‹ Traité pratique de la suppuration et du drainage chirurgicalChapitre 148 sur 264 · Guérison · texte numérisé non relu

Guérison

Art. 4. — Abcès froid» du bras.

L’observation suivante nous a paru utile à rappeler comme exemple (l’un de ces abcès froids qu’on rencontre quelquefois dans la région du bras.

Obs. 590. — Abcès scrofuleux à la partie interne du bras gauche. Incision. Ventouses. Lavage. Occlusion. — Catherine, 19 ans, lingôre, quai de Béthune 24, entre le 24 juin, à l’hùpital Saint-Antoine, salle Sainte-Marthe, no 21.

11 y a un an, cette malade a déjà eu à la partie internedu bras droit un abcès strumeux qui après avoir été ouvert a suppuré pendant un mois. L’abcès pour lequel elle se présente aujourd’hui existe à la partie interne et inférieure du bras gauche. La malade dit que la tuméfaction existe depuis deux mois. Incision. Ventouses. Lavage. Occlusion.

20 juin. — L’abcès a un très-bon aspect, il n’y a presque pas de sensibilité ni d'inflam' mation.

17 juillet. — L’abcès ne s'est point cicatrisé. — Il parait lié à l'existence d’une altération siégeant à la partie inférieure interne de l’humérus.

La malade est sortie de l’hôpital le 17 juillet, conservant une fistule.

On voit que le résultat du lavage suivi d’occlusion donne ici tout ce qu’on peut raisonnablement en attendre. Ces abcès ostéopatbiques sont une maladie double. Il y a l’élément primitif, c’est l’altération osseuse ; l’élément secondaire, c’est la collection purulente. La collection et son foyer sont presque aussi bien guéris que dans les abcès chauds. L’altération osseuse persiste, cela est bien entendu, et donne lieu inévitablement à une fistule. La collection purulente, quoique n’étant ici que l’élément secondaire au point de vue étiologique et pathogénique, prend souvent des proportions et une importance telles qu’elle devient le fait principal de la lésion. Si la méthode du lavage suivi d’occlusion met de côté cette complication quelquefois formidable, elle rend un véritable service.

Art. a. — Altcès lia ltrns par écbauffement d'an foyer

sanguin.

De tous les moyens qu’on peut mettre en usage pour combattre les vastes décollements de la peau, il n’en est pas, selon nous, de plus efficace que le drainage. On verra dans l’observation suivante qu’un épanchement sanguin de la région du bras s’étant échauffé et ayant donné lieu à une suppuration par suite de laquelle la peau fut décollée jusqu à l’articulation du coude, il suffit d’un tube à drainage passé sous les téguments décollés pour faire cesser tous les accidents et amener la guérison.

Obs. 591. — Phlegmon du bras consécutif à un épanchement sanguin échauffe. 1 aste décollement de la peau. Drainage. Guérison. — Chainel (Julien-Paul), 52 ans, homme de peine, entre à l’hôpital Lariboisière le G octobre 1855.

Le 1er octobre, ce malade tomba d’un lieu élevé sur l’oreille d’une grande chaudière, et se fit à la partie moyenne et externe du bras une plaie assez profonde et d’une notable étendue, qui se compliqua d’un vaste épanchement sanguin.

Au lieu de venir immédiatement à l’hôpital, cet homme resta chez lui pendant six jours

sans recevoir de soins.

A son arrivée dans le service, on constata que l’épanchement sanguin s’était échauffé, qu’il était devenu le siège d’une suppuration considérable, laquelle s’était étendue en decollant largement la peau jusqu’à l’articulation du coude.

Le 8 octobre, un tube à drainage fut passé sous la peau décollée de manière à donner au pus une issue facile et permanente, et à arrêter tout envahissement ultérieur.

A dater de ce moment l’état du malade s’améliora de jour en jour. Point de gêne, point de douleur dans la région malade. Absence de fièvre, d’anorexie et de dévoiement.

30. — La peau est recollée, la plaie en grande partie cicatrisée. Le tube est supprimé- Le malade sort guéri..

Art. 6. — Al»cès <lu liras par cause traumatique.

Les phlegmons par cause mécanique directe sont assez rares. Le plus ordinairement quand un phlegmon succède à l’action d’une cause traumatique, c’est par l’intermédiaire de l’angioleucite. Dans le cas que nons allons rapporter c’est à la suite d’une violente contusion et dans le lieu môme où le coup avait porté que s’est développée la collection purulente.

Ods. 592. — Phlegmon considérable du bras par cause mécanique. Incisions multiples. Guérison. — Neveu (Anselme), 31 ans, est entré le 23 août 1850 , à l’hôpital Lariboisière.

Ce malade avait été traité au mois de décembre 1855, dans le service de M. Chassaignac, pour une fracture delà clavicule qui n’a pas laissé de trace sensible.

Tout dernièrement, en travaillant à une maison en construction, cet homme fut renversé violemment sur le côté gauche par la chaîne d'une grue. Le bras ayant été fortement contusionné resta douloureux, tuméfié; enfin, le huitième jour à dater du moment de l’accident, le malade voyant les douleurs et l’inflammation augmenter progressivement vint à l’hôpital.

24 août. — Le membre est excessivement gonflé, d’une coloration mauvaise, et présente l’aspect particulier que donne aux téguments l’existence d’un abcès profond. Les ganglions de l’aisselle sont engorgés. Quatre grandes incisions sont pratiquées pour favoriser l’issue du pus dont l’abondance est extrême. Le membre est enveloppé de larges cataplasmes.

20. — Le malade est hors de danger; la suppuration a diminué d’une manière notable, et le bras est presque revenu à son volume normal.

28. — Va tout à fait bien. Le membre a complètement cessé d’être douloureux.

1er septembre. — Les plaies résultant des incisions ne suppurant plus, on applique le pansement par occlusion.

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