Exeat. Les plaies sont en voie de cicatrisation
Les phlegmons de la main qui se développent consécutivement à une dactylite constituent une variété intéressante non-seulement au point de vue de l’étiologie, mais eu égard aux accidents qui peuvent être la conséquence de ces phlegmons. L’expérience m’a démontré qu’en pareil cas le drainage offrait le double avantage de combattre les accidents locaux , c’est-à-dire, de faire cesser la douleur, la tuméfaction, l’étranglement en donnant issue au pus, d’une autre part de prévenir la diffusion purulente qui tend à se propager vers l’avant-bras.
Obs. G16. — Phlegmon de la main. Drainage. Guérison. — Ophilat (André), cordonnier, 22 ans, entre le 9 septembre 1855, à l’hôpital Lariboisière.
Le ler septembre dernier, ce malade commença à ressentir quelques douleurs dans la première phalange du pouce gauche. Ces douleurs, augmentant peu à peu, s’étendirent à toute la main qui devint le siège d’une tuméfaction et d’une rougeur diffuses; des symptômes d'angioleucile se manifestèrent dans toute l’étendue du bras et les ganglions de l’aisselle s’engorgèrent. C’est alors qu’il se forma dans la phalange primitivement affectée un abcès qui fut ouvert par les sœurs Saint-Thomas ; il sortit beaucoup de pus et le malade se traita par les cataplasmes.
Tout semblait devoir se terminer favorablement, lorsque survint, le 4 septembre, une recrudescence des symptômes inflammatoires; la paume de la main devint le siège de douleurs aiguës et le malade se décida à entrer à l’hôpital.
A son arrivée, on trouve la main toute entière envahie par un vaste phlegmon ; la région dorsale est le siège d'une douleur assez vive ; mais c’est dans l’éminence thénar que l'on perçoit la fluctuation. On traverse les muscles de cette éminence par un trocart, lequel permet d’y laisser à demeure un séton perforé. Une certaine quantité de pus s’écoule, puis on applique de larges cataplasmes sur la main et des sangsues au voisinage de 1 aisselle.
15. — Suppuration abondante, diminution notable de la rougeur et du gonflement; nulle trace d’angioleucile ; on continue les cataplasmes, et la main est tenue élevée sur un coussin. La suppuralion continue de se faire avec la même abondance; des lambeaux de tissu cellulaire se détachent. Même pansement.
22 septembre. — La plaie prend un aspect ulcéreux; la suppuration devient sanieuse; il y a un peu plus de rougeur et de gonflement. On craint une nécrose de la première phalange du pouce. Mais l’exploration ne fait découvrir aucune dénudation osseuse. Solution; cataplasmes.