Guérison. Exeat
J’ai été très-longtemps à comprendre pourquoi, dans le cas d’abcès de la bourse muqueuse du coude, l’in filtration purulente se faisait presque toujours à l’avant-bras. La cause de cette préférence de la diffusion pour l’avant-bras m’a paru résider dans le mode suivant lequel s’accomplit la déchirure de la bourse muqueuse du coude. C’est presque toujours dans une chute où le coup est reçu de b'as en haut. — Il déchire dès lors l’hémisphère inférieur de la capsule sous-cutanée. — Beaucoup plus rarement il arrive que le coup soit reçu de haut en bas.
Entre autres faits démontrant la relation intime des bourses séreuses sous-cutanées avec les vaisseaux lymphatiques, nous mentionnerons un cas dans lequel un enfant de quatorze ans s’étant frappé le coude droit, une ecchymose suivie de tuméfaction, puis d’engorgement ganglionnaire se développa k la région épitrochléenne. — Une application de sangsues prévint la suppuration de cette tumeur adénitique.
En résumant les principaux traits qui caractérisent les abcès de la bourse muqueuse olécranienne, on voit :
1° Que ces abcès ont pour point de départ une lésion traumatique du coude, un choc, une chute sur cette région, mais généralement une cause assez légère, que les malades négligent complètement tout d’abord et dont ils ne se préoccupent que lorsque le mal a fait des progrès plus ou moins étendus ;
2 Que le phlegmon, dont l’étendue représente d’abord assez exactement les limites mûmes de la bourse muqueuse, ne tarde pas à franchir ces limites et à s étendre soit vers le bras, soit dans l’avant-bras, mais le plus souvent vers la partie postérieure de l’avant-bras ;
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3° Que, si dans certains cas l’extension de la phlegmasie par delà les limites de la bourse muqueuse olécranienne n’a pour efl'et que de donner lieu à la production de quelques abcès d’un petit volume, le plus souvent un véritable phlegmon par diffusion est la conséquence de cette propagation ;
4° Que la diffusion du pus dans le tissu cellulaire se fait quelquefois en dépit de tous les moyens qu’on peut lui opposer, larges incisions, lavages, bains, cataplasmes, et que le seul moyen d’éviter cette diffusion purulente serait de soumettre le malade, aussitôt que la formation du pus commence, à des incisions préventives.
Dupuytren dans sa clinique avait déjà appelé l’attention sur les engorgements phlegmoneux du coude. Il avait remarqué que les suppurations qui en résultent, alors môme qu’elles sont déterminées par une cause légère, deviennent quelquefois mortelles. Il présentait le tableau des phénomènes principaux de la maladie dans l’ordre suivant : choc de l’apophyse olécrane, attrition de la peau, suppuration abondante, propagation de l’inflammation suppurative malgré l’incision, les bains, les cataplasmes.