; on la donnait par cuillere'c A bouctie toutes les deux heures, et en cas de vomissement, toutes les heures; ain^i le malade prer.iil im peu plrii d'un ■■nnlif^raminc d'i'iiiétii]'ic par betne.

Hiiri:l3ud(l] a invoqué celle recelie pour ii: vend iquer caraveiu de l'éi-ole de Gceuingue la méthode italienne de^ contre-stimulia'.ea doutje pai'ierai biuilàt ; mais il est inutile de faire ubierver ici que ces iirétentions ne sont nullement [ondées. L'on peut donu dire d'une niauiêi-e g^énéiale qu'avant la fin du wui* ûëde, le

* ^rtresLibié qu'un employait fréquemment contre les pneumo ■ ' pies, avait moins pour ell'et de s'opposer à la pldegmasie elleméinet que de combattre une complication bilieuse ou de remplir tout autre indication inspirée par les théories humorales de l'époque.

Il y a déjà plus de quarante ans , Rasori, guidé par des id^M -tpéculaiives, et ayant prouvé eipénmentalement qu'il existai! contrairement à l'asseriion deBrown, des remèdesdébîlitans absolus, fut conduit par une série de rai^ouncmens, à employer l'émélique d'une manière tout à fait inusitée et contraire aux opinions ;iénéralemeni reçues, Le célèbre professeur de Milan dérmonlra en cfl'et : t* que la pneumonie pouvait èti'c traitée par rémélique depuis son début juaqu'fi sa terminaison ; V que ce médicament formait le principal tt quelquefois même le seul moyen cnrntif de cette maladie ; 3° qn'on pouvait diminuer par son seul usaf^e le iiouibre des saij;u<!cs et qu'iiu ponv.iit même quelquefois se dispenser d'en faire ; 4" que l emiilique pouv.iii étve administré à des doses que le^ praticiens les p\u* hardis n'avalent jamais sou^é à atteindre , puisque Rasori donnait douze décifjrammes (S-i grains), quairi:, huit et douze {grammes (1,2, 3 gi-ains) dans les 24 heures; 5° que la quantité

> d'émétique qu'on employait pendant le cours de la maladie s'élevait assez souvt^nt û pins di; soixante-deux );i'ammes (2 onces) ; 6' enfin Rnsoiî démontra que des doies d'émétique ainsi énormes ne produisaient ni vomisscmcns, ni évacuations aU . Tines abondantes, ni aucune ^rave nliéraiion dans les organes digestifs (2). C'est sur cette uutnièrc aussi nouvelle que hardie d'administrer l'éméùque , et quelques autres mi'dica.

(l) Journ, de I/uJcland, IB11.

(9) Dvlle pFnl>nru. inliam.R iM ciir.irk prïncipnl. col.tïi'l^ir^i sliliiato. iOpiucolidi rteJcina eliiûca.yi'ùana, ISIO, I, i, p. 139), tr^id. ilans le I, k des ArrJi. Gcn, (fatMcil. pag. SOO et 1 1 s, — et ibn^ lu BiliUatli, de

tlùrapeutigite de Bajl*. Pur!

6lS TK.(lILlU.£iT DE LA PKECM051E.

de résulUtB pins finrorables que nous, dont les malades ont à peine perda en moyenne 1 kilogramme 250 grammes de sang (2 livres et demie), de sorte qu'on peut établir que M. Bouillaud a retiré à diacun de ses malades tout à fait inutilement , sans aucune eqièoe d^atantage, ponr eux , une quantité moyenne de SÉBg qu'on peut éfidner à 1 kilogramme (2 livres).

Mais cet excès dans la médication ne doit-il être considéré que comme inutile? Croit-on qu'il soit absolument indifférent de iaiie subir à un malade une perte oonsdérable de sang qu'on aurait pu Inf éviter. Nulle personne n'oserait soutenir une pa« reiUe proportion ; car elle répugne à la raison, et elle est contraire à l'expérience de tous les jours. Une saignée intempestive doit avoir sur l'individu qui en est victime , le même eilet que produirait une liémorrbagie tranmatique ; l'influence est d'autant pins âcheuse , ses effets se feront sentir pendant un temps d'autant plus long, que le sujet a déjà éprouvé plusieurs autres causes d'affiaûblissement provenant de la maladie et du traite^ ment nécessaire pour la combattre.

11 eut été très intéressant de pouvoir comparer la longueur de la convalescence chez les malades de M. Bouilland, et ches ceux que j'ai observés ou traités moi-même ; mais j'ai déjà dît que les faits rapportés par M. Bouillaud ne pouvaient être utilisés pour cette comparaison. Que ce médecin ne m'objecte pas qu'on peut avoir une mesure de la durée de la convalescence par Fépoqne où les malades quittent Vhôpital ; car nous savons tous, combien il y a d'individus qui sortent de nos salles avant leur entier rétablissement, les uns par ennuie les autrespar le désir de manger davantage, etc. D'aiHeunM. Bouillaud est moins bien placé qu'un autre pour étu^r les effets dont je parle ; professeur de clinique , n'ayant qu'un petit nombre de lits, forcé de faire passer sous les yeux de ses élèves le plus grand nombre de cas possible , il lui est souvent difficile de conserver aussi longtemps qu'il le désirerait peut-être, des malades dont la convalescence se prolonge trop longtemps.

On a vu par l'analyse des faits que j'ai présentée, que les. saignées sont très utiles dans le traitement de la pneumonie ; que c'est un ma yen dont il faut user toutes les fois qa'il n'est pas foi'incllemeat coutro indique; mais Futilité des évacuations sanguines a des bornes, et il ne faut pas s'habituer à croire

que c'est un moyen infaillible. M. Louis a dit à peu près la même chose ; il a reconnu également u que les émissions sanguines avaient une heureuse influence sur la marche de la pneu» monie, qu'elles en abrégeaient la duréef que cependant cette influenoe est beaucoup moindre qu'on se l'imaipie oommané- "ment (i). » Cependant , malgré cette déclaration ,Deai]VOUp 4e personnes répètent encore que M. Louis conteste tout à fait Futilité des saignées dans la pneumonie. C'est là, comme on voit, une de ees nombreuses c^lomnies^qu'un homme distrait ou peul- Atre de mauvaise foi ayant le premier accoréditée , se trouve ensuite colportée par cette foule moutonnière qui ne re'pète que ce qu'Ole entend dire, mais sans jamais se donnei* la peine d'en yéri&ét Texactitude.

M. Louis, en s'exprimant comme il l'a fait, n'a*t-il pas été plus conséquent avec les faii9 de chaque jour que ces médecins qui, dans leur enthousiasmci viennent nous compatir les effets de la saignée dans la pneumonie à celui du quinquina dans la fièvre intermittente. Peut-on assimiler deux chosesù difilé* rentes ? on ne davrait jamais se permettre de pareilles exagérar tiens, car beaucoup dç personnes, les prenant pour des réalités, conçoiventdes espérances qui sont déçues dans un grand nombre de cas, et à supposer que les malades n'en soient point victimes, l'ainour-propre et souvent uiême U considération du médecin peuvent en souffrir^ en voulant prédire des effets qui ne sont point calculables.

. Pour me conformer h l'usage , je viens d'employer quelquefois dans cette discussion le mo^ juguler', c'est bien A tnegrel si je Tai fait, car c'est une expression barbare et indigne du langage scientifique ; mais les partisans des saignées coup sur coup s'en servent habituellement aujourd'hui, pour nous donner une idée des efiets merveilleux produits par leur méthode. Juguler une maladif , ce serait la dompter de sf ite ; ce serait la guérir brusquement y et nous venons de voir que les saignées ne produisent pas un pareil eifet; aussi M. Bouillaud consent à ranger au nombre des pnetunonies jugulées, toutes celles qui cèdent avant le septième jour, à compter du traitement. Pour proclamer un résultat aussi vulgaire, il n'est certes

(l) Rech, sur les effets </e lu saignée, Varin, 4885, p, 69.

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l^NTUMONIK.

•s«ion aussi fini en lieuse iliqiies soul loujoura dé jibci's dans lubnjjage du là science, c.ir ils ne sauraient jamaii (.'Xprimer des id^^s psrfailetnenl justes, et l'on irouve nialheuveuscment b|attcoup de gens crédules qui les {irenneut, lettre.

ARTICLE III

Traitement de h' pneumonie par lei prëparationt antimftnîali HiMnriqiie. — Appruciation des traraui antérieurs.

ilheu-

Dés que les pre'pa rations antimoniales furent introduites dans la itiévnpe-Jtique, 011 vil les niMecins en essayer Temnlot dans les di Aère 11 te s alTeelions de poitrine, et en particulier dans la pTteiimonie et dans la pleurésie; des succès incontestables furent olxemis ; iniiîs quelques revers que la malveillance et la passion exnjjérèrenl, resireifjnireut bientôt r«sa{;e de ce médicament héroïque. Cependant, même l'i l'époque oi'i les parlcniens et IcB l'acuU^s de médecine se liguèrent pour lu proscrire, il ne cessa pas d'élve employé par un grand nombre de médecins dans le traitement des inflammations pulmonaires; le tartre si ibîé, le ktrmè'', l'antimoine dbpboretique étaient les trois pré parutions [pli étaient le plus fréquemment conseillées dans les maladies de poitrine. L'éinétiq ne était généralement administré A titre d'évacuant du Inbc digestif; c'était surtout la pratique de Rivière, et plus celle tard de Stoll et de plusieurs autres;mais rémétique,le kei'uièsetl'ahlimoinediaplioreiique étaient aussi donnés âliftuie dose, ou d'une manière fractionnée et comme altérant. Cest ainsi qu'on trouve dans l'ancien Formulaire des bôpiiaux de Paris, imprimé en 1767, la formule d'une poliou dite in pletiritille et in peripneumonin, composée de 16 grammes d'antimoine diapbnrétîque (oxyde blanc, aniimoniaie de potasse) sns)tcndus dans 125 f-iammcs de suc de boun-aclie. Vers cette même époque, Ricbter préconisait aussi comme un spécifique dans la pleurésie el la pneumontc , ane potion contenant 15 centifp-ammes d'émétîque dans 375 grammes de rébicule; on la donnait par cuillerée ù bouclie toutes les deux beures, et en cas de vomissement, toutes les heures; ainsi le malade preii.iil lin peu pliii d'un rcnfr^^rainmc d'rniétipie par lieitip.

