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Le malade sort guéri de son décollement

Plus de suppuration. Pansement par occlusion.

Lorsqu’on n’a pas ouvert, en temps utile, la collection purulente souscutanée à laquelle donne lieu la dactylite disséquante, il arrive souvent que le pus finit par pénétrer dans la gaine du tendon, et que le panaris revêt alors cette forme beaucoup plus grave que nous avons appelée la dactylite tendineuse. — L’observation suivante nous fournira un exemple de cette variété.

Obs. GG3.— Dactylite disséquante, puis tendineuse. Incision, cataplasmes. Guérison. — Camus (Antoine- Joseph), 19 ans, garçon charcutier, entre à l’hôpital Lariboisière le 4 décembre 1855.

11 y a quelque temps, le malade ressentit à l’index de la main gauche une violente démangeaison, il gratta son doigt outre mesure, la doigt enfla et il se forma une collection de pus sous la peau. Le malade, alla consulter un marchand de vins de la rue Saint-Martin, connu dans ce quartier pour le traitement des panaris. Cet homme lui donna une pomi made qui ne fit qu’aggraver son état. C’est alors que le malade entra à l’hôpital.

Le lendemain, M. Chassaignac fend le doigt dans toute sa longueur. Il en sort une assez grande quantité de pus. La gaine du tendon a été envahie et détruite en grande partie. Le i tendon est à nu. Application de cataplasmes. Le malade nous apprend qu’il a déjà eu au | médius delà main droite un panaris pour lequel il est resté cinq semaines à la Charité.

G décembre. — Mieux très-sensible. Le doigt se dégorge ; suppuration abondante.

Les jours suivants, le mieux continue. La plaie prend un bon aspect, la suppuration diminue, le travail de cicatrisation s’opère et le malade sort parfaitement guéri le 8 janvier 1 8SG.

Le durillon froissé phlegmoneux, quand il siège sur l’un des doigts, peut donner lieu aux accidents de la dactylite disséquante, ainsi que le prouve l’observation suivante.

Obs. 664. Dactylite disséquante consécutive à un durillon froissé phlegmoneux. ~r- Ve. drenne (Pierre), 45 ans, forgeron, entre à l’hôpital Lariboisière le 18 novembre 185G.

C’est à la suite d’un travail forcé pendant plusieurs jours que s’échauffa un durillon que le malade portait au pouce droit. L’inflammation fit des progrès et bientôt le pus se répandit sous l’aponévrose disséquant les tissus avec lesquels il se trouvait en contact. Le point de départ avait été au pouce, puis le mal avait gagné la paume de la main ; néanmoins quand le malade entra à l’hôpital, le pus n’avait point encore envahi les gaines des tendons fléchisseurs. Deux incisions furent pratiquées pour faciliter l’écoulement du pus, et la main fut enveloppée dans un ample cataplasme.

Le 20, le malade était bien soulagé, il reposait la nuit et n’avait plus de fièvre.

Le 30 il a pu sortir guéri.

Cette forme de la dactylite, que nous avons appelée disséquante , peut présenter deux variétés. Ou bien elle entoure la totalité du doigt, ou bien elle n’affecte que l’un de ses côtés, et, dans ce dernier cas, elle occupe tantôt la face dorsale, tantôt la face palmaire. Voici un exemple de dactylite disséquante dorsale.

Obs. 665. — Dactylite disséquante dorsale du doigt médius. Incisions, cataplasmes. Guérison. — Fouquet (George), 37 ans, garçon boucher, entre le 4 décembre 1856, à l’hôpital Lariboisière.

Le point de départ de la maladie, chez cet homme, est une piqûre faite avec un couteau de boucher, dont la lame était peut-être enduite d’une certaine quantité de matière septique. A cette piqûre succéda une angioleucite réticulaire, mais l’inflammation limitée au réseau lymphatique superficiel ne donna lieu qu’à une suppuration circonscrite du tissu cellulaire de la face dorsale de la main, suppuration qui ne paraissait pas avoir une grande tendance à s’étendre et à envahir la face palmaire. A l’entrée du malade, on pratique deux incisions sur la face dorsale du doigt médius, qui est le point où la lésion avait eu lieu et où l’inflammation s’était toujours montrée le plus intense. La main est enveloppée dans de grands cataplasmes.

