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Pas de douleur

15. — Ce matin, recrudescence du gonflement phlegmoneux au bord antérieur de l’aisselle.

Ponction explorative dans ce point. Dans le lieu de lq première ponction, on parvient à écarter les lèvres de la plaie au moyen de la sonde canulée qu’on introduit à une assez grande profondeur et qu’on remplace par une canule en Y, canule que l’on maintient au moyen d’une bandelette emplastique sur chacune des branches de la bifurcation de l’Y.

Les jours suivants jusqu’au 19, rien de nouveau. On voit toujours quelques gouttes purulentes sortir de la ponction primitive.

20. — La suppuration continue, mais peu abondante. Réintroduction d’une canule. Point de douleur.

1er novembre. — La suppuration est presque tarie. Il ne sort plus que de la lymphe. On supprime la canule.

G. — Le malade sort complètement guéri.

La récidive observée dans ce cas doit être notée parce qu’elle fait connaître le maximum du danger auquel on s’expose par l’emploi de notre méthode quand elle ne réussit pas. Ce qui peut arriver de pis, c’est d’avoir à recommencer. 11 n’y a donc qu’un peu de temps à perdre et pas autre chose.

Obs. 5G3. — Phlegmon antéro-axillaire guéri par le lavage et l’occlusion. Formation ultérieure d’un abcès inter musculaire de la jambe. Guérison par le même traitement. — Decoin, (Joseph), boucher, 38 ans, rue des Amandiers 16, entre le 8 juillet 1852 à l’hôpital Saint-Antoine, salle Saint-François, n° 18.

Il n’y a pas plus d’un mois que ce malade avait au-dessus de l’ongle du doigt médius gauche une excoriation produite par un fragment d’os. Il y a quinze jours environ, les ganglions axillaires devinrent douloureux, s’enflammèrent, et donnèrent lieu, malgré une application de sangsues et une saignée, à un abcès de la partie antérieure du creux de l’aisselle entouré d’une zone phlegmoneuse d’une largeur d’au moins quatre travers de doigt.

Évacuation du foyer. Lavage. Occlusion.

10 juillet. — Il s’est reformé un peu de pus. Lavage. Occlusion.

12. — Lavage. Les parois du foyer dont l’oblitération ne se fait que lentement sont rouges et douloureuses.

1 3. — Exeat sur la demande du malade.

3 août. — La plaie de l’aisselle s’était cicatrisée quatre ou cinq jours après la sortie du malade, il reprit ses travaux. Mais au quatrième jour, après des fatigues extrêmes, il ressentit dans la jambe gauche une douleur vive dont l’invasion fut subite, et telle que le malade la compare à un coup de couteau. Le lendemain et les jours suivants la douleur a persisté et s'est accompagnée de fièvre. Sangsues. Cataplasmes. Mais du pus s’est formé et actuellement le malade présente à la partie médiane antérieure de la cuisse une tumeur fluctuante à peu près large comme la main, la peau qui la recouvre est rouge œdémateuse, indice assuré de la présence du pus. Évacuation du foyer qui occupait la couche musculaire sous-aponévrotique. De sorte que pendant l’introduction du doigt à travers l’incision on sent une boutonnière formée par les bords de l’aponévrose. La quantité de pus évacué était considérable; après l’évacuation on a pratiqué le lavage. Cataplasmes.

17 août. — Le foyer, malgré sa profondeur et le décollement des couches musculaires, parait devoir se combler sans difl'usion purulente. L’écoulement du pus est peu abondant. Plus de fièvre. Appétit.

28 août. — Les parois du foyer sont entièrement réunies, les lèvres de l’incision complètement cicatrisées. Exeat.

Art. 4. — Abcès postéro-axillaires.