é.vt.rifoiv k HiiiTB nAsB. ftift

]liir<:|anJ(l) 3 invoqué rcue reccllupourievcndiqiu-r enfaveuiàe l'éidle lie Gœuiugiie la luéthode italU'nne dm conlre-aiiinulis'.es iloitt je parlerai liieiilùtiutal^ il est inutile île faire ubierver \ ici ([ue ces prt-ientiona ne soat nullement fondées. L'on peut donc dire d'une uianiéri: générale qu'avant la Bn ilo sviii' iiéi:le, le ^i-tre slibié qu'on employait rréquemnient contre les pneuino - ' nies, avait moins pour eflet de s'opposer à la phlegmasii: dleinême,que de combattre une complication bilieuse onde remplir tout auti-c indication inspirée par les théories humoralet de l'époque.

Il y a déjà plus de quarante ans , Rasori, guidé par des id^es '■péculaiives, et ayant prouvé expéiimentalement qu'il esititait contrairement à l'asseninn deBrown, des remèdesdébilitans absolus, fut conduit par une série de raisonnement, à employer l'é- Riéliqne d'une manière toul à Tait inusitée et contraire aux opinions ^éfléralemeni reçues. Le célèbre professeur de Milan dé* iiTRORlra en efl'el : t* que ta pneumonie pouvait éti'e traitée par l'émétiqiie ilepuis son début jusqu''» sa terminaison ; V que ce tnédicnment formait le principal et quelquefois même le seuli*j moyen nuBiif de cette maladie ; 3" qu'on potivait diminuer par Bon si'ul usa^-e le nombre des saiciAs t't qu'on pouv.iit même quelquefois se dispenser d'en faire ; 4" que l'émétique |!onv:ii[ -^tre administré ih des doses que les praticiens les plut hardis n'avaient janmis sou|;é k atteindre , puisque Rnsori donnait douze déci]>ranimeH (24 grains) , quairc, bult et douie (jramlues (1,2, 3 grains) dans les 24 heures; fi" que la quanlité d'^métique qu'on employait pendant le cours de la maladie s'élevait assez souvent U pins di: soixante-deux granmies (2 onces) ; 6° enlin Rasnri ilémoniia que des doses d'émétiqiic amsi énormes ne produisaient ni voinisscnicus , ni évacuations al- , Tinea abondantes, ni aucune jjrave altération dans les or- Hanea difjcsiifs ('2). C'est sur cette manière aussi nouvelle que birdie d'administrer l'émétique , et quelques autres mi'dica.

(I) Journ. Je Ilujeùind, 1811.

(a) nulle peripneu. inliain. a ili'l ciii-.irle prÏBcipnl. col.tartiir i si iliinlo. (O/iMico/i Ji nici/cinn c^nicir, Mitano, ISïO, t. î, p. tï3), tTJil. ilans II' t.4 Jc3 Arrli.GcD. da,M<:il. pas.SaOct lis. — et ilan^ lu Bililintli. Ht théi-apeulif/m de Bayl*.' Fnri;, ISIR. t.l.p. 1»S,

616 TRAITUniTT nt, hk PVBOHeHIE.

Men» ^pe A|Mori toudm toute une méthode thérapeutique, dite méthode couUre*eCuiuhuite ou du coatre^tiimulMme. Il •opposa que. k vie éiait le résultat de deux forces ^jalement activai, «uisofqpoiées , qui se ooutre>*balaoçaieat dans l'état de sauté, tandis que la prédominance de Tune d'elles en-* tialuait péeessaÎMfnent un état de maladie; ces deux foiees sont désignéas pai< les mots de stimulus et de eontre^Umulus ^ la .stimulation et la contre-stimulation étant l'effet de ces Surces mises en jeu. Lorsque Tune d'elles est en excè% elle produit un état morbide que recelé italienne noaMUC 4la^ thè40, êi donne à l'économie VtupUiudeiiQ supporter impunément des doseia ca»sidérablcs de médicamiBBS très actiCi destinés à rét^Ur V^vilibr^. lies iQoat|'e-#timuUos tels que l'émet tiqftSi Tiu^id^ cyi^nbydi'ique, la digitale, etc., sont dope des ageos ou des paiManc^ qui produisent sur l'organisme des moidifications opposées à celles qui résultent de l'action du stimulus} ces résultais s'opèrent souvent sans qu^il y ait au^ Gune évacuation, tel est i'émétique qui» donné à haute dose 4ans le cours d'une pneumonie, ne provoqua souvent ni vomisr semçnts ni selle4« Jjes contre-stimulistes disent alors qu'il y a tolérance.

J'ai exposé le plus succinctement possible les principes de la doctrine italienne , afin de familiariser de suite lis lecteur ayec 4eA expressions dont elle a consacré l'usage. 11 est facile de se convaincre que la théorie du coptre«stimulisme ne s'appuie que si|r des id^es purement spéculatives ; mais les faits qui l'ont ini^ pirée sont vraisj et leur connaissance a opéré dans la thérapeu^ tique une véritable révolution. Toutefois on ne peut s'empéeher de reconnaître qu'un grand nombre d'observations rapportées par Rasori, ne peuvent être invoquées comme prouvant l'efficacité de l'émétique à haute dose ; car ce remède était généralement employé concurrenunentavec des émissions sanguines copieuses, puiaqu'il n'était pas rare de voir Rasori retirer à ses malades, durant tout le cours d'une pneumonie, quatre, six et sept kilogrammes de sang (8, 12, 14 livres) pendant qu'il leur admiuisirait plus de soîxante-deux grammes d'émétique. On concevra qu'en pareil cas, il est impossible de faire la part qui revient à chacun des ageus thérapeutiques. Cependant Rasori a cité un relevé de soixante^ie cas de pneumonie dans lesquels il a donné

ûairufOE a raoti dosv. 617

des Aosèa tanilbAénkUts de relrièdes cmitre-tlittiiilaiis mm iem^ ployer eoncar^mnieitt les saignées (^étoéralet tm locakt ; «ir4c nombre, Un'kferte qtte fiewIilMi^adM. 4}of ùàU pro«Yont d'une raanlève iiA«eiilettaMe Factioa ftyaaîtafçefMa qu'oftp«|it retÎMr àe }'émM^« ëm^oyë smTantltf méthodf îMittcttiif ) pim Rë^ son èbserrcf ^e-telle-cî im Téueak-qiie ^ans lea |HiMini»i nleé qiki n6 nàtt pas fort |;rvres , tandis ^e daaa ctll^ qal MMI i^laê-kHensea^ les sai^é^ plii| o«t emoa eopienses sont né» ««Maires pcwr «battre l-eaDoèsda stimulus. NonsTevvenAilaaB h suite que eette opin&oni de Rasori eomporle qnelquos êteepfioiis. Q^^^^t ^^^ pnenmfmies qui ont été traita eo»» evMremment par l*émëdque et les saignées copieuses, Rascnri a publié à oe =sà}et phnienrs ^tocumeiis comprenant la statiik tique ées de A cliniques militaire et civile dont il était charge n résulte de aon dernier rapport qu*ayaat soigné pendant trois annéen 64S pneumonies à Tbôpital civil, et IfiOà rbàpitalmir litaire, la moltatité fut de vingl^eux pour cent «Itas le pre»» mier et de quatorze et demi dans le secoad (1 ) ; résultats qui ne semblent pas très favorables r niais il faut peut-être l'attribuer à ce que Rttsori employiiit sa méthode avee une énergie qui heureusf ment aujourd'hui ne compte guère d'ipnitateurs. ' Gomme en le pense bien, celte pratique si hardie de Hasorl fit une grande sensation en Italie, et quoiqu'elle reneontrât dès sa naissance un grand noihbre d'adversaires ou d -incrédules, les praticiens du plus grand mérite, et en particulier Tomimasini (2) et Ambri (3), à Parme, se livrèrent à quelques eapé** rlences, et vinrent bientôt confirmer publiquement l'efficacité de la méthode nOtaveUe qui compte toujours de nombreux prosélytes en Italie , parmi lescpiels se éistingufs aujourd^hoî le savant Giacomini, professeur de clinique à Padoue (4). La pratlc^ue de Rasori n'était pas encore connue dans le reate*

(3) éiiU [(wionei d^frinuntç ç ççntrQ êtimulente di aîeuni rimadl.

mem. H, Litta il Maggio, 1809, V, Giorn, délia soc{eta^ M. C, d Par ma, f vol. VII.

(5) Opéra, med, prau et anat, patol, fatte neUo spedale civile di Parma tette in^noif, ISOS.

(4) Traité phjrs, et erpêr, àe matière fnéê, et de ihér.

