DF. LA CONTUSION SUPPURÉE DU CERVEAU
La gravité delà contusion du cerveau n’est due en grande partie, selon moi, qu’à une sorte de retentissement suppuratif interne de suppurations siégeant à l’extérieur du crâne. — En d’autres termes, je crois que très-généralement, sinon toujours, les contusions du cerveau ne suppurent qu’autant qu’il y a une suppuration traumatique actuelle ou fraîchement tarie à la surface du crâne.
Sur quels motifs cette opinion est-elle fondée?
1° L’observation ne nous apprend-elle pas que dans presque tous les organes, la contusion est très-généralement exempte de suppuration? Des organes très-délicats sont presque réduits à un état d’attrition, el si aucune communication traumatique avec l’extérieur n’a existé, l’état normal se reconstitue merveilleusement, et il ne reste aucune suite d’une altération qui, anatomiquement, était très-profonde.
2° D’autre part, l’expérience nous a appris que les suites des plaies de tète avaient généralement très-peu de gravité quand on emploie le pansement par occlusion. — Il semble que la bénignité de la suppuration externe se traduise à l’intérieur par l’absence de désordres graves.
3° Eu égard au grand nombre de malades qui doivent être journellement atteints de contusions du cerveau sans plaie extérieure, contusions dont ils guérissent, puisqu’il est excessivement rare d’observer des contusions suppurées du cerveau chez des sujets qui n’avaient aucune plaie ni suppuration extérieures, il s’élablit une probabilité très-forte en faveur de l’existence de contusions cérébrales qui guérissent spontanément ou par les traitements les plus simples.
4° Par contre et en opposition avec la rareté des contusions suppurées sans plaie externe, on trouve un nombre immense de cas où avec la contusion suppurante interne a coexisté une plaie extérieure, tandis qu’on trouve à grand’peine de rares observations de contusion suppurante du cerveau sans plaie externe.