Cicatrisation complète. Exeat
§ 4. DACTYLITE SOUS-PÉKIOSTIQUE
OD PHALANGIENNE.
La dactylite sous-périostique s’observe généralement, mais non exclusivement à la phalange unguéale des doigts. Car nous avons rencontré des cas dans lesquels l’affection siégeait sur les deux autres phalanges.
Très-différente de la dactylite sous-épidermique, eu égard au nombre de doigts affectés, la dactylite phalangienne n’a jamais lieu que sur un seul doigt à la fois. — Elle peut se développer par l’effet de causes traumatiques ou par l’influence de ce qu’on appelle en pathologie une cause interne. Dans le premier cas, c’est une piqûre, une contusion, un pincement très-fort de l’extrémité du doigt, un écrasement de l’extrémité digitale avec ou sans plaie qui donne lieu à une suppuration sous-périostique, suppuration par suite de laquelle la phalange se nécrose et s’élimine soit en totalité, soit partiellement, par les seuls efforts de la nature ou par le secours de l’art. Il arrive quelquefois, dans cette espèce de panaris, qu’il se forme à la pulpe du doigt une escharre comprenant toute l’épaisseur du derme et tout le tissu cellulaire subjacent jusqu’à la phalange. Dans les cas de ce genre, cette gangrène partielle semble incontestablement due à la violence de l’inflammation. Elle peut être considérée comme l’expression d’une tendance salutaire de la nature. Car elle forme précisément la perte de substance propre à fournir une issue pour la phalange nécrosée.
Dans la dactylite phalangienne non traumatique, il s’agit d’une de ces suppurations sous-périostiques qui amènent aussi la nécrose de la dernière phalange. C’est généralement sous l’influence d’un état constitutionnel que l’on voit se former cette suppuration phalangienne. Nous l’avons vue survenir, en l’absence de toute cause locale, chez des individus précédemment atteints de pustules d’ecthyma, chez des sujets surmenés, expression que nous employons à dessein pour indiquer l’analogie d’un
état pathologique qui s’observe chez les animaux avec celui qui, dans certains cas, se rencontre chez l’homme. Nous avons vu souvent aussi la nécrose phalangienne spontanée coïncider avec le phénomène des taches gangréneuses circonscrites, qui constitue ce que nous appelons le panaris sphacélique.
Dans ces cas, où une portion des tissus vivants se mortifie d’emblée, la phalange se nécrose et se détache presque toujours en totalité.
L’espèce de panaris que nous étudions a pour caractères généraux, non-seulement de se développer au niveau de la dernière phalange des doigts, mais encore de présenter un gonflement peu marqué et une rougeur de la peau peu intense. La douleur, quoique très-vive, n’acquiert jamais ce degré d’intensité que l’on observe dans le panaris de la gaine. Il faut encore ajouter que le reste du doigt paraît souvent participer à peine à la maladie qui, comme nous l’avons dit, se termine par la chute de la phalange nécrosée.
Dans quelques cas cependant, la douleur est dilacérante et s’accompagne de troubles généraux proportionnés à son intensité. Alors le doigt et bientôt la main tout entière se tuméfient et se tendent jusqu’à imminence de rupture du tégument. Une inflammation de la nature de celle du phlegmon diffus envahit la main et le bras. Les doigts deviennent livides et le moindre retard dans l’opération amène la nécrose d’une ou de plusieurs phalanges, la mortification s’étend quelquefois aux téguments de la main, à ceux de l’avant-bras. Des abcès profonds se forment au milieu des masses musculaires, et au bout de plusieurs semaines ou de plusieurs mois de souffrance, le malade en est réduit à s’estimer heureux de guérir avec une main difforme ou mutilée. Et tout cela faute d’une incision faite à temps sur le périoste d’une seule phalange.
Il ne se forme pas habituellement, dans la dactylite sous-périostique, une grande quantité de pus. L’ulcération qui résulte de l’ouverture artificielle ou spontanée de cette petite collection sert à la sortie ou à l’extraction de la portion d’os nécrosée.
Lorsqu’une incision a été faite pour donner issue au pus, ou bien lorsqu’une ouverture naturelle s’est établie, l’introduction d’un instrument explorateur fait reconnaître l’isolement de la phalange au milieu des parties qui l’entourent. Il ne reste plus qu’à foire l’extraction du séquestre.
Le lecteur aura pu remarquer, dans l’histoire de la dactylite telle que nous l’avons présentée, que jamais la question d’amputation pour un panaris n’a élé posée. C’est qu’en effet jamais le panaris n’est, pour nous une cause d’amputation. Il nous est toujours arrivé, surtout depuis l’emploi que nous faisons du drainage et des douches, d’arriver à la conservation des doigts qui paraissaient le plus gravement compromis. Tout se borne à des incisions plus ou moins nombreuses et à des extractions de séquestres nécrosés.
SECT. XI. — SUPPURATIONS DES MEMBRES SUPÉRIEURS. (il(J
Obs. 671. — Dacty/ite sous-périostique . — Yooris (Adèle), 25 ans, domestique, enti e le 21 décembre 1849, à l’hôpital Saint-Antoine, pour un panaris du pouce gauche, panaris comprenant jusqu’au tissu osseux. 11 y a une tuméfaction considérable du pouce. Au bout de quelques jours, voyant que ce gonflement augmentait, je fais deux incisions, l’une sur la partie latérale interne et un peu postérieure du pouce malade, l’autre sur le milieu même de la face palmaire jusqu’à l’os. Mon doigt indicateur introduit dans la plaie anterieure détermine sans aucun eflort l’expulsion de la phalange unguéale.
Le lendemain 22, le pouce est encore plus tuméfié que les jours précédents malgré l’oblation de la phalange nécrosée.
23 décembre. — Un érysipèle se déclare sur toute la face dorsale de la main, présentant un rouge vif et des limites parfaitement tranchées. Emploi de la solution au nitrate d’argent.
24. — L’érysipèle n’a pas fait de progrès. Solution. Cataplasmes.
29. — Plus d’érysipèle. La rougeur et le gonflement de la main sont complètement éteints.