6lâ tRiklTEMENT IkE LA PKEUMONIK.

«le TEaropei ou du moius elle Tétait à peine lorsque Peschîer de Geoève, pendant cinq années consécutÎTes qu'il a exercé la médecine dans le canton de Vaud , où les pneumonies , dit-il « swU fréquentes , et dans le cours de deux épidémies graves | affime que pendant que ses confrères perdaient un grand nom* bie dft malades en suivant les méthodes ordinaires de traite* inent » il eut la satisfaction de guérir tous ceux qui se confièrent à lui , et la guérison s'opéra prompteinent sans rechutes et sans aucun accident. Ces résultats furent obtenus par l'administration du tartre stibié i haute dose , sans employer préalablement ou eottcurrcnunent les émissions sanguinat. Peschier fut conduit à ce traitement par des idées spéculatives qu'il est inutile d'indiquer «t de combattre. U a donné une relation de sa méthode dans la Bibliothèque à» Genève (1), et postérieurement à cette pre* mière publication , il recueillit.de nouveaux faits cpii lui étaient favorables ; il finit enfin par proscrire tout à fait la saignée du traitement de la pneumonie, et affirma de nouveau que, par le tartre stibié donné a haute dose (c'est-à-dire de trois à huit décigrammes dans les vingt-quatre heures), il avait guéri tous ses malades, à l'exception d'un seul, qui prit trop tard ce médicament hérolqtie (2).

Les faits rapportés par Peschier n'ont pas toute la valeur qu'on letur attribue généralement. Je crois bien que , par l'émétique seul , le médecin genevois a dû guérir plusieurs pneunmnies ; mais ces guérisons sont beaucoup moins nombreuses qu'on le suppose. Peschier confondait, en effet, non-seulement les pleurésies et les pneumonies ; mais il rangeait sous le titre d'inflammation de poitrine, toutes les maladies avec ou stms fièvre^ accompagnés d'une toux et d'une douleur de côté fixe ou vague, et il leur opposait un même mode de traitement. Il est donc certain qu'un grand nombre des individus dont Peschier parle, n'avaient que des pleurodynies, des bronchites ou des pleurésies ; c'est ce qui explique les succès de sa méthode , succès • qui» sans cette circonstance, auraient pu paraître presque miraculeux ; car personne n'en a encore obtenu de pareils par aucune méthode.

(l) BihlioU univ, de Genève^ sciences et arts, t. XX, p. 141» (i) Gazette de santi y 6 et 4 S 9i^pt«mbre, fSSS,

ÉM^TIQUE A nWTE OOSF. 619

Laënnec (ut le premier médecin qui expérimenta sérieuse* ment en France la méthode Rasorienne (1) ; ses recherclies^ commencées en 1817> furent poursuivies jusque vers la moitié de 18S6, époque de sa mort. Quoique Laënnec ait guéri plusieurs fois et rajûdement des pneumonies intenses par Vémétique seul et sans avoir recours à la saignée , il conseille néanmoins , pour peu que les malades soient en état de la supporter, de leur tirer 500 grammes de sang (1 livre), rarement il faisait réitérer rémission sanguine. Laënnec regardait celle-ci comme un moyen d'enrayer momentanément l'orgasme inflammatoire et de donner le temps an tartre stibié d'agir. Immédiatement après la saIgnéeLaënnec,donnait une première dose d'éméquede cinq centigrammes(l grain)dans soixante-dix grammes (ou un demi verre} d'infusion de feuilles d'oranger légère et froide» édulcorée avec seize grammes de sirop de guimauve ou de fleurs d'oranger : la même dose était répétée de deux en deux heures, jusqu'à ce que le malade en eût pris six ; il le laissait ensuite reposer pendant sept à huit heures si les accidens n'étaient pas urgens, et s'il éprouvait quelque penchant au sommeil ; mais si la pneumonie était déjà avancée ou si elle était double , si l'oppression était forte « si la tête se prenait , Laënnec faisait continuer le tartre stibié sans interruption , de deux heures en deux heures , jusqu^à ce qu'il y eût un amendement dans les symptômes, et que l'amélioration fût indiquée par les signes stéthoscopiques.Quelquefois même, si la plupart des circonstances aggravantes que je viens d'indiquer se trouvaient réunies , Laënnec portait chaque dose d'éinétiquc à sept centigrammes et demi, ou à un décigramme,et n:cmeu douze centigrammes et demi, toujours dans la même quantité de véhicule. On voit que Laënnec ne prescrivait jamais plus de quinze décigrammes d^émétique par jour (30 grains). Sa pratique différait donc notablement de celle de Rasori ; mais elle se rapprochait de celle, adoptée par Tounnasini qui, comme Laënnec, débutait en général par donner trois ou quatre décigrammes (6 à 8 grains) d'émétîque et dépassait rarement sept (14 grains) ; la seule différence, c'est que le médecin italien employait un excipient moins abondant, puisqu'il suspendait la dose d'émcti-

(O ^auscultation, 4»c<lîr., 1. 1, p. 6|0.

620 TflAlTEMElfT DE LA PVEUllOlflE.

que indiquée y dans 125 grammes seulement (4 onces) de Ûqaide (1). Laënnec avait pour habitude , lorsque l'émëtique provoquait des évacuations le deuxième jour de son administration , d'ajouter aux six dosesi qui devaient être prises dans les ▼ingt'quatre heures , trente-un, ou soixante- deux grammes (1 à 2 onces) de sirop diacode.

Cest eu suivant cette méthode qoe Laënnec est parvenu à obtenir des succès qu'il n*avait jamais eus , ni par les saignéea» ni par aucun autre mode de traitement : il n*a tenu aucune note exacte sur les malades avant Tannée 18249 mais il affirme qu'il ne se rappelle pas avoir perdu un seul de ses pneumoniqucs qui aurait pris le tartre stibié assez long-temps pour en éprouver les effets. Ayant traité , en 1824, à la clinique de la faculté, vingt-huit pneumonies simples ou compliquées d'un léger épanchement pleurétique , mais graves pour la plupart , il vit tous les malades guérir, à l'exception d'un septuagénaire cachectique. Dans le cours de 1825, Laënnec traita trente-quatre pneumonies, dont cinq succombèrent; mais il est juste de défalquer de ce nombre deux fi.'mmis apportées agonisantes à l'iiôpital, et qui ne prirent que deux ou trois doses d'émctique ; deux autres malades étaient atteints, Tun d'une maladie organique du cœur^ l'autre d'uue pleurésie chronique , et succombèrent à ces affections dans la convalescence de la pneumonie. Reste un vieillard de soixante-onze ans qui succomba au dixième jour du traitement par l'émétique. Laën* nec en conclut que sur cinquante-sept pneumonies qu'il a traitées par le tartre stibié à haute dose, il n'a perdu que deux septuagénaires-, ce qui donne un peu moins d'un mort sur vÎDjjt-huit.

Ces résultats ne sont peut-être pas aussi favorables à l'administration de^rémétique que le pensait Laënnec. Je croîs d'abord qu'il faut considérer à peu près comme non avenus les rftultats qu'il aurait obtenus avant l'année 1824 , époque avant laquelle l'administration de l'émétique aurait toujours été couronnée de succès : il est impossible en effet d'attacher la moindre confiance à des faits thérapeutiques qui ne reposent que sur des souvenirs plus ou moins confus ; d'ailleurs, je crois

(I) Bewue méd„ mai, 4 898.

ÉMÉTJQVE A liAUTK B06S.> ttl

que Litoiièc m été mal^crrî p«if«à-inéiiibi]«) {wisqv'wn 49#M^ élèfe», te docteur 9<dagftAfe/ai*^védft^metit7ip|»Miéphi»ietM^ dervâtk>tts dcf fménmoniet feeu€ftIlt«»4à^lé^liefVlc6'd0«ë prtN fiMseor 0tt lg22^r«t 18^3 f OMlâcltes 'qtfJ'i0bri<Ai; tltte^ i«tté Itf^

L«ft témHàtf ôbtettuy êtt 1834 et 18^ Mit «nfé" tout ftttMf ▼aleibr, fmic}» LaëtmMf toé'* ^)>tniy¥f ^r'â«ir «khlré» j t^éi^ àÊùt jî»^ttiatiqiMttr dé yenéeigDéiiÉteiitt suflbftMt piMlr léttt àùtt* iMi* i«' éégtë dé certitude qv^tt» dc^tVaiéMr ttvd2r< GôtJUMMf M. Louis a déjà eu soin de leliRVè i*etlta4i{lM^-(Sf)^, LAënAt^tief d<Hiii«'afcreati détail mt l'âge de^ 4ti]c?CB; éHr^lc? toi^yMt^ ^Aes 8A%oëiitqai ienr furent faiteë» $nf\*épbfi;he àr laquelle mita^ fit, sur celle à laquelle le tattre «libié fm édhikïtA^Yé^'iùt là durëe Meiyeline de la maladie d«ns t^ eàêr -Vm adtifê iFéfnal^ qde eMoofe plus importante fai^ ârussî ^ar M. Louil^y c'e^C que êiifAs iin certaiii noitibfede cas, LaëiAiecf s'en rémeUatti l'ausdiltatioà exdusiyeittent, pout- lui iiidiqttèr F^^iitence' des puetftnomes ; la crépitation , indépendamment de tout autre symptôme loc^l, Itiî paraissait suffire potâr âriiter d^UW manière sôre au diagnostic de cette aiffectioil , en sorte qu'il a' du admettre des cas de' pneumonie chez des individus qui n'offraient que de la crépitation sans crachats rouilles^ Sttnsnàé' altération plus eu moins profonde du bruit respiràtoif^, s^tfi^ un degré quelconque d^obsturité du son du tfîorax da^M tan point de son étendue ; pe(it*étre auAsi dans un certain nônfibre de cas Laënnec a-tril pris pour une pneumonie un simple cà** tarrbe pulmonaire aigu , ^i atteignait les dernières ramiftca» tions des bronches et s'aecempagnait de râle sous^répitant.r

Ces objections de M. Louis sont parfaitement joS^es, 6t l'oif peut dire qu'elles ont été depuis justifiées par l'aveu d*UB élère et d'an parent de Laënnec liH-4»éme. M. le docteur Mériadec, Laënnec dit^ e» effet, qu'en consultant ses notes^ il avait recomra que le quart au mormi des cinquaate-^ept pnetty**' monies obserfëes par son cousin , et surtotit des trente^quatre traitéesealBSd, étaient te^lenient légères quef la diète, le séjour au lit et quelques sangsues ou une petite saignée, auraient

(1) Archives, t. FV, p. 481.

