Mort
Autopsie. — L’examen du foyer purulent révèle l’existence d’une communication avec le rectum, laquelle avait été méconnue pendant la vie, soit qu’il s’écoulât peu de matière par cette voie, soit que ces matières mélangées aux selles qui étaient toujours liquides aient passé inaperçues. Mollesse et diffluence du foie et de la rate. Rien dans les autres viscères.
Fistules de la grande lèvre.
Les fistules de la grande lèvre constituent, parmi les lésions chroniques des organes génitaux de la femme, une affection sur laquelle nous trouvons très-peu de renseignements dans les auteurs qui ont écrit sur cette matière.
Cependant le traitement de celte affection soulève des questions assez délicates. C’est précisément parce que le cas dont nous avons à nous occuper nous semblait exiger une opération qui se pratique rarement, que nous avons cru devoir et la soumettre au jugement des praticiens.
Parmi les circonstances qui peuvent donner lieu à la production d’une fistule des grandes lèvres, nous devons signaler la suivante.
On conçoit qu’un abcès de la glande vulvo-vaginale puisse amener la formation d’un trajet fistuleux persistant, dans le cas d’ouverture, se produisant à la fois par la face interne et par la face externe de la grande lèvre. C’est ce que nous avons observé chez notre malade.
L’existence de cette infirmité' ne paraît pas avoir des conséquences bien graves, mais elle constitue une difformité qui s’accompagne de temps en temps d’un flux muqueux , lequel contamine le sillon compris entre la grande lèvre et la cuisse.
L’un des principaux moyens de traitement à employer contre cette infirmité consiste dans la cautérisation du trajet fistuleux , soit par 1 introduction dans le trajet fistuleux d’un caustique solide, soit et surtout par l’injection d’un caustique liquide.
Toutefois l’emploi de ces moyens étant resté sans résultat dans le cas particulier, on dut songer à un autre mode de traitement. On aurait pu fendre tout le trajet fistuleux, faire suppurer la plaie résultant de cette incision, piaie dont le fond aurait été constitué par le trajet fistuleux lui-même, tandis que les parois latérales eussent été formées par les bords de la solution de continuité.
Mais ici se présentait une difficulté dépendant de la longueur du trajet fistuleux. En effet, une des extrémités de ce trajet siégeant à la partie moyenne de la face interne de la grande lèvre, l’autre extrémité atteignait sa partie la plus reculée. La fistule avait donc à peu près
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7 centimètres de longueur. Or la cicatrisation des bords opposés de la plaie n’eût pas empêché la bifurcation de la grande lèvre en deux portions flottantes et par suite eût donné lieu h une difformité qui eût présenté quelques inconvénients dans l’accomplissement de l’acte générateur.
Afin donc de guérir la fistule, tout en conservant à la grande lèvre sa conformation normale, il fut décidé que l’on ferait une incision comme pour la fistule à l’anus, puis que l’on exciserait dans toute sa longueur le fond du trajet fistuleux, et qu’on réunirait ensuite au moyen d’épingles et de la suture enchevillée.
Cette opération eut un plein succès.