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SUPPURATIONS DES ORGANES GÉNITAUX CHEZ L’HOMME

A. SUPPURATIONS TESTICULAIRES.

Les suppurations testiculaires comprennent les suppurations du testicule proprement dit et celles des enveloppes du testicule. Nous commencerons par l’étude de la suppuration des enveloppes testiculaires.

Art. 1er. — Suppurations tics enveloppes testiculaires.

Phlegmon diffus du scrotum.

Rien que les auteurs ne l’aient pas spécialement décrite, l’inflammation diffuse du scrotum se montre souvent comme affection distincte; et en raison de la nature spéciale des téguments des bourses, elle revêt des caractères différents de ceux de l’inflammation diffuse dans les autres régions du corps. Elle est bien connue des chirurgiens expérimentés et se rencontre assez fréquemment dans la pratique des hôpitaux. On l’observe sous deux formes : l’une, bénigne et sans danger, se termine favorablement sous l’influence d’un traitement légèrement antiphlogistique ; l’autre, grave et dangereuse, réclame l’emploi de mesures promptes et décisives pour éviter de sérieuses conséquences.

La première forme se montre généralement chez les adultes. La peau du scrotum d’abord un peu érythémateuse, prend ensuite une teinte rosée, puis devient brillante, tendue, œdémateuse, et cesse d’être ridée. La légère teinte inflammatoire envahit en peu de temps le périnée et la peau de la verge qui se gonflent et s’œdématient à leur tour; dans quelques cas même elle s’étend aux aines, à la partie inférieure de l’abdomen et à la partie interne des cuisses. En même temps se montrent les symptômes d’une fièvre modérée; la peau estehaude, et la langue sale.

Cette affection survient habituellement chez des sujets épuisés parla

fatigue et l’insuffisance de repos et de nourriture. — « Observ. Un jeune homme de 20 ans, assez bien portant jusqu’alors, qui était venu à pied d’assez loin à Londres pour y chercher de l’ouvrage et s’était mal nourri en route, vint me trouver pour une affection de cette nature, qui lui était survenue le lendemain de son arrivée dans la capitale. » (Curling, Mal. du test ., 1857.)

Pareille chose eut lieu sur un manouvrier qui avait été exposé aux injures du temps et s'était beaucoup fatigué à bord d’un bateau. Curling a vu cette maladie survenir chez des individus faibles, dans les circonstances les moins graves etparfois sans cause évidente. Chez les vieillards, elle peut être occasionnée par l’irritation que fait naître le contact de l’urine, ou la présence du pus et de matières âcres dans les rides du scrotum.

La seconde forme débute comme la première; mais elle marche rapidement vers la gangrène. La teinte légèrement rosée du scrotum ne tarde pas à se changer en une couleur violette ou livide, et des taches cendrées ou fauves apparaissent sur les parties les plus déclives. Ces taches s’étendent rapidement et ont bientôt envahi tout le scrotum, à moins qu’une médication énergique n’intervienne; et, quand le malade survit, les deux testicules sont entièrementdénudés après l’élimination des eschares.

La gangrène s’accompagne des symptômes géuéraux de la fièvre typhoïde. La peau est chaude, le pouls faible, la langue noire et sèche; souvent le malade succombe dans l’épuisement.

Cette forme se rencontre spécialement chez les individus cachectiques et débilités, ou chez les hommes affaiblis par l’âge. Elle reconnaît les mêmes causes que la précédente, mais peut aussi se montrer après une blessure légère, ou bien être provoquée par une affection des voies urinaires , telle qu’un rétrécissement ou un abcès du périnée, sans qu’il y ait pour cela nécessité d’une infiltration urineuse.

11 est remarquable que l’inflammation du scrotum se termine rarement par un épanchement de lymphe plastique ou de pus. Il semble que la compression produite par la sécrétion et l’infiltration d’une grande quantité de sérosité suffise pour arrêter la circulation et produire la gangrène, avant que d’autres changements aient pu s’opérer.

Quand la suppuration a lieu, elle est généralement difluse, bien que le pus ait une tendance à s’amasser vers la partie la plqs déclive du scrotum. On voit rarement dans cette région des abcès bien circonscrits, à part ceux qui coïncident avec une suppuration du périnée ou une maladie de l’urètre.