{%) Hechere, sur Uê ùjfku, 49 la êoignécy

pi 64;

612 IRUXUHLyx M» LA PJittVMOSVIf.

•alB pour les guérir. Il cmi qa'en ne teiunit couifte lyse eu patamooîef bioi pronoocéet, <t dans leMfiieUes le traîlenieat a ea le temps d'agir» U mortalité aara.U du être fixée à nn sur TÎDgt ou même diK-buit (1). Ce chiffce est eocore, oomme ou voit, très favomble à rëmétîques maïs il. est probable que si nous possédions plos de reoseignemens a«r tous ces (ait« , pous retrouTcnoDS également quelque autre circonstance pour exf^qœr dessucoës qu'il es', en eff<$t, fort rare d'obtenir, et qui pie peuvent se rencontrer q^ momentanément sous TinA^noe de certaines constitutions médicales,

M. BoutUaud a aussi contesté réceounent rexaciitude des résultats de Laënnec ; il a publié» dans deux de ses ouvrages (2), un tableau qu*il donne comme exact, des guérisons et des décès, parmi les pneumonîques reçus dans le service de Laënneci pendant les années 1825 et 25. Il résulterait de ce document, qui a été livré à M. Bouillaud par un ancien ex 1er ne de la Chariic, attaché au service de Laënnec, que celui-ci aurait perdu par sa méibode, les deux cinquièmes de ses malades. M. Bouillaud n'ose pas en conclure que Laënnec ait voulu tromper, mais il pense qu'il a fait ses relevés sur des notes peu exactes. Pour moi, si j'avais la conviction qu'a M. Bouillaud, que le document qu'on lui a fourni est exact, je n'hésiterais pas à dire que Laënnea a donné sciemment des résultats menteurs. Comment supposer, en effet, que Laënnec, exposant, à la fin de 1825, les résultats qu'il avait obtenus durant l'année par Téméiique, dans le traitement d^ la pneumonie, ait pu indiquer une mortalité de un sur trente, tandis que, d après l'ami de M. Bouillaud, elle aurait été de plus de moiiic, ou de neuf sui* dix-sepi? A supposer que les notes de Laënnec eussent été inexactes, ses souvenirs étaient assez récens pour l'enipêcker de commettre une erreur qui était impossible, si elle n'était volontaire. Non, Laënnec n'a point menti ; mais M, Booillaud , ayant à choisir entre deux témoignages , l'un, d'un homme aussi éminent que l'auteur de l'auscultation, et qui mérite bien d'être cru.sur parole , l'ioiire d*un médecin honorable sans doute, mais dont le nom est tout à fait inconnu^a opté cependant pour ce dernier, par

{\)AusculUt t. II, p. 615, noie.

(t) DicU de mcd. et tic chii\ praU^U Xili» p*l98pCtphil. HMr'd., p.8S5.

KMKTIQOe A HAUTE BOSE. &tâ

cela seul <)u*tl y trouvait une nouvcMe occasion d'exalter sa iné* thode'et de déprécier celle de Aasori. Quant à mei, je soutiens au éoAtratrë que le tableau f|u'on a lit'ré à M. Booillsmd ne peut être exact, et il est facile de le prouTer. D'abcMl Laënnce nous piirte de trenfe-quatl'e malades qu'il aurait traités en 18S5» et le tabteMu officieux n'en indique que dix-sept. EstH» encore Laëanec qui a enflé aon chiffre d^admission Tolontaîrement <m d'après des nôtesi Itiexactes? n'est-ce pas plutôt l'ami de M. Boutllm^qu'il faut accuser de distraction ou de négligence? je n'hésite pas à le croire ; car les résultats de Laënnee pour l'année 1825 ont été contrôlés par un homme honoraMe et kt^ struit , par M. le docteur Mériadec Laënnec qui paratt avoir recueilli des notée assex exactes sur les malade obaerrés à cette époque 9 puisque noa^ avons vu précédemment ce médecin expliquer eu partie les succès de son maître, par le grand nombre de pneumonies bénignes qu'il avait traitées. Il est certain que si Laënnec avait dissimulé quelques insuccès, son cousin n'eut pas manqué de les rif;rtater. J'ai cru devoir réfuter un document que M. Bouillaud a eu le très grand tort d'accepter avec trop de confiance ; car, s'il eût pu être authentique , il eut porté certainement une grave atteinte à la véracité de Laënnec Mais heureusement de pareilles imputations ne sauraient ternir la gloire impérissable d'un Mes plus grands géhSi, et disons mieux, d'un des honîmes les plus utiles qui honora jamais l'école française.

M. Louis est le médecin qui jusqu'à ce jour a public les faits les plus concloans en faveur de l'administration de l'émétique à haute dose dans la pneumonie ; car il a recheitrhé la valeur de ce mode de traitement , en appliquant à son étude cette méthode rigoureuse dont il a le premier donné les préceptes et rexemple,etsans laquelle les travaux thérapeutiques ne sauraient avoir aucune espèce de certitude. M. Louis rapporte que de vingt malades atteints de pneumonie, auxquels l'émétique fut donné dans des circonstances graves, trois seulement succombèrent, et ces sujets avaient de 60 à 70 ans. Ces résultats sont d'autant plus favorables que les malades se trouvaient dans des conditions très fâcheuses lorsque l'émétique leur fut administré. En effet, ils avaient été déjà saignés plusieurs fois , et cependant la maladie avait persisté en prenant plus d'inteiisité et était déjà

dM TlAITMIfcllf Aft LA VJIKCMOHIE

aniTMi tetiM »9ytfB« aa taiitifnif jbt ; «fofag cnân que kf njeto qaî privent le urtre stîbié éitimt fàicEplflDieBt fim â||és qne cetf qdi n'eft prirent pas» d» oMnièfe qoe Mt dcndei» n'aitMait, tartié Ineyca^ qne 31 anSf et les «ntrct 4& £nfia VhttaewÊm ôAmm dt l'cnéôqne a «lé CMiim dteontne par ks diangenienti qnî Munftnt ptttqpt hnmrfdiUeniaiM redminMtmtÎBS an Uurttn 9tibM^ ém k lendcsudo, en c&t, qûiie d4i dfis-eqH •ojeu qui eo prirent ietroo¥èr«it on pea. mienz on beelieewp iaie«i« ayant itnrihlcnient plna delorca, tar phyeiOBoaik inettleort» k mpiraiion omiû» g^néa ', an Ottfre twiit d'aètre eat, dont la pmmne raadaitan aoB pin* on moini eonpléCeniCDt auit dans nna aertaiae étcadae, loiaqno rémélH qna fut adnînîMré, afrakat dèe k kndamaîa^aaa aandîMation notabk eons ca rapport, et cea aoMlîonilîons divaract penktaknt te fritaàt tons ka jonradea pfogrèa (1)»

D'antrte tM^aas ont afKord éié pablkt c& France aor Pcficacîtéde la métboda Ràflorkana danala trailenient de la pnen- HMiak. IndépcndaBment due obeenrationi kaléesat Irèe neaibreiMef qoi , depok 15 an»^ onl été kuërées dana noe recaeib përiodiqaes » k scknce t'est eorichk de quelques autres travaui intéressailts à dÎTers titres ; parmi eux, je citeimi les recherches de M . k docteur DanTin,au}ourd'hui médecin k St-Pol, dépsP' tementdn Paade-Calais (2)) celles de M. Ambroise LaënneCyDié* decîa àt l'Hôtel-Dien de Nantes (3)« qui parait n'avoir perdu qu'un malade sur treize. M. le docteur Téalier^ dans son oanage sur te tarCré étibié, dk aussi avoir nKonau, par des obserratieas inaltipltëes^ qtie l'éaiétique à hiutti dosa était k mode de traitement le plue effieèce et le plus expéititif (4) . Il est à regratter que M. Téaher se soit tontenté de citer quelque» faits isolée; il eut élé préférable qu'il analysât toutes ses observations , et qu'à l'exempk de M* Louk^ il eut précisé le oiiifire de sessuccès^ et qadle arait été la rapidité de k cent alescence* M. k docteur Rayera aussi ptiMié, il j a quelques années, un artick fortiamarquabk sur l'antimoine (ô). Ce travail e&t élé com]det si Tan-

(l) Mém, sur les effets de la saignée, p, SI. (s} Journ, heh'd, de médecine, ISSd.