Les abcès postéro-axillaires, comme les abcès antéro-axillaires peuvent s’étendre à des distances plus ou moins grandes du foyer qui leur a servi de point de départ. M. Velpeau [Dictionn. de méd., t. II, p. 98) lait mention d’une jeune fille morte en 1828 , à l’hospice de perfectionnement et chez laquelle on trouva sur la fosse sus-épineuse et derrière l’épaule deux abcès. Ces derniers n’étaient autre chose que l’extension d’un abcès postéro-axillaire avec lequel ils communiquaient, par l’intervalle que laissent entre eux le bord supérieur du grand dentelé, l’angulaire de l’omoplate, le rhomboïde et le trapèze.

Art. o. — Abcès perforants tle Faisselle.

Les abcès profonds de l’aisselle, qu’ils soient antéro ou postéroaxillaires, peuvent pénétrer dans la cavité de la poitrine, soit par le sommet du cône tronqué que représente la cavité thoracique , soit à travers les parois de cette dernière. Ainsi M. Velpeau ( loco cit .) a vu chez une femme âgée de cinquante et quelques années le pus se porter de l’aisselle dans le médiastin antérieur en suivant la clavicule, descendre le long de la face postérieure du sternum et se faire jour au dehors entre la cinquième et la sixième côte. Dans un autre cas cité par le môme auteur, un abcès qui avait pris naissance dans le sommet de l’aisselle passa au-dessus du petit pectoral et vint former une nouvelle collection au-dessous de la clavicule. Après une longue suppuration le malade fut pris de tous les symptômes d’un épanchement dans la plèvre correspondante. Le pus avait décollé la séreuse dans son quart supérieur et il était facile de suivre la traînée purulente jusqu’au foyer axillaire.

Ce ne sont pas d’ailleurs les seuls exemples d’épanchements pleurétiques succédant à des abcès axillaires. Fabrice de Hilden ( Obs . clnrurg obs. 2) rapporte qu’un enfant atteint d’un abcès de l’aisselle à l’âge de deux mois, mourut seize mois plus tard avec un vaste dépôt qui avait pénétré dans la plèvre et attaqué le poumon. Il paraît certain que Petit, le fils, aurait succombé de la môme manière.

M. Tessier a présenté à la Société anatomique , un cas d’abcès considérable de 1 aisselle qui s’était propagé jusque dans les espaces intercostaux. Au niveau de celui de ces espaces où la perforation du côté de

la plèvre était le plus imminente, le poumon avait contracté des adhérences circonscrites. [Bulletins de 1834.)

L’observation suivante qui a été recueillie dans notre service est également relative à un abcès axillaire communiquant avec la cavité pleurale.

Obs. 561. — Abcès de l’aisselle droite communiquant avec la plèvre correspondante . Accidents généraux graves. Mort. — Borlié, menuisier, 24 ans, entre le 18 novembre 1852, à l’hôpital Saint-Antoine, salle Saint-François, n° 20.

Il y a quinze jours, ce malade a commencé à ressentir dans l’aisselle droite des douleurs aiguës, bientôt suivies de la formation d’un abcès qui remplit d’abord l’excavation axillaire en soulevant son bord antérieur, puis s’étala en avant du côté de la poitrine. L’incision pratiquée aussitôt donne issue à quelques cuillerées d’un pus plilegmoneux et le doigt porté dans le foyer constate l'existence d’un décollement assez considérable. Malgré le peu d'espoir de réunion que laisse l’état des parties, on expurge la poche du pus qui reste encore, à l’aide de la ventouse.

Les jours suivants, le pus continue de s’écouler avec une très-grande abondance et en présentant une fétidité remarquable. On remarque que l’écoulement purulent n’est jamais plus considérable que dans les mouvements brusques de la poitrine etparticulièrement quand le malade tousse.

Le 6 décembre, pour faciliter l’issue du liquide et prévenir sa stagnation dans le foyer, on débride par une incision verticale l’ouverture primitive.

7. — L’écoulement du pus ne diminue pas. Il y a un mouvement fébrile assez intense, de la diarrhée, de la prostration et l’examen de la poitrine fait reconnaître un épanchement dans la cavité de la plèvre.

Les jours suivants, aggravation des symptômes généraux. Issue continuelle d’un pus très-fétide.

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