‹ Traité pratique de la suppuration et du drainage chirurgicalChapitre 156 sur 264 · Guérison · texte numérisé non relu

Guérison

L’observation qui va suivre est encore une preuve de la facilité avec laquelle les bourses muqueuses suppurées se distendent et versent en vertu de leur perméabilité dans le tissu cellulaire environnant le produit qu’elles renferment. — La conséquence pratique qui ressort de ce fait, c’est la nécessité d’ouvrir de bonne heure ces sortes d’abcès, sous peine de voir survenir des suppurations diffuses susceptibles, en l’absence d’un traitement convenable, de compromettre l’existence des malades.

Obs. COG. — Abcès de la bourse muqueuse olécrânienne. Phlegmon diffus de l’avantbras. Ouverture et contre-ouverture. Cataplasmes. — Voiloux, blanchisseuse, de constitution assez bonne, âgée de 47 ans, entre le 4 mai 1842 à l’hôpital Cocliin, salle Saint-Denis, n 0 5.

Cette femme, étant en état d’ivresse a fait, il y a huit jours, une chute sur le coude. A la suite de cet accident est survenu un abcès de la bourse muqueuse olécrânienne. L’in tlammation a envahi l’avant-bras qui est rouge, tuméfié. L'introduction d’une sonde cannelée par l’ouverture de l’abcès fait découvrir un décollement de peau assez considérable, oblique d'arrière en avant et du côté cubital vers le côté radial de l'avant-bras.

L’abcès est largement ouvert et de plus à quelque distance on pratique une contre-ouverture d’environ G lignes. Cataplasmes.

G mai. — Le pus ne s’écoulant pas librement vu l’étroitesse de la contre-ouverture qui s’est resserrée, on passe un séton. Cataplasmes. Limonade.

9. — L’inflammation qui a respecté le bras s’est propagée vers l’avant-bras et vers la main. On incise alors largement les téguments suivant le trajet indiqué plus haut.

12. — L’avant-bras est considérablement dégorgé, la rougeur est moins prononcée. Douleur beaucoup moindre, amélioration notable.

Lemieux va en continuant jusqu’au 17.

Le matin du 18, nous trouvons la suppuration tarie. Le fond de la plaie présente une couche diphthéritique blanchâtre et dans quelques points noirâtre. L’aspect qu’elle offre et l’odeur qui s’en exhale font craindre la pourriture d’hôpital. Les vaisseaux lymphatiques du bras ainsi que ceux de l’aisselle sont engorgés. Le bras présente un gonflement érysipélateux considérable. Pansement avec la poudre de quinquina et de charbon. Langue fortement saburrale, rien du côté de la poitrine, ni du ventre.

20. — La plaie a très-bon aspect. L'inflammation ambiante est presque complètement éteinte. Suppuration de bonne nature plus abondante. Langue meilleure.

2 juin. — Exeat sur la demande expresse delà malade. La guérison n’est pas complète.

Comparez encore ce fait où les moyens ordinaires de traitement ont été employés avec les résultats que donnent nos nouvelles méthodes de traitement des abcès.

Voici un cas dans lequel se trouvent réunies relativement à l’histoire des abcès des bourses muqueuses olécraniennes les principales circonstances que nous avons signalées dans chacune des observations précédentes.

Obs. G07 . — Abcès de la bourse muqueuse du coude par cause traumatique. Abcès consécutif sur l' avant-bras. Incisions multiples. Linge cératc, cataplasmes, puis occlusion. Cicatrisation des ouvertures au bout de trois jours. — Chaltier, 27 ans, très-bonne constitution, entre à l’hôpital Cochin le il avril 1842.

11 y a environ trois mois, ce malade s’est fait à la peau du coude une entamure en tombant sur cette région. La plaie assez légère d'abord fut négligée. De plus elle était soumise à de continuelles irritations par le frottement de vêtements malpropres et le contact d’une eau sale (Cet homme travaille sur les bateaux de la Seine). Il résulta de ces diverses causes une tuméfaction de l’avant-bras assez forte pour l’obliger à suspendre son travail.

12 avril. — Outre l’œdème de l'avant-bras, on remarque près de l’épitrochlée une tumeur arrondie, grosse comme une noix, d’une couleur rouge beaucoup plus foncée que celle qui s’observe sur l’avant-bras. Elle est le siège d’une fluctuation manifeste. La lancette plongée dans la tumeur à quatre reprises différentes donne issue à du pus qui s’écoule librement d’abord et dont on facilite ensuite la sortie au moyen de pressions réitérées. Linge cératé, cataplasmes. Autre cataplasme sur le coude pour faire tomber les croûtes de la plaie primitive.

13. — Les quatre petites ouvertures faites la veille avec lalancette donnentissueà un peu de suppuration. La rougeur et la tension de la peau ont diminué. Trois jours après, cicatrisation des ouvertures et résolution de l’engorgement. Nitrate d’argent et cuirasse à la plaie du coude.

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