{%)JoUtn. de Id société de la L&ire Inférieure, S^lrr., «^ %nti, H AuseaJU,, U I« ^. ^1 S.

{k) Dis §àHf0 MiUéj PiuUf I SSa, p. MS» (5) Dieu de méd, et de chir, prat., U III, p. 57.

JÉMÉXK^UL: a iIAIIï£ DOSE. 625

leur s'clait étudie davantage à appuyer ses propositions par des résultais numériques. Je reviendrai plus tard sur quel-

Îues-unes des assertions de Fauteur, qui ne semble pas être 'ailleurs un partisan bien ardent de la méthode Rasorienne; il ne regarde en effet l'émétique que comme un moyen accessoire. Enfin je terminerai Ténumératiou des reclierches entreprises en France sur refficacité de Pémétique dans le traitement de la pneumonie , par un travail très étendu et fort bien fait de M. Trousseau, sur l'antimoine et ses diverses préparations fl).

M. le professeur Trousseau a traité, il y a quelques années 9

par rantimotne, cinquaute-huit pneumonies aiguës, dont deux

seulement eurent une issue funeste; aucun de ses malades n'a

ctc saigné à riiôpilal; cinq Tavaient été avant leur admission

dans le service médical, el chez eux la maladie a cédé avec

plus de difficulté que chez les autres. M. Trousseau a non-

sculeuieiit administré Témétique, mais il a également dqi^né

plusieurs autres préparations antimoniales, (elles que rantimoine

métallique, le protoxyde, le deutoxyde et le tritoxyde, V'^ypo"

antimonile, l'antinioniate et Tantimonite de potasse, le kermès;

et les effets thérapeutiques généraux ont été invariablement les

mêmes. Ces £aits étaient observés à THôtel-Dieu en 1831 et 52;

maisdepuis Tannée 1804 il parait que M. Trousseau a été moins

heureux, et tout en reconnaissant que les antimoniaux ont mie

grande efficacité dans le traitement des pneumonies, il croit que

dans la constiiullon actuelle où il écrit (l839J,ils ne peuvent seuls

mener à bien les inflammations pulmonaires, et que les pertes

de sang sont d'une nccessiié évidente.

Un grand nombre de médecins étrangers ont également administré le tartre slibié d'après les préceptes de la méthode italienne; je ne connais pas à beaucoup près tous leurs travaux; aussi serai-je nécessairement très incomplet dans rénu9iération assez rapide que je vais faire ; cependant j'es{^re citer les principaux résultats. Le professeur Bang, de Copenhague, a traité à riiôpital de Frédéric, cinqnaute-qoatre pneumonies par le tartre slibié à haute dose, la plupart après une. saignée piralable;

(<) Voir rarticlc antimoine du Dictionuuire eu 15 vol. Mai. mcd., t. II, 2« partie,

rxju

de pRBdic n puti dêuhif (1). Ti- 2;Bareq«ela«lê le TÔahat de 9C

X. ledociesrWblf^deTcame,a rapporté dinoinafations de p"^"—«»'** qû toules oot sam par rcmédqne à hante doK, et SAS qaTon ail ca bens de recoarir â anarn aulie moyen; 3 paraît qoe plsneois HKadMcs de la aodelé de médo*

fgalnfnt cxpénaBcnté le iDcme icen paitîcaEer le doaciir Fialkowdû , delliàpîial derEofins-Jêns :3?. Enfin, le docteur Bnef. ayant traité par f ànétiqne â hante doKqnatre-Tingt-qoalorae pncomomes firancfaes, sans complications, n'a pada que cinq maladcn les effets de la médiation Rasonenne ont éti parfois si rapides, qne Famâiofation coaimençail dès la prenôere moitié de la joamée. L'anteor combinait aussi les saignées arec rémétiqne, et qodqœfois même il Mî|rifcaîf aasec largement (3).

Ne connaissant ces dirers traranx des médecins étrangen que par de simples extraits, je n'ai pn en ^>preder bien rigoareosement la valnir. Cependant nous pourons, je pense, conclure des nombreoz trarmui que je liens d'analyser, que Témétique employé senl on concurremment arec les émissions sanguines dans le trûtement des pneumonies, a produit les plus heureux résaltati. En ne tenant compte en effet que des obsenrations dans

(I) Biblio.for iœger^ ISiS, cah. 2, p. 413. Amalfscdmm ie BmL d» êci/tnee* méd,^ t. H, n« 47S, et dans la BiUioth, tkérmp,^ t. I, p, asi.

'2) Journ, de Hujeland 1834. — Extrait dans la yoin\ bibl, mèd,, t. Vf, p. S27, et dans le t. I, de laBibL thèr, dcBayle^ p. 27S.

(3) Jfedeciniesche. annalen,, 18S6. — Ext. dans, la ^az^mÊtdm, IMS, «. VI, p. 506.

EICETIIjUE 1 BjtBTt! m

lesquelles l'action de l'éœétique ayant été évidente, a pu être eéparée de celle des saignées, nous trouvons vingt-six morts pour trois cent soixante- dix malades, c'est-à-dire que la mortalité n'aurait élé que d'un quatorzième environ. Mais quelque inlcressans que soient la plupart dos travaux que j'ai précédemment cités, il n'eu est aucun, â l'exception de celui de M Louis, VÙ les faits aient été éiudie's suivant les principes de la méde- 4$ecine exacte ; les auteurs n'ont presque donne aucun résultat numérique; ilsn'ont point cherché à apprécier ri°;oureusement l'influence que la méthode Rasorienne exerçait sur la marche de la maladie et de ses principaux symptômes, sur la rapidité de la convalescence ; on ne trouve partout que des indications vagues, peu positives, ou bien lorsque les résultats sont mieux précisés, ils ne portent que sur l'analyse d'un petit nombre de faits. Je vais donc essayer de combler cette lacune. J'étudierai le traitement de la pneumonie par l'émétique à haute dose en recherchant tour â tour quelle a été son influence sur la marche, la durée et la terminaison de la maladie elle-même et de ses principaux symptâmes. Je rechercherai les niDdificâtions qu'on doit faire subir à ce traitement suivant l'exigence des cas particuliers: je tâcherai dedéterminer,depréclser le pluspossible l'opportunité de son emploi; je rechercherai si q uelques circonstances individuelles peuvent en contre-indiquer l'usage; enfin, je dirai si la méthode Rasorienne peut être la cause de certains Bccidens ; et dans TafErmative , je les décrirai ayec soin. Enlîni je discuterai la valeur des raisons qu'on a données, pour expliquer le mode d'action de l'émétique administré à haute dose.

Pour éclairer ces nombreuses questions, je possède 154 observations de pneumonies dans lesquelles le tartre stibié fut donné d'après les principes de l'école italienne. Mais il importe , pour bien fixer quelle est la valeur thérapeutique de la méthode que je vais étudier, de grouper les faits en trois jprdres.

Dans une première série, je place l'histoire de quarante-quatre malades qui furent traités exclusivement par le tartre stibié sans qu'on ait eu recours préalablement ou concuremment à l'emploi d'un autre moyen actif.

Dans un deuxième ordre j'examinerai 80 observations dant

lesquelles radministration de rémétique fut précédée d*une ou plosieurs saignées générales et locales sans que la maladie eût été modifiée dans sa inarche et ses principauji symptômes ; Lbl possibilité de réitérer les émissions sanguines fCétMt pas enc$re épuisée ; mais au iieu de tirer du sang , on donna l'émétiquei c^est-à-dire qu'on suivit chez ces80 malades dont je parle, le traitement conseUlé par Laënnec.

Enfin, dans un troisième et dernier groupe, j'ai réuni trente malades qui avaient e'té abondamment saignés; cependant chez tous, la maladie avait fait des progrès toujours croissans, l'état du pouk et des forces était devenu tel, qu'une nouvelle perte de sang était tout à fait impossible, le péril était extrême; c'est danscesconditionsquel'émétique fut donné en désespoir de cause et comme pis aller.

J I. Premier groupe de malatles, '^Traitement pari' éméUque d kaaie dose ,

et sans Cemploi de la saignée.

On a vu par l'analyse de quelques-uns des travaux que j'ai cités précédemment , et en particulier de ceux de Rasori , de Laënnec^ de WoUF et de M. Trousseau, que Ton pouvait guérir des pneumonies sans le secours des saignées, et en administrant d'emblée Témétique, suivant la méthode Rasorienne. Connaissant CCS résultats, ayant moi-même été témoin en 1832 et 1833 de la pratique heureuse de M. Trousseau, je me suis décidé à employer cette méthode , d'abord dans des cas qui semblaient peu favorables aux émissions sanguines; mais ayant obtenu quelque avantage , je me hasardai à eu user aussi chez quelques autres malades dont l'état général semblait exiger d'abord l'emploi de la saignée. Les faits dont je parle sont au nombre de quarante-quatre; ib ont été recueillis en 1839 et 1840 à l'Hôtel- Dieu (annexe) , dans les salles qui m'y ont été momentanément confiées. Parmi ces 44 malades, nous trouvons 8 femmes et 36 hommes; leur âge variant entre 15 et 71 ans , donnait pour moyenne 37 ans. 20, c'est à dire près de la moitié, avaient une constitution grêle» chétive; elle était d'une force moyenne chez 15 : 9 malades seulement avaient tous les attributs d'une constitution vigoureuse. Il est important de faire observer que tous ces individus étaient habituellement bien portants, ou n'avaient

ÉMtTïQUE A HAUTE DOSE. feO

que des Incommodités passagères ; les pneumonies que j'ai ol)scrvées diez eux étaient primitives.

