Le malade sort guéri
Autre exemple de durillon froissé sphacélique faisant communiquer une suppuration sous-dermique avec une suppuration sous-épidermique.
Obs. 642. — Durillon froissé sphacélique . — Walter (Philippe), 27 ans, ébéniste, se présente le 16 février 1853 à la consultation de l’hôpital Saint-Antoine.
Ce jeune homme n’est ébéniste que depuis un mois à peu près. Auparavant il était militaire et par conséquent n’avait pas l habitude d’un travail manuel aussi pénible que celui auquel il se livre.
11 y a quatre jours, il a ressenti des élancements dans la paume delà main juste entre la région thénar et la région hypothénar, mais depuis hier seulement la peau a blanchi et l’épiderme s’est soulevé. Cataplasmes.
L’épiderme est incisé et enlevé avec des ciseaux. Au-dessous de l’épiderme existe un petit foyer purulent. Sous ce foyer, on découvre un petit point blanc sphacélique de la grosseur d’une forte tête d’épingle. Ce point blanc est enlevé avec des pinces et il en résulte une petite fistule qui fait communiquer la collection purulente superficielle avec un abcès plus profond et situé dans le tissu cellulaire sous-cutané.
Une incision est pratiquée pour ouvrir le foyer sous-dermique et donner issue au pus. On prescrit au malade des cataplasmes. Il n’est pas revenu à la consultation.
Obs. 643. — Durillon froissé avec sphacèle du derme et phlegmon sous-cutané. Gan - I y rêne du tendon fléchisseur du médius droit. Guérison au bout de quinze jours. — Conné- I table (Jean) , jardinier, âgé de 29 ans, barrière de Reuilly, est entré le 24 août 1 852, à l'iiûpilal Sain tr Antoine, salle Saint-François, 14.
25 août. — Durillon froissé siégeant à la face palmaire du doigt médius de la mafni droite, et datant de quinze jours. La suppuration s’étant produite dans le tissu cellulaire sous-cutané, et le pus n’avant pas trouvé d’issue suffisante, il y a eu étranglement et sphacèle consécutif du derme et des parties sous-jacentes. On craint que le mal ne s’étende jusqu’au tendon, et que l’on ne soit dans la nécessité de pratiquer l'amputation du doigt. Bains. Cataplasmes.
26.— La mortification des tissus est moins étendue en profondeur qu’on n’aurait pu le
craindre, le derme seul et peut-être la couche la plus superficielle du tissu cellulaire souscutané sont gangrenés.
Bains locaux. Cataplasmes.
4 septembre. — Non-seulement la peau et le tissu cellulaire sous-cutané ont été mortifiés et éliminés, mais le tendon fléchisseur du doigt s’est également mortifié, et son exfoliation est presque complète. Le mal est d’ailleurs limité à l’extrémité du doigt qui est couvert de bourgeons charnus d’une bonne nature.
Lavage. Cataplasmes.
8. — Des bourgeons charnus de bonne nature recouvrent toute la surface dénudée.
Pansement en cloche.
Exeat.
Cette observation prouve aussi bien d’ailleurs que la précédente que les trois formes de durillon froissé que nous avons admises, savoir la forme ampullaire, la forme spbacélique et la forme phlegmoneuse peuvent se trouver et se trouvent souvent réunies.
La forme ampullaire et la forme phlegmoneuse coexistent parfois d’une manière complètement indépendante, ou du moins il est des cas dans lesquels, en même temps qu’une ampoule se développe distendue par un liquide purulent ou séro-purulent, un phlegmon sous-cutané prend naissance isolément.
Le foyer purulent profond peut être ainsi séparé du foyer superficiel ou sous-épidermique par le derme entièrement intact. — Lorsque ce dernier est sphacélé en même temps dans la totalité de son épaisseur, ce sphacèle a pour effet, comme nous l’avons dit plus haut, la perforation de la peau dans un ou plusieurs points et par suite la formation d’un abcès en boulon de chemise, c’est-à-dire, qu’il y a réunion dans un seul et même cas des trois formes sus-mentionnées.
Dans l’observation suivante on verra que consécutivement à un durillon froissé de la région palmaire, il s’est développé d’abord de la suppuration dans le tissu cellulaire sous-cutané, qu’environ huit jours après, c’est-à-dire, beaucoup plus tard, il s’est formé sous la carapace épidermique un amas de sérosité purulente, puisque la surface du derme est devenue le siège de pertes de substance résultant d’un sphacèle on d’un travail ulcératif, et qu’il est résulté de là une perforation spontanée qui a fait communiquer entre eux les deux foyers, le superficiel et le profond.
Obs. 644. — Durillon froissé phlegmonmx ampullaire et spliacélique. Incision. Cata- | pionnes. Guérison. — Legris (Jacques), dérouleur, 60 ans, rue Popincourt, 42, entre le 25 novembre 1852 à 1 hôpital Saint-Antoine, salle Saint-François, 33.
26 novembre. Durillon froissé de la face palmaire de la main entre l'éminence thénar et 1 éminence hypothénar, suite de la pression exagérée de la paume de la main contre • des tonneaux. Incision.
Dans ce cas on a constaté de la manière la plus manifeste, 1° que la suppuration a commencé a se faire dans le tissu cellulaire sous-cutané correspondant au durillon et que
par en haut elle n’a pas dépassé le ligament annulaire du carpe ; 2» que la suppuration s’est produite aussi à la surface du derme, mais très-tardivement, puisque le mal a commencé il y a huit jours et que ce n’est que depuis hier qu’a commencé à se faire sous l’épiderme un amas de sérosité purulente; 3» que les petites pertes de substances, que l’on observe à la surface du derme n’établissent encore aucune communication entre les deux foyers, le superficiel et le profond. Le pus s’y est donc formé isolément et sans communication de l’un à l’autre. Cataplasmes.
30. — Une perforation spontanée s’est faite à la partie antérieure du poignet. Un stylet introduit par l’incision de la main touche un autre stylet introduit par l’ouverture palmaire, c’est-à-dire que le pus passe sous le ligament annulaire du carpe.
1er décembre. — Les parties malades se sont dégorgées et ont très-bon aspect.