Les jours suivants, aucun accident ne vient mettre d’entraves à la guérison qui est obtenue au bout de dix jours par le seul effet d’incisions pratiquées à temps dans les parties envahies, d’une position convenable, enfin des cataplasmes.

Obs. 666. — Dactylite disséquante. — Kepper (Pierre), 58 ans, entre le 10 novembre 1852, à l’hôpital Saint-Antoine, salle Saint-François, 31.

U y a quinze jours ce malade se fit avec un morceau de verre une plaie à la face dorsale de la main gauche au niveau de l’articulation moyenne. Consécutivement à cette plaie, il survint un phlegmon du doigt, qui amena de la suppuration dans toute son étendue.

Le pus accumulé dans le tissu cellulaire sous-cutané amena la perforation de la peau en plusieurs points. Mais ces ouvertures ne suffisant pas à l’écoulement du pus, et d’ail-

leurs la peau étant décollée dans une très-grande étendue, on pratique sur chacune des faces palmaire et dorsale une incision allant de la base jusqu’au sommet. I.es articulations du doigt et des phalanges entre elles sont intactes, et la suppuiation paiaita\oir respec e

la gaîne des tendons. Cataplasmes.

15 novembre. — Malgré l’existence d’un emphysème pulmonaire qui a acquis dans ces derniers temps une intensité considérable, malgré les conditions fâcheuses dans lesquelles un état permanent de semi-asphyxie a placé le malade, l’état du doigt s’est beaucoupamé lioré. Les plaies ont très-bon aspect et sont en voie de cicatrisation. Exeat.

Dactylite hémorrhagique.

Il est une forme extrêmement grave de la dactylite, c’est celle que nous désignons sous le nom de dactylite hémorrhagique. Il est en effet des doigts enflammés qui, soit sous l’influence d’une diathèse particulière, soit par suite de conditions spéciales dans lesquelles se trouve l’organe, ne peuvent être touchés sans devenir le siège de pertes de sang plus ou moins considérables. Or, la nature des moyens hémostatiques auxquels ont est obligé de recourir, tels que la compression, ajoute souvent encore au danger de la maladie. Le cas dont il va être question était tellement grave, quand le malade s’est présenté à nous, que nous avons dû nous poser la question de l’amputation. Nous avons cru devoir tenter l’occlusion avant de recourir à un parti extrême, et bien que nous n’ayons pu, en raison des hémorrhagies qui sont survenues, rester fidèles aux principes de cette méthode de pansement, une amélioration très-notable a eu lieu. Quoique le malade soit sorti de l’hôpital avant sa guérison, nous avons appris que celle-ci a été complète.

Obs. GGT. — Dactylite hémorrhagique. Pansement par occlusion. — Delhotel (Auguste), 46 ans, sellier, entre à l’hôpital Lariboisière le 11 décembre 1855.

Cet homme a déjà été traité en novembre pour un panaris dont il avait été guéri assez promptement. Malheureusement, au lieu de garder le repos pendant quelques jours et de donner à son membre l'immobilité nécessaire, il a repris son travail, et les accidents de sa dactylite ont reparu compliqués d’une circonstance extrêmement grave, l’hémorrhagie. Les pertes de sang qui accompagnèrent la dactylite se répétèrent en prenant chaque fois des proportions plus considérables. De plus le malade éprouvait de temps à autre des accès de fièvre intenses. Il dut revenir à l’hôpital où il fut admis.

Son doigt, qui est l’indicateur gauche, est dans un état tellement déplorable qu’on se demande si l’on ne doit pas amputer. Avant de prendre ce dernier parti, on juge prudent d’avoir recours à l’occlusion.

12 décembre. — On dispose autour du doigt malade un pansement en cloche. La main est placée sur un coussin élevé.

14. — Le malade éprouve une grande rémission dans ses douleurs.

16. — Quelques élancements se font sentir, bientôt suivis d’une hémorrhagie abondante.

18. — Encore quelques douleurs ; on lève le pansement, et, après avoir constaté le bon état des parties, on rétablit la cuirasse.

23. — La chaleur incommode et les douleurs lancinantes dont se plaignait le malade ont disparu ; ses nuits sont calmes.

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