Des 44 malades dont je parle, nous trouvons 35, dont la pHeu* monie était déjà arrivée complètement au degré d'hépatisatiûn rouge, quand le traitement par Témétiqae fut commencé ;c'dst ce que démontraient les phénomènes fournis par la percussion etpar l'auscultation. Chez les 9 malades restant , la maladie ne semblait pas avoir encore dépassé le premier degré > dans sapins grande étendue ; mais dans quelques points on entendait déjà du souffle pendant l'expiration. D'ailleurs, quelque fût son degré, la pneumonie était grave chez tous , puisque chez plus des trois quarts , la moitié d'un poumon était envahie , deux fois la pneumonie était double (1). La réaction fébrile était considérable , car le pouls s'élevait en moyenne à 103 pulsationis, et n'avait jamais été au-dessous de 80 ; le nombre des respira* tions était de 35 par minute; la chaleur de la peau, l'anxiété» l'oppression , étaient eu rapport avec les symptômes précédens; et la douleur de côté , généralement vive et poignante , existait chez 34 sujets. Gomme on peut le voir, la pneumonie avait de l'intensité ; et je puis affirmer que, lorsque le traitement fut com* mencé « il était impossible de prévoir quelle en serait Tissuc. Voulant apprécier rigoureusement l'influence de là méthode, n'ayant aucune espèce d'intérêt à obtenir un résultat plutôt avantageux que défavorable , n'ayant d'autre but que de m'éclairer^ je m'étais abstenu de soumettre au même traitement les individus dont la pneumonie bénigne devait nécessairement guérir, de quelque nature que fussent les moyens thétapeutiqucs qu'on devait lui opposer. Les pneumoniei dont je parle étaient simples ; elles n^avaient aucun caractère particulier ; toutefois il est important de dire que le pouls présentait généralement moins de résistance que de coutume. Jamais l'état du pouls ne fut tel qu'il contre-îndiqudt formellement l'emploi des émissions sanguines ; mais il me faisait présumer que, si on eût voulu soumettre ces malades à ntftràite^ ment antiphlogistique, on n'aurait probablement pu pratiquer qu'une ou deux saignées. Ce fut là une des raisons qui me défi) J^ai commis précédemment une petite erreur. J*ai dit qae je n'avais TU que 16 ras do pneumonie double; il y en a eu, au contraire^ 17.

630 TBAHEMEKT D£ LA FNEmfOHIE.

temiinèrent à appliquer à ces indindo^ une méthode de traitement qui avait été si avantageuse dans des cas analogues.

Le traitement par Témétique fut commencé du deuxième au xieuvième jonr de la maladie, et, terme moyen , au quatrième jour, après avoir soigneusement noté l'état général et logeai du sujet Le tartre stibié a été presque toujours prescrit, le .premier jour du moins , à la dose de 3 décîgrammes (6 grains), rarement 4, dans 156 grammes (5 onces) d'infusion de tilleul sucrée; jen'ai jamaisdépasséGdécigrammesdans les ringt-qualre heures. Ce n'était que lorsque les effets primitifs de Témétique avaient été très intenses le premier jour, que je faisais ajouter ^ies jours suivants 16 ou 32 grammes ( demi once ou une once) de sirop diacode. Cette potion était administrée de demi heure en demi heure, ou d'heure en heure, rarement 4 de plus longs intervalles ; car , voulant être bien certain de l'administration réguUère et complète du médicament, et ne pouvant me fier aux infirmiers de veille la nuit, je faisaissen sorte que la potion dont on donnait généralement la première ciiillerée vers onze heures du matin, fut épuisée entre six et neuf heures du soir; elle était alors administrée par la très excellente religieuse de la salle, qui savait d'ailleurs saisir à propos les petites indications qui se présentaient pour éloigner ou rapprocher les doses du médicament.

J'ai administré l'émétique en suivant les mêmes précautions, et à des doses variant entre 3 et 6 décigrammes, pendant un temps variable, entre i^n et dix jours ; en moyenne , mes malades n'ont eu la potion émétique que pendant trois jours et deml,et Ton peut évaluer à 10 décigrammes (20 grains) la quantité de tartre stibié que la plupart d'entre eux ont prise pendant toute la durée du traitement; je n'ai jamais dépassé la dose de 30 décigvammes ( 60 graius). Tous^ sans aucune exception, et qudle qu'ait été la terminaison de la maladie , ont éprouvé .des effets primitifs plus ou moins nombreux; les selles , en général, prédominaient stu* les vomissemens, et sur trente-six individus auxqueb je fus obhgé de continuer l'émétique pendant plusieurs jours, il y en a dix-sept qui ont présenté une tolérance complète après le troisième ou quatrième jour.

Si noua étudions maintenant les effets thérapeutiques de l'émétique sur la terminaison de la maladie, sur la marche de

^ iMÉTIQUE ▲ HAUTE IX)&JS«' 631

"^ ses principaux aymptômes, sur la rapidité et la durée de la con«valescence , voici ce q«e )'ai observé.

Parmi ces quarante-quatre pneumonies^ six eurent une issue funeste. La mortalité a donc été moins que d^un septième | ré« sultat qui est beaucoup moins avalitageux que ceux qu'avaient obtenus les auteurs qui avaient suivi avant moi le même mode de traitement ; car, en réunissant leurs principaux résultats^ on trouve que le chiffre de leur mortalité a été à peine d^un sur douze. Les malades qui ont succombé se trouvaient, d^ailleurs, dans des conditions plus défavorables que les autres^ leur moyen âge dépassait en effet cinquante ans ; le traitement fut commencé après le cinquième jour, et l'un d'eux étant atteint d'un délire violent, nous ne pûmes pas explorer complètement le thorax , la pneumonie fut plutôt devinée par nous que diagnostiquée ; aussi la potion stibiée ne fut administrée que pei^ dant deux jours seulement.

La constitution médicale a-t-elle exercé quelque influence sur l'issue de la pneumonie ? je n'ose TaiBrmer. Je dirai pourtant que du mois de novembre 1839 au mois de mars suivant, sur vingt-deux pneumonies que je traitai, sans saignées, parl'émétique à haute dose seulement, je n'observai qu'un seul cas de mort ; c'était chez une femme qui entra au huitième jour d'une pneumonie qui avait envahi le poumon dans toute son étendue, et était arrivée presque partout au degré d'hépatisation. Du mois d'avril jusqu'à la fin d'octobre, sur un nombre égal de malades placés à peu près dans des conditions semblables ,. cinq succombèrent, la plupart dans le courant d'avril. J'ai dit que les malades étaient dans des conditions à peu près semblables ; cependant la vérité me force à déclarer que chez trois des indi* vidus qui moururent, le pouls offrait plus d'ampleur et plus de résistance que de coutume. J'ai regretté de n'avoir pas chez eux commencé le traitement par une ou deux saignées copieuses. Cette faute, dont je m'accuse^ ne sera pas du moins perdue pour mes lecteurs.

Recherchant maintenant Tinfluence du traitement sur les principaux symptômes de la pneumonie , voici ce que l'analyse des faits démontre.

l*" Douleur. Le premier signe d'amélioration , celui du moins qui (Hait plus facilement appréciable pour les malades , cousis-

fi32 TRAITFMF.N'T DE I.A PNEUMONIE.

tait ilnns une dhniniuion, et paiToIs même dans la cessation ciiinplète lie la douleur de côté, qui souvent avait été excessivement vive et poogitive. Sur trente-quatre malades qui éprouvaient une douleur de poitrine quand le traitement par Téméiique fut commencé, il y en a vingt-trois qui furent considérablement soulagés dès le premier jour; chez cinq même, la douleur, qui était extrêmement vive et qui empêchait la respiration et la toux^ fut complètement enlevée. Cette grande amélioration survenait tantôt après que les premières évacuations produites par rémétique avaient eu lieu ; plus rarement la douleur s*est calmée plusieurs heures après que V effet du remède avait cessé; les malades fatigués, s'ctànt Uvrés à quelques heures de som- 'ineil, s'étaient sentis h leur réveil,soulagés oumême guéris,d'une douleur qui avait été jusqu*a1oistrès pénible pour eux. Chez cinq, la douleur n'a commencé à décroître qu'après la deuxième potion ; chez un , ce phénomène a pei*sisté jusqu'après la troisième; enfm clicz six malades , c'est-à-dire sur un peu plus d*un sixième, le point de côté est resté stationnaire , et même chez la moitié, il est devenu plus violent; il a persisté, bien que la maladie s^amcliorât sous tous les autres rapports, et je fus obligé , pour en triompher, d'avoir recours à Tapplication de quelques sangsues ou de quelques ventouses.

Pouls, La diminution dans la force et la fréquence du pouls est un des phénomènes les plus remarquables et les plus constants. H me serait impossible de préciser Pinstant où il commença à avoir lieu ; car pour le déterminer, il aurait fallu explorer les malades plusieurs fois par jour* Mais examines moins de viug-quatre heures après l'administration de la première po* tîonémetique, j'ai trouve' que sur les trente-huit qui ont guéri, vingt-sept présentaient déjà dans le nombre des pulsations artérielles une diminution qui variait entre dix et quarante par minute; chez six , le pouls n'a diminué de force et de fréquence , et la chaleur ne s*est abaissée qu'après Fadminbtration de la deuxième potion , c'est-à-dire le second jour ; quatre fois le pouls a conservé son degré de fréquence pendant le premier et le deuxième jour, et n'a commencé à décroître qu'après le troisième; enfin, chez un seul malade , j'ai vu le pouls continuer à battre avec la même fréquence pendant que tous les ailliez svmpîômcR s'amondaiont; d ce phénomène s'est même

VMLTÏQVE A HALTE DOSE. 63S

continué pendant la plus grande partie de la convalescence. Ces résultats sont conformes à ceux qu^avaii obtenus M.Trousseau, qui a signalé la diminution dans la force et la fréquence du pouls comme un phénomène constant, qu*on observait le plus souvent dès les vingt-quatre premières heures , quelquefois seulement au second jour : il en est de même de ta température de la peau , puisque sur cinquante-six malndes , cinq seulement ont conservé de la chaleur fébrile après quarante-huit heures de Tadministration de Tantimoîne.