On peut confondre l’inflammation diffuse du scrotum avec l’œdème; mais elle en diffère par la marche plus aiguë de la maladie, la rougeur vive de la peau et la réacLion fébrile qui l’accompagne.

Un abcès urineux profondément situé dans le périnée s’accompagne

SECT. X. — SUPPURATIONS PELVIENNES.

souvent d’œdème inflammatoire du scrotum. Mais la douleur produite par une forte pression sur la région périnéale , la tumeur qu’on y observe et l’existence de troubles du côté de l’appareil urinaire permettent de distinguer cet abcès d’une inflammation diffuse des bourses.

Il faut s’abstenir des applications de sangsues; elles sont sujettes à produire la gangrène.

Les incisions pratiquées de bonne heure sont le meilleur moyen d’éviter ce dernier accident. Elles ne doivent pas seulement intéresser la peau; il faut qu’elles comprennent aussi le tissu cellulaire sous-jacent; on n’a pas besoin de leur donner une grande étendue; une ou deux petites ouvertures bien placées suffisent pour diminuer la tension.

Il est très-important d’éviter l’hémorrhagie; si un des vaisseaux divisés donnait trop de sang, on devrait arrêter l’écoulement par la ligature.

Suppurations de la tunique vaginale.

Ces suppurations peuvent se présenter sous deux aspects très-différents. Tantôt la suppuration occupe la totalité delà tunique vaginale, tantôt elle n’occupe dans cette membrane qu’un espace très-circonscrit et qui, par suite d’adhérences antécédemment existantes, a été réduit à l’état d’un simple kyste purulent.

L’observation suivante est un exemple d’épanchement purulent de la tunique vaginale.

Obs. 538. — Abcès de la tunique vaginale. Lavage. Occlusion. Guérison. — Vannier (Étienne), potier de terre, 45 ans, rue de la Roquette, 43, entré le 21 juillet 1851, au n° 20 de la salle Saint-François, hôpital Saint-Antoine.

Cet homme a eu plusieurs affections syphilitiques dont une, entre autres, qui a été traitée par M. Ricord à l’hôpital du Midi, et qui a déterminé la destruction presque complète du voile du palais. Tout cela est ancien.

Le 22 juillet, à la visite du matin, on trouve la bourse droite volumineuse, pyriforme, rouge, tendue, douloureuse, avec adhérences de la peau dans une étendue égale aux dimensions d’une pièce d’un franc à la partie antérieure.

L’idée d’une affection syphilitique chronique suréchauffée ou d’un tubercule strumeux, nous vient à l’esprit, en voyant cette disposition qui ne coïncide, dans le cas particulier, avec aucune trace de blennorrhagie.

Le malade n’a point reçu de coup, n’a subi, nous assure-t-il, aucun froissement et il y a une quinzaine de jours seulement que le gonflement et la douleur ont commencé.

Toutefois l’adhérence de la peau, la douleur, la rougeur de la moitié du scrotum, la lluctuation, me font diagnostiquer un abcès que je crois, je l’avoue, dépendre d’un foyer syphilitique ou tuberculeux.

Sur le milieu de la partie adhérente je fais avec le bistouri une incision de 2 centimè-

Îtres de longueur qui donne issue à un liquide purulent et séreux mêlé de flocons albumineux. Le doigt introduit dans la tunique vaginale fait reconnaître une surface qui a perdu son poli. Quant au testicule, il a conservé son volume et ses caractères normaux. Fixé à la partie postérieure, il semble avoir contracté quelques adhérences 5 la partie latérale externe. Au moyen de la sonde à injections récurrentes et d’un injectcur à pompe fou-

lante, je lais un lavage aussi complet que possible de la tunique vaginale. Petite cuirasse à bandelettes fines. — Puis bandelettes en suspensoire disposées en 8 de chiffre, ouvert à la partie supérieure qui vient s’attacher sur le ventre.

24. — Le malade n’a pas éprouvé de douleur. 11 demande à manger. La pression à travers la cuirasse n’est nullement douloureuse.

25. — Point d’inflammation, il ne s’écoule par la plaie qu’une lymphe filante légèrement rosée et en très-petite quantité, et ne venant point du voisinage, mais seulement des lèvres de l’incision.

20. — Aucun suintement, ni purulent ni lymphatique : on renouvelle la cuirasse.

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