SUPPURATIONS DE L’AVANT-BRAS
Art. 1er. — Phlegmons par «lifTiision «le l'avant-bras.
Ceux des abcès de l’avant-bras qui ont quelque importance sont surtout les phlegmons par diffusion, soit qu’ils aient pour point de départ lesabcès de labourse muqueuse ducoude, soit qu’ils se manifestent consécutivement aux abcès de la gaîne des tendons de la main. — Nous renvoyons le lecteur à l’article précédent sur les abcès de la bourse muqueuse olécranienne ‘pour les phlegmons par diffusion appartenant à la première catégorie. — Quant aux phlegmons par diffusion qui relèvent de la seconde cause, nous aurons occasion d’en parler à propos des abcès de la main. — En attendant, nous ferons connaître l’observation suivante qui nous a paru intéressante à plusieurs titres.
Obs. G08. — Phlegmon par diffusion de l’avant-bras, consécutif à l’écrasement d’un doigt. Hémorrhagie. Ligature de l'artère humérale. Guérison avec rigidité des articulations plialangiennes et mètcicarop-phalangiennes. — Scheffel (Michel), 15 ans et demi, polisseur en acier, demeurant à la Villette, rue d'Allemagne, 16, entre le 14 juillet 1854, à l’hôpital Lariboisière, salle Saint-Augustin, no 21 .
Cet enfant avait eu le petit doigt écrasé par une corde qui passait sur une poulie et
qu’une machine à vapeur mettait en mouvement. Entré à l’hôpital Saint-Louis, il y fut pansé et renvoyé le lendemain. U se présentai Lariboisière quatre jours après son accident.
Il y avait une plaie de l’articulation de la première avec la seconde phalange qui tenait encore par un peu de peau, et de l’engorgement inflammatoire existait le long de la gaine du tendon fléchisseur du doigt malade.
Le 25 juillet, l’inflammation ayant gagné le reste de la main et de l’avant-bras, on retranche avec le bistouri, après avoir assoupi le malade au chloroforme, la portion de doigt qui a été complètement écrasée, c’est-à-dire, les deux dernières phalanges. Trois ou quatre jours après, on fait plusieurs débridements suivis de lavage; les jours suivants on complète ces incisions et on lave encore. Cataplasmes, sétons perforés, élévation du membre. Les incisions livrent passage à une grande quantité de pus et l’inflammation tombe peu à peu. Le bras étant menacé d’envahissement, on a dû poser plusieurs fois la question de l'amputation.
Une des incisions située sur la partie moyenne du trajet de l’artère cubitale communique avec une autre incision voisine ; on les réunit par un paquet de sétons perforés. Douze jours après l’introduction de ceux-ci, on était maître des accidents phlegmoneux ; mais une hémorrhagie très-abondante de l’artère cubitale se manifeste dans l’après-midi; on retire les sétons perforés; l’hémorrhagie continue de plus en plus abondante.
Le surlendemain au matin l’enfant est tombé dans un état profond d’anémie. Dans l’impossibilité d’arrêter l'hémorrhagie par les moyens simples, on soumet le malade à l’inhalation du chloroforme, et on pratique la ligature de l’humérale à la partie moyenne du bras. Cette opération s’exécute sans difficulté. Cataplasmes.
L’hémorrhagie s’arrête dès qu’on a lié l’humérale ; en même temps les battements cessent complètement dans la radiale, mais on croit encore les sentir, très-faiblement il est vrai, dans la cubitale.
La journée qui suit l’opération se passe bien. Le lendemain matin, les battements sont perçus assez nettement dans la radiale. Néanmoins l’hémorrhagie est définitivement arrêtée sans l’emploi de moyens adjuvants autres que l’immobilité du membre sur un coussin. Ioniques, fer, etc. Les plaies sont touchées avec la solution.
1er septembre. — On ouvre quelques collections purulentes à la main.