Mouvemens respiratoires, La diminuliou dans le nombre des respirations a été un phénomène moins constant que la diminution dans raccélération du pouls. On peut établir en règle générale, que, lorsqu'il y avait plus de vingt-quatre ou yingt*six respirations par minute , quinze fois sur vingt -six, j'ai vu , après l'administration de la première potion, le nombre des mouvemens respiratoires être diminué de six à vingt par minute ; dans les autres cas, cette diminution n'a été appréciable qu'A la seconde ou à la troisième potion. Si lors de la première administration de Fémétique, le nombre des respirations ne dépassait pas vingtdeux ou vingt-quatre ; il n'était pas rare de retrouver le même chiffre au bout de un ou plusieurs jours , bien que l'état du malade se fut amélioré sous tous les autres rapports.

Expectoration, Sur trente-trois maladies chez lesquels la nature de l'expectoration a été soigneusement décrite pendant toute la durée de la maladie, je vois que chez dix-sept, les crachats qui, avant l'administration de l'émétique, présentaient au plus haut degré les caractères des crachats pneumoniques, étaient plus ou moins décolorés vingt-quatre heures après , et même chez près d'un tiers des malades , la matière expectorée était tout à fait blanche , plus ou moins opaque , point ou à peine visqueuse, ayant en un mot la plupart des caractères des crachats des affections caUirrhales. Ces résultats s'accordent encore avec ceux de M. Trousseau ; ce médecin a reconnu, en effet, que sur les cinquante-six malades qui ont guéri, l'expectoration pneumonique avait disparu quarante-huit heures après l'administra* tion de l'antimoine chez cinquante-quatre, et même chez un quart d'entre eux, vingt-quatre heures ont suffi pour la complète disparution des crachats caractéristiques.

Phénomènea d^ausniUatîon» Si on excepte un seul malade,

chez lequel les phénomènes fournis par la percussion et Taus* cultation^nt continué à s'étendre et à s'accroître dans les quatre premiers jours de l'administration de Témétique, chez tous les autres, ces phénomènes sont restés stationnaires ou ont commencé â décroître à dater de l'administration de la première potion. C'est ainsi que chez dix-huit, des signes de résolution étaient manifestes à la fin du premier jour, chez onze à la fin du deuxième , chez deux à la fin du troisième , chez cinq à la fin du quatrième ; toutefois les signes stéthpscopiques n'ont jamais été enlevés complètement; car après avoir diminué, ils persistaient encore pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines, et quoique la plupart des malades n'aient pas quitté l'hôpital avant le vingt et unième jour, cependant le plus grand nombre d'entre eux, c'est-à-dire vingt et un sur vingl-huit, présentaient encore lors de leur sortie, quelques-uns des phénomènes que fai signalés précédemment , quoique sous tous les autres rapports la santé fut parfaite chez eux.

/ £n résumé nous avons vu que sous l'influence des antimo- - niaux,les principaux symptômes de la pneumonie se sont le plus souvent amendés ou même ont cessé complètement dès le premier ou le deuxième jour de l'administration du médicament, et que ce n^est que dans des cas exceptionnels, que nous avons été obligés d'attendre trois ou quatre jours, pour constater les premiers indices de l'amélioration dans la marche delà maladie. Les autres phénomènes, tels que la céphalalgie, la soif, le malaise général, ont diminué ou cessé avec la même promptitude, et avec une rapidité qa'c^ Wobserve dans aucun autre mode de traitement.

Une chose capitale dans le traitement de la pneumonie par les antimoniaux, dit M. Trousseau, c'est qu'il n'y a pas de convalescence; on craint d'être taxé d'exagération en disant que trois jours suffisent quelquefois pour ramener un malade des portes du tombeau à un état de santé tellement satisfaisant que sans la persistance des signes stéthoscopiques, il serait impossible de croire qu'il a ezbté une pneumonie des plus graves; M. Trousseau a vu, en effet, plus du tiers de ses malades se lever saos aide , s'habiller et marcher dans la salle avant le huitième jour du traitement. Les faits que j'ai recueillis ont été sous ce rapport aussi favorables à l'émétique que ceux de M. Trousseau,

ÉMI&TIQnE A HAUTE DOSB. 635

puisque la couTaleacence de mes malades était complète, terme moyen» au sixième jour du traitement. J'ai également été surpris de Fint^ité des forœs à la suite d'une maladie aussi grave que la pneumonie; maif cependii^t, on le conçoit sans peine, en réfléchissant que les malades n'ayaient été débilités par aucune perte de sang , et que la pneumonie , subitement enrayée dans sa mai*clie, avait eu une durée plus courte que de coutume. Une circonstance non moins remarquable, et qu'on ne retrouve pas, du moins à ce degré^ chez les individus qu'on a soumis aux autres modes de traitement, c'est l'énergie avec laquelle l'appétit se réveille dès le lendemain d'un état fort grave. J'ai vu plu * sîeori individus cfaex lesquels la convalescence ayant commencé 24heures ou 48 heures après la première potion, je crus pouvoir leur accorder immédiatement du bouilioo, mais dans le courant de la journée, la faim devenait si impérieuse, leurs plaintes si , vives que la religieuse crut devoir souvent dépasser mes prescriptions, et leur accorder du polage ou même quelques alimens solides qui furent toujours parfaitement digérés ; cela n'eut lieu d'ailleurs que chez des sujets jeunes. La maladie a eu une . durée moyenne de dix jours. Beaucoup de malades ont voulu sortir de l'hôpital avant qu'ils fussent en état de travailler; mais il y en a 28 que j*ai pu gardçr plus longtemps; ceux-là ont pu reprendre les occupations les plus pénibles, telles que celles de boulanger et de maçou , tertne moyen au vingtième jour, k dater du début des premiers accidens et au 1 7*^ jour du traitement; la convalescence n'a été entravée chez eux par aucun accident; chez éettmi seulement laûèvre reparut momentanément après avoir cem depuis trois ou quatre jours ; mais il a suffi d'administrer la potion de nouveau pendant un ou deux jours , pour voir les symptômes éti-eenrayés de nouveau.

Je n^ai trouvé aucune espèce de rapport entre la rapidité de la guérison et l'intensité des phénomènes primitifs; c'est ainsi que sur trente-deux malades chez lesquels j'ai compté exactement le nombre d'évacuations que l'émétique a provoquées, seize eurent plus de vingt vomissemens et selles , tandis que chez les seize autres ce nombre ne s'éleva pas à dix ; néanmoins dans l'une et l'autre série la durée de la pneumonie a été exactement de dix jours.

Nous avons vu précédemment que la constitution médicale

636 TRAITEMENT DE I.A PXF.rMCWIF.

avait paru exercer une influence, sur le degrë de mortàliié ; il m*a paru également que la pneumonie n'a pas cédé à Taction de rëmëtique avec une égalé promptitude de novembre eu mars et dans les mois sui vans. Chex les malades qui furent traités dans la première de ces deux périodes, le traitement eut une action plus prompte , et la durée de la maladie fat d*un jour p!us courte que chez.'les individus traités dans les mois qui suivirent^ et surtout pendant les mois d'avril et de mai; il en fut de même des forces qui furent rétablies très promptement chez les premiers; tandis que les autres ne purent reprendre leurs pénibles travaux que quatre jours plus tard.

Chez plus de la moitié des malades qui ont succombé, l*émétique à haute dose a semblé exercer tout d^abord une heureuse influence sur la pneumonie. G^est ainsi que chez quatre individus, le pouls a perdu de sa fréquence, les mouvemens respiratoires sesont ralentis; deux fois, les crachats se sont décolorés, et la douleur de côté, vive la veille, avait complètement cessé ou était presque nulle; enfin les malades disaient éprouver un état de bien-être, de soulagement, qui aurait pu facilement en imposer, et aurait pu faire porter alors un pronostic favorable. Mais en examinant les malades plus complètement, on ne pouvait plusse faire illusion et méconnaître les progrès que la pneumonie avait faits. G*est ainsi que les traits portaient l'empreinte d'une altération plus moins prof onde, la chaleur de la peau était devenue plus vive et plus aride, et l'exploration de la poitrine indiquait communément que la pneumonie avaitenvahi de nouvelles surfaces. Il est important que de pareils laits ne restent pas perdus; il est important de redire encore à ce sujet ce que j'ai dit précédemment, savoir, que le pronostic de la pneumonie ne peut pas être établi parla considération d'un, de deux ou de trois symptômes isolés, mais qu'il faut la réunion, l'ensemble des phénomènes fournis par Tétat général et local, et lorsque, comme dans les cas précédens , on trouve le desaccord que je viens de signaler entre les principaux symptômes de la maladie et Tétat du faciès, il faut en conclure que la maladie est en progrès, et l'on doit alors diriger le traitement en conséquence.

ÉMËTIQUE A yÂUX£ OUSi:. 637

§ IL Dcaxième groupe, Emèlique admirnsM tf après la méthode de

Laënnec,

Ce second groupe comprend quatre-vingts malades, leur âge, variant entre sei«^ et soixante-dix ans > donnait pour moyenne trente-cinq ans et demi. La pneumonie était grave chez tous les malades à des degrés différens : chez les cinq sixièmes elle envahissait pour le moins la moitié d*un des poumons; elle était double chez huit ; chez le sixième restant, la maladie était limitée à un plus petit espace ; cjuoique moins intense, on ne pouvait pas pourtant la regarder comme bénigne ; c'est ce que prouvaient les symptômes généraux ; d'ailleurs, une et plus souvent même deux et trois saignées qui avaient été pratiquées avant l'administration de l'éme'tique , n'avaient pas même sufiSi pour enrayer sa marche. Au moment où l'émétique fut administré pour la première fois, toutes les pneumonies étaient arrivées au deuxième degré, sinon partout, du moins dans leur plus grande étendue. Les malades qui étaient venus à ThôpitaU tenue moyen , au cinquième jour a dater du début, avaient été*sou mis dès leur entrée à un traitement antiphlogistique pendant les vingl-quatL*e ou quarante*huit premières heures; on retira à ces malades depuis cinq cents grammes (uneliv.) jusqu'à un kilogramme et demi de sang (trois liv.) La maladie ne fut entièrement enrayée dans aucun cas, chez les maades qui étaient entrés avec les signes du premier degré ; au bout de un ou deux jours, la phlegmasie plus étendue avait passé à l'état d'hépatisation dans les points primitivement envahis , et les symptômes généraux s*étaient accrus, ou étaient restés pour le moins stationnaires chez les trois*quarts des sujets. Toutefois , le pouls étiit devenu , sinon moins fréquent du moins moins ample et surtout moins dnr^ chez les autres, on avait noté une diminution de six a huit pulsations et un amendement plus ou moins considérable dans la céphalalgie, l'oppression et la douleur de côté : il était évident que chez tous le traitement devait être poursuivi. L'élatdu pouls chez ces sujets permettait de recourir encore à une ou même plusieurs saignées; cependant, on se décida pour l'administration de l'émé tique à haute dose. Ce nouveau traitement fut généralement commence' du sixième au septième jour, à dater du début des premiers acci*

638 XRAITEMLMT DE LA PVKDMONIB.

dens. Le tartre stibié fat donné à peu près aux mêmes doses, aux mêmes intervalles que chez les malades de la première série. La première potion n'a jamais contenu plus de cinq de'cigrammes d*ëmëtique (dix grains) ; mais dans les suivantes on a mis plusieurs fois jusqu'à dix dédgramikes (vingt grains) de cette substance. Les malades ont pris le médicament de un à neuf jours; en moyenne, la durée du traitement par Témëtiqne a été de quatre jours, pendant lesquels les malades ont pris terme moyen , deux grammes (trente*six grains) de ce médicament.

La potion émétique a presque toujours produit, du moins dans les deux premiers jours, des effets primitifs plus ou moins nombreux ; il n'y a que trois malades qni aient présenté constamment le phénomène de la tolérance.

Des quatre-vingts malades dont j'analyse actuellement les obsei*vations, dix seulement ont succombé ; c'est un huitième. Ce résultat est très favorable et dépose en faveur de l'efficacité du traitement employé. Toutefois , pour ne pas exagérer cette heureuse influence ; il est bon de rappeler que la moyenne de nos malades n'atteignait pas encore trente-six ans, circonstance qui explique en partie nos succès. Pour le prouver, il me suffira <le comparer mes résultats à ceux que M. Louis a obtenus pu* la même méthode. Nous avons vu^ en effet, que sur vingt malades , auxquels il donna l'émétique , après avoir été saignés plus ou moins abondamment, trois succombèrent , ce qui élève sa mortalité à un peu plus d'un septième, tandis que la nôtre n*a été que d'un huitième. Une si notable différence tiendraitelle à ce que les malades de M. Louis commencèrent à prendre l'émétique un jour plus tard que les nôtres? H est possiMe que cette circonstance ait pu avoir quelque influence , mais elle ne saurait peut-être à elle seule rendre compte de la différence notable qui existe entre les deux ordres de faits. Je crois plutôt qu'il faut en chercher la raison dans l'âge très différent des ma* lades ; ceux de M. Louis avaient en effet , terme moyen , qua« rante-cinq ans, c'est-à-dire dix ans de plus que les nôtres ; c'est ce qui explique suffisamment à mon avis la différence des deux résultats que je viens de comparer.

Les faits que j'analyse actuellement sont encore venus démontrer, comme ceux de la série précédente, avec quelle impi-

ÉMÉTIÇUE A HAUTE DOSE. 639

dite l'administration de l'émétique améliore les principaux symptômes de la pneumonie. C'est ainsi que des 70 malades qui ont guëri, il y en a 37 dont le pouls tomba de 10 à 30 pulsations, imme'diatement après la première potion ; chez 14) la fréquence du pools ne commença à décroître qu'après la première dose d'émétique ; chez 14, après la deuxième; chez 5 après la troisième. Si nous considérons l'ensemble des symptômes généraux et locaux , nous voyons que dans plus de la moitié des cas » la prise de la première potion fut suivie d'un amendement sensible ou même très considérable dans la chaleur de la peauy dans la douleur de côté, dans la couleur des crachats , dans l'oppression, ainsi que dans les symptômes fournis par la percussion et par l'auscultation. On peut établir qu'une amélioration très grande est survenue chez les deux tiers des malades , dans les deux premiers jours du traitement par l'émétique.

Chez les 70 malades dont la pneumonie eut une heureuse issue , la convalescence fut établie vers le quatorzième jour, c'est-à-dire deux jours plus tard que pour les individus qui guérirent seulement par les émissions sanguines. M. Louis avait également noté (1) que les sujets qu'il avait traités par le tartre stibié , la pneumonie avait duré trois jours de pins que chez ceux qui ne furent pas soumis à cette médication. Devons-nous en conclure que l'émétique a exercé une influence fâcheuse sur la maladie? dirons-nous que ce médicament a retardé l'époque de la convalescence y loin d'avoir accéléré Theureuse terminaison de la maladie? Mais, comme M. Louis l'a remarqué avec raison , cette influence fâcheuse qu'on pourrait supposer, n'est qu'apparente. En efiiet, il faut se rappeler que chez mes malades comme chez ceux de M. Louis , le tartre stibié fut administré quand déjà plusieurs saignées avaient été faites inutilement ; la maladie^ au contraire, avait généralement pris plus d'intensité y par conséquent, les forces avaient dû décroître en proportion. Ajoutons que chez les malades qui prirent l'émétique , la première saignée avait été faite presque un jour plus tard que chez ceux qui ne prirent pas la potion ; la diffiérence avait été même de deux jours pour les malades de M. Louis. On voit donc que

(1) Becherêhes sur les effets de la saignée, Paris, i 885, p. 81 •

6'iO TnAIlLMLM 1>£ LA PM:.IjMOM£.

l'émétique fut donué dans des circoDsta!hces assez défavorables et dans des cas graves ; c'est ce qui explique la durée plus longue de la maladie chez ceux qui en prirent. Enfin , ce qui peut prouver que ce n*e$t pas le tartre stibié qui a retardé la convalesccnce, c'est que , comme nous Favons vu préce'demmenti les malades qui furent traités exclusivement par Témétique, sans saignée préalable, étaient convalescens au dixième jour, c*est-â« dire quatre jours plus tôt que ceux qui, après avoir été saignés, ont pris ensuite de l'émétique , et deux jours plus tôt que les individus qui guérirent par les émissions sanguines seulement. Après ce que je viens de dire, on aura deviné sans doute que si , cbtz les malades dont je parle, Tépoque de la convalescence «1 été retardée, celle-ci a dû être aussi plus longue, les forces ont dii se rétablir plus lentement ; c'est en effet ce qui est arrivé. Ainsi , 21 des malades qui ont pris Témétique après avoir été saignes , et que j'ai pu observer pendant toute leur convalescence, u*out clé en état de reprendre leurs pe'nibles travaux que vers le vingt-neuvième jour , à dater du début, c'est-à dire sept jours plus tard que ceux qui n'avaient pas pris d*émétique , et neuf jours apiès ceux qui avaient été traités par Téméiique seulement.

'§ 111. 3« série. Bmetique donné d haute dose à -une époque oà il était im.-' possible de recourir aux émissions sarwuines.

J'ai réuni dans la troisième série, 30 malades d'un âge moyen de quarante-neuf ans, qui, comme ceux de la série qui précède^ ont pris de l'émétique après avoir eu plusieurs émissions sanguines ; cependant , je n'ai pas du confondre ces deux ordres de faits. Nous avons vu en effet que chez les malades du deuxième groupe , rémétique fut administré à une époque où l'état du pouls et des forces permettait et engageait même de recourir à de nouvelles saignées générales et locales ; le tartre stibié fut ici donné pour suppléer aux émissions sanguines, et nous avons dit que ce fut généralement avec un grand avantage. Mais il n'en est plus de même chez les malades de la troisième catégorie; chez eux on avait épuisé la possibilité de saigner ; la pneumonie était arrivée à une période avancée, puisque son début remontait déjà à dix jours ; le pouls était mou, dépressible, les forces épuisées , la moitié des malades au moins e'taît dans

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